Un drame psychologique grave et intense, transplantĂ© dans le cadre d’une horreur sociale comparable Ă Cannibal Man (La semaine d’un assassin) d’Eloy de la Iglesia, rĂ©alisĂ© un an plus tĂ´t. Une bougie pour le diable (Una vela para el diablo, 1973), signĂ© Eugenio MartĂn, adopte une horreur adulte, au premier degrĂ©, Ă travers les portraits glaçants de deux aubergistes profondĂ©ment catholiques et puritaines, exerçant leurs exactions meurtrières dans un petit village figĂ©, recroquevillĂ© au cĹ“ur des montagnes.
Leur cible : des touristes fĂ©minines, jeunes, jolies, libĂ©rĂ©es, dont les tenues lĂ©gères et les Ă©lans de dĂ©sir choquent une morale engoncĂ©e dans la rĂ©pression. Ivres d’Ă©mancipation, ces Ă©trangères incarnent une libertĂ© sexuelle en pleine effervescence - que Marta et VerĂłnica, dans leur frustration contenue, ne peuvent tolĂ©rer. Leur propre sexualitĂ© refoulĂ©e, corsetĂ©e par le dogme, s’exprime alors dans une violence croissante. Victimes invisibles du franquisme, les deux sĹ“urs glissent dans une spirale meurtrière, une descente aux enfers criminelle nourrie par le dĂ©goĂ»t, la honte et le besoin d’expiation.
Le suspense monte crescendo, notamment autour du sort d’une touriste plus perspicace, prĂŞte Ă tĂ©moigner des mystĂ©rieuses disparitions qui s’accumulent.
Une Ĺ“uvre fĂ©tide remarquable, notamment par sa dimension psychologique finement dessinĂ©e - et sublimĂ©e par les interprĂ©tations incendiaires d’Aurora Bautista et Esperanza Roy, qui incarnent avec un charisme insidieux cette foi malade en complicitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e, ce fanatisme religieux empreint d’obscurantisme, de châtiment et d’autopunition.
Un cauchemar impudique aux allures de documentaire clinique dont on ne sort pas indemne.
Gratitude Criterion.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
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