jeudi 9 juillet 2015

UNE NUIT EN ENFER

                                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site nerdreactor.com

"From dusk till dawn" de Robert Rodriguez. 1996. U.S.A. 1h48. Avec Quentin Tarantino, George Clooney, Harvey Keitel, Juliette Lewis, Ernest Liu, Salma Hayek, Cheech Marin, Danny Trejo, Tom Savini, Fred Williamson

Sortie salles France: 26 Juin 1996. U.S: 19 Janvier 1996

FILMOGRAPHIERobert Rodriguez est un rĂ©alisateur et musicien amĂ©ricain, d'origine mexicaine, nĂ© le 20 Juin 1968 Ă  San Antonio, Texas, Etats-Unis. 1992: El Mariachi. 1993: Roadtracers (tĂ©lĂ©-film). 1995: Desperado. 1995: Groom Service (Four Rooms, segment: The Misbehavers). 1996: Une Nuit en Enfer. 1998: The Faculty. 2001: Spy Kids. 2002: Spy Kids 2. 2003: Spy Kids 3. 2003: Desperado 2. 2005: Sin City. 2005: Les Aventures de Shark Boy et Lava Girl. 2007: Planète Terror. 2009: Shorts. 2010: Machete (co-rĂ©alisĂ© avec Ethan Maniquis). 2011: Spy Kids 4. 2013: Machete Kills. 2014: Sin City: j'ai tuĂ© pour elle. 2014: From dusk till Daw: The Series (Ă©pis 1,2 et 4).


Avertissement: Il est préférable de ne pas lire cette chronique pour ceux ignorant le retournement de situation de l'épicentre horrifique !

Fruit de l'association Rodriguez/Tarantino, Une Nuit en Enfer se prĂ©sente comme un hommage rĂ©fĂ©rentiel aux films gores des annĂ©es 80, particulièrement les classiques notoires Evil-Dead, Brain Dread ou RĂ©-animator ayant su combiner avec efficacitĂ© humour noir et horreur. Fort d'un concept aussi original qu'audacieux, Quentin Tarantino juxtapose dans le mĂŞme mĂ©trage deux genres distincts, le polar ultra violent et le film d'horreur gore afin de surprendre le spectateur embarquĂ© dans une virĂ©e meurtrière Ă  l'aura exotique. La première partie s'attarde sur les exactions criminelles de deux Ă©minents gangsters, les frères Gesko dont l'un s'avère un redoutable psychopathe Ă  la gâchette facile. Dans un rĂ´le aussi excentrique que cynique, Tarantino himself se prend un malin plaisir Ă  se parodier dans sa fonction secondaire de criminel sans vergogne tributaire de ses pulsions sexuelles et sadiques. Le prĂ©lude dĂ©butant par leur braquage d'une Ă©picerie annonce la couleur (sardonique) dans le spectacle imparti Ă  ses gunfights chorĂ©graphiĂ©s, sa violence volontairement grand-guignolesque et son humour dĂ©bridĂ© rehaussĂ© de rĂ©parties percutantes (on reconnait bien la verve ciselĂ©e des dialogues de Tarantino attitrĂ© au poste de scĂ©nariste !).


Après leur prise d'otage tragique auprès d'une caissière, nos deux malfrats dĂ©cident de s'en prendre Ă  un veuf catholique propriĂ©taire d'un camping-car et accompagnĂ© de ses deux chĂ©rubins. Une stratĂ©gie d'Ă©vasion afin de rejoindre la frontière mexicaine et d'attendre l'arrivĂ©e d'un auxiliaire au Titty Twister, un pub salace dont la clientèle est uniquement constituĂ©e de motards et camionneurs fĂ©rus de fornication. Après quelques Ă©chauffourĂ©es musclĂ©s avec quelques marginaux irascibles et l'entracte d'une danse lascive chorĂ©graphiĂ©e par une effeuilleuse (la plantureuse Salma Hayek se prĂŞte au jeu torride avec une Ă©lĂ©gance sulfureuse !), place au dĂ©fouloir des règlements de compte d'un style nouveau. Le Titty Twister s'avĂ©rant finalement le repère d'un nid de vampires mexicains assoiffĂ©s de sang auprès de leur clientèle Ă©mĂ©chĂ©e. Avec une inventivitĂ© vertigineuse dans les stratĂ©gies d'attaques et de dĂ©fense que nos hĂ©ros doivent rapidement nĂ©gociĂ©s, et un sens dĂ©bridĂ© de leurs affrontements homĂ©riques contre des crĂ©atures hybrides (vampires reptiliens, crĂ©atures animalières et goules dĂ©caties !), Robert Rodriguez accumule les sĂ©quences horrifiques sur un rythme Ă©chevelĂ© et parmi l'appui d'FX dĂ©complexĂ©s (en dĂ©pit de certains effets grossiers en CGI). RenforcĂ© des aimables camĂ©os que forment Tom Savini et Fred Williamson, ces derniers s'en donnent Ă  coeur joie pour prĂŞter main forte Ă  nos hĂ©ros avec un sens de dĂ©rision burlesque. Qui plus est, avec une vĂ©ritable ambition formelle, Rodriguez transfigure l'architecture gothique de l'antre mexicain du Titty Twister par le biais d'une flamboyante photo sĂ©pia, tout en exploitant habilement les recoins subsidiaires de couloirs et sous-sols caverneux. Le tout rythmĂ© au son endiablĂ© d'un rock mexicain oscillant avec le classicisme d'une musique funèbre.


Jouissif et trépidant, Une Nuit en Enfer transcende la forme d'une série B cartoonesque pour le bonheur des fantasticophiles ayant été bercés par les classiques gores de leur adolescence. Bougrement inventif pour les affrontements épiques maniés avec l'artillerie d'armes customisées, et motivé par la chaude complicité de comédiens en roue libre, ce train fantôme vertigineux se permet notamment de rendre hommage au cinéma fantastique mexicain imprégné de mysticisme (la rédemption du père mécréant et son influence spirituelle sur son groupe de survivants). Ce qui nous conduit au baroud d'honneur lorsque des goules faméliques arpentent scrupuleusement les couloirs étroits de la crypte pour y affronter nos rescapés, bien avant de nous dévoiler l'envers du décor du Titty Twister !

Bruno Matéï
4èx


2 commentaires:

  1. Le ou l'un des sommets de Robert Rodriguez qui mélange habilement vampirisme, horreur, action et humour.

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  2. Je pense aussi qu'il s'agit de son meilleur film ^^

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