
(Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives).
"Body Trash : fĂŞte foraine de chair et latex."
Excellente surprise que cette perle horrifique australienne, que Rimini Editions exhume de sa torpeur dans une copie HD fastueuse. Ă€ tous les fans de Troma et du cultissime Street Trash de Jim Muro, Body Trash est taillĂ© sur mesure : l’unique film de Philip Brophy en Ă©pouse les excès tout en insufflant une libertĂ© de ton galvanisante, servie par une moisson de sĂ©quences chocs, trash et dĂ©bridĂ©es. Et si le scĂ©nario ultra-linĂ©aire n’est qu’un prĂ©texte Ă enchaĂ®ner des sketchs nourris d’humour noir, de burlesque et de sang cartoonesque Ă base de latex, l’Ă©nergie furieuse des personnages lunaires, leur charisme saillant et l’insolence d’une satire visant capitalisme, matĂ©rialisme et culte des apparences finissent par rendre le spectacle constamment stimulant - pour ne pas dire jubilatoire. Certes, le trash viscĂ©ral de certaines scènes inspire parfois un dĂ©goĂ»t instinctif, mais il s’impose comme une violence de dessin animĂ© : il nous met Ă distance, nous autorisant Ă en rire avec une complicitĂ© presque innocente. SĂ©rie B Ă la fois comique, dĂ©calĂ©e et sardonique, portĂ©e par un souffle libertaire dĂ©vastateur, Body Trash apparaĂ®t comme le prototype d’un divertissement du samedi soir aujourd’hui rĂ©volu - avec ses trognes ahuries, aussi expressives que caricaturales, vouĂ©es Ă s’Ă©clater la tronche (au propre comme au figurĂ©) dans une ambiance dĂ©vergondĂ©e de fĂŞte foraine.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
2èx. Vostf
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