vendredi 5 juillet 2019

Vendredi 13 / Friday the 13th

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Mauvais-genres.com

de Sean S. Cunningham. 1980. U.S.A. 1h35. Avec Betsy Palmer, Adrienne King, Jeannine Taylor, Robbi Morgan, Kevin Bacon, Harry Crosby, Laurie Bartram.

Sortie salles France: 11 Février 1981 (int - 18 ans). U.S: 9 Mai 1980

FILMOGRAPHIE: Sean Sexton Cunningham est un réalisateur, producteur et scénariste américain. Né en 1941 à New York. 1970 : Art of Marriage. 1971 : L'Amour à deux. 1973 : Case of the Full Moon Murders. 1978 : Manny's Orphans. 1978 : Here Come the Tigers. 1980 : Vendredi 13. 1982 : A Stranger Is Watching. 1983 : La fièvre du printemps. 1985 : Représailles. 1989 : MAL : Mutant aquatique en liberté. 2001 : XCU: Extreme Close Up. 2002 : Invasion finale (TV). 2006 : Trapped Ashes.

 
"Lac, sang et terreur estivale : revisiter Vendredi 13".
RudoyĂ© par la critique mais plĂ©biscitĂ© par un public qui s’y rua en masse lors de sa sortie internationale (au point de devenir l’un des produits les plus rentables du cinĂ©ma, mĂŞme si l’Hexagone resta plus frileux), Vendredi 13 exploite avec une efficacitĂ© retorse le concept des Dix Petits Nègres, recyclĂ© dans le cadre du psycho-killer en vogue depuis Black Christmas et surtout Halloween. Relativement bien menĂ© — agrĂ©able Ă  suivre, Ă©tonnamment atmosphĂ©rique Ă  la revoyure —, ce scĂ©nario rachitique distille ses effets-chocs Ă  intervalles rĂ©guliers sous la supervision du maĂ®tre Tom Savini, tout en tissant un suspense moite, juste avant chaque mise Ă  mort. Les comĂ©diens, pour la plupart inconnus (hormis un jeune Kevin Bacon que l’on dĂ©busque), insufflent parfois une intensitĂ© dramatique touchante, perdue d’avance dans leur destin sacrifiĂ©. Ă€ contrario, un mot sur l’illustre Betsy Palmer : impassible et carnassière derrière un rictus faussement affable, elle incarne une prĂ©sence tranquille dans son aplomb, non sans un sadisme inventif. 


Un rĂ´le taillĂ© sur mesure que l’actrice accepta par pur intĂ©rĂŞt pĂ©cuniaire (s’offrir une nouvelle voiture), elle qui mĂ©prisait le genre horrifique — avant de se raviser, conquise par l’enthousiasme des conventions. Ainsi, Ă  travers cette interprĂ©tation lunaire et Ă©peurante, Cunningham cède parfois aux subterfuges morbides, enchaĂ®nant rebondissements Ă©piques voire cartoonesques. Grâce Ă  son cadre forestier caressĂ© par un lac estival d’une photogĂ©nie rassurante, Sean S. Cunningham orchestre, passĂ©e la première demi-heure, un climat angoissant que j’avais presque occultĂ© : jeux de lumières nocturnes, refuges prĂ©caires, mise en attente de la mort, Ă  la façon de Carpenter. Jusqu’Ă  ce que les effets gores — toujours aussi saisissants — surgissent pour nous terrifier, impulsĂ©s par des jump scares souvent efficaces, stridents, soulignĂ©s du superbe score d’Harry Manfredini et son cĂ©lèbre leitmotiv chuchotĂ© : tchi, tchi, tchi, ah, ah, ah...

Ludique par son rythme soutenu, immersif grâce Ă  son dĂ©cor forestier solaire et nocturne, Vendredi 13 distille surtout une ambiance horrifique aujourd’hui disparue, rĂ©vĂ©lant un savoir-faire aussi indĂ©niable qu’inespĂ©rĂ©. L’efficacitĂ© des poursuites de la dernière partie culmine dans des effets-chocs spectaculaires et iconiques — la dĂ©capitation au ralenti, puis enfin l’apparition de Jason, portĂ©e par une mĂ©lodie faussement apaisante pour mieux nous foudroyer. Ă€ mon sens, de loin l’opus le plus humble et angoissant de la saga, Ă  revoir attentivement, armĂ© d’une pincĂ©e de nostalgie gĂ©nĂ©ration 80.

P.S. : Ă€ (re)voir de prĂ©fĂ©rence en 4K et en Vostfr — le jour et la nuit !

*Bruno
7èx
02.07.23

jeudi 4 juillet 2019

Double Détente


                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com 

"Red Heat" de Walter Hill. 1988. U.S.A. 1h44. Avec Arnold Schwarzenegger, James Belushi, Peter Boyle, Ed O'Ross, Laurence Fishburne, Gina Gershon, Richard Bright.

Sortie salles France: 6 Juillet 1988. U.S: 17 Juin 1988

FILMOGRAPHIE: Walter Hill est un producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 10 janvier 1942 à Long Beach, en Californie (États-Unis). 1975 : Le Bagarreur (Hard Times),1978 : Driver,1979 : Les Guerriers de la nuit, 1980 : Le Gang des frères James,1981 : Sans retour, 1982 : 48 heures, 1984 : Les Rues de feu,1985 : Comment claquer un million de dollars par jour,1986 : Crossroads, 1987 : Extrême préjudice, 1988 : Double Détente, 1989 : Les Contes de la crypte (1 épisode),1989 : Johnny belle gueule,1990 : 48 heures de plus,1992 : Les Pilleurs,1993 : Geronimo,1995 : Wild Bill, 1996 : Dernier Recours,1997 : Perversions of science (série TV),2000 : Supernova, 2002 : Un seul deviendra invincible, 2002 : The Prophecy, 2004 : Deadwood (série TV). 2006 : Broken Trail. 2012 : Du plomb dans la tête. 2016 : Revenger.


Pure sĂ©rie B d'action bâtie sur la notoriĂ©tĂ© d'Arnold Schwarzenegger que Walter Hill souhaitait un jour concrĂ©tiser pour lui attribuer un rĂ´le musclĂ© en bonne et due forme, Double DĂ©tente joue la carte du divertissement en toute simplicitĂ©. Car faute d'une intrigue classique dĂ©nuĂ©e d'originalitĂ©, Double DĂ©tente exploite le contexte musclĂ© du "gendarme et du voleur" par le biais du Buddy Movie en vogue en ces annĂ©es 80. Et cela fonctionne Ă  point nommĂ© grâce Ă  la complĂ©mentaritĂ© du duo impayable Schwarzenegger / Belushi endossant les rĂ´les de flics dĂ©complexĂ©s Ă  travers une nationalitĂ© distincte. Schwarzy endossant un milicien russe implantĂ© sur le sol amĂ©ricain afin de retrouver Viktor, un dangereux trafiquant de drogue (qu'Ed O'Ross incarne avec un charisme patibulaire idoine), quand bien mĂŞme Belushi sert de faire-valoir en sergent ricain fĂ©ru de  calembours afin de dĂ©tendre l'atmosphère funèbre (les cadavres pleuvent parmi l'autoritĂ© expĂ©ditive de son compère).


Outre l'attraction du duo susnommĂ© vĂ©ritablement impliquĂ© dans leur fonction aussi bien pugnace que dĂ©contractĂ©e, Double DĂ©tente s'appuie sur le savoir-faire infaillible de Walter Hill rĂ©solument inspirĂ© par son divertissement sans prĂ©tention. Tant et si bien que son rĂ©cit habilement structurĂ© parvient très efficacement Ă  relancer l'action des enjeux criminels Ă  travers la filature de deux tĂ©moins Ă©loquents (un malfrat grièvement blessĂ© / l'Ă©pouse de Viktor) et d'une Ă©nigmatique clef que Schwarzy s'efforce de prĂ©server lors de sa traque inlassable contre son propriĂ©taire. Comme de coutume, ce rĂ©cit haletant est entrecoupĂ© d'une chorĂ©graphie d'actions aussi bien violentes qu'homĂ©riques (giclĂ©es de sang sous les impacts de balles), notamment Ă  travers sa dernière demi-heure Ă  tombeau ouvert laissant libre court aux cascades urbaines entre deux bus erratiques.


Western urbain impeccablement ficelĂ©; Double DĂ©tente remplit honorablement le cahier des charges pour y distraire le spectateur embarquĂ© dans un Buddy Movie gĂ©nĂ©reusement teigneux et drĂ´le. Les rĂ©pliques caustiques fusant frĂ©quemment auprès du bagout de Belushi et (un peu moins de) Schwarzy accompagnĂ©s de 2,3 seconds-rĂ´les aussi cocasses ! Un excellent moment de dĂ©tente n'ayant rien perdu de son charme (eightie !) et de son intensitĂ© Ă©pique, et ce sans se complaire dans une vaine surenchère (aussi homĂ©rique soit sa traque finale volontiers insidieuse et sanglante). 

*Bruno
2èx

Box Office France: 1 292 988 entrées

mercredi 3 juillet 2019

Black Death

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Christopher Smith. 2010. Angleterre/Allemagne. 1h41. Avec Warner David, Van Houten Carice, Bean Sean, McInnerny Tim, Redmayne Eddie, Nixon Kimberley, Lynch John, Elliott Emu.

Sortie salles France: 8 Octobre 2010 (Festival du cinéma britannique de Dinard). UK: 11 Juin 2010

FILMOGRAPHIEChristopher Smith est un réalisateur et scénariste britannique né à Bristol le 16 août 1970. 2004 : Creep. 2006 : Severance. 2009 : Triangle. 2010 : Black Death. 2012 : Labyrinthe (série télévisée - 2 épisodes de la saison 1). 2014 : Get Santa. 2016 : Detour.


Film choc s'il en est, de par la cruditĂ© de ses scènes barbares et de son climat fĂ©tide permĂ©able que Christopher Smith retranscrit avec souci de vĂ©risme (aussi low-cost soit le budget), Black Death demeure une impitoyable descente aux enfers au coeur d'une Ă©poque mĂ©diĂ©vale asservie par le fanatisme, la superstition et le puritanisme. Le Pitch: Angleterre, 1348. Un groupe de mercenaires a pour mission de retrouver un NĂ©cromancier susceptible d'avoir propagĂ© la peste bubonique dans la rĂ©gion. Paradoxalement, un village ne semble nullement touchĂ© par la maladie mortelle particulièrement  contagieuse. Avec l'aide d'Edmund, jeune moine amoureux de la paysanne Averill, le chevalier Ulric et ses acolytes partent Ă  la recherche du village situĂ© Ă  proximitĂ© d'un marais. Eprouvante Ă©preuve de force (morale et physique) qu'un groupe de mercenaires endosse Ă  l'instar d'un chemin de croix si je me rĂ©fère Ă  leur rencontre finale auprès de la confrĂ©rie occulte, Black Death s'avère plus intelligent et retors qu'il n'y parait Ă  travers ses faux semblants surrĂ©alistes et surtout sa rĂ©flexion sur la foi religieuse et l'athĂ©isme que Christopher Smith oppose sans jamais juger ses personnages. Car baignant dans une mise en scène macabre teintĂ©e de surnaturel, l'intrigue joue efficacement du simulacre afin de contredire la rĂ©ception du spectateur pris Ă  parti entre l'inexpliquĂ© et les valeurs antinomiques du Bien et du Mal au sein d'une Ă©poque primale en quĂŞte de repères moraux.


La confrérie occulte s'efforçant de renier une existence divine sous couvert de leur hiérarchie sectaire bienfaitrice (leur populace aime à croire aux miracles pour se préserver de la peur de la peste - et donc de la mort -) quand bien même Ulric et ses sbires sont entièrement voués à la cause de Dieu afin de se donner un code d'honneur à leur existence vaillante. D'une cruauté inouïe, tant psychologique que corporelle, Black Death s'avère à l'image poisseuse de son époque moyenâgeuse. C'est à dire jusqu'au-boutiste, putrescente (ses cadavres décharnés à l'odeur pestilentielle que l'on entrevoit par intermittence), lâche et sans concession (l'épuration de sa dernière partie). Tant auprès de la pandémie à grande échelle, de la chasse aux sorcières pratiquée tous azimuts en guise de superstition que des sévices corporels perpétrés sur l'ennemi chrétien rendu impuissant dans sa condition de détention. Mais outre son intensité dramatique à couper au rasoir quant à son mode survival vécu de plein fouet lors de l'ultime demi-heure, Black Death tend notamment à souligner la faiblesse morale de l'homme vertueux du point de vue du moine néophyte sombrant dans une vendetta criminelle en lieu et place de traumatisme endeuillé. Ainsi, c'est sur cette note d'amertume que Black Death nous quitte précipitamment à travers sa réflexion sur la vengeance et la foi chrétienne du point de vue d'une perte de valeur morale en perdition spirituelle. Black Death sous-entendant en guise d'épilogue opaque que le mal est en chacun de nous et que la valeur d'un homme se juge à la manière dont il défie ce Mal.


Film choc furieusement noir, malsain et dĂ©sespĂ©rĂ© (notamment auprès du sentiment d'Ă©puisement des victimes molestĂ©es), Black Death ne nous laisse aucun rĂ©pit quant Ă  la prĂ©caritĂ© de ses pieux personnages martyrisĂ©s par une idĂ©ologie dĂ©lĂ©tère, si bien que l'on ne sort pas indemne de ce constat d'Ă©chec humaniste.  

*Bruno
2èx
03.03.11
03.07.19

mardi 2 juillet 2019

Terreur / Dread

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Anthony DiBlasi. 2009. U.S.A. 1h40. Avec Jackson Rathbone, Shaun Evans, Hanne Steen, Laura Donnelly, Jonathan Readwin, Paloma Faith, Siobhan Hewlett.

Inédit en salles en France.

FILMOGRAPHIE: Anthony DiBlasi est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain. 2018 Extremity.  2016 Her Last Will. 2015 Most Likely to Die. 2015 Attirance interdite (TV Movie). 2014/I Last Shift. 2013 The Profane Exhibit (segment "Mother May I"). 2013 Missionary. 2011 Cassadaga. 2009 Terreur. 

 

Une expérience de terreur underground, profondément malsaine et perverse.
AdaptĂ© d’une nouvelle de Clive Barker publiĂ©e dans le second volume des Livres de sang, Dread signe le premier long-mĂ©trage choc d’Anthony Diblasi. MalgrĂ© un cheminement narratif prĂ©visible, le film parvient Ă  bâtir un climat anxiogène, distillĂ© par les dissensions de jeunes protagonistes livrĂ©s peu Ă  peu Ă  leur pire cauchemar. 

Synopsis: MarquĂ© par un traumatisme d’enfance terrifiant, Quaid, Ă©tudiant en philosophie, entraĂ®ne deux camarades dans une Ă©tude sur la peur en recrutant divers tĂ©moins. Derrière cet alibi scientifique se cache sa tentative maladroite de museler des cauchemars nocturnes qu’il ne maĂ®trise plus. Mais au fil des entretiens tendus avec marginaux et âmes brisĂ©es, Quaid bascule dans une vendetta intime, perverse et irrĂ©mĂ©diable.


Interdit aux moins de 16 ans, Dread a de quoi retourner les estomacs les plus fragiles dans sa dernière demi-heure, explicite mais jamais gratuite, d’un rĂ©alisme cru et suffocant. Un dispositif qui exacerbe le voyeurisme maladif de Quaid, apprenti criminel dont les complices assistent, impuissants, Ă  la dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale et Ă  l’irascibilitĂ©. SobriĂ©tĂ© et efficacitĂ© dominent la première partie, certes classique dans sa narration, mais solidement inquiĂ©tante. Grâce Ă  un casting jeune qui refuse l’outrance, le film accroche et inquiète. Surtout par la prĂ©sence dĂ©rangĂ©e de Quaid, incarnĂ© avec un charisme trouble et glaçant par Shaun Evans. Si glaçant qu’on prĂ©fĂ©rerait ne jamais croiser son regard dans la rĂ©alitĂ© sans qu'il ne paraisse patibulaire.


PortĂ© par une mise en scène parfois Ă©tonnamment inventive (les plans obsĂ©dants de la hache montant les marches, les crimes exĂ©cutĂ©s avec une froideur clinique, la prĂ©cision du montage acerbe) et par un travail sonore affĂ»tĂ© (BO rock alternative en première partie, bruitages diĂ©gĂ©tiques perçus Ă  travers l’angoisse des victimes), Dread dĂ©range jusqu’au malaise ad nauseam. L’expĂ©rience carnivore dans la geĂ´le reste franchement insoutenable. Le film refuse toute concession : pas de happy end, mais un sentiment d’amertume et de dĂ©goĂ»t, nĂ© de l’obsession d’un oppresseur anciennement martyrisĂ©, dĂ©sormais dĂ©cidĂ© Ă  affronter la bĂŞte en lui en scrutant, Ă©goĂŻstement, les postures apeurĂ©es de ses proies torturĂ©es jusqu’Ă  l’Ă©puisement. Dans le registre underground le plus intègre, et malgrĂ© un manque d’ambition par moments, Dread demeure une cruelle et solide surprise horrifique, Ă  dĂ©couvrir le cĹ“ur accrochĂ©, au grĂ© de ses sĂ©quences les plus crues et cruelles. On n'en sort pas indemne... Pour public averti...

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir


*Bruno
21.09.25. 3èx. Vostf

lundi 1 juillet 2019

Les Sorcières d'Eastwick

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Witches of Eastwick" de George Miller. 1987. U.S.A. 1h58. Avec Jack Nicholson, Cher, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer, Veronica Cartwright, Richard Jenkins

Sortie salles France: 10 Septembre 1987. U.S: 12 Juin 1987

FILMOGRAPHIE: George Miller est un réalisateur, scénariste et producteur australien, né le 3 Mars 1945 à Chinchilla (Queensland). 1979: Mad-Max. 1981: Mad-Max 2. 1983: La 4è Dimension (dernier segment). 1985: Mad-Max : Au-delà du dôme du Tonnerre. 1987: Les Sorcières d'Eastwick. 1992: Lorenzo. 1997: 40 000 ans de rêve (documentaire). 1998: Babe 2. 2006: Happy Feet. 2011: Happy Feet 2. 2014: Mad Max: Fury Road.


ComĂ©die fantastique frĂ©tillante menĂ©e sur un rythme endiablĂ© par le rĂ©alisateur de la quadrilogie Mad-Max, Les Sorcières d'Eastwick possède plus d'une corde Ă  son arc pour nous sĂ©duire. Car outre l'inventivitĂ© des situations dĂ©bridĂ©es ou cocasses que George Miller maĂ®trise de main de maĂ®tre avec imagination, et la cadence de son score idoine composĂ© par l'orchestre de John Williams, les Sorcières d'Eastwick est transcendĂ© de son cast 4 Ă©toiles littĂ©ralement en roue libre. Tant auprès du sĂ©duisant trio Cher, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer en proie Ă  la dĂ©sinhibition puis la rĂ©bellion fĂ©ministe en sorcières contestataires, que du monstre sacrĂ© Jack Nicholson nous livrant un nouveau numĂ©ro d'acteur anthologique dans celui du diable lubrique. Un maĂ®tre-chanteur phallocrate et oisif se complaisant Ă  duper la gente fĂ©minine par le biais de son charme, de son bagout et de ses pouvoirs surnaturels.


George Miller parvenant donc avec originalité à renouveler le thème de la sorcellerie dans une forme ludique aussi légère que subtile (notamment auprès de l'utilisation de ses formidables effets-spéciaux au service narratif). A la fois drôle, sexy et badin, parfois inquiétant (notamment auprès d'une puritaine erratique que Veronica Cartwright incarne à la perfection dans une force d'expression psychotique), voir même féerique (l'étonnante et fortuite partie de tennis, le trio en lévitation en amont de la piscine), les Sorcières d'Eastwick est un savoureux cocktail d'humour, de charme et séduction sous l'impulsion d'une guerre des sexes soigneusement planifiée. Car autant satire sur le rigorisme parmi le témoignage rabat-joie d'une populace rurale pratiquante, que sur le machisme à travers la polygamie, George Miller égratigne de manière caustique les conflits sempiternels entre l'homme et la femme par le biais d'un jeu de pouvoirs fondé sur la dichotomie de la domination et de la soumission.


Dangereuse alliance
Étonnamment Ă  l'aise dans le registre de la comĂ©die fantastico-romantique avec un Ă©quivalent brio technique, George Miller transfigure au grĂ© de sa flamboyante distribution un dĂ©licieux divertissement aussi frais et extravagant que lors de sa sortie populaire (1 158 563 entrĂ©es rien qu'en France). Si bien que les Sorcières d'Eastwick parvient Ă  se dĂ©tacher de l'ombre du spectacle commercial standard grâce Ă  la personnalitĂ© de son auteur fĂ©ru d'attention pour l'Ă©volution de ces personnages et d'invention pour nous amener Ă  la suivre avec un sens onirique insolite. 

*Bruno
4èx

Récompenses: British Academy Film Awards 1988 : Meilleurs effets visuels
Los Angeles Film Critics Association Awards 1988 : Meilleur acteur pour Jack Nicholson
New York Film Critics Circle Awards 1988 : Meilleur acteur pour Jack Nicholson
Saturn Awards 1988 : Meilleur acteur pour Jack Nicholson

vendredi 28 juin 2019

Ghoulies

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site sensacine.com

de Luca Bercovici. 1984. U.S.A. 1h21. Avec Peter Liapis, Lisa Pelikan, Michael Des Barres, Jack Nance, Peter Risch.

(probablement) InĂ©dit en salles en France. Sortie U.S: 2 Mars 1985 (ou 18 Janvier 1985)

FILMOGRAPHIELuca Bercovici est un réalisateur, acteur et scénariste américain né le 22 Fevrier 1957 à New York. 2006: The Making of 'Kill Your Darlings' (documentaire). 2000 Luck of the Draw. 1999 BitterSweet (Video). 1997 Convict 762. 1996/I The Chain. 1995 The Granny (Video). 1994 Profondeur. 1990 Rockula. 1984 Ghoulies.


Nanar des annĂ©es 80 ayant créé son petit effet de fascination auprès des rats des videos (il fut inĂ©dit en salles chez nous), Ghoulies est une sympathique production Charles Band surfant sur le succès de Gremlins rĂ©alisĂ© la mĂŞme annĂ©e. Petite bande fauchĂ©e nantie d'une intrigue Ă  la fois redondante et capillotractĂ©e (un jeune homme invoque les forces des tĂ©nèbres lors de frĂ©quentes messes noires afin de connaĂ®tre ses origines familiales, quand bien mĂŞme un dĂ©mon exhumĂ© d'outre-tombe tente de lui substituer sa place), Ghoulies amuse gentiment la galerie. Principalement grâce aux superbes crĂ©atures confectionnĂ©es par une Ă©quipe de techniciens parmi lequel y figure John Carl Buechler. Ainsi, ces gnomes d'une laideur velue Ă  la fois dĂ©lirante et fascinante vont semer la zizanie dans un manoir gothique (soigneusement Ă©clairĂ© et ornementĂ©) qu'un jeune couple et ses convives abriteront le temps de rituels sataniques.


Jouant les adulescents assez benêts, les comédiens méconnus s'efforcent de rendre attachant leur fonction de trublions avec autant de charme (notamment auprès des conflits sentimentaux entre notre anti-héros - en quête identitaire - et sa compagne) que d'irritation. Car à force d'outrances verbales et de gestuelles emphatiques, ceux-ci peuvent prêter à la lassitude, notamment faute d'un cheminement superflu dénué de surprises (franchement dommageable que l'intrigue soit si exsangue !). Pour autant, Luca Bercovici ponctue à bâton rompu son récit de scènes chocs parfois surprenantes (la langue géante agrippant la bouche d'une victime) afin de maintenir le spectateur en éveil. Egalement en ne cessant d'exhiber fréquemment à l'écran ces Ghoulies trouble-fête plutôt attachants à travers leur fantaisie grotesque naïvement expressive. Qui plus est, accompagnés d'un couple de nains d'allure médiévale et d'un mort-vivant vaniteux, Ghoulies divertit aimablement aussi vite oublié soit ce produit d'exploitation perfectible.


A redécouvrir d'un oeil distrait avec une pointe de nostalgie.
*Bruno

jeudi 27 juin 2019

Héros d'Apocalypse

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site aVoir-aLire.com

"L'ultimo cacciatore" d'Anthony M. Dawson. 1980. U.S.A. 1h37. David Warbeck, Tisa Farrow, Tony King, Bobby Rhodes, Margit Evelyn Newton, John Steiner.

Sortie salles Italie: 9 Août 1980.

FILMOGRAPHIE: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un réalisateur italien, né le 19 septembre 1930 à Rome, décédé le 4 Novembre 2002 à Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace. 1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les Géants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est là. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les Fantômes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karaté. 1975: La Chevauchée terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: Héros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Pur produit d'exploitation surfant sur la vague du film de guerre vietnamien, HĂ©ros d'Apocalypse est symptomatique de ce que le cinĂ©ma italien pouvait produire de plus attractif Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 80. Car bien avant Rambo 1 et 2Anthony M. Dawson nous offrait un film d'action belliqueux Ă  l'ultra violence dĂ©complexĂ©e, tant et si bien que ses scènes gores, Ă  la fois percutantes et spectaculaires, irriguent l'Ă©cran dans un dĂ©luge d'explosions et canardages Ă  tout va, Ă  feu et Ă  sang ! Le tout façonnĂ© avec un talent technique artisanal si bien que l'on reste encore aujourd'hui Ă©bahi par le rĂ©alisme de ses scènes chocs furieusement complaisantes (gros plans sur les chairs Ă©clatĂ©es dans des gerbes de sang Fulciennes !). Ainsi, si l'intrigue Ă©tique fait preuve de oisivetĂ© (le capitaine Morris a pour mission de dĂ©truire un Ă©metteur dans un camp vietcong après avoir rejoint une Ă©quipe de rangers ainsi qu'une journaliste retranchĂ©s dans une grotte customisĂ©e !), Anthony M. Dawson compte sur l'intensitĂ© des explosions et carnages en roue libre afin de plonger le spectateur dans un divertissement bourrin aussi bordĂ©lique qu'Ă©pique.


Servi par une plĂ©iade de seconds couteaux familiers des fans de Bis (on y croise David Warbeck, Tisa Farrow, Tony King, Bobby Rhodes et John Steiner), ces derniers se prĂŞtent au jeu belliciste avec un sĂ©rieux dĂ©sinhibĂ©. Car Ă  travers une combinaison de Voyage au bout de l'Enfer et surtout d'Apocalypse Now, nos acteurs transalpins surjouent leur fonction burnĂ© avec un irrĂ©sistible orgueil auto-parodique. C'est simple, on les croirait rĂ©unis au club Med de festoyer et s'extasier Ă  buter du viet dans une posture hĂ©roĂŻque rĂ©solument suicidaire ! C'est dire si Dawson s'adonne aux clichĂ©s tous azimuts, entre premier et second degrĂ©. Car n'hĂ©sitant pas lors de brèves occasions Ă  dĂ©tendre l'atmosphère par le biais de moments de cocasserie aussi grotesques qu'hallucinĂ©es (la fameuse compĂ©tition contre la montre du ranger pour rĂ©cupĂ©rer un fruit du haut d'un arbre en arpentant un sentier truffĂ© de vietcongs !), celui-ci se raille d'une bravoure surhumaine dans un esprit antimilitariste troupier. On sourit Ă©galement (voir on pouffe de rire) lorsque HĂ©ros d'Apocalypse se la joue Apocalypse Now Ă  travers des sĂ©quences cultes contournĂ©es ici dans un esprit bisseux. A l'instar du major Cash caricaturant dans son fanatisme guerrier le lieutenant-colonel Bill Kilgore (entrevu en surfeur dans Apocalypse Now), du message prĂ©ventif que les rangers Ă©coutent frĂ©quemment Ă  la radio afin de dĂ©missionner de leur poste offensif, ou encore de l'ultime chevauchĂ©e des Walkyries reprise ici en Ă©pilogue Ă  travers un thème orchestral contrefait.


RĂ©ussissant par ailleurs l'exploit de nous immerger dans une vĂ©ritable jungle vĂ©gĂ©tative (on se croirait mĂŞme par instant dans Cannibal Holocaust, notamment Ă  travers ses pièges meurtriers !), HĂ©ros d'Apocalypse demeure un fleuron du film de guerre transalpin de par son immense gĂ©nĂ©rositĂ© de nous en foutre plein la vue Ă  renfort de tripes, de sulfateuses et d'explosions furibardes ! A revoir sans modĂ©ration, tel l'antidĂ©presseur de choix ! 

*Bruno
3èx

mercredi 26 juin 2019

Le Professeur / La prima notte di quiete / La première nuit de la Tranquillité

                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb

de Valerio Zurlini. Italie/France. 2h12 (version intégrale). Avec Alain Delon, Lea Massari, Monica Dominici, Sonia Petrovna, Giancarlo Giannini, Renato Salvatori, Alida Valli, Adalberto Maria Merli, Salvo Randone, Liana Del Balzo.

Sortie salles France: 18 Octobre 1972 (1er Novembre 1972 selon d'autres sources). Italie: 27 Octobre 1972

FILMOGRAPHIEValerio Zurlini est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien, nĂ© le 19 mars 1926 Ă  Bologne, dĂ©cĂ©dĂ© le 27 octobre 1982 Ă  VĂ©rone. 1955 : Les Jeunes Filles de San Frediano. 1959 : ÉtĂ© violent. 1961 : La Fille Ă  la valise. 1962 : Journal intime. 1965 : Des filles pour l'armĂ©e. 1968 : Assis Ă  sa droite. 1969 : Quand, comment et avec qui ? 1972 : Le Professeur. 1976 : Le DĂ©sert des Tartares.

"L’amour, cet impossible lointain."

Romance Ă©corchĂ©e vive entre un professeur trentenaire et une Ă©tudiante de dix-neuf ans foudroyĂ©s par une passion dĂ©vorante, Le Professeur dĂ©sarçonne par son atmosphère sinistrĂ©e, traversĂ©e d’une mĂ©lancolie permĂ©able aux cicatrices morales de deux ĂŞtres hantĂ©s par le poids de l’Ă©chec et de l’insatisfaction sentimentale. Succès retentissant en Italie mais Ă©chec en France (allez comprendre), le film transfigure le genre mal-aimĂ© du mĂ©lodrame grâce au talent singulier de Valerio Zurlini, qui y imprime sa personnalitĂ© transalpine.

Son ambiance glauque, baignĂ©e d’une photographie blafarde, et les postures vulgaires de protagonistes peu recommandables - qu’il s’agisse de l’entourage avinĂ© de Daniel ou de celui de Vanina - nous enferment dans un drame conjugal aux faibles lueurs d’espoir.

La grande force de cette Ĺ“uvre fragile rĂ©side dans sa rĂ©interprĂ©tation du genre Ă  travers les thèmes Ă©culĂ©s mais ravivĂ©s de la trahison, de l’infidĂ©litĂ©, de la possessivitĂ© (notamment les rapports masochistes entre Daniel et son Ă©pouse, coexistant dans leur demeure opaque comme dans un tombeau en guise de routine dĂ©sespĂ©rĂ©e), de la jalousie et de l’amour insoluble.


Dans un rĂ´le d’amant torturĂ© et taciturne, Alain Delon Ă©lectrise tranquillement en promenant sa dĂ©gaine de chien battu, tel un fantĂ´me infortunĂ©, quasi suicidaire - jusqu’Ă  ce final expĂ©ditif oĂą il s’Ă©lance dans sa quĂŞte dĂ©sespĂ©rĂ©e de la muse perdue qu'il doit rejoindre pour toujours.
Face Ă  lui, l’Ă©lectrisante Sonia Petrovna magnĂ©tise l’Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions sensuelles. Comme Daniel, le spectateur succombe Ă  son charme noir, redoutant pourtant l’aigreur insurmontable d’une relation prĂ©caire, noyĂ©e d’amertume, de malaise, de remords et de dĂ©sillusion.
Le Professeur aborde, tantĂ´t par la suggestion des regards et des silences (l'incroyable sĂ©quence du night club alternant les Ă©changes de regards en plan serrĂ©), tantĂ´t par la brutalitĂ© des corps et des Ă©treintes sauvages, la cruautĂ© de l’Ă©moi amoureux Ă  travers des esprits rebelles, victimes de leur propre marginalitĂ© et de leur isolement moral. 
Vanina, marquĂ©e par l’ombre d’une mère catin et des conquĂŞtes phallocrates qui l’ont façonnĂ©e, croise Daniel, lui-mĂŞme hantĂ© par la disparition du père et surtout par le suicide de sa sĹ“ur : deux âmes en ruine, cherchant dans l’autre une impossible rĂ©paration.

 
Ĺ’uvre atypique, irriguĂ©e de spleen et de pessimisme sous la lumière vacillante d’un climat vaporeux, Le Professeur explore la passion amoureuse comme l’ultime sursaut de losers nĂ©vrotiques, tentant de s’accrocher au fil tĂ©nu de la rĂ©demption sentimentale.
Un drame d’une noirceur somptueuse, audacieuse, lucide - oĂą chaque geste, chaque regard, semble s’Ă©teindre dans le dĂ©sespoir des cĹ“urs trop usĂ©s pour aimer encore au coeur d'un no man's land feutrĂ©.
Un film personnel et intime qui s’infiltre sous la peau et hante longtemps après la dernière image pudique.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

3èx. VOSTF

mardi 25 juin 2019

Mausoleum. Prix du Jury au Rex de Paris, 1983.

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de Michael Dugan. 1983. U.S.A. 1h37. Avec Bobbie Bresee, Marjoe Gortner, Norman Burton, LaWanda Page.

Sortie salles U.S: 13 Mai 1983

FILMOGRAPHIE: Michael Dugan est un réalisateur, scénariste et producteur américain. 2015: The Adventures of Turkey Dude (TV Mini-Series). 1999: Raging Hormones. 1983: Mausoleum. 1976: Super Seal.


Hit Vhs des annĂ©es 80 si j'ose dire sous le fameux Ă©tendard Super Video Productions, Mausoleum demeure l'archĂ©type de la sĂ©rie Z horrifique rĂ©alisĂ©e sans aucun gĂ©nie mais avec une tendresse Ă©vidente pour le genre. D'ailleurs, le jury du Festival du Rex de Paris ne s'y est pas trompĂ© lorsqu'il lui dĂ©cerna le Prix du Jury et le Prix d'interprĂ©tation FĂ©minine pour Bobbie Bresee en victime dĂ©moniale Ă  la fois sexy (son plus simple appareil nous est dĂ©voilĂ© Ă  plusieurs reprises en sus d'une opulente poitrine) et monstrueuse (crĂ©ature caoutchouteuse Ă  l'appui d'un final mĂ©morablement cartoonesque !). Le pitch: traumatisĂ©e par la mort de sa mère, Susan est attirĂ© par l'entitĂ© dĂ©moniaque sommeillant dans un mausolĂ©e. Depuis, après l'avoir rĂ©veillĂ©e, elle sombre dans une dĂ©chĂ©ance criminelle, quand bien mĂŞme son psychiatre tente de la ramener Ă  la raison. Nanar grand-guignolesque Ă©talant toutes les 10 minutes des sĂ©quences gorasses du meilleur cru artisanal, qui plus est renforcĂ© de dĂ©rision involontaire Ă  force de surenchère, Mausoleum baigne dans le divertissement du samedi soir au grĂ© d'une ambiance horrifique Ă©tonnamment attachante, pour ne pas dire atmosphĂ©rique.


On peut d'ailleurs parler de miracle tant le réalisateur en herbe décuple les maladresses sans complexe tant et si bien qu'il croit fermement à ce qu'il filme, et ce jusqu'à se permettre d'y parodier le genre lors d'une séquence burlesque insensée (score subitement jovial à l'appui !) lorsque la domestique afro prend à 2 reprises l'escampe après avoir observé de l'étage une étrange fumée d'un vert sensiblement fluorescent ! Mais outre l'aspect débridé de ses scènes-chocs agréablement épiques, inventives et décomplexées, Mausoleum est renforcé du surjeu des comédiens de seconde zone d'un sérieux inextinguible. Tant auprès de la domestique avinée susnommée, de l'époux de Susan inexpressif d'y décrypter son comportement anormal, du médecin débonnaire étonnamment preux lorsqu'il témoigne de la déliquescence corporelle de Susan, que du jardinier égrillard osant faire la cour à Susan par le biais du clin d'oeil fripon ! Un séquence olé olé pittoresque de par le mimétisme outrancier de ce dernier que l'on retrouvera d'autre part lors de l'ultime twist nonsensique résolument hilarant ! Ainsi, à travers ses postures machistes particulièrement triviales (notamment auprès de l'apparition plus furtive du livreur), Michael Dugan se permet d'y injecter des répliques aussi putanesques dignes d'un "Jacquie et Michel" que s'échangent les mâles en rut avant de forniquer Susan !


Pochette surprise horrifique surfant sur la tendance cartoonesque d'Evil-dead Ă  l'aide d'un budget low-cost, Mausoleum s'extirpe de la nullitĂ© grâce Ă  son Ă©tonnante gĂ©nĂ©rositĂ© et l'Ă©vidente sincĂ©ritĂ© de Michael Dugan fĂ©ru d'amour pour les bobines horrifiques fluos faisant office de train fantĂ´me. Un tĂ©moignage surrĂ©aliste de ce que pouvait nous offrir de mieux les annĂ©es 80 en terme de dĂ©lire Z expansif, Ă  redĂ©couvrir absolument dans la condition optimale du format HD ! 

*Bruno
2èx

RĂ©compenses: Prix du Jury, Prix de la Meilleure Actrice (Bobbie Bresee) au Festival du film Fantastique de Paris, 1983.

vendredi 21 juin 2019

L'Etrange vice de Mme Wardh

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"Lo strano vizio della Signora Wardh" de Sergio Martino. 1971. Italie/Espagne. 1h38. Avec George Hilton, Edwige Fenech, Conchita Airoldi, Manuel Gill, Carlo Alighiero, Ivan Rassimov.

Sortie salles France: 14 Juin 1972. Italie: 15 Août 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1970: l'Amérique à nu. Arizona se déchaîne. 1971: l'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion. l'Alliance Invisible. 1972: Toutes les couleurs du vice. 1973: Mademoiselle Cuisses longues. 1973: Torso. 1975: Le Parfum du Diable. 1977: Mannaja, l'homme à la hache. 1978: La Montagne du Dieu Cannibale. 1979: Le Continent des Hommes poissons. Le Grand Alligator. 1982: Crimes au cimetière étrusque. 1983:2019, Après la Chute de New-York. 1986: Atomic Cyborg. 1989: Casablanca Express. 1990: Mal d'Africa. Sulle tracce del condor.


"C'est précisément l'accent mis sur le commandement: tu ne tueras point, qui nous donne la certitude que nous descendons d'une lignée infiniment longue d'assassins qui avaient le goût du meurtre dans le sang, comme nous l'avons peut-être encore". Sigmund Freud.

Remarquable giallo rĂ©alisĂ© par un des maĂ®tre du genre si bien qu'on lui doit notamment La Queue du Scorpionl'Alliance Invisible, Toutes les couleurs du Vice, Torso et Ton Vice est une chambre close dont moi seul ait la clef; l'Etrange vice de Mme Wardh bĂ©nĂ©ficie d'une intrigue solide pour tenir en haleine le spectateur jusqu'au mot Fin. De par la substantialitĂ© de son suspense plutĂ´t ciselĂ© et son casting 4 Ă©toiles parmi lesquels George Hilton en amant attentionnĂ©, Alberto de Mendoza en Ă©poux cocu, Ivan Rassimov en amant viciĂ© (qui plus est renforcĂ© de son physique satanique aux yeux reptiliens !) et surtout l'icone Edwige Fenech en maĂ®tresse plantureuse adepte du SM. Ainsi, si l'Etrange vice... met un peu de temps Ă  se mettre en place durant sa première demi-heure, et ce Ă  travers l'intrusion de 2 meurtres sadiques modestement rĂ©alisĂ©s (la couleur limpide du sang fait d'ailleurs un peu tâche pour pleinement convaincre), la suite s'avère davantage passionnante lorsque l'hĂ©roĂŻne constamment tourmentĂ©e par le tueur (puis brimĂ©e par son entourage fĂ©minin) tente de lui Ă©chapper Ă  travers des rebondissements imprĂ©visibles soigneusement charpentĂ©s.


Sergio Martino jouant lestement sur le simulacre parmi la diabolique dĂ©rision d'une intrigue criminelle ou s'y oppose un triangle d'amants suspects (on peut d'ailleurs dĂ©samorcer un certain rebondissement Ă  un moment propice de l'action censĂ©e nous interroger sur les vĂ©ritables motivations d'un d'entre eux). Erotiquement sensuel et osĂ© (pour l'Ă©poque) Ă  travers les poitrines dĂ©nudĂ©es frĂ©quemment mises en valeur, sanglant et brutal au grĂ© de meurtres toujours plus stylisĂ©s et impressionnants (dont un superbe jumpscare hyper efficace lorsqu'une main gantĂ©e tente de retenir une porte entrebâillĂ©e), l'Etrange vice de Mme Wardh demeure un cruel jeu de massacre et de soumission lascive. Notamment Ă  travers le personnage Ă©quivoque de Jean livrant depuis toujours une relation masochiste avec sa compagne soumise en proie Ă  une attraction/rĂ©pulsion Ă  la vue du sang. On peut d'ailleurs relever une superbe sĂ©quence onirique lors de sa première partie lorsque les amants s'adonnent Ă  un coĂŻt masochiste Ă  travers le fracas d'Ă©clats de verre.


PlutĂ´t convaincant quant Ă  son intrigue machiavĂ©lique d'autant plus limpide, et toujours plus surprenant au fil de son suspense expectatif relançant l'action vers des virages diablotins, l'Etrange vice de Mme Wardh se joue de nos pulsions voyeuristes parmi la sensualitĂ© torride d'une victime volage qu'Edwige Fenech endosse fĂ©brilement. Entre fragilitĂ© dĂ©munie et trouble ambiguĂŻtĂ© du dĂ©sir SM. SublimĂ© par l'Ă©lĂ©gie musicale de Nora Orlandi, l'Etrange vice... peut sans rougir se targuer d'ĂŞtre un des meilleurs ambassadeurs du Giallo en plein âge d'or des Seventies. 

*Bruno
2èx 

jeudi 20 juin 2019

American Gothic

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de John Hough. 1987. U.S.A. 1h30. Avec Rod Steiger, Michael J. Pollard, Yvonne De Carlo, Sarah Torgov, Stephen Shellen, Mark Lindsay Chapman

Sortie salles France: 13 Mai 1988. U.S: Mai 1988

FILMOGRAPHIE: John Hough est un réalisateur anglais, né le 21 Novembre 1941 à Londres.
1969: Wolfshead : The Legend of Robin Hood. 1970: Eyewitness. 1971: Les Sévices de Dracula. 1972: l'île au Trésor. 1973: La Maison des Damnés. 1974: Larry le dingue, Mary la garce. 1975: La Montagne Ensorcelée. 1978: Les Visiteurs d'un Autre Monde. 1978: La Cible Etoilée. 1980: Les Yeux de la Forêt. 1981: Incubus. 1982: Le Triomphe d'un Homme nommé Cheval. 1986: Biggles. 1988: Hurlements 4. 1988: American Gothic. 1989: Le Cavalier Masqué (télé-film). 1990: A Ghost in Monte Carlo (Télé-film). 1992: Duel of Hearts (télé-film). 1998: Something to Believe In. 2002: Bad Karma.


Si on a connu John Hough beaucoup plus inspirĂ© avec ses oeuvres les plus notoires (Larry le dingue, Mary la garce, les SĂ©vices de Dracula, Les Yeux de la ForĂŞt, Incubus et surtout son chef-d'oeuvre la Maison des DamnĂ©s), American Gothic est suffisamment ludique et sarcastique pour passer un agrĂ©able moment. Satire sur l'intĂ©grisme Ă  mi-chemin entre Massacre Ă  la Tronçonneuse et Mother's day, l'intrigue empile les clichĂ©s usuels du psycho-killer (une bande de jeunes Ă©choue sur une Ă®le abritĂ©e par une famille rĂ©trograde aux us et coutumes psychorigides) avec une sensible efficacitĂ©. Notamment en y exploitant quelques trouvailles retorses afin de relancer l'action du survival sous l'impulsion de situations saugrenues (les jeux de la mort que s'encanaillent les adulescents attardĂ©s) et d'une victime borderline (car traumatisĂ©e par la mort de son nouveau-nĂ©) en proie Ă  une vengeance schizophrène lors de son dernier acte. Niveau casting, les jeunes acteurs dĂ©nuĂ©s de charisme font autant preuve de timide retenue que de maladresse Ă  tenter de s'extirper de la mort, quand bien mĂŞme Rod Steiger et sa compagne Yvonne De Carlo font preuve d'une modeste force de caractère dans leur fonction criminelle bâtie sur le fanatisme religieux. Et pour parachever, on peut s'enjailler des pitreries sardoniques que complotent communĂ©ment Janet Wright, Michael J. Pollard, William Hootkins en adulescents dangereusement fripons dans leur mode opĂ©ratoire du zigouillage.
Oubliable certes, mais divertissant.

*Bruno
2èx

mercredi 19 juin 2019

Le Peuple des Abîmes

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

"The Lost Continent" de Michael Carreras. 1968. Angleterre. 1h33. Avec Eric Porter, Hildegard Knef, Suzanna Leigh, Tony Beckley, Nigel Stock, Ben Carruthers, Dana Gillespie.

Sortie salles France: Inconnu. U.S: 12 Juin 1968

FILMOGRAPHIE: Michael Carreras est un producteur et réalisateur britannique né le 21 décembre 1927 à Londres et mort dans la même ville le 19 avril 1994. 1955 : Eric Winstone's Stagecoach. 1957: The Steel Bayonet. 1961 : Visa to Canton (en). 1961 : La Chevauchée des outlaws. 1963 : Maniac.
1963 : What a Crazy World. 1964 : Les Maléfices de la momie. 1967 : Les Femmes préhistoriques. 1968 : Le Peuple des abîmes. 1971 : La Momie sanglante. 1974 : Un dénommé Mister S.


Aberration filmique portant la signature de la célèbre firme Hammer, Le Peuple des Abîmes laisse le spectateur ébaubi par tant d'idioties aussi bien formelles que narratives. Car il faut bien avouer que le scénario saugrenu écrit par le réalisateur himself patauge à n'en plus finir dans le n'importe nawak en s'inspirant du roman de Dennis Wheatley. De par son amoncellement de séquences surréalistes mises en scène avec un sérieux inébranlable et ses FX caoutchouteux tout droits sortis d'un Kaïju. Et ce en dépit de quelques traits d'humour, probablement pour détendre l'atmosphère hostile, qu'un bout entrain sclérosé extériorise lors de moments inopinément héroïques. Le pitch: transportant sur son cargo de dangereux explosifs inflammables au contact de l'eau, le capitaine Lansen est pris à parti avec une partie de son équipage effrayée à l'idée de trépasser au moment de l'annonce d'une tempête. Echoués sur une étrange île semée de carcasses de bateau, ils font l'horrible découverte d'un peuple de conquistadors gouvernés par un ado monarque fanatique, quand bien même les algues et divers crustacés géants restent aux aguets de chair fraîche.


PassĂ© une première demi-heure d'exposition oĂą ça pĂ©rore pas mal, entre sous-intrigues amoureuses et action belliqueuse (la fameuse mutinerie), le Peuple des AbĂ®mes adopte une tournure radicalement Ă©pique lorsque les rescapĂ©s et leur learder Lansen se posent sur l'Ă®le des sargasses. Tant et si bien qu'en pleine cacophonie, ces derniers (d'autant plus marginaux, insolents, vĂ©reux ou couards !) n'auront de cesse de combattre des crĂ©atures mutantes et les conquistadors plus hostiles que jamais afin d'honorer leur roi fĂ©ru de sacrifices. De par son intrigue dĂ©structurĂ©e, ses digressions peu passionnantes et la sobriĂ©tĂ© du casting croyant dur comme fer Ă  ce qu'ils endurent (il faut d'ailleurs les voir s'affubler de harnais supportant 2 ballons de baudruche en amont de leurs Ă©paules afin de traverser le sable, et ce, avec sous leur pied des sortes de raquettes pneumatiques pour Ă©viter les algues carnivores !); le Peuple des AbĂ®mes renchĂ©rit notre Ă©moi face Ă  un spectacle surrĂ©aliste dĂ©nuĂ©e de dĂ©rision (ou alors si peu pour le second-rĂ´le Ă©voquĂ© plus haut). Parfois mĂŞme violent lors de sĂ©quences horrifiques un chouilla complaisantes et timidement Ă©rotique (l'amazone dissidente Ă  la poitrine opulente, la blonde nymphette fĂ©rue de mâles avinĂ©s), Le Peuple des AbĂ®mes a de quoi distraire autant que surprendre l'amateur de nanar improbable connaissant la rĂ©putation d'une firme aussi notoire que la Hammer.


Ainsi, l'intrigue vrillĂ©e Ă  beau sombrer dans le ridicule Ă  force d'outrance, d'incohĂ©rences, d'approximations et de situations dĂ©bridĂ©es tous azimuts (le moine jouant en dernier ressort de l'orgue en pleine guĂ©rilla incendiaire !), Le Peuple des AbĂ®mes demeure un cocktail explosif d'aventures exotiques lors de son ultime heure belliciste. Quand bien mĂŞme nous ne connaĂ®trons jamais la vĂ©ritable destinĂ©e de nos hĂ©ros passĂ© leur moment de bravoure, Ă  l'instar de cette maraudeuse finalement empathique quant Ă  sa requĂŞte dĂ©sespĂ©rĂ©e de retrouver son fils en vie. Bref, dĂ©mentiel, foutraque et fichtrement cocasse. 

*Bruno
2èx

mardi 18 juin 2019

Le Silence qui tue

                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cult-trash-in-french-dvd-composite.blogspot.com

"The Silent Scream" de Denny Harris. 1979. U.S.A. 1h27. Avec Rebecca Balding, Cameron Mitchell, Steve Doubet, Avery Schreiber, Brad Rearden, Juli Andelman, John Widelock, Yvonne De Carlo, Barbara Steele.

Sortie salles France: 12 Novembre 1980. U.S: 18 Janvier 1980

FILMOGRAPHIE: Dennis Harris est un réalisateur et producteur américain, né le 10 Juillet 1930, décédé le 5 Mars 2007. 1979: Le Silence qui Tue.


Peu connu du public et toujours inĂ©dit sous support numĂ©rique chez nous, Le Silence qui Tue s'inspire du psycho-killer en vogue initiĂ© par Black Christmas et Halloween. Mais c'est plutĂ´t du cĂ´tĂ© de Psychose qu'il puise sa plus grande influence Ă  travers une trame linĂ©aire beaucoup trop chĂ©tive il faut avouer. En gros: une jeune fille trouve refuge dans une grande bâtisse en location parmi l'hospitalitĂ© de 3 pèlerins. Accueillie par un Ă©trange tenancier timorĂ©, celui-ci les averti de ne pas dĂ©ranger sa mère logeant dans une chambre Ă  proximitĂ© du grenier. Rapidement, un meurtre brutal Ă©branle leur tranquillitĂ© en marge de la plage. SĂ©rie B d'exploitation modestement campĂ©e par d'attachants comĂ©diens de seconde zone, quand bien mĂŞme Cameron Mitchell (en flic investigateur) et Barbara Steele (dans un rĂ´le mutique uniquement bâti sur la gestuelle) viennent s'incruster avec discrĂ©tion, le Silence qui tue nous offre le minimum syndical Ă  travers ses sĂ©quences horrifiques hors-champs Ă©paulĂ©es d'un suspense beaucoup trop timorĂ© pour captiver.


Pour autant, avec une Ă©vidente indulgence, l'inconditionnel du genre peut y trouver son compte grâce au charme de son ambiance horrifique symptomatique des annĂ©es 80 (mĂŞme s'il fut tournĂ© en 79). Tant auprès du jeu amiteux des acteurs, de son cadre cĂ´tier estival, de son dĂ©corum gothique lĂ©gèrement magnĂ©tique que de ses clichĂ©s plaisamment bonnards que l'amateur connait sur le bout des ongles. Qui plus est, sa dernière-heure Ă  la fois rĂ©vĂ©latrice en diable et fertile en agressions divertit dans un second degrĂ© involontairement cocasse, puisque Ă  la lisière de la semi-parodie, de par ces postures outrancières sensĂ©es provoquer apprĂ©hension ou effroi. NĂ©anmoins, on se laisse dĂ©river jusqu'au bout de cette intrigue machiavĂ©lique faisant intervenir la thĂ©matique de la famille dysfonctionnelle avec autant de maladresse que de bonnes intentions pour provoquer l'Ă©moi. Bougrement dommageable donc que l'intrigue Ă©tique n'eut pu faire preuve de plus de densitĂ©, de vigueur et d'angoisse palpable lorsque les potentielles victimes sont sur le point de trĂ©passer. Ce sera d'ailleurs l'unique essai derrière la camĂ©ra de Denny Harris disparu en 2007 pour une raison qui m'Ă©chappe.


A découvrir avec curiosité, uniquement chez les inconditionnels du genre.

*Bruno
3èx