mardi 7 septembre 2021

Supergirl

                                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jeannot Szwarc. 1984. U.S.A/Angleterre. 2h04. Avec Helen Slater, Faye Dunaway, Brenda Vaccaro, Peter Cook, Hart Bochner, Peter O'Toole, Mia Farrow, Simon Ward.

Sortie salles France: 10 Octobre 1984. U.S: 21 Novembre 1984

FILMOGRAPHIE: Jeannot Szwarc est un réalisateur français, né le 21 Novembre 1939 à Paris. 1973: Columbo: adorable mais dangereuse. 1975: Les Insectes de Feu. 1978: Les Dents de la Mer 2. 1980: Quelque part dans le temps. 1983: Enigma. 1984: Supergirl. 1985: Santa Claus. 1987: Grand Larceny. 1988: Honor Bound. 1990: Passez une bonne nuit. 1991: La Montagne de Diamants. 1994: La Vengeance d'une blonde. 1996: Hercule et Sherlock. 1997: Les Soeurs Soleil.


Pourquoi tant de haines ?
Massacré par la critique dès sa sortie et boudé par le public si bien qu'il se solda par un inévitable échec commercial, Supergirl ne méritait pas tant de mépris tous azimuts. Car s'il faut bien avouer que Jeannot Swarc a bel et bien conçu un nanar de luxe à savourer indubitablement au second degré, Supergirl demeure aujourd'hui beaucoup plus charmant, attachant, stimulant, pétillant à travers ses tentatives intègres de nous faire rêver en mode artisanal. A l'instar des premiers vols expérimentaux de notre super-héroïne blonde n'ayant rien à envier à ceux de son cousin Superman (que le désormais légendaire Christopher Lee marqua de son empreinte) tant le souffle féerique retranscrit à l'écran nous gratifie la vue. Alors, ok, du point de vue du récit ultra naïf se résumant à l'affrontement redondant entre une sorcière des temps modernes et Supergirl se disputant l'enjeu d'un prince charmant (un jeune jardinier touché par la flèche empoisonnée de Cupidon - ou plutôt de Selena ! -), Supergirl ne s'embarrasse guère de subtilité pour contenter avant tout un public jeune plus sensible à leurs crépages de chignon que leurs parents non dupes de tant de naïveté imbibée de romance à l'eau de rose et de bons sentiments. 


Pour autant, et raison pour laquelle Supergirl est à mon sens destiné à un public finalement FAMILIAL, le spectacle fantaisiste est scandé du dynamisme des scènes d'actions plutôt bien foutues avec ses FX tactiles, et de la spontanéité des personnages pleinement investis dans leur rôle respectif (au point parfois de jouer l'outrance pour certains d'entre eux). Mention majeure à l'illustre Faye Dunaway résolument habitée par son rôle de méchante tant l'actrice prend son rôle très au sérieux à travers l'artillerie de ses supers pouvoirs occultes qu'elle projette contre sa rivale 2h00 durant. Imperturbable et impassible, élégante et raffinée en mode démonial, Faye Dunaway vole donc effrontément la vedette à tout son entourage. Et ce en dépit de la néophyte Helen Slater que je trouve aussi convaincante à travers ses expression candides, ses interrogations morales de super-héroïne en herbe peu à peu motivée par le sens de la justice, de la bravoure et de l'initiation amoureuse. Quand bien même le charme qu'elle nous suscite innocemment à l'écran dépend aussi de la douceur de ses yeux bleus et de la blondeur de son brushing dans sa rutilante panoplie rouge et bleue. On n'en dira pas tant de la présence incongrue de Brenda Vaccaro en adjointe gouailleuse, alter-ego primaire de Selena faisant office de faire-valoir risible, bien que la pilule passe un peu auprès de sa bonne humeur expansive. Et je ne parle même pas du pauvre jardinier qu'Hart Bochner incarne avec une bonhomie puérile (c'est peu de le dire pour les séquences romantiques les plus nunuches !) dans sa fonction de victime intoxiquée par le sérum de l'amour. Mais on lui pardonne bien tant l'acteur atone se prête volontiers au jeu avec esprit bonnard. 


Un divertissement familial bonnard, entre naïveté attendrie, facéties candides et féerie salvatrice. 
Inévitablement maladroit, bancal et parfois ridicule sans toutefois jamais nous irriter ou nous blaser, Supergirl est un plaisir innocent comme on en voit très peu de nos jours. Un gros spectacle raté plein de charme, de fantaisies, d'actions et d'humour involontaire sous l'impulsion d'un casting hybride se prêtant au jeu de la bande dessinée live avec franchise décomplexée. Et rien que pour la présence de l'attachante Helen Slater très à l'aise en super-héroïne novice, Supergirl mérite qu'on y replonge,  nostalgie émotionnelle aidant faisant parfois éclore une féerie divine (ses 1ers vols aériens sur Terre, oui j'insiste !). 

*Eric Binford
3èx

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