(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Killing Ground : un survival forestier d'une violence psychologique à bout de souffle.
Hier soir, découverte d'un petit métrage australien réalisé en 2016, dont j'ignorais totalement l'existence (merci au groupe cinéphile de Facebook). Il s'agit de Killing Ground, un survival crapuleux dans la mouvance de La Dernière Maison sur la gauche, Wolf Creek ou encore Eden Lake.
À tous les amateurs de ces peloches mal élevées et bien gratinées en termes de violence psychologique et physique, Killing Ground est à ne pas rater, tant le réalisateur australien Damien Power use d'intelligence, d'habileté (notamment au niveau du montage temporel) et d'efficacité pour nous pondre un p'tit métrage d'une intensité particulièrement éprouvante, alors que les éclats de violence (surtout à mi-parcours) sont parfois à la limite du soutenable.
Hier soir, découverte d'un petit métrage australien réalisé en 2016, dont j'ignorais totalement l'existence (merci au groupe cinéphile de Facebook). Il s'agit de Killing Ground, un survival crapuleux dans la mouvance de La Dernière Maison sur la gauche, Wolf Creek ou encore Eden Lake.
À tous les amateurs de ces peloches mal élevées et bien gratinées en termes de violence psychologique et physique, Killing Ground est à ne pas rater, tant le réalisateur australien Damien Power use d'intelligence, d'habileté (notamment au niveau du montage temporel) et d'efficacité pour nous pondre un p'tit métrage d'une intensité particulièrement éprouvante, alors que les éclats de violence (surtout à mi-parcours) sont parfois à la limite du soutenable.
Or, le réalisateur joue sur deux tableaux, autant sur la suggestion que sur le démonstratif, et se montre brillant sur ces deux registres car il ne se livre jamais à la complaisance. Les séquences de soumission morale et de sévices corporels, conçues avec sadisme par deux rednecks du coin, sont franchement limite insupportables, tant le réalisme cru des situations nous rappelle les grands classiques que j'ai cités plus haut.
Avec des acteurs méconnus chez nous mais remarquablement convaincants auquel on s'identifie d'emblée, Killing Ground nous emmène droit en enfer, au sein d'une forêt australienne isolée où deux rednecks ont décidé de batifoler avec leurs victimes dans une violence gratuite proprement putassière. Épreuve de force morale et véritable chemin de croix qu'une poignée de protagonistes vont endurer durant une heure trente, Killing Ground ne nous laisse aucun répit quant à leur survie précaire, d'autant plus que, comme dans Wolf Creek, Eden Lake ou La Dernière Maison sur la gauche, n'importe quel protagoniste peut trépasser à tout moment auprès de deux engeances que l'on répugne à détester. Le récit joue donc habilement avec nos nerfs, en y réveillant nos instincts les plus sombres pour mieux étudier notre jugement moral et nos prises de décisions. Que ferions-nous à la place des victimes ?
Si l'on peut chipoter sur son cheminement narratif tout à fait classique, Killing Ground mise sur l'efficacité infaillible d'un rythme aussi inquiétant qu'effréné, ainsi que sur la caractérisation psychologique de ses personnages, auxquels il parvient à nous attacher profondément à travers leurs tourments, leur désespoir éploré, dans un réalisme forestier aussi immersif qu'effrayant.
Outre ce classicisme narratif, Damien Power se rattrape également sur certains rebondissements intelligents où l'on reconsidère l'action, notamment vis-à -vis de la psychologie équivoque de personnages. Et sans trop déflorer d'indices, l'action horrifique est relancée d'une certaine façon sur le plan psychologique, à travers une confrontation amère et regrettable. C'est précisément ce qui permet au récit de se relancer et d'épouser un autre point de vue moral accablant vis-à -vis d'un certain personnage, renforçant ainsi la dramaturgie du film jusqu'à cette fin ouverte qui en dit long dans les échanges de regards mutiques. A vous de vous faire votre propre fin...
Et surtout, Killing Ground nous donne à réfléchir sur la lâcheté, sur notre propre hésitation à oser franchir le cap et sur cette frayeur viscéral qui nous empêche parfois d'oser transgresser notre peur, justement par peur de trépasser. Le film traite ainsi autant du courage (avec un beau profil féminin que l'on n'a pas vu venir) et du dépassement de soi que de la paralysie provoquée par la peur que l'on peut condamner ou tolérer. Celle d'oser prendre notre courage à deux mains pour tenter de nous sortir d'une situation extrêmement précaire et sauver des vies.
Ainsi donc, Killing Ground est un vrai choc émotionnel grâce à cette ultra-violence psychologique et parfois physique (le sort du bébé, les jeux morbides, la résultante des viols), proprement innommable et résolument perturbante. Un survival horrifique résolument adulte par son réalisme acéré, si bien qu'après un tel cauchemar moral, il est impossible de sortir totalement indemne de cette déliquescence déshumanisante.
Car derrière cette violence poisseuse et ce réalisme fangeux, le film nous confronte surtout à une vérité glaçante qui nous révolte intérieurement: certains assassins sans vergogne demeurent irrécupérables dans leur sadisme inné, capables de s'adonner aux pires exactions pour le simple plaisir de faire le mal, dans une vile perversité. Si bien qu'ici, le film nous prouve clairement que toute seconde chance était inutile.
Glaçant et impardonnable. A méditer...
— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤





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