jeudi 19 mars 2020

Super 8

Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de J.J Abrams. 2011. U.S.A. 1h52. Avec Joel Courtney, Elle Fanning, Kyle Chandler, Ryan Lee, Zach Mills, Riley Griffiths, Gabriel Basso, Joel McKinnon Miller, Ron Eldard, Amanda Michalka.

Sortie en salles en France le 3 AoĂ»t 2011. U.S: 10 Juin 2011.

FILMOGRAPHIE: J.J Abrams est un rĂ©alisateur, producteur, compositeur, acteur et scĂ©nariste amĂ©ricain pour le cinĂ©ma et la tĂ©lĂ©vision, nĂ© le 27 Juin 1966 Ă  New-york. Il est en outre le crĂ©ateur des sĂ©ries TV, Lost, Alias, Felicity, Fringe, Undercovers, Alcatraz et Obb Jobs. 2006: Mission Impossible 3. 2009: Star Trek. 2011: Super 8. en cours: Star Trek 2.


Vendu comme un vibrant hommage aux productions Amblin Entertainment natives des annĂ©es 80 et Ă  la fĂ©erie candide de Spielberg (ici co-producteur) ou encore de Joe DanteSuper 8 demeure un divertissement familial inespĂ©rĂ© pour la gĂ©nĂ©ration 80 ayant Ă©tĂ© bercĂ©e par les classiques E.TExplorersles GooniesStand by MeGremlins et consorts. Le pitchOhio, 1979. Alors qu'un groupe d'adolescents rĂ©uni Ă  proximitĂ© d'une rame de chemin de fer poursuit le tournage de leur court-mĂ©trage en format super 8, un gigantesque incident ferroviaire leur est tĂ©moin. Dans un mouvement de panique prĂ©cipitĂ©, ils rĂ©ussissent malgrĂ© tout Ă  filmer la sĂ©quence dantesque dans son intĂ©gralitĂ© lorsqu'une voiture entre en collision avec le train de marchandise. Depuis cet incident cinglant, d'Ă©tranges disparitions de citadins et d'appareils Ă©lectroniques se produisent dans la contrĂ©e bucolique. Mais par l'entremise de leur court-mĂ©trage, les enfants y feront une stupĂ©fiante dĂ©couverte ! A travers une superbe photo saturĂ©e et du dĂ©cor si rassurant d'une bourgade champĂŞtre,  Super 8 dĂ©bute sa trame Ă  l'instar d'une prod Spielberg quant Ă  sa scĂ©nographie cinĂ©gĂ©nique radiographiant de jeunes cinĂ©philes passionnĂ©s par le cinĂ©ma de genre. Instinctivement, le prĂ©ambule au dĂ©licieux parfum rĂ©tro renoue donc avec nos souvenirs infantiles Ă  travers un vibrant hommage au film de monstres et aux invasions extra-terrestres. Le crash ultra spectaculaire du convoi ferroviaire nous Ă©tant dĂ©ployĂ© face aux yeux Ă©baubis de nos hĂ©ros en culotte courte fĂ©rus de rĂŞves, d'aventures et d'Ă©vasion.


Le hasard leur offrant sur un plateau la plus improbable des dĂ©couvertes Ă  venir ! Cette sĂ©quence d'anthologie chorĂ©graphiĂ©e sous toutes les coutures s'alloue d'ailleurs d'un rĂ©alisme infaillible Ă  travers l'utilisation judicieuse de ses effets numĂ©riques (on n'y voit donc que du feu !) parvenant Ă  imposer leur crĂ©dibilitĂ© jusqu'au final en apothĂ©ose. Outre son attrait spectaculaire fertile en rebondissements davantage Ă©piques, Super 8 puise principalement son charme Ă  travers la caractĂ©risation scrupuleusement humaine de ces ados candides transformĂ©s pour le coup en aventuriers en herbe. Ainsi, tous les clichĂ©s inhĂ©rents aux productions des annĂ©es 80 (l'enfant meurtri d'un deuil familial, les rapports parentaux conflictuels, la romance indĂ©cise et timorĂ©e entre les 2 hĂ©ros, la conspiration militaire et le gouvernement mĂ©galo avide de dĂ©couverte scientifique afin d'y embrigader un cobaye extra terrestre) s'avèrent efficacement exploitĂ©s sans cĂ©der au vulgaire plagiat (comme ont pu le souligner certains critiques renfrognĂ©s). Et donc, de manière aussi fluide que naturelle, l'Ă©motion distillĂ©e au compte goutte au fil narratif s'avère payante quant aux expressions curieuses, hĂ©sitantes ou contrariĂ©es de ces ados photogĂ©niques. Notamment si je me rĂ©fère prioritairement Ă  l'Ă©tonnante alchimie entre Joe et Alice Ă©pris de tendresse l'un pour l'autre (Ă  l'instar de cette drague implicite lorsque cette dernière s'improvise "zombie" pour la confection de leur court d'Ă©pouvante). J.J Abrams faisant Ă©voluer ses personnages (juvĂ©niles mais aussi adultes) auprès d'un rĂ©cit initiatique oĂą suspense, action, science-fiction et romance convergent vers la rĂ©demption et la maturitĂ© d'après les thèmes de l'acceptation du deuil et du conflit paternel (tant auprès de Joe que d'Alice partagĂ©s entre leur rĂ©volte interne et leur motivation de rĂ©conciliation).


Hommage plein de poĂ©sie (l'incroyable scène du mĂ©daillon particulièrement symbolique !) Ă  notre adolescence fĂ©brile marquĂ©e par un cinĂ©ma fĂ©erique profondĂ©ment humaniste, Super 8 demeure une belle invitation au rĂŞve dans sa palette d'Ă©motions Ă  la fois tendres, romantiques et dramatiques qu'une poignĂ©e d'ados (si semblables Ă  nous !) parviennent Ă  ranimer sans effet de manche.  

*Bruno
19.03.20
25.10.11

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