de Peter Jackson. 1994. Allemagne/nouvelle-Zélande. 1h38. Avec Kate Winslet, Melanie Lynskey, Sarah Peirse, Diana Kent, Clive Merrison, Simon O'Connor, Jed Brophy.
Récompenses: Lion d'Argent à la Mostra de Venise, 1994
Grand Prix à Gérardmer, 1995.
Sortie salles France: 3 Juillet 1996. U.S: 16 Novembre 1994
FILMOGRAPHIE: Sir Peter Robert Jackson est un réalisateur, producteur et scénarise néo-zélandais, né le 31 Octobre 1961 à Pukerua Bay, North Island (Nouvelle-Zélande).
1987: Bad Taste. 1989: Les Feebles. 1992: Braindead. 1994: Créatures Célestes. 1995: Forgotten Silver. 1996: Fantômes contre fantômes. 2001: Le Seigneur des Anneaux. 2002: Les Deux Tours. 2003: Le Retour du Roi. 2005: King-Kong. 2009: Lovely Bones. 2012: Le Hobbit: un voyage inattendu. 2013: Le Hobbit: la Désolation de Smaug. 2014: Le Hobbit: Histoire d'un aller et retour.
Auréolé du Lion d'Or à Venise et du Grand Prix à Gérardmer, Créatures Célestes fait presque figure d'ovni tant Peter Jackson déconcerte en alliant lyrisme, poésie et tendresse sous couvert d'une tragédie baroque intentée au crime passionnel. L'action se situe en 1953 et prend pour cadre la charmante contrée bucolique de Christchurch, sur l'île du Sud néo-zélandaise. Insolentes, anticonformistes et espiègles, Juliet et Pauline unissent leurs points communs en partageant une belle amitié durant leurs études scolaires. Au fil de leur intense relation et de leur passion vouée à l'opéra, les deux jeunes filles se réfugient dans des univers enchanteurs afin de s'évader de leur quotidien. Voyant d'un très mauvais œil cette relation amicale devenue trop possessive, les parents des deux adolescentes décident finalement de les séparer.
Totalement inspiré par ce fait divers sordide que sa femme avait souhaité lui voir porter à l'écran, Peter Jackson nous reconstitue ici une histoire d'amour atypique dans son caractère aussi obsessionnel que crapuleux. La mise en scène inventive suggère les univers tantôt féeriques - châteaux et jardins édéniques - tantôt baroques, lorsque les ténors d'opéra prennent vie sous la forme de pâte à modeler, que Juliet et Pauline matérialisent à travers leur imagination. Si, de prime abord, il s'agit d'une liaison amicale inscrite dans l'utopie et la passion, l'amour saphique finit par s'y installer, quand bien même l'autorité parentale décidera d'y mettre un terme. Au passage, Peter Jackson en profite pour dénoncer l'homophobie à travers les personnages puritains du père de Juliet et du psychiatre de Pauline, voyant d'un œil suspect une orientation sexuelle jugée trop inaccoutumée.
Portées par les prestations transies d'émoi de Kate Winslet et Melanie Lynskey, les deux comédiennes insufflent avec un enthousiasme fiévreux un tempérament aussi erratique et névrosé qu'attendrissant à leur élan amoureux. Durant leur cheminement instable, causé en partie par l'intolérance parentale, ces "inséparables" extériorisent une fragilité humaine inscrite dans la crise adolescente, le désarroi puis la folie. Car rapidement, une aura malsaine se dégage de leur profil psychologique, tant elles sont éprises d'une liaison possessive où la moindre idée de rupture leur provoque un marasme insurmontable. C'est ce qui entraînera Pauline vers la préméditation criminelle et qui incitera Juliet à y collaborer afin de retrouver un semblant d'illusion propice à l'évasion et à l'épanouissement.
Ce drame inéluctable qui se profile à l'horizon, Peter Jackson le filme à la manière d'un suspense hitchcockien terriblement oppressant dans l'expectative du meurtre à accomplir. Cru et sanglant, cet acte morbide perpétré par ces adolescentes névrosées bouleverse et épouvante par sa violence, sachant que l'issue sera inévitablement fatale à leur destinée.
— Celui du cœur noir des images 🖤




cher bruno, je suis content que tu parles de ce qui reste pour moi, un chef d'oeuvre absolu ! j'ai été littéralement transporté par la dramaturgie progressive de cette histoire d'amitié intime qui m'avait retourné les tripes et qui à la sortie de la salle me laissa un ressenti fort et durable dans mon esprit. j'adore surtout la manière dont Jackson traite le fait divers lui meme en lui ajoutant cette dimension onirique, sur une mise en scène magistrale d'audace, tout est puissant dans ce film !
RépondreSupprimerOn parle bien de chef-d'oeuvre Atreyu, sans conteste, on a vu le même film !
RépondreSupprimerUne des plus belles réussites de l'ami Sir PJ. Quand il sera président du jury à Cannes(ça viendra, c'est obligé) il sera toujours temps de le rappeler...
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