jeudi 14 mars 2024

Dobermann

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinematerial.com

de Jan Kounen. 1997. France. 1h43. Avec Vincent Cassel, Tchéky Karyo, Monica Bellucci, Antoine Basler, Dominique Bettenfeld, Pascal Demolon, Marc Duret, Romain Duris, François Levantal.
 
Sortie salles France: 18 Juin 1997 (int - 16 ans)

FILMOGRAPHIE: Jan Kounen (de son vrai nom Jan Coenen) est un rĂ©alisateur, producteur de cinĂ©ma et scĂ©nariste français d'origine nĂ©erlandaise, nĂ© le 2 mai 1964 Ă  Utrecht (Pays-Bas). 1997 : Dobermann. 2004 : Blueberry, l'expĂ©rience secrète. 2007 : 99 francs. 2009 : Coco Chanel et Igor Stravinsky. 2013 : Le Vol des cigognes. 2020 : Mon cousin. 

                                                       Affreux, sales, (bĂŞtes) et mĂ©chants.

Revoyure d'un actionner bourrin (franchouillard) qui fit grand bruit lors de sa sortie, faute de sa violence ultra gratuite dĂ©nuĂ©e de moralitĂ© (si bien qu'il fut interdit aux moins de 16 ans et reste banni de nos Ă©crans TV), Dobermann est un dĂ©lire de sale gosse assumant jusqu'au bout des ongles son irresponsabilitĂ©, son mauvais goĂ»t, sa subversion auprès d'anti-hĂ©ros aussi dĂ©testables que grotesques (certaines sĂ©quences ridicules soufflant le chaud et le froid Ă  savoir s'il faut en rire ou sourire ou s'en dĂ©tourner). Tant auprès de la police en roue libre, faute des exactions autoritaires de leur leader nazillon assoiffĂ© de vengeance bestiale, que des malfrats marginaux issus de la communautĂ© gitane pour qui la vie d'autrui n'accorde aucun crĂ©dit. Ainsi donc, avec sa mise en scène Ă  la fois clippesque et Ă©pileptique qui, aujourd'hui, accuse un peu des effets de style obsolètes et des maladresses pour autant attachantes (notamment auprès du jeu approximatif de certains seconds-rĂ´les ou figurants), Dobermann dĂ©gage un charme bisseux aussi fascinant que jouissif pour qui parvient Ă  tolĂ©rer spectacle aussi dĂ©cĂ©rĂ©brĂ© dĂ©nuĂ© de logique, de raison, de points de vue. 

Jan Kounen se vautrant Ă  corps perdu dans la trivialitĂ©, tel un marmot dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, auprès d'un dĂ©chaĂ®nement de violence hystĂ©risĂ©e aussi libĂ©rateur et dĂ©complexĂ© qu'inquiĂ©tant, pour ne pas dire irrĂ©flĂ©chi. Par consĂ©quent, pour apprĂ©cier cette bande dessinĂ©e constamment irrĂ©vĂ©rencieuse, scato et impĂ©tueuse il vaut mieux laisser son cerveau au vestiaire pour s'adonner Ă  cette dĂ©bauche criminelle oĂą flics et voyous s'affrontent sans rĂ©pit dans un bain de sang aussi dĂ©monial que dĂ©bridĂ©. Certaines fusillades dantesques (le carnage dans la boite de nuit) et courses-poursuites automobiles demeurant extrĂŞmement Ă©piques auprès de sa rĂ©alisation primitive n'Ă©pargnant aucun antagoniste pour notre plaisir voyeuriste ranimant nos bas instincts de fantasmes inavouĂ©s. A revoir donc impĂ©rativement au second degrĂ© pour s'esbaudir de ce grand (fist) fuck(ing) sur pellicule se tortillant les nerfs dans une idĂ©ologie immorale aussi douteuse que sarcastique. 

Pour public averti évidemment.

*Bruno
3èx

Box Office France: 800 000 entrées

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