lundi 27 février 2023

Le Visiteur / The Caller

                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lantreauxintrouvables.blogspot.com

de Arthur Allan Seidelman. 1987. U.S.A. 1h37. Avec Malcom McDowell, Madolin Smith

Sortie salles France: 13 Septembre 1989 (video). U.S: 27 Décembre 1989 (video)

FILMOGRAPHIE: Arthur Allan Seidelman est un rĂ©alisateur de tĂ©lĂ©vision , de cinĂ©ma et de théâtre amĂ©ricain et un Ă©crivain, producteur et acteur occasionnel. 2022: Delfino's Journey. (2014) Six Dance Lessons in Six Weeks. Quattrocento (2012). 2009 Where Muscles Were Born. 2009 The Venice Beach Hostel. The Awakening of Spring (2008). Two Spirits, One Journey (2007). Une preuve de trop (2007). The Sisters (2005). A Christmas Carol (2004) Traque Ă  Puerto Vallarta (2004).  Liens de sang (2001). Les grandes retrouvailles (2001). Le prix du courage (2000). L'art de sĂ©duire (2000). Walking Across Egypt (1999). Grace & Glorie (1998). L'Enfant perdu (1997). Secrets de famille (1997). The Summer of Ben Tyler (1996). Harvest of Fire (1996). Amazing Grace (1995). Trapped in Space (1994).  La loi de la Nouvelle-OrlĂ©ans (1994). Heaven Help Us (1994). Dying to Remember (1993). Les secrets de Lake Success (1993). FBI: The Untold Stories (1991). L'Ă©quipĂ©e infernale (1992). Body Language (1992). Un papa pour NoĂ«l (1990). Yulin in WIOU (1990). Capital News (1990). La loi de Los Angeles (1986). Double tranchant (1989). Nightingales (1989). Les disparus du lac (1988). A Friendship in Vienna (1988). Addicted to His Love (1988). A Place at the Table (1988). Glory Years (1987).  A Year in the Life (1987).  Des voix dans la nuit (1987). CBS Schoolbreak Special (1984).  Le Visiteur (1987). Poker Alice (1987). Tout pour ĂŞtre heureuse (1986). Bridges to Cross (1986). Angela Lansbury in Arabesque (1984). Sin of Innocence (1986). The Best Times (1985).  Trapper John, M.D. (1979).  Half Nelson (1985). Detective in the House (1985). City Blues (1983). La chasse aux diplĂ´mes (1973). Echoes (1982). Romance Theatre (1982). Macbeth (1981). Children of Rage (1975). Hercule Ă  New York (1970)


Il faut du talent pour relever la gageure de maintenir l'attention 1h37 durant Ă  se focaliser sur la dualitĂ© psychologique de 2 uniques personnages confinĂ©s au sein d'une cabane feutrĂ©e. C'est ce que Arthur Allan Seidelman est parvenu très efficacement Ă  concrĂ©tiser Ă  l'aide d'une Ă©conomie de moyens pour tenir un discours initiatique Ă  la maĂ®trise de soi et Ă  la responsabilitĂ©. Tant et si bien qu'Ă  la revoyure, et bien que j'apprĂ©hendais un peu de le revoir Ă  cause de son hallucinant final Ă  twist Ă©ventĂ©, Le Visiteur demeure une excellente surprise oubliĂ©e de tous depuis sa location Vhs. Et c'est fort dommage tant le rĂ©alisateur s'y entend pour entretenir mystère et suspense autour de la trouble confrontation d'un Ă©tranger (surgi de nulle part) et d'une dĂ©funte Ă©pouse se combattant cĂ©rĂ©bralement parlant en s'inversant tour Ă  tour les rĂ´les au grĂ© d'un jeu de dĂ©fi et de confrontation relativement tendus. Le rĂ©alisateur parvenant intelligemment Ă  casser les codes du thriller et du psycho-killer en laissant planer le doute sur ses 2 personnages mutuellement interlopes, notamment auprès de leur passĂ© obscur qu'on nous dĂ©veloppe peu Ă  peu avec un art consommĂ© de l'ambiguĂŻtĂ© et de la perplexitĂ©. 

D'ailleurs, si une majoritĂ© du public applaudira l'audace de son cliffhanger, d'autres n'hĂ©siteront pas Ă  le juger risible ou bien discutable. En tout Ă©tat de cause, et quelque soit les conclusions que l'on peut en tirer, on salue l'audace d'un pitch aussi retors que lunaire que les comĂ©diens excellent dans leur inimitiĂ© bipolaire. Ainsi, il faut louer la prĂ©sence de la mĂ©connue Madolin Smith rigoureusement convaincante en veuve Ă©plorĂ©e partagĂ©e entre l'angoisse, la rĂ©bellion, le goĂ»t du risque et la provocation Ă  dĂ©fier son adversaire afin de mieux dompter la situation. Son regard subtilement Ă©trange car parfois effacĂ©, impassible, demeurant particulièrement intense, diaphane au point d'Ă©ventuellement douter sur sa santĂ© mentale. Quant Ă  l'illustre Malcom McDowell, il s'avère toujours aussi gĂ©nialement magnĂ©tique, bicĂ©phale, indicible Ă  travers son jeu sournois de psychologue impromptu cumulant les bravades pour extirper de son confort moral et du mensonge sa partenaire aussi obtuse, mutine, sarcastique et rivale que lui. 


VĂ©nĂ©neux suspense Ă  la fois tendu, anxiogène, indĂ©cis et intrigant autour d'un règlement de compte moral oĂą les rĂ©pliques ciselĂ©es monopolisent le huis-clos dĂ©lĂ©tère sans une once d'essoufflement, Le Visiteur demeure une vraie pĂ©pite de l'Ă©trange sous l'impulsion d'un fulgurant coup de théâtre remettant en question tout ce que nous venions de voir. 

*Bruno
2èx. Vostfr. 

samedi 25 février 2023

Candyman 2 / Candyman: Farewell to the Flesh

                                              
                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site alamy.com

de Bill Condon. 1995. 1h35. Avec Kelly Rowan, Tony Todd, Veronica Cartwright, Bill Nunn, William O'Leary, Timothy Carhart

Sortie salles France: 9 AoĂ»t 1995. U.S: 17 Mars 1995

FILMOGRAPHIE: Bill Condon est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 22 octobre 1955 Ă  New York, aux États-Unis. 1987 : Sister, Sister. 1995 : Candyman 2. 1998 : Ni dieux ni dĂ©mons. 2004 : Kinsey. 2005 : Dreamgirls. 2011 : Twilight, Chapitre IV : RĂ©vĂ©lation - 1re Partie. 2012 : Twilight, Chapitre V : RĂ©vĂ©lation - 2e Partie. 2013 : Le Cinquième Pouvoir. 2015 : Mr. Holmes. 2017 : La Belle et BĂŞte.


BoudĂ© Ă  sa sortie mais rĂ©habilitĂ© depuis par certains critiques Ă  l'occasion de sa commercialisation Blu-ray (suffit de surfer sur certaines plateformes de tests Blu-ray et blogs spĂ©cialisĂ©s), Candyman 2 ne mĂ©ritait pas tant de discrĂ©dit. Car si on reste Ă  100 lieux de son modèle, authentique classique horrifico-sociologique Ă  travers son pamphlet anti-raciste Ă  la fois poignant et terrifiant, cette sĂ©quelle demeure tout Ă  fait frĂ©quentable sous la houlette de Bill Condon Ă  qui l'on doit dĂ©jĂ  Sister, Sister et surtout Ni Dieux ni DĂ©mons. Car soigneusement photographiĂ© sous un Ă©clairage sĂ©pia et richement dĂ©corĂ©, notamment Ă  travers le carnaval du mardi gras de la nouvelle OrĂ©lans, Candyman 2 sĂ©duit les mirettes en prime d'entretenir notre attention cĂ©rĂ©brale sous l'impulsion d'un pitch, certes simpliste et pafois maladroit, mais bĂ©nĂ©ficiant de 2 idĂ©es fructueuses (un miroir / une filiation) pour maintenir notre attention jusqu'au gĂ©nĂ©rique Ă©paulĂ© qui plus est d'une conclusion retorse par son ironie tacite dĂ©nuĂ©e d'effets de manche. On peut d'ailleurs en dire autant auprès du prologue sardonique (au grĂ© d'un jumscare tĂ©tanisant Ă  contrario d'autres aussi vains qu'infructueux !) lorsqu'un enseignant renseigne ses Ă©lèves sur la lĂ©gende urbaine de Candyman avant de trĂ©passer dans les toilettes d'un bar (tous les effets gores mĂ©caniques s'avĂ©rant d'ailleurs crĂ©dibles au fil du rĂ©cit). 


Niveau cast, si on s'agace facilement du duo de flics caricaturaux dans leurs mimiques aussi agaçantes qu'outrancières, la blonde Kelly Rowan parvient modestement Ă  donner chair Ă  son personnage hĂ©roĂŻque partagĂ©e entre scepticisme,  fragilitĂ© dĂ©pouillĂ©e et dĂ©passement de soi d'oser affronter son dĂ©mon que le charismatique Tony Todd endosse avec un sĂ©rieux toujours imperturbable. Et s'il demeure moins effrayant qu'au prĂ©alable, sa première apparition lorsqu'il s'adresse Ă  l'hĂ©roĂŻne en la nommant par son prĂ©nom renoue avec l'angoisse tangible du 1er opus. Quant aux meurtres qui empiètent le rĂ©cit, ils demeurent assez efficaces puisque justifiĂ©s par le traitement narratif n'en faisant jamais trop (en dĂ©pit de jump-scares foireux susnommĂ©s) quant au sort des personnages impliquĂ©s dans un conflit familial. Enfin, il faut Ă©galement souligner qu'outre le caractère ludique de cette suite agrĂ©ablement menĂ©e puisque dĂ©nuĂ©e de temps mort, Candyman 2 dĂ©gage un charme probant Ă  travers sa chaude ambiance horrifique soigneusement esthĂ©tisĂ©e auprès de dĂ©cors tantĂ´t lugubres (le final dans la bicoque humectĂ©e), tantĂ´t baroques (le repère de Candyman avec ces immenses tags polychromĂ©s) ou solaire (l'anthologique flash-back retraçant avec beaucoup de cruautĂ© le lynchage suppliciĂ© de Daniel Robitaille). Quant au score lancinant toujours composĂ©e par Philip Glass, il imprègne tout naturellement l'oeuvre par ses tonalitĂ©s sĂ©pulcrales Ă  l'Ă©lĂ©gie saillante. 


Si on a donc affaire Ă  une sĂ©quelle imparfaite parfois maladroite (notamment l'intrusion qui fait tâche de ce duo de flics sorti d'une mauvaise sĂ©rie TV) et dĂ©nuĂ©e d'ambition (l'aspect sĂ©rie B est beaucoup plus prononcĂ©), Candyman 2 demeure toutefois attachant, formellemment soignĂ©, assez captivant et sincère dans sa dĂ©marche d'y respecter la mythologie pour se laisser Ă  nouveau sĂ©duire en toute modestie. 

*Bruno
24.02.23. 3èx
15.03.17. 2èx. 724 v

Ci-joint les chroniques du modèle et de l'excellent remake: 

jeudi 23 février 2023

Orgie Satanique / Devils of Darkness

                                              
                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site pinterest.fr

"Devils of Darkness" de Lance Comfort. 1965. Angleterre. 1h28. Avec William Sylvester, Hubert NoĂ«l, Carole Gray, Tracy Reed, Diana Decker, Rona Anderson.

Sortie salles France: 2 DĂ©cembre 1970. Angleterre: Septembre 1965

FILMOGRAPHIELance Comfort est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste anglais. nĂ© le 11 AoĂ»t 1908 Ă  Harrow, Londres, dĂ©cĂ©dĂ© le 25 AoĂ»t 1966 Ă  Sussex. 1965 Orgie satanique. 1965 Be My Guest. 1964 Blind Corner. 1963 Live It Up! 1963 Tomorrow at Ten. 1962 The Break. 1962 The Painted  smile. 1961 The Breaking Point. 1961 Touch of Death. 1961 Pit of Darkness. 1961 Rag Doll. 1959 The Ugly Duckling. 1959 Make Mine a Million. 1957 Man from Tangier. 1957 At the Stroke of Nine. 1957 Face in the Night. 1956 The Man in the Road. 1956 Faccia da mascalzone. 1954 The Last Moment. 1954 Bang! You're Dead. 1954 Eight O'Clock Walk. 1953 The Girl on the Pier. 1953 The Triangle (sement "American Duel"). 1953 The Genie (segments "The Heel", "The Genie"). 1950 Portrait of Clare. 1949 L'homme Ă  la cicatrice. 1948 Daughter of Darkness. 1947 Le port de la tentation. 1946 La perle noire. 1945 Great Day. 1944 Hotel Reserve. 1943 Escape to Danger. 1943 Old Mother Riley Detective. 1943 When We Are Married. 1943 Squadron Leader X. 1942 Those Kids from Town. 1942 Le chapelier et son château. 1942 Penn of Pennsylvania.


ExhumĂ© de l'oubli par le gĂ©nial Ă©diteur Artus Film, mĂŞme si uniquement dispo en Dvd (copie tout Ă  fait correcte), VostfrOrgie Satanique (titre français un brin outrancier) est une charmante curiositĂ© qui doit son capital sympathie de par la modestie de l'entreprise surfant sur le gothisme de la Hammer Film dans un contexte un peu plus contemporain. Car exploitant Ă  nouveau le vampirisme sous couvert de magie noire et d'occultisme sans que n'y pointe de quelconques canines incisives, Orgie Satanique dĂ©gage un charme rĂ©tro constamment probant eu Ă©gard de l'application de sa rĂ©alisation "bricolĂ©e", de la beautĂ© de ses dĂ©cors domestiques un tantinet gothiques et de l'attrait attachant des interprètes sobrement convaincants Ă  dĂ©faut de se transcender. L'intrigue demeurant qui plus est relativement efficace lorsque Paul Baxter se substitue en investigateur depuis la disparition de son amie Anne. 


Ce qui l'entraĂ®nera Ă  frĂ©quenter le comte Sinistre (Hubert NoĂ«l s'avère magnĂ©tique par son petit regard azur reptilien Ă©paulĂ© d'une posture longiligne discrètement snobĂ©e) accompagnĂ© de son Ă©pouse Tania, couple dĂ©lĂ©tère instigateur d'une secte afin d'y vouer une victime fĂ©minine (Karen Steele) Ă  l'immortalitĂ©. Or, le prĂ©cieux talisman indispensable au rituel sanglant est depuis passĂ© entre les mains de Paul Baxter qu'il repĂŞcha sur les lieux du crime d'Anne. Ainsi, avec son ambiance occulte fleurant bon le Fantastique vintage, Orgie Satanique sĂ©duira les afficionados du genre, Ă  dĂ©faut d'y conquĂ©rir la nouvelle gĂ©nĂ©ration, et ce avec une probitĂ© qui fait plaisir Ă  voir de nos jours rĂ©volus. Une raretĂ© dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention, Ă  dĂ©couvrir donc, alors qu'il s'afficha sur nos Ă©crans hexagonaux 5 ans après sa sortie British. 


* Bruno
07.06.18
23.02.23

mercredi 22 février 2023

The Whale

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Darren Aronofski. 2022. U.S.A. 1h57. Avec Brendan Fraser, Samantha Morton, Ty Simpkins, Sadie Sink, Hong Chau

Sortie salles France: 8 Mars 2023.  U.S: 9 DĂ©cembre 2022

FILMOGRAPHIE: Darren Aronofski est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 12 fĂ©vrier 1969 Ă  Brooklyn (New York). Il travaille aussi en tant que scĂ©nariste et producteur. 1998 : Ď€, 2000 : Requiem for a dream, 2006 : The Fountain, 2009 : The Wrestler, 2010 : Black Swan. 2014: NoĂ©. 2017: Mother ! 2022: The Whale. 

Dans un climat fĂ©tide irrespirable Ă©paulĂ© d'une photo grisonnante cadrĂ©e en 4/3 (parti-pris du cadre restreint), Darren Aronofski nous relate la quotidiennetĂ© (quasi) esseulĂ©e d'un père ventripotent (il pèse plus de 270 kilos) tentant de renouer avec sa fille de 16 ans qu'il n'a pas revu depuis 8 ans. Drame psychologique intimiste d'une redoutable cruautĂ© Ă  travers le calvaire d'une obĂ©sitĂ© disproportionnĂ©e que les sermons d'une ado ne cesse d'appuyer Ă  travers sa haine Ă  la fois parentale et misanthrope, The Whale ne laisse nullement indiffĂ©rent Ă  observer sans voyeurisme ni complaisance cet homosexuel en berne dĂ©libĂ©rĂ© Ă  en finir après avoir tentĂ© de rĂ©parer ses fautes auprès de sa fille mutine incapable de lui pardonner sa dĂ©mission familiale. Ainsi, Ă  travers les thĂ©matiques de la foi religieuse (en dichotomie avec l'athĂ©isme), l'homosexualitĂ© (s'opposant Ă  l'homophobie d'une main trompeuse), la solitude (tristement actuelle) impartie au cĂ©libat et la cellule familiale en marasme, The Whale dĂ©gage une trouble aura de malaise mĂŞlĂ©e d'espoir et d'optimisme auprès de l'Ă©thique de cet homme rongĂ© de remord mais dĂ©libĂ©rĂ© Ă  prĂ´ner autour de lui la force de la passion que symbolisent les valeurs humaines que tout un chacun renferme en son intĂ©rieur. 

Et s'il ne s'agit pas Ă  mon sens d'un grand film ni d'un chef-d'oeuvre, c'est que The Whale ne le cherche pas Ă  l'ĂŞtre en oscillant modestie, pudeur et dignitĂ©. Un huis-clos confidentiel Ă©touffant nous laissant de redoutables traces (/sĂ©quelles) dans l'encĂ©phale sous l'impulsion du jeu lestement tendre et dĂ©sespĂ©rĂ© de Brendan Fraser se livrant Ă  nu face camĂ©ra avec une intensitĂ© expressive parfois mĂŞme insupportable (jusqu'au malaise viscĂ©ral). Quand bien mĂŞme les seconds-rĂ´les qui l'entourent demeurent communĂ©ment expansifs, pour ne pas dire fulgurants Ă  lui infliger leur rage de vivre (et de survie) depuis sa condition recluse irrĂ©vocable. Bouleversant et malaisant, The Whale l'est en intermittence assurĂ©ment (quand bien mĂŞme son ultime demi-heure demeure magistralement Ă©prouvante auprès de sa profondeur cĂ©rĂ©brale) sans s'apitoyer sur le sort prĂ©caire de ses personnages torturĂ©s. Puisque rongĂ©s par le mal-ĂŞtre existentiel, l'incommunicabilitĂ©, la remise en question rĂ©demptrice, la quĂŞte du pardon, la peur de l'Ă©chec et l'hĂ©sitation de l'Ă©treinte. 

Une oeuvre forte donc, cruelle et désespérée, mais aussi luminescente (ultime image évocatrice) car pleine d'espoir et d'optimisme à travers son message spirituel du pardon et de l'incitation à l'affirmation afin d'accéder à l'amour.

*Bruno

jeudi 9 février 2023

Le Village / The Village

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Night. M. Shyamalan. 2004. U.S.A. 1h43. Avec Bryce Dallas Howard, Joaquin Phoenix, Adrien Brody, William Hurt, Sigourney Weaver, Brendan Gleeson, Cherry Jones, Celia Weston.

Sortie salles France: 18 Août 2004. U.S: 30 Juillet 2004

FILMOGRAPHIE: M. Night Shyamalan est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur amĂ©ricain, d'origine indienne, nĂ© le 6 AoĂ»t 1970 Ă  PondichĂ©ry. 1992: Praying with Angers. 1998: Eveil Ă  la vie. 1999: Sixième Sens. 2000: Incassable. 2002: Signs. 2004: Le Village. 2006: La Jeune fille de l'eau. 2008: Phenomènes. 2010: Le Dernier maĂ®tre de l'air. 2013: After Earth. 2015: The Visit. 2017: Split. 2019: Glass. 2021: Old. 2023: Knock at the Cabin. 


Après avoir Ă©tĂ© profondĂ©ment déçu lors de sa sortie en salles, faute d'avoir Ă©tĂ© vendu Ă  tort comme un film d'Ă©pouvante en bonne et due forme, et bien qu'il m'eut fallu ce soir une grosse demi-heure d'adaptation Ă  m'immerger dans cet univers hermĂ©tique (en espĂ©rant que ce soit un problème de fatigue et qu'au 3è visionnage j'y sois plus attentif et investi au vu de sa progression dramatique loin de laisser indiffĂ©rent), Le Village m'est apparu autrement substantiel, profond, fragile, intimiste, Ă©mouvant Ă  travers la thĂ©matique de l'obscurantisme que Night. M. Shyamalan traite de manière Ă©tonnamment prude et personnelle. Or, il s'agit toutefois d'une oeuvre dĂ©licate un brin difficile d'accès si j'en juge ma difficultĂ© Ă  m'ĂŞtre familiarisĂ© auprès des personnages introvertis et de leur environnement paisible puisque vivants en autarcie dans une campagne loin de toute urbanisation. Et si le rĂ©cit languissant peine Ă  captiver au 1er abord, dès qu'intervient le 1er incident (sans dĂ©voiler d'autre dĂ©tail), le Village demeure davantage captivant, envoĂ»tant, Ă©trange, ombrageux, alerte lors de l'initiation d'une jeune aveugle collapsĂ©e, dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  sauver de l'agonie son prince charmant. Un modeste paysan gagnĂ© lui aussi par la curiositĂ© de dĂ©couvrir ce qui se tapi dans les bois et au-delĂ , si bien que selon la lĂ©gende locale une crĂ©ature est aux aguets si un des mĂ©tayers ose s'y aventurer pour regagner la ville. 


Franchement poignant et Ă©mouvant Ă  travers son discours pacifiste militant pour la non-violence et la tranquillitĂ© d'une existence sectaire impartie au non-dit, Ă  la feinte, au simulacre, le Village nous dĂ©montre avec pudeur et retenue que la violence reste pour autant une menace environnementale oĂą que nous nous implantions et quelque soit nos moyens mis Ă  disposition pour s'en prĂ©server. Si bien que le Mal reste dans la nature humaine Ă  travers sa dualitĂ© bicĂ©phale Ă  combattre ou pas ses dĂ©mons internes lorsque rancoeur, jalousie, vengeance entrent en scène pour le dĂ©fier de sa capacitĂ© (ou non) Ă  canaliser ses sentiments prĂ©judiciables. Joliment photographiĂ© et traversĂ© d'images graciles d'un onirisme naturaliste, le Village sĂ©duit les mirettes mais aussi l'ouĂŻe. Tant auprès de ses dialogues Ă©tonnamment ciselĂ©s auquel il faut rester Ă  l'Ă©coute que du jeu investi des acteurs rĂ©solument impliquĂ©s dans leur morale anti progressiste puisque rĂ©futant toute forme de modernisme, communication avec l'Ă©tranger et technologie envahissante. C'est donc une forme de cri de dĂ©sespoir que nous cultive sobrement Night M Shyamalan Ă  observer les motivations conservatrices de cette communautĂ© Ă  la fois superstitieuse et rĂ©trograde car s'inventant en lieu et place de survie un semblant d'havre de paix en ayant recours Ă  l'artillerie de lĂ©gendes sĂ©culaires. Il y Ă©mane une oeuvre Ă©purĂ©e d'une grande sensibilitĂ©, tel ce besoin immodĂ©rĂ© d'aimer et d'ĂŞtre aimĂ©, notamment auprès de son amertume tacite renforcĂ© d'un happy-end non rĂ©dempteur. 


A revoir, en ayant toutefois conscience d'avoir affaire Ă  un drame psychologique d'une rigueur communicative plutĂ´t que l'affabulation du "ouh fais moi peur" grossièrement Ă©tendu lors de sa sortie cinĂ©. 

*Bruno

Box-Office France: 2 430 910 entrées

lundi 6 février 2023

Tueurs de Dames / The Ladykillers

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Alexander Mackendrick. 1955. Angleterre. 1h31. Avec Katie Johnson, Alec Guinness, Cecil Parker, Herbert Lom, Peter Sellers.

Sortie salles France: 3 fĂ©vrier 1956. Angleterre: 8 dĂ©cembre 1955

FILMOGRAPHIE: Alexander Mackendrick (Boston, 8 septembre 1912 – Los Angeles, 22 dĂ©cembre 1993) est un rĂ©alisateur de cinĂ©ma britannique, d'ascendance Ă©cossaise. 1949 : Whisky Ă  gogo ! 1951 : L’Homme au complet blanc. 1952 : La Merveilleuse Histoire de Mandy. 1954 : The Maggie. 1955 : Tueurs de dames. 1957 : Le Grand Chantage. 1959 : Au fil de l'Ă©pĂ©e corĂ©alisĂ© par Guy Hamilton — Mackendrick non crĂ©ditĂ©. 1961 : Les Canons de Navarone corĂ©alisĂ© par Jack Lee Thompson — Mackendrick non crĂ©ditĂ©. 1963 : L'OdyssĂ©e du petit Sammy. 1964 : The Defenders. 1965 : Cyclone Ă  la JamaĂŻque. 1967 : Oh Dad, Poor Dad, Mama's Hung You in the Closet and I'm Feeling So Sad (non crĂ©ditĂ©). 1967 : Comment rĂ©ussir en amour sans se fatiguer.
  

Tout simplement l'une des meilleures comĂ©dies jamais rĂ©alisĂ©es, un chef-d'oeuvre d'humour noir comme seuls les anglais ont le secret lorsque l'on a comme bagage un pitch aussi astucieux, prĂ©texte Ă  mettre en exergue une galerie de 5 gangsters minables (tout droits sortis d'une bande dessinĂ©e) Ă©laborant leur coup du siècle parmi l'involontaire complicitĂ© d'une vieille dame vertueuse les hĂ©bergeant dans sa demeure locative. Multipliant sans modĂ©ration les gags et situations, tant Ă  l'extĂ©rieur de la demeure (le casse, l'altercation du commerçant avec le cheval, les incidents meurtriers Ă  rĂ©pĂ©tition du dernier acte) qu'en interne du huis-clos domestique Ă©trangement dĂ©gingandĂ© (certaines pièces de la maison sont obliques Ă  la suite des bombardements de la seconde guerre mondiale), Tueurs de Dames est une jubilatoire confrontation psychologique entre ses pieds nickelĂ©s faussement courtois et cette dame dĂ©bonnaire pour l'enjeu d'un butin. Ainsi, si cette comĂ©die caustique demeure aussi drĂ´le qu'attachante, elle le doit Ă©galement beaucoup Ă  la complĂ©mentaritĂ© (sournoise) de ses interprètes masculins gĂ©nialement caricaturaux et prenant leur rĂ´le rĂ©solument au sĂ©rieux afin d'y provoquer le dĂ©calage hilarant escomptĂ©. 


L'immense Alec Guinness endossant sans doute un de ses meilleurs rĂ´les en leader obsĂ©quieux jouant magnifiquement avec la pantomime dans sa posture spectrale fĂ©rue de tics que l'on croirait extirpĂ©e d'un film d'Ă©pouvante. Rien que sa prĂ©sence placide provoquant autant la fascination que le rire nerveux Ă  chacune de ses apparitions doucement autoritaires. Quand bien mĂŞme Katie Johnson s'avère absolument dĂ©lectable de vertu, de naĂŻvetĂ©, de candeur et de correction Ă  accueillir Ă  bras ouverts ses hĂ´tes en compagnie de ses 3 pĂ©roquets (non dupes de l'identitĂ© de ses criminels !) avant de comprendre ce qui se trame vĂ©ritablement derrière ses violoncellistes usurpateurs d'une lâchetĂ© sans Ă©gale (le final sinistrĂ© valant son pesant de cacahuètes). Enfin, on peut Ă©galement prĂ´ner l'effet d'immersion que cette oeuvre british conçu en 55 nous procure grâce au soin de sa scĂ©nographie domestique rĂ©tro que symbolise cette bicoque dĂ©catie implantĂ©e Ă  proximitĂ© d'un chemin de fer. Une petite ambiance d'Ă©trangetĂ© Ă©manant d'ailleurs de cette modeste demeure encombrĂ©e de malfrats davantage patibulaires Ă  dĂ©cider de se dĂ©barrasser de cette pauvre vieille dame sans dĂ©fense.  


VĂ©ritable bijou d'humour et d'insolence Ă  travers le jeu pervers de ses braqueurs chafouins impeccablement dessinĂ©s, Tueurs de Dames cumule sans faillir les situations impayables gĂ©nialement grotesques pour nous passionner de cette farce macabre Ă  la conclusion aussi badine que politiquement incorrecte. A revoir d'urgence, aussi pour se rendre compte Ă  quel point Tueurs de Dames transcende le temps (marque de fabrique du chef-d'oeuvre au sens Ă©tymologique) plus de 8 dĂ©cennies plus tard. 

DĂ©dicace Ă  JĂ©rĂ´me AndrĂ© Tranchant. 

*Bruno
3èx

Récompenses
BAFTA 1956 :
BAFTA de la meilleure actrice britannique pour Katie Johnson
BAFTA du meilleur scénario pour William Rose

jeudi 2 février 2023

Contronatura / Schreie in der Nacht

                                           
                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmposter-archiv.de
                                      
de Antonio Margheriti. 1969. Italie/Allemagne. 1h31. Avec Joachim Fuchsberger, Marianne Koch, Helga Anders, Claudio Camaso, Luciano Pigozzi, Dominique Boschero, Giuliano Raffaelli.

InĂ©dit en France. Sortie salles Italie: 12 Septembre 1969

FILMOGRAPHIEAntonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un rĂ©alisateur italien, nĂ© le 19 septembre 1930 Ă  Rome, dĂ©cĂ©dĂ© le 4 Novembre 2002 Ă  Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace.  1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les GĂ©ants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est lĂ . 1969: Contronatura. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les FantĂ´mes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karatĂ©. 1975: La ChevauchĂ©e terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: HĂ©ros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Le pitch: Le très riche Archibald Barrett doit rencontrer son avocat d’affaire pour lui remettre les derniers papiers qui le rendront dĂ©finitivement propriĂ©taire des biens de son dĂ©funt cousin, Richard Wright. Il voyage accompagnĂ© de son comptable Ben Taylor, de sa femme Vivian, de son secrĂ©taire Alfred et de la femme de ce dernier. Il pleut averse et la voiture s’embourbe. Le groupe se rĂ©fugie alors dans un chalet isolĂ© qui se trouve non loin de leur route. Ils interrompent en cela une sĂ©ance de spiritisme, organisĂ©e par Unah, la propriĂ©taire de ces lieux. Celle-ci , en complète transe commence Ă  dĂ©voiler le passer de chacun des hĂ´tes.


Hyper rare, quasi invisible, inĂ©dit en salles chez nous et peu abordĂ© chez les critiques spĂ©cialisĂ©es, si bien que j'ignorai son existence, Contronatura renait de ses cendres grâce Ă  l'Ă©diteur Artus Films. Et ce mĂŞme si leur copie relativement terne, mĂ©diocre, monochrome, qui plus est Ă©maillĂ©e de scratchs, ne favorise pas l'immersion de cette sombre machination vĂ©nale constamment inquiĂ©tante en utilisant Ă  bon escient l'alibi du genre Fantastique en trompe l'oeil. Il est d'ailleurs considĂ©rĂ© selon les fans de  Margheriti  comme son meilleur film avec Danse Macabre. Et bien que j'avoue prĂ©fĂ©rĂ© ce dernier, la Vierge de Nuremberg et la Sorcière SanglanteContronatura demeure sans conteste une excellente surprise exhumĂ©e d'outre-tombe. Un thriller Ă  suspense constamment captivant en dĂ©pit d'une structure narrative plutĂ´t dĂ©sordonnĂ©e, ce qui hĂ©las fait parfois perdre le fil de l'intrigue au spectateur, embourbĂ©e dans les va-et-vient de (trop) nombreux flash-back et moult personnages interlopes (que l'on peine parfois Ă  identifier Ă  cause de la copie opaque) impliquĂ©s dans une sĂ©rie de morts violentes laissĂ©es en suspens. 

                                                              

Ainsi, en dĂ©pit de cette mauvaise gestion rehaussant la complexitĂ© d'une intrigue aussi originale que nĂ©buleuse, Contronatura ne relâche toutefois point l'attention et la tension, notamment grâce Ă  la conviction des comĂ©diens communĂ©ment impliquĂ©s dans leur fonction coupable ou revancharde oĂą s'infiltre en intermittence le thème audacieux du saphisme en cette annĂ©e 69. A dĂ©couvrir absolument donc, en espĂ©rant qu'un jour prochain un Ă©diteur puisse le redorer en qualitĂ© HD, si bien que son ambiance gothico-funeste ne manque pas d'attrait envoĂ»tant avant de nous Ă©branler lors d'un surprenant Ă©pilogue faisant inopinĂ©ment intervenir le genre Spoil ! catastrophe ! Fin du Spoil. C'est dire si Contronatura  s'avère une oeuvre marginale Ă  la fois ambitieuse, sincère, retorse, vĂ©nĂ©neuse, appliquĂ©e pour s'extirper de l'ornière. 

*Bruno
2èx. Vostfr

mardi 31 janvier 2023

Full Metal Jacket

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Stanley Kubrick. 1987. U.S.A. 1h56. Avec  Matthew Modine, Arliss Howard, Vincent D'Onofrio, R. Lee Ermey, Adam Baldwin, Dorian Harewood, Kevyn Major Howard, Ed O'Ross, John Terry, Kieron Jecchinis, Kirk Taylor

Sortie salles France: 12 Octobre 1987

FILMOGRAPHIE: Stanley Kubrick est un réalisateur américain, né le 26 Juillet 1928 à New-York, décédé le 7 Mars 1999 à Londres. 1953: Fear and Desire. 1955: Le Baiser du Tueur. 1956: l'Ultime Razzia. 1957: Les Sentiers de la Gloire. 1960: Spartacus. 1962: Lolita. 1964: Dr Folamour. 1968: 2001, l'Odyssée de l'Espace. 1971: Orange Mécanique. 1975: Barry Lindon. 1980: Shining. 1987: Full Metal Jacket. 1999: Eyes Wide Shut.


Une oeuvre choc nécrosée qui en dit long sur notre nature sépulcrale
MĂŞme si j'avoue avoir une prĂ©fĂ©rence pour Voyage au bout de l'Enfer et Apocalypse Now (les 2 rĂ©fĂ©rences ultimes du genre), si bien que j'ignore si Full Metal Jacket se dĂ©cline Ă©galement en chef-d'oeuvre, mais en tout Ă©tat de cause il reste sacrĂ©ment puissant, Ă©vocateur, estomaquant, mĂ©phitique par la gĂ©omĂ©trie de sa mise en scène Ă  couper au rasoir (notamment au niveau des impacts de balle sur les chairs Ă©clatĂ©es filmĂ©es au ralenti) illustrant sans ambages la descente aux enfers d'une poignĂ©e d'appelĂ©s ricains. De jeunes branleurs zĂ©lĂ©s conditionnĂ©s en machines Ă  tuer lors de la 1ère partie expĂ©rimentale se clĂ´turant sur un règlement de compte d'une intensitĂ© dramatique cauchemardesque, consĂ©quences psychotiques d'un souffre douleur trop fragile après avoir subi un lavage de cerveau au karcher. Quand bien mĂŞme le second acte nous fait suivre ses anti-hĂ©ros dĂ©boussolĂ©s lors d'une houleuse mission impromptue lorsqu'un tueur invisible les abattra un Ă  un du haut de sa tour d'un hangar dĂ©saffectĂ©. 


De par son aura d'Ă©trangetĂ© davantage prĂ©gnante et l'ambiguĂŻtĂ© de son message faussement pacifiste (tuer au nom de la libertĂ©, Ă  l'instar du soldat "guignol" arborant sur son casque "nĂ© pour tuer" puis sur sa veste de treillis le badge contradictoire d'un symbole de paix), Full Metal Jacket laisse un sale goĂ»t de souffre dans la bouche d'avoir suivi l'Ă©volution morale de ces soldats indignes abrutis par le conditionnement, le  goĂ»t du sang et de la violence putassière. Ainsi donc, Ă  la finalitĂ©, si Full Metal Jacket demeure aussi abject, Ă©prouvant (de façon insidieuse et feutrĂ©) et Ă©mĂ©tique, c'est qu'il nous dĂ©voile face camĂ©ra 1h56 durant la nature Ă©quivoque de l'homme apte Ă  se fondre dans le corps d'un barbare sans vergogne au nom d'une idĂ©ologie militaire patriotique. Il y Ă©mane au final un grand moment de cinĂ©ma capiteux portĂ© par le jeu irrĂ©prochable des acteurs se taillant une carrure primitive contagieuse lors de leur confrontation hideuse avec la mort. Si bien que sur le sujet rebattu de la guerre du Vietnam, Full Metal Jacket reste nĂ©anmoins l'un des meilleurs reprĂ©sentants (mĂŞme s'il arrive sur les Ă©crans un peu trop tard, d'oĂą son Ă©chec commercial) par sa rigueur vĂ©riste Ă  la fois insolite, furibonde, vĂ©nĂ©neuse. 


*Bruno
3èx

mercredi 25 janvier 2023

Danger planète inconnue / Doppelgänger / Journey to the Far Side of the Sun

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Robert Parrish. 1969. Angleterre. 1h41. Avec Roy Thinnes, Ian Hendry, Patrick Wymark, Lynn Loring, Loni von Friedl, Franco De Rosa.

Sortie salles France: 5 Juillet 1972. U.S: 8 Octobre 1969

FILMOGRAPHIE: Robert Parrish, nĂ© le 4 janvier 1916 Ă  Columbus (GĂ©orgie) et mort le 4 dĂ©cembre 1995 Ă  Southampton (État de New York), est un cinĂ©aste amĂ©ricain. 1951 : L'Implacable. 1951 : Dans la gueule du loup. 1952 : La Madone du dĂ©sir. 1952 : Aveux spontanĂ©s. 1952 : My Pal Gus. 1951 : Coup de feu au matin. 1954 : La Flamme pourpre. 1955 : Une femme extraordinaire. 1957 : L'Enfer des tropiques. 1958 : Libre comme le vent. 1959 : L'Aventurier du Rio Grande. 1963 : Ă€ la française. 1965 : Le Jour d'après. 1967 : Casino Royale. 1967 : Le Bobo. 1968 : Duffy, le renard de Tanger. 1969 : Danger, planète inconnue. 1971 : Les Brutes dans la ville. 1974 : Marseille contrat. 1983 : Pays d'octobre (Mississippi Blues), rĂ©alisĂ© avec Bertrand Tavernier. 

Je ne remercierai jamais assez Jean-Pierre Dionnet de m'avoir fait dĂ©couvrir cet incontournable de la SF moderne au sein de son Ă©mission phare "CinĂ©ma de Quartier" diffusĂ© sur la chaine Canal +. Car en dĂ©pit d'une première partie laborieuse, avouons-le, les 40 ultimes minutes du rĂ©cit valent Ă  elles seules le dĂ©tour si bien qu'elles nous tĂ©tanisent de fascination, stupĂ©faction et inquiĂ©tude de par son effet de surprise jamais vu au prĂ©alable sur la toile. Car digne d'un Ă©pisode longiligne de la 4è Dimension (auquel il aurait sans doute fallu raccourcir 20 bonnes minutes selon mon jugement de valeur faute d'un rythme plutĂ´t atone, en totale contradiction avec sa seconde partie vrillĂ©e), Danger Planète Inconnue cultive en prime l'audace de nous Ă©branler une ultime fois auprès de son Ă©pilogue glaçant laissĂ© en suspens. Si bien que le spectateur ne cessera de se triturer les mĂ©ninges, hantĂ© par la rĂ©vĂ©lation cuisante Ă  thĂ©oriser les faits exposĂ©s qui plus est dans un esprit documentĂ©. 

Et ce en dĂ©pit des nombreuses maquettes et FX cheap qui amĂ©nagent la scĂ©nographie tantĂ´t scientifique, tantĂ´t stellaire, ce qui d'ailleurs n'est point vraiment nĂ©gligeable tant le film dĂ©gage aujourd'hui une patine poĂ©tique pleine de charme Ă  travers l'amour du travail soignĂ©. Gerry Anderson, crĂ©ateur des Sentinelles de l'air et de Cosmos 1999 n'Ă©tant autre que le scĂ©nariste et producteur de cet improbable rĂ©cit mĂ©taphysique Ă  la thĂ©matique fulgurante. Quand bien mĂŞme l'illustre Roy Thinnes (Les Envahisseurs) et Raymond Burr (l'Homme de fer) se partagent la vedette lors d'une confrontation psychologique de longue haleine eu Ă©gard de la rĂ©vĂ©lation incongrue leur explosant en pleine face car davantage convaincus de cette impossible vĂ©ritĂ© gravitant autour du soleil. Ainsi, nous ne sommes pas prĂŞt d'omettre son intensitĂ© dramatique inopinĂ©e issue de l'ultime bobine après nous avoir donnĂ© le tournis 40 minutes durant, avec toutefois l'Ă©trange impression d'avoir assistĂ© Ă  2 mĂ©trages en un tant les ruptures de ton demeurent Ă  la fois fortuites, bipolaires, bicĂ©phales. 

En l'Ă©tat, quelques dĂ©cennies après sa sortie, Danger Planète Inconnue n'a absolument rien Ă©garĂ© de son pouvoir de fascination prĂ©gnant tout en se redorant une nouvelle renaissance via le support HD d'une super Ă©dition Elephant (qui plus est gorgĂ©e de bonus avec une nouvelle prĂ©sentation de Mister Jean-Pierre Dionnet). 

*Bruno
2èx

mardi 17 janvier 2023

Le Masque de Zorro

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Martin Campbell. 1998. U.S.A. Mexique/Allemagne. 2h17. Avec Antonio Banderas, Anthony Hopkins, Catherine Zeta-Jones, Stuart Wilson, Matt Letscher, Victor Rivers, L. Q. Jones .

Sortie salles France: 14 Octobre 1998 

FILMOGRAPHIE: Martin Campbell, nĂ© le 24 octobre 1943 Ă  Hastings (Nouvelle-ZĂ©lande), est un rĂ©alisateur, producteur et acteur nĂ©o-zĂ©landais.1973 : The Sex Thief. 1974 : Three for All. 1975 : Eskimo Nell. 1989 : La Loi criminelle. 1991 : Sans aucune dĂ©fense. 1994 : Absolom 2022. 1995 : GoldenEye. 1998 : Le Masque de Zorro. 2000 : Vertical Limit. 2003 : Sans frontière (Beyond Borders). 2005 : La LĂ©gende de Zorro (The Legend of Zorro). 2006 : Casino Royale. 2010 : Hors de contrĂ´le (Edge of Darkness). 2011 : Green Lantern. 2017 : The Foreigner. 2021 : La ProtĂ©gĂ©e (The ProtĂ©gĂ©). 2022 : MĂ©moire meurtrière. 

3 440 187 entrĂ©es rien que dans l'hexagone, Le Masque de Zorro n'a point usurpĂ© son joli succès international tant le rĂ©alisateur Martin Campbell Ă©paulĂ© du co-producteur Steven Spielberg se sont unis pour le meilleur de renouer auprès d'une aventure Ă  l'ancienne. Et ce mĂŞme si l'action autrement bondissante dĂ©mĂ©nage en diable par ses aspects spectaculaires nullement outrĂ©s (d'autant plus que les FX demeurent irrĂ©prochables, Ă  se demander si le numĂ©rique fut exploitĂ© !), rehaussĂ©s il est vrai d'un montage Ă  couper au rasoir et du panache des acteurs (Anthony Hopkins vole presque la vedette Ă  son partenaire bicĂ©phale, le très convaincant Antonio Banderas d'une vĂ©locitĂ© Ă  toute Ă©preuve en justicier latino !) s'en donnant Ă  coeur joie Ă  combattre l'ennemi lors de duels magnifiquement chorĂ©graphiĂ©s.  Ainsi, de par le pilier d'un pitch aussi intelligent que solide osant confronter 2 Zorros contre 2 ennemis impitoyables, le Masque de Zorro ne déçoit nullement Ă  conjuguer sur un rythme mĂ©tronome humour, tendresse, romance, drame, action et aventure auprès d'un emballage formel Ă  la fois Ă©lĂ©gant et luxueux eu Ă©gard du souci du dĂ©tail imparti aux dĂ©cors domestiques ou naturels oĂą l'onirisme perce parfois sous un horizon lyrique. 


En tablant d'autant plus sur la douceur de l'ensorcelante Catherine Zeta Jones (quel regard affirmĂ© sans jamais cligner de l'oeil noisette !) nullement potiche Ă  se fondre dans le corps d'une jeune femme opposĂ©e au dilemme parental de par son obscur passĂ© et Ă  l'amour naissant face Ă  un Zorro en herbe aussi finaud que badin (leur duel Ă  l'Ă©pĂ©e demeurant jouissif par l'inventivitĂ© d'un humour insolent). Ainsi donc, presque 30 ans plus tard, force et de constater que le Masque de Zorro n'a pas pris une ride (4è visionnage pour ma part) sous l'impulsion de ce cast haut en couleur Ă  jouer les redresseurs de tort ou les salauds sans vergogne au coeur d'un divertissement familial le plus intègre qui soit. Dans la mesure oĂą Ă©motion et action sont savamment distillĂ©es sans se laisser distraire par la facilitĂ© de la gratuitĂ© si bien que chaque personnage monopolise la narration, entre sobriĂ©tĂ© et dĂ©contraction, sans se laisser gagner par une violence triviale rĂ©fractaire Ă  la mythologie du vengeur masquĂ©. Et puis comment omettre ce rutilant gĂ©nĂ©rique imposant dans une suavitĂ©, et en guise de cerise sur le gâteau, la chanson I want to spend my lifetime loving you, tube aussi planĂ©taire chantĂ© par Tina Arena et Marc Anthony.


P.S: Qualité 4K à tomber.

*Bruno
4èx

Récompenses:





samedi 14 janvier 2023

Rumba la vie

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Franck Dubosc. 2022. France. 1h42. Avec Franck Dubosc, Louna Espinosa, Jean-Pierre Darroussin, Marie-Philomène Nga, Karina Marimon, Catherine Jacob, Michel Houellebecq.

Sortie salles France: 24 Août 2022

FILMOGRAPHIE: Franck Dubosc, nĂ© le 7 novembre 1963 au Petit-Quevilly (Seine-Maritime), est un humoriste et acteur français. 2018: Tout le monde debout. 2022: Rumba la Vie. 

Quel cinĂ©phile ou spectateur lambda aurait misĂ© un clopet sur les talents insoupçonnĂ©s de Franck Dubosc derrière une camĂ©ra en prime de s'improviser scĂ©nariste Ă©mĂ©rite ? Sans compter ses nouveaux talents d'acteur confirmĂ©, n'en dĂ©plaise Ă  ceux qui ne parviennent pas Ă  dĂ©partager l'humoriste du comĂ©dien trop souvent rĂ©duit Ă  la trivialitĂ© faute de ses participations (autrement commerciales) Ă  Disco, Cineman et Camping (pour autant bonne comĂ©die sans prĂ©tention si je me rĂ©fère au 1er numĂ©ro plutĂ´t honnĂŞte, voir mĂŞme Ă©motif). Car après avoir surpris critique et grand public avec le splendide Tout le monde debout (on peut d'ailleurs parler de coup de maĂ®tre au sein du genre bankable de la comĂ©die familiale tant le tact de la mise en scène nous eut laissĂ© sans voix), celui-ci remet le couvert en prime de s'y qualifier dialoguiste et danseur dans sa tendre comĂ©die Rumba la vie rĂ©alisĂ©e 4 ans plus tard. Ainsi, en traitant du sempiternel sujet bateau d'un père tentant de renouer avec sa fille après des annĂ©es d'abandon, Franck Dubosc Ă©vite tous les clichĂ©s compromettants et situations tire-larmes grâce Ă  l'intelligence de son propos Ă  la fois prude et posĂ© afin de ne pas chavirer le navire vers la dĂ©viation du produit trivial pĂ©tri de guimauve ou de sentiments ostentatoires. 

Sans compter (euphĂ©misme !)  l'Ă©paisseur psychologique impartie au père (autrefois tributaire de la peur de l'engagement) et Ă  la fille communĂ©ment blessĂ©s par leur brutale sĂ©paration sans jamais s'apitoyer sur leur sort. Tant et si bien qu'une fois de plus, c'est tout l'inverse qui se produit Ă  s'extraire de la routine sous l'impulsion du cast fringant rĂ©solument impliquĂ© dans leur fonction Ă  la fois humaniste et pittoresque eu Ă©gard de la maĂ®trise de Dubosc Ă  doser sans excès aucun drĂ´lerie, poĂ©sie, tendresse, Ă©motion (et instants d'extravagance atypiques) auprès d'une trame que l'on ne voit jamais arriver. Outre les seconds-rĂ´les (en forme de clins d'oeil) Ă  la fois bonnards et attachants, on se surprend de la prestance de la nĂ©ophyte Louna Espinosa (son second long) exprimant sobrement ses Ă©motions naturelles (en prime de sa beautĂ© physique longiligne) sans se laisser distraire par la rancune ou la colère face Ă  un Franck Dubosc (Ă  nouveau) Ă©tonnamment drĂ´le, charmant, sensible, et donc touchant en papa contractĂ© Ă  la fois taiseux, introverti, un brin bourru sans jamais cĂ©der Ă  une caricature dĂ©sincarnĂ©e. Si bien que l'Ă©motion sous-jacente, timorĂ©e, rĂ©servĂ©e se transmet Ă  l'Ă©cran avec une digne pudeur entre 2/3 Ă©clairs de tendresse bouleversĂ©e. A l'instar de son final mĂ©lomane littĂ©ralement mĂ©morable, vĂ©ritable moment prodige d'anthologie d'une grâce Ă©purĂ©e Ă  faire chialer les machistes impassibles. D'ailleurs rien que pour ce final extrĂŞmement maĂ®trisĂ© pour son aura divine planant dans les airs, Rumba la vie est Ă  ne pas rater !


En toute simplicitĂ©, et en comptant sur la dose antidĂ©pressive de poĂ©sie, de sensualitĂ© (la danse cubaine des corps), d'humour, de tendresse que ses personnages solaires dĂ©gagent entre assurance, indĂ©cision et maladresse innĂ©e, Franck Dubosc accomplit un nouveau miracle avec cette comĂ©die romantique initiatique dont l'intensitĂ© dramatique, rĂ©servĂ©e, cède (toutefois) place Ă  une vibrante Ă©motion pour l'introspection du père sentencieux emprisonnĂ© depuis trop longtemps dans l'incommunicabilitĂ©, la peur de l'Ă©chec, l'inconfiance pour tenter de s'extraire du carcan d'une solitude en perdition (pour ne pas dire pathologique).  
En attendant impatiemment le 3è long de Franck, nouvel auteur prodige de la tendre comĂ©die familiale française Ă  la fois adulte, modeste, humble, personnelle, jamais pĂ©dante ni dĂ©monstrative. 
Chapeau l'artiste. 

*Bruno

Ci-joint chronique de Tout le monde debout: http://brunomatei.blogspot.com/…/…/tout-le-monde-debout.html

mardi 10 janvier 2023

La Guerre des Polices. César du Meilleur Acteur: Claude Brasseur

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ekladata.com

de Robin Davis. 1979. France. 1h43. Avec Claude Brasseur, Claude Rich, Marlène Jobert, Georges Staquet, Jean-François Stévenin, Étienne Chicot, David Jalil, Gérard Desarthe.

Sortie salles France: 14 Novembre 1979

FILMOGRAPHIERobin Davis est un rĂ©alisateur français nĂ© le 29 mars 1943 Ă  Marseille.1975 : Ce cher Victor. 1979 : La Guerre des polices. 1982 : Le Choc. 1983 : J'ai Ă©pousĂ© une ombre. 1985 : Hors-la-loi. 1989 : La Fille des collines. 

Formidable polar des annĂ©es 80 injustement oubliĂ© (mĂŞme s'il sort en Novembre 79, il a tout de mĂŞme un pied de l'autre cĂ´tĂ© par sa modernitĂ©, ses rĂ©parties cinglantes, le look des policiers, son Ă©rotisme et son rĂ©alisme), la Guerre des Polices tentait de rajeunir le genre Ă  l'aide d'un pitch particulièrement solide et si peu abordĂ© Ă  l'Ă©cran. Dans la mesure oĂą 2 hiĂ©rarchies policières (l'anti-gang, la brigade territoriale) se disputeront l'autoritĂ© Ă  apprĂ©hender un dangereux assassin, Hector Sarlat considĂ©rĂ© comme l'ennemi public numĂ©ro 1. Claude Brasseur endossant le commissaire Fuch entre arrogance, orgueil et provocation face Ă  son ennemi de l'ordre, le commissaire Ballestrat que campe avec aplomb Claude Rich en leader pisse-froid, machiste et misanthrope gagnĂ© par l'outrecuidance Ă  imposer sa mainmise. Chacun de leur camp abusant d'abus de pouvoir, de violence et de chantage Ă  interroger indic et tĂ©moins pour provoquer un guet-apens autour de Sarlat et ses sbires. Au centre de cette inimitiĂ© oĂą tous les coups (ou presque) y sont permis, Marlène Jobert tente d'apporter une touche de tendresse et de bon sens en s'interposant entre les deux dans une noble posture pour autant versatile eu Ă©gard de sa rancune Ă  feindre l'ĂŞtre aimĂ© Ă  la suite d'un règlement de compte injustifiĂ©. 

Outre l'aspect ludique, constamment captivant de ce scĂ©nario tranquillement posĂ© et exploitant notamment Ă  bon escient ses dĂ©cors urbains (parfois insolites, Ă  l'instar du final ferroviaire) et sa musique plus branchĂ©e qu'autrefois, la Guerre des Polices instaure plein de peps Ă  travers les portraits insolents de ses protagonistes irrĂ©prochables de par la conviction des acteurs Ă  la fĂŞte, jusqu'aux moindres petits seconds-rĂ´les et figurants symptomatiques de cette vitalitĂ© dĂ©complexĂ©e des annĂ©es 80. Car on omet quand mĂŞme aujourd'hui que Claude Brasseur, Ă©toile montante des annĂ©es 80, fut un si grand acteur (si bien qu'il repart avec un cĂ©sar l'annĂ©e plus tard pour cette prestation infaillible, au grand dam de son immense concurrent Patrick Dewaere magnifiĂ© dans SĂ©rie Noire !). On peut mĂŞme en dire autant de son rival charismatique Claude Rich Ă  se fondre avec masochisme (Ă  peine suggĂ©rĂ©) dans le corps d'un supĂ©rieur dĂ©testable, quand bien mĂŞme la solaire Marlène Jobert nous manque tant aujourd'hui après l'avoir redĂ©couverte ici dans une posture naturelle aussi fraĂ®che et attentive que dĂ©licatement langoureuse. 

Gros succès en salles Ă  sa sortie (1 792 679 entrĂ©es) et en Vhs locative (je m'en souviens comme au 1er jour) alors que de nos jours il reste très peu diffusĂ© Ă  la TV mais qu'il vient tout juste de s'extraire de l'anonymat grâce Ă  son Ă©dition commerciale estampillĂ©e "HD", la Guerre des Polices est un des meilleurs jalons du polar moderne, Ă  l'instar de La Balance, Police, Tchao Pantin, le Choix des Armes ou encore Le Professionnel et quelques autres. Et rien que pour la prestance fringante de ses comĂ©diens de l'ancienne Ă©cole totalement impliquĂ©s dans une trame burnĂ©e fustigeant la concurrence et ses consĂ©quences (parfois illĂ©gales) de l'institution policière, la Guerre des Polices est Ă  ne pas rater pour tous les amoureux de "policier punchy" oĂą l'humanisme fĂ©brile des persos prime sur l'action (plutĂ´t discrète et donc jamais gratuite).

*Bruno
3èx

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