vendredi 31 mai 2013

La Mauvaise graine / The Bad Seed

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site rottentomatoes.com

de Mervyn Leroy. 1956. U.S.A. 2h09. Avec Nancy Kelly, Patty McCormack, Henry Jones, Eileen Heckart, Evelyn Varden, William Hopper, Paul Fix.

Sortie salles U.S: 12 Septembre 1956

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Mervyn Leroy est un rĂ©alisateur, producteur, acteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 15 Octobre 1900 Ă  San Francisco, Californie, dĂ©cĂ©dĂ© le 13 Septembre 1987 Ă  Beverly Hills (Los Angeles). 1939: Le Magicien d'Oz (non crĂ©ditĂ©). 1942: Prisonnières du passĂ©. 1943: Aventure en Lybie. 1949: Les 4 Filles du Dr March. 1951: Quo Vadis. 1955: Permission jusqu'Ă  l'aube. 1956: La Mauvaise Graine. 1961: Le Diable a 4 heures. 1968: Les BĂ©rets Verts.


Les Tueurs de l'Ă©clipse, l'Autre, les RĂ©voltĂ©s de l'an 2000, les Enfants du MaĂŻs, la MalĂ©diction, Une si gentille petite fille, Emilie, l'enfant des TĂ©nèbres, l'Enfant Miroir, puis plus rĂ©cemment Esther et The Children... Tous ces films notoires ont comme particularitĂ© d'avoir traitĂ© le thème de l'enfance diabolique avec plus ou moins de bonheur. Si certains d'entre eux restent de vĂ©ritables chefs-d'oeuvre toujours aussi acerbes, notamment auprès leur acuitĂ© psychologique (les RĂ©voltĂ©s... l'Autre), une oeuvre avant-gardiste rĂ©alisĂ©e en 1956 par Mervyn Leroy marqua les esprits par sa force de suggestion et son intensitĂ© Ă©motionnelle qui en dĂ©coule. 

Depuis la dĂ©couverte macabre d'un enfant repĂŞchĂ© dans un lac, une mère commence Ă  suspecter la responsabilitĂ© de sa propre fille tant elle semble impassible face Ă  la disparition de son camarade de classe. D'autres Ă©vènements vont venir confirmer l'inquiĂ©tude exponentielle de sa gĂ©nitrice. 


TirĂ© d'un roman de William March et d'une pièce de Maxwell Anderson, La Mauvaise Graine est une perle rare occultĂ©e depuis sa sortie et peu diffusĂ©e Ă  la tĂ©lĂ©vision. RĂ©alisĂ© par un cinĂ©aste prolifique ayant Ă  son actif plus de 80 mĂ©trages (dont le fameux Quo-vadis et Les 4 Filles du Dr March), ce thriller psychologique rĂ©ussit avec intelligence Ă  combiner suspense et angoisse pour les portraits octroyĂ©s Ă  une mère dĂ©munie et sa fille pernicieuse. Prenant pour cadre la scĂ©nographie d'une demeure familiale, Mervyn Leroy nous illustre de façon circonspecte une confrontation intense entre cette mère de famille davantage contrariĂ©e par l'attitude dĂ©sinvolte de sa fille. Ce thriller redoutablement efficace et scrupuleusement interprĂ©tĂ© redouble donc de densitĂ© dans la filiation indĂ©cise allouĂ©e Ă  une Ă©pouse autrefois orpheline. En mettant en exergue cette caractĂ©risation maternelle compromise Ă  l'adoption parentale, la Mauvaise Graine exacerbe sa force Ă©motionnelle du point de vue d'une gĂ©nitrice dĂ©chue de son identitĂ© mais aussi rongĂ©e par la culpabilitĂ© de sa postĂ©ritĂ© criminelle. Quoi de plus ardu et de dĂ©viant que d'apprendre et tolĂ©rer l'impensable ! C'est Ă  dire admettre que son propre rejeton (en l'occurrence une fillette capricieuse âgĂ©e de 8 ans !) soit inconsciemment habitĂ©e par le Mal. Afin d'exacerber son caractère rĂ©aliste et sa tension perpĂ©tuelle, la qualitĂ© de l'interprĂ©tation se rĂ©vèle l'atout inhĂ©rent de cette intense confrontation. Que ce soit au niveau de la prestance fragile de Nancy Kelly dans un rĂ´le rigoureux chargĂ© d'amertume ou celle, diabolique, de Patty McCormack, en fillette vĂ©reuse incapable de refrĂ©ner ses pulsions vengeresses. Enfin, un second rĂ´le fĂ©minin (sobrement incarnĂ© par Eileen Heckart) vient notamment renforcer le caractère dramatique de cette situation de crise face au dĂ©sespoir d'une mère accablĂ©e par le deuil de son propre fils.


En dépit de l'aspect édulcoré de son épilogue salvateur, La Mauvaise Graine s'avère une excellente surprise brillamment interprétée et réalisée avec concision pour la froideur de son impact psychologique. Une vraie perle de noirceur macabre d'autant plus rare et ignorée qu'on aurait tort de l'occulter indéfiniment.

Un grand merci Ă  l'Univers Fantastique de la Science-fiction
31.05.13
Bruno Matéï


4 commentaires:

  1. bravo, très bon article cher bruno, analyse incisive et juste sur ce bijou que je suis content de t'avoir fait connaitre en le postant sur UFSF. a bientot pour d'autres pépites alors..

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  2. Alors lĂ , un grand merci aussi Ă  toi Atreyu car je n'avais jamais entendu parler de ce film !
    A bientĂ´t l'ami ! ^^

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  3. pas de quoi bruno. ah au fait j'ai remarqué une petite faute sur le prénom du réal, en fait c'est "Mervyn" et pas "Melvyn". voila je voulais te le signaler soit dit en passant. bne soiree a toi

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  4. Je rectifie de suite, merci beaucoup Atreyu !^^

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