mardi 26 mars 2024

Mama

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de  AndrĂ©s Muschietti. 2013. U.S.A. 1h40. Avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle NĂ©lisse, Daniel Kash. 

Sortie salles France: 15 Mai 2013

FILMOGRAPHIEAndrĂ©s Muschietti est un scĂ©nariste et rĂ©alisateur argentin, nĂ© le 26 aoĂ»t 1973 Ă  Buenos Aires. 2013 : Mama (Mamá). 2017 : Ça (It). 2019 : Ça : Chapitre 2 (It: Chapter Two). 2023 : The Flash. 

AurĂ©olĂ© de 3 prix Ă  Fantasporto et Ă  GĂ©rardmer dont le fameux Grand Prix que l'on peut toutefois trouver discutable, Mama est un charmant divertissement horrifique intelligemment conçu dans son refus de surenchère, de facilitĂ© (mĂŞme si 2 jumpscares inutiles tombent Ă  l'eau), de trivialitĂ©. Dans la mesure oĂą AndrĂ©s Muschietti exploite son argument fantastique sous l'impulsion de la suggestion d'y retarder au possible la crĂ©ature qui importune sournoisement les personnages, alors qu'Ă  d'autres moments furtifs nous ne la percevions que dans l'ombre ou Ă  moitiĂ© Ă©bruitĂ©e par d'astucieux effets de camĂ©ra. Et si le scĂ©nario plutĂ´t prĂ©visible, voir dĂ©jĂ  vu (une vengeance maternelle spectrale) n'a point l'intention de renouveller le genre, le rĂ©alisateur table sur l'efficacitĂ© et la conduite du rĂ©cit en accordant nottamment pas mal d'attouts aux traitements moraux des persos. Le genre horrifique n'Ă©tant finalement qu'un prĂ©texte ludique pour nous questionner sur l'ambition de la maternitĂ©, la maltraitance et la responsabilitĂ© parentale par le truchement d'une initiation Ă  la communication, Ă  la confiance et Ă  l'amour. 

En Ă©vitant toutefois d'opĂ©rer un favoritisme infantile si je me rĂ©fère Ă  la rancune de la crĂ©ature souvent impressionnante, fascinante, voir mĂŞme quelque peu flippante Ă  travers son apparence dĂ©charnĂ©e numĂ©riquement imposĂ©e mais assez rĂ©aliste et expressive pour croire en sa furibonde animositĂ©. Outre son efficacitĂ© narrative soumise Ă  la parole (timorĂ©e) des enfants et Ă  celle des parents adoptifs en questionnemment surnaturel, on peut Ă©galement compter sur la prĂ©sence si naturelle des fillettes Ă©tonnamment justes, impeccablement dirigĂ©es pour s'extirper du stĂ©rĂ©otype, comme le souligne par ailleur son final Ă©mouvant faisant intervenir une imagerie onirique Ă  la mĂ©lancolie tangible sans forcer le trait de sentiments bipolaires. Mama se dĂ©clinant en conte horrifique oĂą Ă©motions et frissons finissent pas ne faire plus qu'un dans un vertige de sens Ă©motifs aussi cruels que rĂ©dempteurs. Et c'est ce qui rend si attachante (et qui a sans doute tant sĂ©duit le public de GĂ©rardmer) cette modeste sĂ©rie B fantastique que d'avoir su conjuguer avec une sensibilitĂ© somme toute fragile suspense, frissons, tendresse auprès d'une valeur maternelle souffreteuse. 


*Bruno
3èx

Récompenses:

Festival international du film fantastique de Gérardmer 2013 : Grand prix, prix du public et prix du jury jeunes

Fantasporto 2013 : meilleur film, meilleure actrice pour Jessica Chastain et meilleur réalisateur

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