mercredi 10 juillet 2019

Alita: Battle Angel

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Robert Rodriguez. 2019. U.S.A. 2h02. Avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Ed Skrein, Jackie Earle Haley, Keean Johnson.

Sortie salles France: 13 Février 2019. U.S: 14 Février 2019

FILMOGRAPHIE: Robert Rodriguez est un réalisateur et musicien américain, d'origine mexicaine, né le 20 Juin 1968 à San Antonio, Texas, Etats-Unis. 1992: El Mariachi. 1993: Roadtracers (télé-film). 1995: Desperado. 1995: Groom Service (Four Rooms, segment: The Misbehavers). 1996: Une Nuit en Enfer. 1998: The Faculty. 2001: Spy Kids. 2002: Spy Kids 2. 2003: Spy Kids 3. 2003: Desperado 2. 2005: Sin City. 2005: Les Aventures de Shark Boy et Lava Girl. 2007: Planète Terror. 2009: Shorts. 2010: Machete (co-réalisé avec Ethan Maniquis). 2011: Spy Kids 4. 2013: Machete Kills. 2014: Sin City: j'ai tué pour elle. 2014: From dusk till Daw: The Series (épis 1,2 et 4). 2015 : 100 Years. 2019 : Alita: Battle Angel. 2019 : Red 11.


Blockbuster familial conçu par l’inĂ©gal Robert Rodriguez, Alita adapte au cinĂ©ma le manga Gunnm de Yukito Kishiro, fantasmĂ© depuis des lustres par son producteur et scĂ©nariste James Cameron. Prouesse visuelle indiscutable, tant par le vĂ©risme de son univers cyberpunk monumental que par ses effets numĂ©riques d’un rĂ©alisme saisissant, Alita dĂ©ploie un divertissement grandiose, menĂ© par une hĂ©roĂŻne longiligne, championne absolue dans l’art du combat martial. Ă€ ce degrĂ© de perfection, elle en met littĂ©ralement plein la vue : elle combat, bondit, virevolte, se cramponne Ă  ses adversaires avec une force et une agilitĂ© foudroyantes.

Ă€ travers une intrigue Ă©tonnamment Ă©motive, dĂ©crivant la quĂŞte identitaire d’une androĂŻde amnĂ©sique, Alita s’illumine de la prĂ©sence de cette figure numĂ©rique que le spectateur apprivoise peu Ă  peu, entre empathie trouble et fascination hallucinĂ©e. Contestataire, amicale (dans sa relation avec son père adoptif), amoureuse, Alita traverse son rĂ©cit comme une flamme vive. Rodriguez et son armĂ©e de techniciens ont accompli le prodige de lui donner chair, de l’inscrire dans un univers futuriste grouillant d’automates hĂ©tĂ©roclites Ă  faire pâlir Robocop, Terminator et mĂŞme Robowar (ok, je sors).


Regorgeant de sĂ©quences d’action au souffle narratif, vĂ©ritables pièces d’anthologie - la fameuse Ă©preuve du Motorball, la poursuite urbaine sur les toits, l’affrontement dans le bar pour rallier les chasseurs -, Alita n’en oublie pas pour autant l’Ă©motion. Jamais. Celle qui naĂ®t de son rapport avec Hugo, humain juvĂ©nile et fragile, tiraillĂ© entre amour sincère et double vie marginale. Leur relation, fondĂ©e sur la confiance, la trahison et le pardon, confère au rĂ©cit une dimension poignante. Christoph Waltz, en docteur Frankenstein attendri, campe un père adoptif d’une douceur dĂ©sarmante, chĂ©rissant sa crĂ©ation depuis la perte tragique de sa fille.

Construite avec fluiditĂ©, portĂ©e par les valeurs de bravoure, de loyautĂ© et d’honneur, l’Ĺ“uvre de Rodriguez explore avec pudeur la rĂ©demption et le pardon, Ă  travers deux ĂŞtres en proie au remords. Alita se dĂ©ploie finalement comme une rĂ©flexion sensible sur le Bien et le Mal, sur le pouvoir corrompu et la puretĂ© d’une existence artificielle influencĂ©e par un dĂ©miurge perfide et mĂ©galo.


Spectacle fĂ©erique, vertigineux de pyrotechnie - jamais gratuite, ou alors si peu -, Alita Ă©rige le blockbuster en Ĺ“uvre d’intĂ©gritĂ© rare, animĂ©e de personnages dont l’Ă©motion humaine affleure sous la surface mĂ©canique. Alita, androĂŻde fĂ©minine, crève l’Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions, d’une intensitĂ© candide et bouleversante. Et le festin, vibrant, Ă©motif, tendre et Ă©pique, est total. 

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
02.11.25. 2èx. 4K Vostf

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