jeudi 16 août 2018

PIRANHAS 2, LES TUEURS VOLANTS

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dvdtoile.com

"Piranha Part Two: The Spawning" de James Cameron et Ovidio G. Assonitis (non crédité). 1981. U.S.A/Hollande/Italie. 1h35. Avec Tricia O'Neil, Steve Marachuk, Lance Henriksen, Ricky Paull Goldin

Sortie salles France: 5 Janvier 1983 (Int - 13 ans). U.S: 5 Novembre 1982. Italie: Décembre 1981.

FILMOGRAPHIE: Ovidio Gabriel Assonitis est un homme d'affaires, scĂ©nariste, rĂ©alisateur et producteur indĂ©pendant, nĂ© le 18 janvier 1943. 1974 : Beyond the Door (co-rĂ©alisĂ© avec Robert Barrett, scĂ©nariste). 1977 : Tentacules. 1979 : The Visitor. 1981 : Desperate Moves. 1981 : Piranha 2 : Les Tueurs volants (co-rĂ©alisĂ© avec James Cameron, co-scĂ©nariste).
James Francis Cameron est un réalisateur, scénariste et producteur canadien, né le 16 Août 1954 à Kapuskasing (Ontario, Canada). 1978: Kenogenis (court-métrage). 1981: Piranhas 2, les Tueurs Volants. 1984: Terminator. 1986: Aliens, le Retour. 1989: Abyss. 1991: Terminator 2. 1994: True Lies. 1997: Titanic. 2003: Les Fantomes du Titanic. 2005: Aliens of the Deep. 2009: Avatar.


Si on excepte 2/3 séquences gores timidement sympas (avec une touche latine pour les gros plans sur les chairs déchiquetées), ses FX plutôt convaincants et un cadre édénique radieux (une station balnéaire jamaïcaine), il n'y a rien à sauver de ce naufrage aquatique d'une platitude exaspérante. Un navet démanché auquel James Cameron et Ovidio G. Assonitis s'y sont disputés la réalisation avec une inspiration en berne. Quand au scénario étique et son concept saugrenu, on ne peut que se lamenter de ses fariboles un brin décomplexées (seconds-rôles ballots en sus pour tenter d'amuser la galerie). En revanche, sa splendide affiche continue de nous faire fantasmer !

* Bruno
3èx

mercredi 15 août 2018

THE KEEPING HOURS

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Karen Moncrieff. 2018. U.S.A. 1h35. Avec Lee Pace, Carrie Coon, Sander Thomas, Ray Baker, Amy Smart, Julian Latourelle, Ana Ortiz co.

Sortie salles U.S: 24 Juillet 2018 (vod)

FILMOGRAPHIE: Karen Moncrieff est une rĂ©alisatrice, scĂ©nariste, productrice et actrice amĂ©ricaine, nĂ© le 20 DĂ©cembre 1963 Ă  Sacramento, Californie. 2018: Escaping the Madhouse: The Nellie Bly Story (tĂ©lĂ©film).  2018: The Girl in the Bathtub (tĂ©lĂ©film).  2018: 13 Reasons Why (TV Series) (2 episodes).  2018: The Quad (sĂ©rie TV: 1 episode). 2017: The Keeping Hours. 2014: Les enfants du pĂ©chĂ©: Nouveau dĂ©part (TĂ©lĂ©film). 2013 The Trials of Cate McCall.  2006: The Dead Girl. 2004 Touching Evil (sĂ©rie TV). 2003: Six feet under (sĂ©rie TV: 1 episode). 2002: Blue Car.


Synopsis: Après avoir divorcĂ©, un couple tente de se reconstruire grâce au tĂ©moignage du fantĂ´me de leur jeune fils disparu tragiquement 7 ans plus tĂ´t dans un accident de voiture. 

Si un second visionnage s'avère tout Ă  fait dispensable et que l'Ă©motion s'y perd en cours de route, faute d'une intrigue sans vĂ©ritable surprise (notamment au niveau de son final dramatique d'une intensitĂ© atone), The Keeping Hours est un honnĂŞte DTV jouant la carte de l'intimisme mystique  avec sobriĂ©tĂ© et sensibilitĂ©. On apprĂ©cie donc Ă  travers ce parti-pris infiniment prude (absence de tension Ă©prouvante et d'esbroufe horrifique au profit du drame psychologique) le jeu dĂ©pouillĂ© du couple Lee Pace / Carrie Coon assez convaincant dans leur dĂ©sagrĂ©ment moral en quĂŞte de rĂ©demption. Enfin, les fervents catholiques devraient beaucoup apprĂ©cier son message spirituel rĂ©solument optimiste, pour ne pas dire lĂ©nifiant.

* Bruno

mardi 14 août 2018

UPGRADE

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Leigh Whannell. 2018. U.S.A. 1h40. Avec Logan Marshall-Green, Betty Gabriel, Harrison Gilbertson, Richard Anastasios, Rosco Campbell, Richard Cawthorne.

Sortie salles France: Inconnue. Australie: 14 Juin 2018. U.S: 1er Juin 2018

FILMOGRAPHIE: Leigh Whannell est un réalisateur, scénariste et producteur australien né le 17 Janvier 1977 à Melbourne, Victoria. 2015: Insidious 3. 2018: Upgrade.


La nouvelle chair ! 
Si Leigh Whannell se fit connaĂ®tre avec son premier essai, l'inoffensif Insidious 3 (ça n'engage que moi), il vient sacrĂ©ment de redresser la barre en terme d'originalitĂ©, voir mĂŞme de novation avec Upgrade. Tant et si bien qu'il vient d'inventer le "cyber vigilante-movie" avec autant de dĂ©rision caustique que de rĂ©alisme hardcore (les quelques sĂ©quences gores qui parsèment la vendetta s'avèrent incroyablement percutantes par le biais d'FX optimaux). Car Ă  travers le schĂ©ma canonique d'une banale histoire de vengeance (Ă  la suite d'une agression l'ayant rendu tĂ©traplĂ©gique et après avoir assistĂ© Ă  l'assassinat de sa femme, Grey dĂ©cide de se venger avec l'aide d'un savant lui ayant transplantĂ© une puce informatique douĂ©e d'intelligence et de fonction motrice dans sa colonne vertĂ©brale), Leigh Whannell ne cesse de renouveler l'action avec une inventivitĂ© jouissive.  Notamment au niveau de la surveillance aĂ©rienne des drones que les mĂ©chants contournent Ă  l'aide de pare-feux, de deux poursuites - lisibles- en voiture et des gadgets Ă©lectroniques de certains antagonistes transformĂ©s en arme humaine ! Alternant l'intensitĂ© dramatique d'une 1ère partie d'un rĂ©alisme poignant et la fulgurance d'images surrĂ©alistes d'une avancĂ©e technologique, Upgrade  crĂ©dibilise son univers dystopique pas si Ă©loignĂ© de Blade Runner (certains panoramas urbains nous le rappellent, et ce mĂŞme si les moyens sont ici largement plus discrets et limitĂ©s).


Ainsi, le cheminement criminel du justicier s'avère non seulement constamment captivant (il est habitĂ© d'une voix informatique lui dictant ses faits et gestes et aiguillant son corps douĂ© de vĂ©locitĂ© tout en l'incitant Ă  mieux anticiper ses prochaines actions) mais il s'enrichit en prime d'une enquĂŞte policière afin de retrouver le vĂ©ritable responsable d'un mystĂ©rieux contrat. Upgrade abordant les thĂ©matiques si inquiĂ©tantes de l'intelligence informatique, des univers virtuels (se confiner dans la fantaisie parce que la vie rĂ©elle, dĂ©shumanisĂ©e, est devenue un fardeau) et surtout de la fusion entre l'homme et la machine (façon Robocop, voir plus prĂ©cisĂ©ment Tetsuo) sous couvert de divertissement alarmiste. A l'instar de son Ă©tonnant Ă©pilogue d'une audace nihiliste qui risquera sans doute de dĂ©plaire Ă  une frange de spectateurs trop habituĂ©s Ă  la convenance du happy-end. Au niveau du casting, outre la photogĂ©nie d'un mĂ©chant chafouin assez dĂ©testable (Benedict Hardie) et la trouble prĂ©sence du chercheur Ă©quivoque (Harrison Gilbertson provoque une inquiĂ©tude sous-jacente dans sa posture timorĂ©e), on retrouve avec bonheur l'excellent Logan Marshall-Green (sosie de Tom Hardy auquel il serait bien capable de lui voler la vedette un jour futur !) dans celui d'une victime vindicative se fondant dans le corps d'un humanoĂŻde avec une gestuelle habilement irrĂ©gulière. Et si ses premières confrontations musclĂ©es semblent effleurer sur le moment le ridicule, le caractère jouissif de ces techniques de combat et surtout son profil de "cyber humain" expĂ©rimental parviennent au final Ă  nous convaincre grâce Ă  l'ingĂ©nieux alibi d'une intelligence informatique en voie d'indĂ©pendance.


"Quand l'homme devient machine, et vice-versa."
MenĂ© sans temps mort au fil d'une investigation crĂ©pusculaire semĂ©e d'Ă©clairs de violence tranchĂ©s, Upgrade dĂ©tonne diablement dans sa combinaison d'action gore et d'enquĂŞte policière nous alarmant en background sur les dangers d'une cyber-intelligence (et des loisirs virtuels) en ascension d'asservissement. Un thriller d'anticipation rondement menĂ© donc si bien que Leigh Whannell s'avère particulièrement inspirĂ© dans sa fonction de visionnaire dĂ©faitiste et que Logan Marshall-Green porte le mĂ©trage sur ses Ă©paules, entre pugnacitĂ© orgueilleuse et humanisme torturĂ© en perdition morale. 

* Bruno

lundi 13 août 2018

UNE SI GENTILLE PETITE FILLE

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site gigglepedia.com

"Cauchemares/Cathy's Curse" de Eddy Matalon. 1977. France/Canada. 1h31. Avec Alan Scarfe, Randi Allen, Dorothy Davis, Beverly Murray, Sylvie Lenoir, Roy Witham.

Sortie salles France: 3 AoĂ»t 1977. Canada: 30 Juillet 1977

FILMOGRAPHIEEddy Matalon est un producteur, rĂ©alisateur et scĂ©nariste français, nĂ© le 11 septembre 1934 Ă  Marseille. 1954 : Ă€ propos d'une star. 1966 : Le Chien fou. 1968 : Quand la libertĂ© venait du ciel. 1968 : SpĂ©cial Bardot. 1970 : L'ĂŽle aux coquelicots corĂ©alisĂ© avec Salvatore Adamo. 1970 : Trop petit mon ami. 1975 : La BĂŞte Ă  Plaisir sous le pseudonyme de Jack Angel. 1977 : Une si gentille petite fille. 1978 : Teenage Teasers. 1978 : Black-Out Ă  New York. 1979 : Brigade mondaine: La secte de Marrakech. 1980 : T'inquiète pas, ça se soigne. 1983 : Prends ton passe-montagne, on va Ă  la plage. 1993 : Deux doigts de meurtre. 1994 : De Serge Gainsbourg Ă  Gainsbarre de 1958 - 1991.


Production franco-canadienne rĂ©alisĂ©e par un cinĂ©aste de seconde zone originaire de Marseille (on lui doit d'ailleurs le sympathique et oubliĂ© New-York Blackout et quelques comĂ©dies franchouillardes au rabais), Une si gentille petite fille se fit connaĂ®tre auprès des vidĂ©ophiles lors de son exploitation Vhs Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 80. EditĂ©e par IRIS tĂ©lĂ©vision, sa jaquette locative Ă  l'illustration malĂ©fique accrocheuse m'avait d'ailleurs beaucoup fascinĂ© durant mes premiers pas au vidĂ©o du coin. SĂ©rie B au budget limitĂ© surfant sur les succès de l'Exorciste et la MalĂ©diction, l'intrigue relate la possession dĂ©moniaque d'une fillette après qu'elle eut dĂ©couvert une poupĂ©e au fond d'un grenier. Venant d'emmĂ©nager avec ses parents dans une vĂ©tuste demeure au passĂ© tragique (le beau-père de sa mère et la fille de celui-ci pĂ©rirent dans un incendie Ă  la suite d'un accident de voiture), Cathy possède la facultĂ© de dĂ©clencher des forces surnaturelles en intentant Ă  la tranquillitĂ© de sa mère dĂ©pressive, d'un vieillard geĂ´lier et d'une medium. Les forces dĂ©moniaques s'enchaĂ®nant autour d'eux dans une sĂ©rie d'humiliations, d'hallucinations et d'incidents criminels. 


En dĂ©pit d'un pitch minimaliste sans surprise exploitant Ă  tout va nombre de pĂ©ripĂ©ties grand-guignolesques, et du manque de cohĂ©rence de certains personnages (particulièrement la mère borderline parfois difficilement convaincante lorsqu'elle assiste aux pouvoirs occultes de sa fille), Une si gentille petite fille dĂ©gage pour autant un charme horrifique assez glauque (Ă  l'instar de cette fameuse situation d'Ă©briĂ©tĂ© que le vieillard encaisse dans une sĂ©rie d'Ă©preuves hallucinatoires). Son climat inquiĂ©tant et sa partition musicale aussi lugubre qu'atmosphĂ©rique appuyant l'aspect dĂ©lĂ©tère de ce cas d'enfant diabolique que la petite Randi Allen retransmet avec un charisme assez magnĂ©tique. On peut d'ailleurs s'amuser de son insolence effrontĂ©e et de ses rĂ©parties grossières lorsqu'elle se met Ă  insulter son entourage dans un esprit de provocation goguenard. Eddy Matalon se chargeant de cumuler ses exactions Ă  rythme assez mĂ©tronomique pour rendre le rĂ©cit constamment divertissant, Ă  dĂ©faut d'originalitĂ© narrative et de brio technique.


Prioritairement rĂ©servĂ© Ă  la gĂ©nĂ©ration 80 ayant Ă©tĂ© bercĂ©e par sa location Vhs, Une si gentille petite fille demeure un sympathique plaisir coupable, aussi mineur et facile soit son parti-pris racoleur. Outre quelques sĂ©quences saugrenues gentiment rĂ©ussies (alors que d'autres effleurent parfois le ridicule sous l'impulsion d'une bande-son outrancière), on retient surtout le visage angĂ©lique de Randi Allen (assez dĂ©rangeante dans sa trouble innocence bafouĂ©e) et son ambiance horrifique malsaine symptomatique des annĂ©es 70. Ses dĂ©fauts prĂ©citĂ©s lui ajoutant d'ailleurs un charme naĂŻf assez attachant. 

Bruno
13.08.18. 3èx
25.11.16. 208 vues

vendredi 10 août 2018

Meurtres Ă  la Saint-Valentin / My Bloody Valentine. Uncut Version.

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cultreviews.com

de George Mihalka. 1981. Canada. 1h33 (Uncut). Avec Paul Kelman, Lori Hallier, Neil Affleck, Keith Knight, Alf Humphreys, Cynthia Dale, Helene Udy, Rob Stein, Thomas Kovacs, Terry Waterland, Carl Marotte...

Sorti en France le 10 Mars 1982. U.S.A: 11 FĂ©vrier 1981.

FILMOGRAPHIE: George Mihalka (1953 en Hongrie - ) est un rĂ©alisateur et producteur quĂ©bĂ©cois.    
1980 : Pick-up Summer, 1981 : Meurtres Ă  la St-Valentin (My Bloody Valentine) 1982 : Scandale, 1983 : Le Voyageur (The Hitchhiker) (sĂ©rie TV) 1985 : The Blue Man (TV) 1986 : Adventures of William Tell (TV)1988 : Hostile Takeover, 1987: Midnight Magic, 1988 : Le Chemin de Damas, 1988 : Crossbow (sĂ©rie TV) 1989 : Straight Line, 1990 : Wish You Were Here (sĂ©rie TV) 1991 : The Final Heist (TV) 1992 : Scoop (sĂ©rie TV) 1992 : Psychic, 1993 : La Florida, 1994 : Relative Fear, 1995 : Bullet to Beijing, 1995 : Deceptions II: Edge of Deception, 1996 : Windsor Protocol (TV) 1996 : L'Homme idĂ©al, 1998 : Thunder Point (TV) 1999 : OmertĂ  - Le dernier des hommes d'honneur (sĂ©rie TV) 2000 : Haute surveillance (sĂ©rie TV) 2000 : Dr Lucille - La remarquable histoire de Lucille Teasdale (Dr. Lucille) (TV) 2001 : Watchtower, 2001 : "Undressed" (1999) TV Series, 2002 : Galidor: Defenders of the Outer Dimension (sĂ©rie TV) 2005 : Charlie Jade (sĂ©rie TV) 2005 : Les Boys IV.
                                         

Sorti en pleine vogue du psycho-killer natif d'Halloween et de Vendredi 13Meurtres Ă  la St-Valentin s'attelle Ă  l'acadĂ©misme pour emprunter le schĂ©ma du film de Sean S. Cunningham. LĂ  encore, le succès en salles est au rendez-vous Ă  la surprise gĂ©nĂ©rale des crĂ©ateurs alors que Meurtres Ă  la St-Valentin sort en version hĂ©las tronquĂ©e de ses effets sanglants partout dans le monde. Pour autant, sa rĂ©putation d'honnĂŞte divertissement horrifique va gentiment accroĂ®tre au fil des ans. Or, tant en France qu'Outre-Atlantique, ce fort sympathique whodunit n'eut jamais l'honneur de voir le jour dans sa version rigoureusement intĂ©grale. Chose rĂ©parĂ©e aujourd'hui chez nos voisins ricains Ă  l'occasion de ses sorties Dvd et Blu-ray certifiĂ©e Uncut. Et cela change la donne !

Le PitchLe jour de la St-Valentin, lors d'un bal local, cinq mineurs se retrouvent coincĂ©s dans leur carrière Ă  la suite d'une violente explosion. Seul, un survivant, Harry Warden, est parvenu Ă  s'extraire des dĂ©combres. Depuis, chaque annĂ©e, il dĂ©cide de se venger des jeunes Ă©tudiants qui auront l'audace de renouveler la fĂŞte des amoureux durant la sauterie promotionnelle. 


Lorsque l'on assiste pour la première fois Ă  la version non censurĂ©e de Meurtres Ă  la St-Valentin, on est heureux de constater avec une certaine stupeur la teneur malsaine de ces homicides graphiques ! Les nombreux meurtres qui Ă©maillent l'intrigue s'avĂ©rant incisifs dans leur violence gore, non exempts d'inventivitĂ© dans l'art et la manière de dĂ©cimer la prochaine victime. Pioche perforant un sein ou un gosier, femme empalĂ©e par la bouche d'un robinet, Ă©corchement d'un coeur bien frais, pratique de cannibalisme, tranchage de bras en guise d'Ă©pilogue sardonique, tĂŞte vivante Ă©bouillantĂ©e dans une marmite ou transpercĂ©e de clous, et enfin corps brĂ»lĂ© dans une lessiveuse. Ainsi, grâce Ă  cette surenchère Ă©pique au stylisme morbide, Meurtres Ă  la St-Valentin se pare d'une texture autrement plus insolente. Par cette occasion, on se rend compte que parfois un mĂ©trage bĂ©nĂ©ficie d'un ton racoleur pour rendre l'aventure plus sombre et dĂ©lĂ©tère, de manière aussi Ă  accentuer la crainte redoutĂ©e du tueur, faute de sa cruautĂ© ostentatoire. En dehors de l'aspect fun des FX artisanaux, on retrouve les clichĂ©s habituels du psycho-killer routinier avec son meurtrier exterminant de manière mĂ©thodique une victime tous les quarts d'heure. Notamment la caricature impartie aux Ă©tudiants stĂ©rĂ©otypĂ©s, du dragueur insolent au plaisantin farceur, de l'aguicheuse au rondouillard mĂ©diateur, du flic protecteur au fameux tenancier sollicitĂ© Ă  mettre en garde tous ces garnements risquant un grave danger.

                                         

Pour autant, ces protagonistes s'avèrent moins superficiels que de coutume mĂŞme si une sirupeuse amourette entre trois amants viennent lĂ©gèrement ternir l'esprit mature de leur posture hĂ©roĂŻque (notamment si je me rĂ©fère Ă  sa formidable dernière partie claustro de plus de 30 mns). Ainsi, durant les 2/3 du rĂ©cit, le cheminement balisĂ© ne fera donc que dĂ©peindre les rĂ©unions amicales et Ă©treintes amoureuses de nos jeunes Ă©tudiants pendant qu'un tueur les dĂ©cimera un Ă  un lors d'exactions grands-guignolesques. Quand bien mĂŞme ses 38 dernières minutes, plus vigoureuses Ă  travers son suspense haletant et son atmosphère nocturne agrĂ©ablement insĂ©cure, confinera l'essentiel de l'action dans l'environnement opaque d'une ancienne mine. Une dernière partie atmosphĂ©rique car utilisant judicieusement ses corridors lugubres Ă  l'ambiance inquiĂ©tante tout en distillant un suspense latent aussi immersif que captivant. L'aspect patibulaire du meurtrier n'est pas non plus Ă  nĂ©gliger si bien qu'il ajoute un charme singulier Ă  son accoutrement vestimentaire (alors qu'il aurait pu sombrer dans le ridicule). AffublĂ© d'une combinaison de mineur, d'un casque de lampiste sur la tĂŞte et d'un masque Ă  gaz constamment imposĂ© sur son visage, sa prĂ©sence obscure nous inspire fascination, apprĂ©hension et rĂ©volte, notamment de par sa dĂ©termination si fourbe Ă  dĂ©cimer un Ă  un tous les Ă©tudiants en liesse sans faire preuve de concession.


RĂ©alisĂ© sans gĂ©nie particulier mais honnĂŞtement troussĂ© et plein de charme car sincère, 1er degrĂ© et efficace si bien que l'action rebondit agrĂ©ablement lors de sa dernière partie confinĂ©e dans un huis-clos caverneux, Meurtres Ă  la St-Valentin mĂ©rite l'attention des fans, aussi mineur soit-il (jeu de mot Ă  l'appui). Quand bien mĂŞme ses effets-gores audacieux au sein de sa version Uncut vont permettre d'y insuffler une aura malsaine Ă©tonnamment couillue en guise de cerise sur le gâteau sanguin. Enfin, le concept inĂ©dit d'ironiser sur la fĂŞte sirupeuse des amoureux est savoureusement dĂ©tournĂ© au profit d'un humour noir caustique (rictus outrancier Ă  l'appui en guise de clin d'oeil morbide faisant Ă©cho avant le lever de rideau). 

*Bruno
19.04.24. 4èx
10/08/18
19.03.11 (382 vues)

jeudi 9 août 2018

Le Justicier de Minuit / Ten to Midnight

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com
 
de Jack Lee Thomson. 1982. U.S.A. 1h41. Avec Charles Bronson, Lisa Eilbacher, Andrew Stevens, Gene Davis, Geoffrey Lewis, Wilford Brimley, Robert F. Lyons, Bert Williams, Iva Lane, Ola Ray, Kelly Preston.
 
Sortie salles France: 13 Juillet 1983 (Int - 18 ans). U.S: 11 Mars 1983

BIO: Jack Lee Thomson, de son vrai nom John Lee Thompson, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur britannique nĂ© le 1er aoĂ»t 1914 Ă  Bristol (Royaume-Uni), dĂ©cĂ©dĂ© le 30 aoĂ»t 2002 Ă  Sooke (Canada). Avec 47 longs-mĂ©trages, le cinĂ©aste aborda tous les genres avec plus ou moins de bonheur dont certains sont qualifiĂ©s de chefs-d'oeuvre. Pour ses titres les plus notoires, on peut citer Les Canons de Navarone, Les Nerfs Ă  vif, la ConquĂŞte de la planète des singes, la Bataille de la Planète des singes, le Bison Blanc, l'Empire du Grec, Monsieur St-Yves, Passeur d'hommes et Happy Birthday (son unique incursion dans le slasher). Il signera en outre une illustre sĂ©rie de films d'action particulièrement violents, le "vigilante movie" parmi son acteur fĂ©tiche Charles Bronson (Le Justicier de Minuit, l'Enfer de la Violence, la Loi de Murphy, le Justicier braque les dealers, le Messager de la mort et Kinjite, sujets tabous).

 
"Justice Ă  nu".
Un an après le second volet d’Un Justicier dans la ville, et en attendant son troisième opus cartoonesque toujours signĂ© Michael Winner, Charles Bronson renfile le costume du vindicateur meurtrier dans Le Justicier de Minuit. Interdit aux moins de 18 ans Ă  l’Ă©poque, cette solide sĂ©rie B fit son petit effet auprès d’un public friand de thrillers horrifiques, si bien que Jack Lee Thompson (Les Canons de Navarone, Les Nerfs Ă  Vif) orchestre avec efficacitĂ© un savant dosage de suspense policier et d’angoisse sourde, jusqu’Ă  un dĂ©nouement d’une rare brutalitĂ©.

Un psychopathe sème la terreur dans une contrĂ©e ricaine en assassinant de jeunes innocentes Ă  l’arme blanche… dans son plus simple appareil. L’inspecteur Leo Kessler s’efforce de le coffrer, quels que soient les moyens. 

Après les Ă©clairs de violence expĂ©ditive des Death Wish, Bronson perpĂ©tue la tradition d’une justice personnelle, incarnant cette fois un flic vĂ©reux prĂŞt Ă  tout pour envoyer dans la chambre Ă  gaz un maniaque impuni.

Ça commence fort, avec un prĂ©ambule poisseux clairement influencĂ© par le psycho-killer : notre tueur, entièrement nu, Ă©pie par la vitre d’un camping-car un couple en plein coĂŻt avant de les trucider de sang-froid. Les meurtres, bien que hors champ, n’en restent pas moins saisissants de violence crue : poignardĂ©s, Ă©ventrĂ©s - la nuditĂ© du tueur accentue son caractère nausĂ©eux, trouble, dĂ©rangeant.

InspirĂ© et habile, Jack Lee Thompson maĂ®trise son intrigue, nourrie par des personnages attachants et spontanĂ©s (le duo Laurie Kessler / Paul McAnn apporte une touche de fraĂ®cheur sentimentale). L’enquĂŞte, captivante, est rĂ©gentĂ©e par un Bronson implacable et son jeune collègue, Paul McCann, face Ă  un tueur affublĂ© d’un alibi en bĂ©ton : lors de ses meurtres, Warren Stacey s’Ă©tait rĂ©fugiĂ© dans une salle de cinĂ©ma, avec tĂ©moins Ă  l’appui avant, pendant et après la projection… 

A travers une fraude couillue, Thompson interroge la lĂ©gitimitĂ© d’une justice illĂ©gale, incarnĂ©e par un inspecteur notable prĂŞt Ă  tout pour neutraliser un monstre. PersĂ©cutions, pressions morales, preuves trafiquĂ©es… Le jeu du chat et de la souris peut commencer -  mesquin, cruel, avec la vengeance en point de convergence. Jusqu’Ă  ce que le psychopathe rĂ©cidive, une ultime fois.
Le massacre final : une sĂ©quence d’une intensitĂ© rare, horrifique, terrifiante, rehaussĂ©e par le rĂ©alisme sordide, les cadrages tranchants, la nervositĂ© du montage. Et pour clore le tout sur un goĂ»t amer (le score tragique du gĂ©nĂ©rique pèse de tout son poids sur l’erreur morale de Kessler, aveuglĂ© par la haine), le rĂ©alisateur enfonce le clou avec un Ă©pilogue radical.

Au-delĂ  de l’affrontement tendu - parfois railleur - entre Kessler et le tueur, et de la dramaturgie implacable, notamment dans ses première et dernière parties aux relents tranchants de rĂ©alisme, Le Justicier de Minuit se distingue aussi par sa bande-son Ă©lectro/pop/disco typique des eighties.

RĂ©alisĂ© avec une redoutable efficacitĂ© - rythme haletant, concept incongru (un gynophobe nu comme un ver), ambiance poisseuse et rĂ©flexion trouble sur la folie criminelle et les droits juridiques du coupable - Le Justicier de Minuit explore la figure du psycho-killer avec une brutalitĂ© frontale et une rĂ©sonance rĂ©actionnaire : ce flic qui perd pied dans un dernier geste de bravade. Le charisme magnĂ©tique de Bronson se heurte Ă  la prĂ©sence ombrageuse de Gene Davis (frère de Brad Davis !), inoubliable psychopathe monolithique, silhouette sculptĂ©e dans l’acier, perversitĂ© glaciale en bandoulière.

Une morale douteuse, militante, prĂ´nant Ă  demi-mot l’auto-dĂ©fense... De quoi faire jaser — ou fantasmer - une frange du public dĂ©jĂ  bien secouĂ©e par cet inhabituel cocktail de vigilante movie et de psycho-killer bien gras. Et pour les enfants des annĂ©es 80, sachez-le : ce spectacle tendu comme un nerf n’a pas pris une ride, surtout du cĂ´tĂ© de son atmosphère viciĂ©e flirtant dangereusement avec le malsain.

P.S. : Ă€ noter la courte apparition de la chanteuse Jeane Manson dans le rĂ´le d’une prostituĂ©e (poitrine dĂ©nudĂ©e Ă  l’appui, s’il vous plaĂ®t !).

Box office France: 578 000 entrées

* Bruno
09.08.18. 5èx
20.03.12 (305 vues)

mercredi 8 août 2018

Le Sanctuaire / La Chiesa / The Church

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site silverferox.blogspot.fr

de Michele Soavi. 1989. 1h42. Italie. Avec Barbara Cupisti, Tomas Arana, Hugh Quarshie, Giovanni Lombardo Radice, Asia Argento, Feodor Chaliapin Jr, Antonella Vitale.

Sortie salles Italie: 10 Mars 1989

FILMOGRAPHIE: Michele Soavi est un réalisateur italien né le 3 Juillet 1957 à Milan, (Italie). 1985: The Valley (vidéo). 1985: Le Monde de l'horreur (Documentaire). 1987: Bloody Bird. 1989: Le Sanctuaire. 1991: La Secte. 1994: Dellamorte Dellamore. 2006: Arrivederci amore, ciao. 2008: Il sangue dei vinti.


Deux ans après s'ĂŞtre fait remarquĂ© avec Bloody Bird, psycho-killer onirique rĂ©compensĂ© Ă  juste titre du Prix de la Peur Ă  Avoriaz, le nĂ©ophyte Michele Soavi aborde cette fois-ci l'horreur gothique avec Le Sanctuaire produit par son maĂ®tre influent Dario Argento. Modeste sĂ©rie B entièrement conçue sur l'efficacitĂ© d'un florilège d'Ă©vènements horrifico-occultes que des protagonistes tentent (infructueusement) de dĂ©jouer au sein d'une cathĂ©drale maudite, le Sanctuaire fait notamment appel au survival lors de sa seconde partie aussi fertile en pĂ©ripĂ©ties morbides que Soavi met parfois en image avec stylisme pictural. Et donc si l'intrigue somme toute simpliste (Ă  la suite d'une malĂ©diction ancestrale, des victimes d'hĂ©rĂ©sie sont rĂ©veillĂ©s des siècles plus tard par l'inadvertance d'un bibliothĂ©caire au sein d'une cathĂ©drale en rĂ©novation) n'est guère originale et s'influence mĂŞme d'une certaine manière de la fameuse Forteresse Noire de Michael Mann lors du rĂ©veil des forces du Mal (un plan symbolique y est d'ailleurs carrĂ©ment piquĂ© au grĂ© d'un Ă©clairage bleutĂ© !), Michele Soavi renouvelle l'action dans de multiples trajectoires sinueuses. 


Notamment en exploitant brillamment le cadre tentaculaire, si dĂ©lĂ©tère, d'une cathĂ©drale jonchĂ©e de souterrains et pièces secrètes en proie Ă  l'influence du Mal. VĂ©ritable pochette surprise oĂą horreur, gore et fantastique communient avec une insolence parfois abrupte (certaines scènes chocs sont d'une verdeur viscĂ©rale), le Sanctuaire fascine et inquiète mutuellement dans son panel de situations souvent hallucinatoires si bien que les protagonistes Ă  la merci du Mal s'avèrent impuissants Ă  dĂ©partager la rĂ©alitĂ© de la chimère. D'une recherche visuelle plĂ©thorique (notamment auprès de son prologue moyenâgeux volontiers cruel, malsain et Ă©pique lors de châtiments intentĂ©s contre des mĂ©tayers sans dĂ©fense), le Sanctuaire baigne dans un dĂ©lire morbide idoine sous l'impulsion du score sĂ©pulcrale (et Ă©clectique) du groupe Goblin accompagnĂ© de Keith Emerson (illustre compositeur d'Inferno d'Argento). 


En dépit du sentiment parfois foutraque qu'insufflent certains protagonistes monomanes et de son récit fourre-tout multipliant les séquences horrifiques ou ombrageuses avec une invention parfois incongrue (une des victimes mordues par un gros poisson carnassier, une autre violée par un bouc humain), le Sanctuaire embrasse l'épouvante gothique avec souci d'immersion crépusculaire. Soavi, très impliqué dans ses travaux formels (notamment à l'aide de sa réalisation tarabiscotée ou subjective), nous offrant une forme de trip émotionnel où la fascination morbide gagne toujours plus du galon. Et si le caractère brouillon de l'intrigue avait gagné à être plus substantiel, le spectacle bigarré décuplant les incidents meurtriers mérite largement le détour. Si bien que Soavi y imprime sa personnalité latine avec un goût prononcé pour l'onirisme morbide.

*Bruno
03.02.25. 6èx. Version anglaise 

mardi 7 août 2018

La Féline (Cat People)

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Paul Schrader. 1982. U.S.A. 1h58. Avec Nastassja Kinski, Malcolm McDowell, John Heard, Annette O'Toole, Ruby Dee, Ed Begley Jr, Scott Paulin, Frankie Faison, Ron Diamond, Lynn Lowry.

Sortie salle France: 8 Septembre 1982. U.S: 2 Avril 1982

FILMOGRAPHIEPaul Schrader est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 22 Juillet 1946 Ă  Grand Rapids (Michigan). Blue Collar: 1978. 1979: Hardcore. 1980: American Gigolo. 1982: La FĂ©line. 1985: Mishima. 1987: Light of Day. 1988: Patty Hearts. 1990: Etrange SĂ©duction. 1992: Light Sleeper. 1994: Witch Hunt (tĂ©lĂ©-film). 1997: Touch. 1997: Affliction. 1999: Les Amants Eternels. 2002: Auto Focus. 2005: Dominion. 2007: The Walker. 2008: Adam Resurrected. 2013 : The Canyons. 2014 : La Sentinelle. 2016 : Dog Eat Dog. 2017 : Sur le chemin de la rĂ©demption. 2021 : The Card Counter. 


"L'amour a fait d'elle une bĂŞte Ă©rotique". 
Etrange film que cette FĂ©line, remake (ou plutĂ´t variation !) du chef-d'oeuvre (contrairement Ă©thĂ©rĂ©) de Jacques Tourneur. Car en abordant avec une certaine ambiguĂŻtĂ© les thèmes de l'inceste et du refoulement sexuel, Paul Schrader entreprend un film fantastique Ă  la charge Ă©rotique invariante sous l'impulsion charnelle de Nastassja KinskiIrena retrouve son frère Paul après de longues annĂ©es d'absence. PassĂ©es les retrouvailles, celui-ci tente rapidement de la convaincre qu'une malĂ©diction les unis. Spoil ! Parce que leurs ancĂŞtres accordaient le sacrifice d'enfants Ă  des panthères, les âmes infantiles grandissaient dans le coeur et le corps de ces fĂ©lins pour peu Ă  peu devenir des humains. Ainsi, afin d'Ă©viter la prochaine mĂ©tamorphose, le frère et la soeur devaient avoir une relation incestueuse. Fin du Spoil. Irena, dĂ©concertĂ©e par ces rĂ©vĂ©lations improbables repousse les avances de son frère. Le lendemain, une jeune prostituĂ©e est sauvagement blessĂ©e par un animal dans une chambre d'hĂ´tel. A la vue de cette version modernisĂ©e assez trouble et sulfureuse, voir parfois  spectaculaire, le cinĂ©aste adopte un parti-pris dĂ©monstratif Ă  contre-emploi de son modèle de suggestion. Si bien qu'en l'occurrence les quelques scènes chocs qui jalonnent le rĂ©cit s'avèrent d'un rĂ©alisme intense Ă  dĂ©faut du racolage bon marchĂ© (la mĂ©tamorphose, l'arrachage du bras ou l'Ă©viscĂ©ration de la panthère concoctĂ©s par de superbes FX de Tom Burman !). Quand bien mĂŞme l'Ă©rotisme qui en Ă©mane est dĂ©cuplĂ© par la posture Ă©lectrisante d'une Nastassja Kinski mise Ă  nu !


Sa silhouette lascive magnĂ©tisant l'Ă©cran dans une fragilitĂ© candide, de par sa personnalitĂ© timorĂ©e et torturĂ©e Ă  s'Ă©veiller aux autres puis tenter de percer le mystère qui entoure sa filiation maudite. Car en quĂŞte identitaire et de dĂ©sir sexuel, Irena est profondĂ©ment troublĂ©e par les allĂ©gations de son frère compromis par une Ă©trange malĂ©diction. Quand bien mĂŞme sa romance toujours plus ardente et passionnelle auprès d'un vĂ©tĂ©rinaire de zoo l'accule Ă  passer Ă  l'acte sexuel afin d'y perdre sa virginitĂ©. Mais Ă  quel prix ? Tant et si bien que cette troublante relation entre eux dĂ©coule sur une Ă©trange rĂ©demption rĂ©pressive oĂą la passion des sentiments ne peut toutefois se rĂ©soudre Ă  les sĂ©parer. Ainsi, Ă  travers ses plages fantasmagoriques stylisĂ©es accentuĂ©es de l'entĂŞtant score de Giorgio Moroder (les images chimĂ©riques s'avèrent d'une flamboyance ensorcelante), La FĂ©line fascine et sĂ©duit parmi l'Ă©lĂ©ment perturbateur de l'inceste et du dĂ©sir torride qu'instille le triangle amoureux. La prĂ©sence patibulaire du gĂ©nial Malcolm McDowell (une fois de plus habitĂ© par son rĂ´le Ă©quivoque de dominateur !) renforçant le climat insolite que Schrader parvient avec Ă©lĂ©gance Ă  mettre en images (photo lĂ©chĂ©e en sus). Notamment auprès de sa première partie tantĂ´t macabre illustrant ses virĂ©es nocturnes et exactions meurtrières avec machisme condescendant (ses nuits de dĂ©bauche avec de jeunes prostituĂ©es). Le second acte aussi captivant se focalise enfin vers l'initiation sexuelle d'Irena prise entre le dilemme de son instinct primitif et son amour irrĂ©pressible pour son amant. Ce qui nous vaudra d'ailleurs une originale transformation de la belle en bĂŞte avant d'osciller entre le crĂ©puscule d'une traque urbaine et d'un ultime coĂŻt mĂ©lancolique.


"Femme en cage". 
Troublante mĂ©taphore sur l'emprise sexuelle par le biais d'un amour interdit, rĂ©flexion sur la perte de virginitĂ© par le biais d'une angoisse du dĂ©sir, de l'engagement et de la passion, La FĂ©line transfigure le portrait nĂ©vrosĂ© d'une jeune vierge assujettie Ă  sa malĂ©diction ancestrale. Objet de dĂ©sir et de fantasme, Natassja Kinski  irradie l'Ă©cran de sa beautĂ© aussi bien virginale que concupiscente. Cette charge Ă©rotique constante, son climat diaphane inusitĂ© et l'efficacitĂ© de son script Ă  la fois couillu et vĂ©nĂ©neux Ă©levant La FĂ©line au Classique du Fantastique contemporain (quasi impĂ©nĂ©trable).

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07/08/18. 6èx
02.07.12. 5èx (209 vues)

lundi 6 août 2018

PARASITE

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinematerial.com

de Charles Band. 1982. U.S.A. 1h25. Avec Cheryl Smith, Demi Moore, Cherie Currie, Vivian Blaine, Scott Thomson.

Sortie salles France: 28 Juillet 1982. U.S: 12 Mars 1982

FILMOGRAPHIECharles Band est un producteur de cinéma, réalisateur et scénariste américain, né le 27 décembre 1951 à Los Angeles.1973 : Last Foxtrot in Burbank. 1977 : Crash!. 1982 : Parasite
1983 : Metalstorm. 1984 : Trancers. 1985 : The Dungeonmaster. 1986 : L'Alchimiste. 1990 : Synthoïd 2030 (vidéo). 1990 : Meridian : Le Baiser de la Bête (vidéo). 1991 : Trancers II. 1992 : Doctor Mordrid. 1993 : Prehysteria!. 1993 : Dollman vs. Demonic Toys (vidéo). 1996 : Le Cerveau de la famille. 1997 : Mystery Monsters. 1997 : Hideous!. 1997 : The Creeps. 1999 : Blood Dolls. 2000 : NoAngels.com (vidéo). 2002 : Pulse Pounders. 2003 : Puppet Master: The Legacy (vidéo). 2004 : Dr. Moreau's House of Pain (vidéo). 2005 : Decadent Evil (vidéo). 2005 : Doll Graveyard. 2005 : The Gingerdead Man. 2006 : Petrified (vidéo). 2006 : Evil Bong. 2007 : Ghost Poker. 2007 : Decadent Evil II (vidéo). 2011 : Killer Eye: Halloween Haunt


Hit video des annĂ©es 80 sous la bannière Ă©toilĂ©e Hollywood video, Parasite est une modeste sĂ©rie B  peu ambitieuse comme de coutume chez l'habituĂ© des sĂ©ries Z, Charles Band. ExploitĂ© Ă  sa sortie  salles en 3D (relief argentique Ă  l'ancienne !), Parasite conjugue timidement science-fiction post-apo et horreur gore, faute d'un pitch Ă©tique peu embarrassĂ© par les invraisemblances (notre hĂ©ros toujours en vie après l'explosion de son estomac, il fallait oser !) et les ellipses. A savoir qu'un mĂ©decin porteur d'un terrible parasite tente de trouver un sĂ©rum pour l'annihiler. Pour cela, afin de lui prĂ©lever du sang, il doit retrouver la trace d'un autre parasite dĂ©robĂ© par un gang. EgarĂ© dans une petite bourgade dĂ©sertique, il tente de se dĂ©barrasser de ces loubards et d'un Ă©trange homme en noir travaillant pour le gouvernement. C'est alors qu'il se lie d'amitiĂ© avec un tenancier et une jeune fille solitaire. Baignant dans le cadre dĂ©sertique d'un climat solaire irrespirable, Parasite sĂ©duit la vue si j'ose dire auprès de l'amateur de nanars attentif au soin apportĂ© aux dĂ©cors limitĂ©s, faute de son budget low-cost.


TruffĂ© de sĂ©quences inutiles mais pour autant assez sympas et ludiques (les loubards hyper cabotins s'adonnant aux rĂ©currentes bastons auprès des citadins), Parasite insuffle une charmante fantaisie auprès de la posture excentrique de ces antagonistes jouant les mĂ©chants avec un sĂ©rieux involontairement cocasse. Quand bien mĂŞme le duo hĂ©roĂŻque formĂ© par Robert Glaudini (il possède un charisme flegmatique saillant en dĂ©pit de sa posture inexpressive) et Demi Moore, assez convaincante en faire-valoir prĂ©venante, parviennent Ă  nous impliquer dans leurs enjeux de survie  d'une cause humanitaire. Et donc grâce Ă  son aspect visuel relativement accrocheur, ces petits dĂ©tails techniques dĂ©lirants (les armes lasers, les mutations du parasite !) et Ă  sa foule de personnages assez cartoonesque (leur chassĂ©-croisĂ© vire Ă  la loufoquerie), Parasite emporte l'adhĂ©sion. Tout du moins chez l'inconditionnel de plaisir coupable sensible Ă  la sincĂ©ritĂ© de l'auteur respectant la sĂ©rie B candide avec un second degrĂ© assumĂ©. Et pour pimenter le rĂ©cit avare en surprise et au suspense timorĂ© (la quĂŞte redondante du scientifique Ă  retrouver le parasite meurtrier inspire pour autant un cĂ´tĂ© attachant dans sa posture atone et soumise), Charles Band procède Ă  d'Ă©tonnants FX artisanaux pour parfaire quelques sĂ©quences chocs parfois très impressionnantes. A l'instar du parasite s'extirpant de la tĂŞte d'une victime ou d'un autre s'Ă´tant de l'estomac du hĂ©ros (les 2 sĂ©quences Ă©tant filmĂ©es en gros plan gorasse). 


Nanar bonnard assez immersif dans sa tentative de rationaliser un univers post-apo au sein d'un contexte horrifique, Parasite tire parti de son budget prĂ©caire grâce Ă  l'intĂ©gritĂ© de Charles Band confectionnant une aimable petite sĂ©rie B d'un charme naĂŻf Ă©tonnamment cinĂ©gĂ©nique. 

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2èx

Box Office France: 283 141 entrées

vendredi 3 août 2018

Contamination


de Luigi Cozzi (Lewis Coates). 1980. Italie/Allemagne. 1h35. Avec Ian McCulloch, Louise Marleau, Marino Masé, Siegfried Rauch, Gisela Hahn, Carlo De Mejo, Carlo Monni.

Sortie salles France: 15 Juillet 1981. Italie: 2 AoĂ»t 1980

FILMOGRAPHIE: Luigi Cozzi est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien, nĂ© le 7 Septembre 1947 Ă  Busto Arsizio (Italie). 1969: Le Tunnel sous le monde. 1973: Il Vicino di casa. 1975: L'Assassino è costretto ad uccidere ancora. 1976: Dedicato a una stella. 1976: La Portiera nuda. 1979: Starcrash. 1980: Contamination. 1983: Hercule. 1985: Les Aventures d'Hercula. 1988: Turno di notte (sĂ©rie tv). 1988: Nosferatu Ă  Venise. 1989: Sinbad of the seven seas. 1989: Le Chat Noir. 1989: Paganino Horror. 1991: Dario Argento: Master of Horror. 1997: Il Mondo di Dario Argento 3: Il museo degli.  orrori di Dario Argento (video).

                                         
 
L’invasion vient de Mars.
Gros hit des vidĂ©oclubs sous la bannière Ă©toilĂ©e d’Hollywood Video, Contamination demeure l’un de ces classiques bisseux des annĂ©es 80 que les fans de gore se sont empressĂ©s de louer, happĂ©s par l’aspect dĂ©gueulbif de sa jaquette explicite. Surfant sur le succès d’Alien, rĂ©alisĂ© un an plus tĂ´t, Luigi Cozzi en extirpe un ersatz transalpin jouissif, dans sa manière ostentatoire d’Ă©taler complaisamment une horreur cracra. Si bien qu’Ă  l’appui de ralentis stylisĂ©s, les estomacs explosent, vomissent leurs viscères au contact d’un acide nĂ© d’un Ĺ“uf Ă©tranger. Ă€ partir d’un argument incongru d’invasion extra-terrestre, le rĂ©alisateur revisite la scène anthologique d’Alien (le xĂ©nomorphe s’extirpant de la cage thoracique de John Hurt !) pour en extraire une anticipation horrifique bien plus gore, qu’il rĂ©itère Ă  intervalles rĂ©guliers.

EntourĂ© d’aimables seconds couteaux du cinĂ© bis (le trio attachant Ian McCulloch, Louise Marleau, Marino MasĂ©), Contamination conjugue aventure exotique (leur expĂ©dition en AmĂ©rique du Sud pour dĂ©manteler une sociĂ©tĂ© de cafĂ©), suspense vaguement oppressant (la panique – assez peu crĂ©dible – de Stella recroquevillĂ©e dans sa salle de bain Ă  proximitĂ© d’un cocon) et horreur cinglante (les corps qui volent en Ă©clats, dissĂ©quĂ©s au ralenti parmi les zooms insistants !).

Et si le rĂ©cit s’avère linĂ©aire, voire tracĂ© d’avance, il est contrebalancĂ© par l’efficacitĂ© d’une mise en scène soignĂ©e (notamment dans la structure narrative rythmĂ©e d’humour, autour des rapports contradictoires entre la colonel Stella et l’imbĂ©cile heureux Tony), un tempo soutenu, et le charisme familier (du moins pour les aficionados) d’acteurs bisseux jouant les investigateurs hĂ©roĂŻques avec autant de simplicitĂ© que de dĂ©rision. En prime, l’aspect niais des rĂ©pliques et l’humour lourdingue lâchĂ© par le cabotin Marino MasĂ© pourront vite irriter le spectateur lambda, peu sensible aux productions Z. Mais cette posture pittoresque, volontairement grossière, renforce le charme naĂŻf et le second degrĂ© d’une entreprise low-cost, taillĂ©e pour divertir l’amateur d’horreur crapoteuse et incongrue.

Les scènes gore, spectaculaires, font mouche grâce Ă  leur esthĂ©tique artisanale et leur absence de complexes : les boyaux fumants Ă©claboussent l’Ă©cran. Et l’apparition finale du fameux cyclope impressionne franchement par son aspect Ă©minemment dĂ©lĂ©tère, visqueux, viscĂ©ral. Face Ă  cette icĂ´ne monstrueuse, rĂ©solument glauque, et grâce Ă  un montage habile, Ă  la conviction d’acteurs transis d’effroi, Luigi Cozzi nous immerge dans un cauchemar malsain, un dernier quart d’heure homĂ©rique, hypnotique, rehaussĂ© d’effets spĂ©ciaux Ă©tonnamment convaincants - si bien qu’on se surprend Ă  croire Ă  leur vigueur rĂ©aliste.

Classique bisseux au pouvoir de fascination morbide inextinguible, Contamination prĂ©serve son attrait bonnard en jouant principalement sur l’effet « rĂ©vulsif / apprĂ©hensif » de l’Ĺ“uf extraterrestre, aussi blafard que mĂ©phitique. L’aspect verdâtre de sa physionomie se tend au tempo d’une respiration gutturale qui imprègne toute la pellicule. Et les Goblin d’achever le sort : une pulsation Ă©lectro, funèbre, imprimĂ©e Ă  jamais dans les tympans des fidèles.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

* GaĂŻus
03.08.18. 7èx
29.07.13. (104 vues)

Luigi Cozzi

jeudi 2 août 2018

SILENT NIGHT BLOODY NIGHT / DEATHHOUSE

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site pinterest.fr

"Night of the Dark Full Moon" de Theodore Gershuny. 1972. U.S.A. 1h25. Avec Patrick O'Neal, James Patterson, Mary Woronov, Astrid Heeren, John Carradine, Walter Abel.

Sortie salles U.S: Novembre 1972

FILMOGRAPHIETheodore Gershuny est un réalisateur américain né le 30 Octobre 1933 à Chicago, décédé le 16 Mai 2007 à New-York. 1988-1990: Monsters (TV Series: 2 episodes). 1985-1987 Histoires de l'autre monde (TV Series: 5 episodes). 1985 Stephen King's Golden Tales (Video: segment "Strange Love"). 1973 Sugar Cookies. 1972 Silent night Bloody night. 1970 Kemek.


RaretĂ© aussi oubliĂ©e que mĂ©sestimĂ©e en dĂ©pit de sa rĂ©surrection en Dvd chez l'Ă©diteur Bach Films et de sa disponibilitĂ© en Blu-ray Outre-Atlantique; Silent night bloody night (Ă  ne pas confondre avec le slasher Silent night Deadly Night natif des annĂ©es 80 !) est une vĂ©ritable perle horrifique comme on en voit peu de nos jours. Car imprĂ©gnĂ© d'une ambiance mortifère tangible au sein d'une demeure gothique chargĂ©e en silence, mystères et secrets inavouĂ©s,  Silent Night... est ce que l'on prĂ©nomme un pur film d'ambiance hĂ©ritĂ© de l'horreur Old school des Seventies (pellicule granuleuse Ă  l'appui). Le rĂ©alisateur soignant son cadre domestique terriblement inquiĂ©tant avec l'appui de protagonistes Ă©quivoques; notamment auprès de leur charisme patibulaire si bien que l'on peine Ă  Ă©prouver une certaine compassion Ă  l'un d'entre eux. Au niveau de l'intrigue assez confuse au premier abord (notamment au niveau de sa chronologie historique), l'auteur nous illustre la transaction d'une demeure de sinistre rĂ©putation qu'un petit fils s'efforce de revendre en compagnie de son avocat. Au prĂ©alable, quelques dĂ©cennies plus tĂ´t, son grand-père mourra immolĂ© par le feu dans de mystĂ©rieuses circonstances. S'agit-il d'un suicide ou d'un crime prĂ©mĂ©ditĂ© sachant qu'au mĂŞme moment une prĂ©sence dans la maison y composa une mĂ©lodie au piano ? Alors que l'avocat et sa maĂ®tresse profitent de l'isolement de la bâtisse pour y sĂ©journer une nuit, un tueur Ă©chappĂ© d'un asile rode aux alentours. 


A travers un rĂ©cit assez vrillĂ© et douloureux au niveau de sa dramaturgie abrupte,  Theodore Gershuny y instaure un climat horrifique rĂ©solument ensorcelant au fil d'une investigation latente assez avare en indices. La fille du maire et le petit-fils du dĂ©funt propriĂ©taire s'Ă©paulant mutuellement Ă  tenter de percer le mystère qui entoure la fameuse demeure restĂ©e trop longtemps inoccupĂ©e (un sentiment d'abandon et d'isolement que le rĂ©alisateur retranscrit Ă  merveille Ă  travers ses cadrages tarabiscotĂ©s et ses silences pesants). Quand bien mĂŞme un tueur au tĂ©lĂ©phone y terrorise la police, une secrĂ©taire et le bourgmestre avant de passer Ă  l'acte criminelle (on apprĂ©cie d'ailleurs l'impact percutant - bien que habilement suggĂ©rĂ© - du 1er double meurtre brutalement perpĂ©trĂ© Ă  la hache !). Ainsi, si l'intrigue ne fait pas preuve d'un rythme nerveux en privilĂ©giant la caractĂ©risation intimiste de ses personnages, la manière scrupuleuse dont le rĂ©alisateur s'efforce de consolider un climat d'insĂ©curitĂ© permĂ©able autour d'eux nous instille curiositĂ© et sentiment de fascination irrĂ©pressible. A l'instar de son long flash-back tournĂ© en sĂ©pia au grĂ© d'un Ă©clairage surexposĂ© nous dĂ©voilant des convives aussi Ă©grillards que grossiers autour d'une table culinaire. Et ce avant qu'une explosion de violence n'y vienne semer le trouble et le chaos cauchemardesque. Autant dire que cette rĂ©miniscence Ă  la fois glauque et malsaine fait office d'anthologie d'une horreur pestilentielle, notamment de par son rĂ©alisme expĂ©rimental. Quand bien mĂŞme son surprenant final assez baroque (notamment auprès de l'accoutrement vestimentaire, victorien, d'un des protagonistes) nous laisse sur un sentiment d'impuissance, de malaise et de douce mĂ©lancolie. 


Psycho-killer crĂ©pusculaire prĂ©figurant les tueurs au tĂ©lĂ©phone icĂ´nifiĂ©s dans Black Christmas et l'incroyable Terreur sur la Ligne, Silent Night Bloody Night conjugue avec une certaine originalitĂ© les thèmes de la famille dysfonctionnelle et de la hantise pour renchĂ©rir tourment et apprĂ©hension au sein d'une demeure gothique transie d'une prĂ©sence dĂ©moniale. A dĂ©couvrir d'urgence pour tous les amoureux de film d'ambiance sĂ©pulcrale native d'un cinĂ© indĂ©pendant aussi discret et personnel qu'audacieux. 

Dédicace à Sandra Hameau

GaĂŻus

mercredi 1 août 2018

LES DIABOLIQUES. Prix Edgar-Allan-Poe du meilleur film étranger,1956

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Henry Georges Clouzot. 1955. France. 1h57. Avec Simone Signoret, Véra Clouzot, Paul Meurisse, Charles Vanel, Pierre Larquey, Michel Serrault

Sortie salles France: 29 Janvier 1955

FILMOGRAPHIE: Henri-Georges Clouzot est un scĂ©nariste, dialoguiste, rĂ©alisateur, et producteur de cinĂ©ma français, nĂ© le 20 novembre 1907 Ă  Niort, dĂ©cĂ©dĂ© le 12 janvier 1977 Ă  Paris. 1942 : L'assassin habite au 21. 1943 : Le Corbeau. 1947 : Quai des Orfèvres. 1949 : Manon. 1949 : Retour Ă  la vie (segment Le Retour de Jean). 1950 : Le Voyage en BrĂ©sil (inachevĂ©). 1950 : Miquette et sa mère. 1953 : Le Salaire de la peur. 1955 : Les Diaboliques. 1956 : Le Mystère Picasso. 1957 : Les Espions. 1960 : La VĂ©ritĂ©. 1964 : L'Enfer, inachevĂ©. 1967 : Grands chefs d'orchestre. 1968 : La Prisonnière.


Chef-d'oeuvre du suspense horrifique made in France autant cĂ©lĂ©brĂ© par la critique (rĂ©compenses en sus rĂ©pertoriĂ©e en fin d'article !) que par le public (3 674 380 entrĂ©es), Les Diaboliques constitue un modèle de mise en scène hitchcockienne si bien qu'Henri-Georges Clouzot joue avec nos nerfs et manipule notre raison par le biais d'un scĂ©nario cruel d'une redoutable perversitĂ©. Sans dĂ©florer d'indice, le rĂ©cit impeccablement charpentĂ© tourne autour d'une stratĂ©gie criminelle que s'efforcent de parfaire 2 complices fĂ©minines (l'Ă©pouse, la maĂ®tresse) avides de se dĂ©barrasser de leur amant Ă©pouvantablement machiste et tyrannique. Paul Meurisse se dĂ©lectant avec condescendance Ă  molester son Ă©pouse avec un art consommĂ© de la provocation et de l'humiliation. Le hic, c'est qu'après l'avoir lâchement assassinĂ© et englouti au fond d'une piscine, ce dernier disparaĂ®t sans laisser de traces. Tout du moins c'est ce que le rĂ©alisateur laisse planer dans un premier temps afin de distiller un suspense latent toujours plus inquiĂ©tant autour des interrogations infructueuses des criminelles. C'est dire si Henri-Georges Clouzot est digne de rivaliser avec sir Alfred Hitchcock, notamment dans son brio Ă  distiller vers son dernier acte une angoisse oppressante plaquant littĂ©ralement au siège le spectateur.


Celui-ci jouant avec les effets d'ombres d'un jeu de lumières suggĂ©rant une silhouette fantomatique Ă  travers des corridors Ă©trangement aphones. Le rĂ©cit Ă©tant en prime Ă©pargnĂ© de toute partition musicale afin de rehausser le caractère rĂ©aliste des situations et rebondissements parfois improbables mais pour autant scrupuleusement dĂ©peintes si bien que Clouzot ne lâche jamais d'une semelle les faits et gestes de nos meurtrières afin de bien nous familiariser avec leur mutuelle contrariĂ©tĂ©, entre deux caractères opposĂ©s. Et donc, en abordant en filigrane le thème de la hantise, Henri-Georges Clouzot s'improvise en maĂ®tre de l'angoisse horrifique dans sa manière retorse de jouer avec les codes du film d'Ă©pouvante (avec en sus une savoureuse notion "surnaturelle" lors de sa dernière minute !), et ce jusqu'Ă  son dĂ©nouement grand-guignolesque inscrit dans la lĂ©gende du 7è art. Au-delĂ  de la solide prestance de Paul Meurisse en dĂ©testable amant phallocrate, les Diaboliques est transcendĂ© par les performances de Simone Signoret en maĂ®tresse commanditaire inscrite dans une force de caractère et surtout par la douce et fragile VĂ©ra Clouzot littĂ©ralement habitĂ©e en victime dĂ©munie incessamment persĂ©cutĂ©e par ses doutes, sa nĂ©vrose et ses affres de l'incomprĂ©hension. Ajoutez Ă©galement pour renforcer l'attrait lugubre de sa trajectoire narrative quasi surnaturelle un noir et blanc envoĂ»tant afin de mieux vous immerger dans la psychĂ© nĂ©vralgique de Christina (VĂ©ra Clouzot) avec autant d'empathie que d'apprĂ©hension subtilement vĂ©nĂ©neuse.


En dĂ©pit de son renversant effet de surprise dissipĂ© au second visionnage, Les Diaboliques reste pour autant un savoureux jeu de peur et de perversitĂ© autour d'une intrigue implacable d'une cruelle ironie macabre que son casting proĂ©minent transfigure avec une vĂ©ritĂ© humaine Ă  la fois glaçante et couarde. On peut d'ailleurs aussi saluer en second-rĂ´le chargĂ© de dĂ©rision, et en guise de cerise sur le gâteau, la prĂ©sence infaillible de Charles Vanel en commissaire avenant aussi discret que fin limier. 

GaĂŻus
2èx

Récompenses: Prix Louis-Delluc en 1954.
Prix du meilleur film étranger lors des New York Film Critics Circle Awards 1955.
Prix Edgar-Allan-Poe du meilleur film étranger en 1956.