vendredi 5 février 2021

La Mort caresse à minuit

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"La morte accarezza a mezzanotte" de Luciano Ercoli. 1972. Italie/Espagne. 1h42. Avec Susan Scott, Simon Andreu, Peter Martell, Carlo Gentili, Claudie Lange, Luciano Rossi, Claudio Pellegrini.

Sortie salles Italie: 17 Novembre 1972

FILMOGRAPHIELuciano Ercoli, né à Rome le 19 octobre 19291,2 et mort le 15 mars 2015 à Barcelone, est un producteur, réalisateur et scénariste italien. 1970 : Photo interdite d'une bourgeoise. 1971 : Nuits d'amour et d'épouvante, 1972 : La mort caresse à minuit, 1973 : Troppo rischio per un uomo solo. 1974 : La police a les mains liées. 1974 : Il figlio della sepolta viva. 1974 : Lucrezia giovane. 1977 : La bidonata. 

Excellente surprise que ce giallo méconnu inédit chez nous (tout du moins à ce jour du 05/02/21), La Mort caresse à Minuit conjugue le film policier et le thriller avec une efficacité probante eu égard de son dénouement à twists un brin confus mais assez surprenant (suffit d'appuyer sur la touche "retour" quant aux tenants et aboutissants et tout devient plus clair). Le pitch: au moment d'accepter l'ingestion d'une nouvelle drogue hallucinogène par son ami journaliste Gio Baldi, Valentino imagine dans son délire le meurtre d'une mystérieuse brune par un tueur au poing d'acier. Après avoir été trahie par son ami d'avoir publié des photos d'elle dans un journal à sensation, Valentine décide de mener son enquête afin de savoir si un crime eut réellement lieu par cet étrange assassin affublé d'un poing à pics d'acier. Quel aubaine de retomber parfois sur de petites pépites à la réputation injustement timorée, tant et si bien que j'ignorai jusqu'à présent l'existence de ce Giallo rondement mené à travers son lot de poursuites, meurtres sanglants (même si peu présents à l'écran), action et suspense métronome de par l'investigation houleuse d'une femme en course contre la montre à daigner identifier l'éventuel assassin. 

Etonnamment convaincant au niveau de son cast méconnu, Susan Scott (épouse du réal à la ville) porte le film sur ses épaules avec une maturité autoritaire de par sa force de caractère parfois compromise par des machistes gouailleurs en concertation avec le trafic de drogue. On peut d'ailleurs relever l'aspect étonnamment cocasse de certaines situations de légèreté que Luciano Ercoli (Nuits d'amour et d'épouvante, la Police à les mains liés) privilégie par moments en éludant toute forme d'érotisme comme le souhaite la tradition du genre. Pour autant, les actrices italiennes jamais dénudées demeurent toujours aussi ravissantes et les décors urbains s'avèrent superbement exploités au sein d'un rutilant scope. L'originalité de La Mort caresse à Minuit émanant surtout de son trait d'union au film policier et au thriller horrifique que l'auteur exploite efficacement du point de vue d'un joli portrait de femme émancipée en proie à la rébellion. Et si certains spectateurs pourraient être un tantinet déçus par son manque de gore auprès des meurtres crapuleux (qui plus est assez peu nombreux), on reste toutefois impressionné par leur résultante appuyée de zoom complaisant (notamment ce bout de cervelle dépassant du crane d'une victime après avoir trébuché d'un toit). Sans compter la fascination qu'exerce l'accoutrement atypique du tueur surveillant l'héroïne à divers moments fortuits. 

Constamment ludique, intrigant et captivant autour d'une intrigue sciemment complexe (durant la quasi totalité du métrage) mais heureusement explicative (même si on peut sourire de certaines facilités comme le souligne son prologue hallucinogène que l'héroïne fantasme lors d'une réminiscence en trompe l'oeil), La Mort caresse à minuit (titre lunaire aussi exquis qu'injustifié) demeure une excellente surprise dénuée de prétention quant à l'ajout de traits d'humour faisant mouche. 

*Bruno

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