lundi 24 août 2026

Stake Land

                       (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via google, provenant du site imdb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives)

Hier soir, révision de Stake Land, réalisé par Jim Mickle en 2010. Un réalisateur plutôt discret qui avait toutefois su se faire connaître dès 2006 avec le sympathique Mulberry Street, avant de signer les excellents We Are What We Are puis Cold in July, et enfin In the Shadow of the Moon en 2019 plutôt passé inaperçu (et que je n'ai pas vu).

À la révision de Stake Land, on découvre une très bonne série B qui tire justement parti de son charme et de son attachement par son aspect bricolé. Jim Mickle conçoit son film avec sincérité, dans le désir évident de bien faire et de nous raconter un survival sur fond de road movie post-apo. L'humanité ayant été contaminée par une maladie liée au vampirisme, une poignée de survivants tente tant bien que mal de poursuivre sa route dans un monde ravagé.

Il y a d'ailleurs un point particulièrement intéressant concernant ces fameux vampires, puisqu'on a autant l'impression d'être confronté à des infectés qu'à de véritables vampires. Une idée assez astucieuse, voire originale, qui consiste à conjuguer le mythe vampirique et celui de l'infecté au sein d'une seule et même créature. Le cheminement narratif pourrait alors paraître redondant, mais on n'a jamais véritablement cette impression de répétition, tant Jim Mickle parvient à relancer l'action grâce à l'intrusion de nouveaux personnages, qui viennent progressivement grossir le groupe de survivants au fil de leur périple et grâce à des idées narratives (les différents types de vampires) et visuelles fourmillant de détails.

Mais ce qui surprend véritablement dans Stake Land, et ce qui l'empêche surtout de se confiner au simple produit standard, émane de son ambiance post-apo particulièrement mélancolique. On sent que le réalisateur accorde énormément de soin à instaurer cette atmosphère crépusculaire, qui peut parfois évoquer Terrence Malick, notamment lors de certaines plages d'onirisme champêtre.

Jim Mickle accorde également beaucoup d'attention aux paysages désolés, qu'ils soient urbains ou naturels, ainsi qu'à une foule de détails visuels : les costumes, les vêtements, les lunettes des protagonistes, sans oublier le look particulièrement travaillé des vampires infectés. Stake Land transpire littéralement la nature, le soleil, la nuit : on ressent l'air, on contemple la disparité des paysages. C'est un road movie contemplatif et envoûtant, alors même que l'action demeure métronomique et que le rythme se révèle particulièrement nerveux.

Le film est d'autant plus attachant qu'il accorde beaucoup d'intérêt à la psychologie de ses personnages, si bien que nous avons affaire à des protagonistes profondément humains. C'est aussi là que Stake Land parvient à s'extirper de la redite et du produit vite vu, vite oublié : on s'attache à ces personnages, d'autant plus que les comédiens, pour la plupart méconnus, se montrent relativement convaincants sans jamais déborder d'orgueil.

Connor Paolo, qui endosse le rôle de leader du groupe de survivants, possède notamment une véritable prestance virile et un charisme ténébreux. Son personnage est dur, violent, parfois même réactionnaire, mais il protège les siens avec beaucoup d'humanité, de solidarité et de sens de la cohésion. Sa présence apporte ainsi une véritable densité à leur évolution morale, en porte-à-faux entre la violence nécessaire à leur survie et l'humanité à fleur de peau qu'ils tentent de préserver.

Sans toutefois déflorer un final assez surprenant, concis et suggestif, plutôt intelligent et bienvenu, Stake Land demeure donc un divertissement fort honorable, dont je ne regrette pas de m'être replongé. On discerne déjà, à travers ce second long, le talent artisanal de Jim Mickle qui, avec les moyens du bord, parvient à rendre crédible son univers avec une modeste ambition eu égard de son faible budget. Un petit métrage somme toute personnel qui mérite largement de sortir du simple statut de film de vampires pour révéler un talent de cinéaste comme il le prouvera avec We Are What We Are et Cold in July.

-- Celui du cœur noir des images 🖤

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