samedi 14 février 2026

Halloween Kills de David Gordon Green. 2021. U.S.A. 1h49.

                           (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

Mea culpa.

"Chronique d’une défaite collective."

À la révision, et à ma grande surprise, Halloween Kills m'est apparu comme un formidable psycho-killer, plus profond qu’il n’y paraît.
Si l’on se fie aux critiques - plus sévères que pour le 1er opus - on pourrait croire à une suite ratée. Je pense au contraire qu’il s’agit d’un film incompris.

Car cette séquelle est plus nihiliste, plus désenchantée, plus désespérée, plus psychologique que le premier opus.
 

Ici, la peur ne se vit plus en huis clos. Elle contamine à l'extérieur. Elle gangrène. Elle hystérise.

Les citadins d’Haddonfield se vautrent dans l’autojustice, dans la facilité, dans la bêtise tragique de la vindicte populaire, au point de provoquer la mort d’un innocent. Certes, ils ne le tuent pas de leurs mains, mais ils le condamnent par leur folie collective. Le film pose alors une véritable réflexion frontale sur l’autojustice, thème tristement contemporain : lorsque les institutions vacillent, la foule livrée à elle même devient monstre.

Et David Gordon Green insiste.
La police est impuissante.
La population est livrée à elle-même.
 

Le prologue situé en 1978 le rappelle avec intelligence (en prime
d'un incroyable effet numérique quand à l'apparition surprise d'un personnage clef !): la faille morale était déjà là. L’ordre n’a jamais été solide. Il était fissuré dès l’origine.

Mais Halloween Kills ne se contente pas d’un discours social plus qu'actuel. Il emprunte le chemin d’une brutalité gore assumée, d’une action nerveuse, presque martiale, au détriment d’une terreur plus atmosphérique. Le suspense se raréfie. La violence, elle, explose. C’est un choix. Radical.

Mais le film parle surtout d’icône.
 

Michael Myers n’est plus seulement un tueur. Il devient une figure. Une abstraction. Le mal à l’état pur. Un mal indestructible.

Plus il est attaqué, plus il semble se renforcer.
Plus la communauté tente de l’écraser, plus elle révèle sa propre impuissance.

Et c’est là que le film devient fort, trouble et fascinant.

On ressent un marasme communautaire, un effondrement moral. Haddonfield semble condamnée à subir. Le final, absolument sans espoir, scelle cette idée : tout le monde perd. Sauf le Mal.
 

Le montage plus dynamique, plus sec, donne au film une énergie parfois presque guerrière. On est dans un survival urbain, tendu, étrange, personnel. Green ose s’écarter des conventions tout en semant à nouveau des clins d’œil habiles à la mythologie de la saga. Il respecte l’héritage tout en le poussant vers quelque chose de plus sombre et de plus autonome.

Ce qui rend Halloween Kills si captivant, c’est ce sentiment d’impuissance absolue face à une figure devenue intouchable. Michael Myers est plus destructeur que jamais, plus robuste, mais surtout plus symbolique que jamais.

Ce n’est plus seulement un psycho-killer.
C’est une déclaration de guerre funeste perdue d’avance.
 

En mettant de côté les attentes de l'horreur standard, on découvre donc un film trouble, inquiétant, profondément noir. Un récit douloureux qui ose refuser la catharsis. Un film qui affirme que le mal ne meurt pas - il prospère dans la peur qu’il engendre.

Et c’est précisément cette radicalité qui fait sa puissance.

Au final, je me rends compte aujourd’hui que David Gordon Green a accompli, avec cette trilogie contemporaine, une œuvre aussi passionnante qu’ambitieuse, profondément marquée par le traumatisme et la persistance du mal.
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤

vendredi 13 février 2026

Halloween de David Gordon Green. 2018. U.S.A. 1h46.

                  (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

Halloween (2018) est à mon sens le grand retour du Boogeyman en bonne et due forme. Un retour respectueux du genre et du mythe, au point que David Gordon Green efface volontairement toutes les suites pour ne prolonger que le chef-d’œuvre matriciel de John Carpenter. Ici, nous avons affaire à une véritable suite, frontale, assumée, à nouveau clinquante et fascinante.

On sent Green impliqué, avisé, circonspecte. Son film est un formidable psycho-killer, mené avec intelligence, notamment dans la caractérisation de Laurie Strode. Quarante ans plus tard, elle est moralement fracassée, torturée. Paranoïaque, recluse, retranchée derrière des armes et des pièges. Sa maison est devenue une forteresse customisée, un bunker domestique prêt à exploser. Elle incarne une Amérique malade, celle de l’ère Trump, gagnée par le survivalisme et cette fascination innée pour les armes comme ultime rempart contre le chaos. Laurie ne vit plus : elle se prépare clairement à la guerre.

J’aime aussi beaucoup les clins d’œil disséminés tout au long du récit, habilement détournés, parfois même inversés au niveau du rôle des personnages. Green s’amuse, retors, à jouer avec notre mémoire. Il rend hommage à l’œuvre matricielle sans la singer, et l’on savoure ces échos déformés avec un plaisir malicieux.

Le film est terrifiant, surtout dans l’attente afin de travailler notre imaginaire. Comme Carpenter, Green travaille la peur dans la durée. Certaines séquences domestiques sont d’une efficacité redoutable : la présence invisible de Michael Myers, tapie hors champ, nous glace. Puis lorsqu’il frappe, la violence est plus brutale, bien que ritualisée, plus sanglante, car toujours ancrée dans un certain réalisme. Les meurtres des journalistes dans les toilettes comptent parmi les scènes les plus dures. Ça fait mal car c'est sans concession, quasi bestial, primal, sans l'outrance assumée d'un Rob Zombie (que je vénère toutefois). Alors qu'à un autre moment aussi inquiétant et insécure dans sa végétation feutrée, Gordon ose filmer l'immontrable lors d'une cruelle altercation, sans se complaire dans une violence graphique impardonnable.  

On est à nouveau face à un véritable film d’ambiance un peu plus contemporain. Michael est ici plus terrestre, moins abstrait, moins fantomatique qu’autrefois, mais il reste une silhouette glaçante, une menace immédiate dès qu’elle surgit dans le cadre.

Le personnage du psychiatre, interprété par Haluk Bilginer, apporte une variation intéressante en écho au docteur Loomis. Obnubilé, fasciné par Michael, il incarne une obsession presque maladive qui enrichit le propos de manière couillue dans un retournement de situation.  

Il faut aussi rappeler que Carpenter est producteur exécutif et compositeur du film. Le leitmotiv mythique résonne toujours, percutant, accompagné d’un score plus nerveux qui épouse le rythme de cette séquelle visuellement splendide, parfois presque onirico-funeste lors de ses éclairages nocturnes.

Tous les acteurs sont investis, mais Jamie Lee Curtis domine. Elle dégage une force expressive tenace, intraitable, à la fois fragile et stoïque. Et le final, tendu, spectaculaire, dans la maison transformée en piège, fonctionne admirablement dans son action et sa terreur communes.

Halloween 2018 est donc une variation franchement réussie : un psycho-killer intelligent, psychologique, fébrile et percutant, qui redore le blason d’une saga et s’impose comme l’un de ses meilleurs opus - avec son chapitre final infortuné: Halloween Ends

— le cinéphile du cœur noir 🖤

3èx. 4K. Vost 

mercredi 11 février 2026

Primate de Johannes Roberts. 2026. U.S.A. 1h29 / 1h23.

                        (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
  
Si Primate n’est pas un grand film - et il ne cherche jamais à l’être - il reste une formidable série B, symptomatique des années 80. On sent que Johannes Roberts, déjà auteur de l'excellent thriller parano F et du petit bijou d’horreur aqueuse 47 Meters down, connaît son affaire : après le huis clos maritime suffocant, il transpose ici le concept dans une villa insulaire, et ça fonctionne à plein.


Le réalisateur s’inspire des années 80 jusque dans le schéma narratif, l'appréhension expressive et la musique : un score électro digne de John Carpenter qui confère au film une prestance et une ambiance horrifique si familières. Même si les situations sont éculées - on les a vues mille fois dans notre paysage favori - on marche à fond. Pourquoi ? Parce que Roberts croit en ce qu’il filme et aime ce qu’il filme.

Le singe tueur, lui, est terrifiant, hostile, crédible donc : si on n'a pas l'info plus tôt, on se demande sans cesse s'il s'agit d'un vrai chimpanzé, d'un acteur déguisé ou d'un effet numérique. La tension est quasi permanente, tant latente ou sidérante, ponctuée de deux ou trois séquences terrifiantes inscrites dans la crispation. Roberts ne cède pas à la surenchère : les séquences sanglantes sont dosées, impressionnantes, et ont d'ailleurs valu au film une interdiction aux moins de 16 ans chez nous (contre 12 outre-Atlantique).

Les personnages féminins sont également louables : de jeunes comédiennes méconnues attachantes - anti cruches (à l'inverse des mecs) - auquel on s'inquiète de leur sort. Roberts renouvelle le suspense en adoptant ces divers points de vue féminins de manière autonome, multipliant vigilance, tension et affronts horrifiques entre la victime et l’animal au sein de moult décors domestiques habilement exploités. 


Visuellement, le film est soigné, même si la majorité de l’action se déroule de nuit. On a donc affaire à un film d’ambiance à l’ancienne, qui devrait séduire les amateurs de séries B horrifiques rétros, ces trésors loués le samedi soir dans nos vidéoclubs du coin. Tout est emballé avec sincérité, générosité et savoir-faire, pour un divertissement horrifique plein de charme, jamais ennuyeux, tangible. On reste captivé par le suspense et l’action, on redoute la prochaine agression simiesque, porté par ce tempo électro immersif, qui rappelle tant nos fameux souvenirs des années 80.
Et puis ce primate, bordel, est franchement dérangeant et malaisant dans sa photogénie sépulcrale sobrement ciselée. 

— le cinéphile du cœur noir 🖤

samedi 7 février 2026

Le Sadique à la Tronçonneuse / Mil gritos tiene la noche / Pieces de Juan Piquer Simon. 1982. Espagne. 1h27.

                                                      
                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

Avec Christopher George, Lynda Day George, Frank Braña, Edmund Purdom, Ian Sera. 

Sortie salles France: 7 Décembre 1983

FILMOGRAPHIE: Juan Piquer Simón est un réalisateur et scénariste espagnol né le 16 Février 1935 à Valence (Espagne), décédé le 8 janvier 2011. 1964 : España violenta : Scénariste et réalisateur. 1965 : Vida y paz  : Scénariste et réalisateur. 1976 : Le Continent fantastique. 1979 : Supersonic Man 1980 : Au-delà de la terreur. 1981 : Le Mystère de l'île aux monstres. 1982 : Los diablos del mar. 1982 : Le Sadique à la tronçonneuse. 1983 : L'Éclosion des monstres ou Visitor. 1984 : Guerra sucia. 1988 : Mutations. 1990 : Magie noire. 1990 : L'Abîme. 1999: la ciudad de oro.

                                         

Il fallait oser. Juan Piquer Simón l’a fait.
Surfer sur le succès de Massacre à la tronçonneuse, huit ans après sa sortie scandale, relevait déjà de l’inconscience. D’autant plus que Le Sadique à la tronçonneuse lorgne davantage du côté du giallo et du psycho-killer, avec ce tueur au chapeau, intégralement vêtu de noir, brandissant une tronçonneuse jaune qu’il dissimule parfois derrière son dos pour mieux duper ses victimes effarouchées. Croyez moi, il faut le voir pour le croire.

                                        

Car si Le Sadique à la tronçonneuse s’avère aussi fun que jubilatoire - voire étonnamment inspiré lors d'une occasion surréaliste (l’agression sur un matelas gonflable au bord d’une piscine, digne du cinéma onirique d’Argento) - il le doit en grande partie à son humour involontaire, fusant tous azimuts. Par moments, on en vient même à se demander si le réalisateur ibérique ne flirte pas avec la semi-parodie. À l’image de cette confrontation ahurissante, totalement dénuée de sens, où un sosie de Bruce Lee s’en prend à une journaliste dans une ruelle nocturne. Truffé d’incohérences, de clichés en pagaille et de situations triviales typiques du cinéma d’exploitation, le film repose sur un pitch d’une banalité affligeante, mais s’impose comme une véritable pochette surprise.

                                       

Aujourd’hui encore, il dégage un charme supérieur à celui de sa sortie, précisément parce qu’il appartient à une époque révolue où l'on pouvait tout se permettre. Les visages familiers du cinéma bis raviront les aficionados, reconnaissables à leurs postures génialement stéréotypées, sublimées par un doublage VF absolument hilarant. À cette hystérie quasi collective s’ajoute un score hybride (parfois carrément en décalage par sa rupture de ton !) envoûtant, typiquement italien, signé Librado Pastor (et consorts), qui nous entraîne dans ce périple horrifique séculaire, échappant à toute logique pour le plus grand bonheur du cinéphile masochiste.

Quant aux fameuses séquences sanglantes, irriguant le récit entre deux ou trois poitrines dénudées de rigueur, qu’on se rassure : elles sont nombreuses et tapissent l’écran avec une complaisance réjouissante. Les trucages artisanaux oscillent entre le crédible et le perfectible, mais les tueries, toutes plus excessives les unes que les autres, séduisent par leur outrance constamment festive, jusqu’à un climax tétanisant, partagé entre l’effroi et le fou rire bienveillant.

Vous l’aurez compris, Le Sadique à la tronçonneuse est une perle rare que les amateurs éclairés se doivent de posséder, depuis qu’ESC a eu l’idée couillue de l’éditer dans un somptueux écrin HD.

 — le cinéphile du cœur noir 🖤

06.02.26. VF. 26.01.21 VE

mercredi 4 février 2026

Traverse l'écran.

                                                        Poignée de main avec l'inconnu.

 
 Il allait partir... quand Rod Serling lui dit encore ceci





mardi 3 février 2026

The Rip de Joe Carnahan. 2026. U.S.A. 1h55.

                                            (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
The Rip, estampillé Netflix, est avant tout une bonne série B nocturne, un polar du samedi soir comme on les aime… du moins pendant une heure quinze. Un film carré, bien tenu, bien joué, porté par de belles gueules, et surtout par des personnages féminins au charisme affirmé, qui imposent une présence presque virile, une densité bienvenue dans ce marigot masculin.

La première heure est bougrement captivante. Carnahan y installe une suspicion généralisée, un climat de défiance poisseux où chaque flic semble pouvoir être vendu au plus offrant. La corruption suinte, les loyautés vacillent, les manipulations s’enchevêtrent. Tout se joue la nuit, dans une ambiance crépusculaire, magnifiquement crépusculaire même, où l’obscurité n’est pas qu’un décor mais un état moral. La nuit comme métaphore évidente - et efficace - d’une police potentiellement pourrie jusqu’à l’os.
 
 
Et puis… la dernière demi-heure arrive. Et là, malheureusement, le film retombe dans les conventions. Rebonds trop faciles, twists attendus, mécanique huilée mais prévisible. L’exemple le plus criant reste cet aparté avec Matt Damon et ses partenaires féminines : un dialogue trop indiscret pour être honnête, trop appuyée pour être subtil, surtout lorsqu’il s’agit de manipuler l’indic. On voit venir les cartes, on devine les coups, et la tension se délite.

C’est d’autant plus dommage que les scènes d’action, pourtant bien foutues, se retrouvent prisonnières de ces automatismes narratifs. Là où le film aurait pu continuer à creuser la paranoïa, la défiance, le jeu trouble des trahisons, il choisit la voie balisée. J’aurais préféré une trajectoire plus droite, plus méchante, plus incorrecte, plus hard dans sa peinture des flics véreux. Un film qui assume jusqu’au bout la noirceur morale qu’il esquisse si brillamment au départ.
 

Reste que, malgré cette chute dans la facilité, The Rip est un bon moment de série B solide, efficace, qui accroche et captive longuement avant de se saborder partiellement elle-même. Un polar imparfait, frustrant même, mais suffisamment bien troussé pour qu’on ne regrette pas la nuit passée en sa compagnie.
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤

dimanche 1 février 2026

Jojo Rabbit de Taika Waititi. 2019. U.S.A./Nouvelle Zélande/Tchéquie. 1h48.

                       (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

Laissez tout vous arriver. 
La beauté et la terreur.
Continuez d'avancer. 
Aucun sentiment n'est définitif.
               Rainer Maria Rilke. 

 
Révision d'un immense choc du cœur pour ce Jojo Rabbit surgit de nulle part. Conte initiatique d’une audace folle, qui ose tourner en dérision les horreurs de l’Allemagne nazie à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en adoptant le regard candide et déformant d’un enfant de dix ans, Jojo, plein d'étoiles filantes dans les yeux. Endoctriné, manipulé, asservi par une idéologie haineuse qu’il prend pour un jeu, il va pourtant, au fil de sa relation avec Elsa, jeune juive cachée dans un placard par sa mère, apprendre à aimer. Apprendre la tendresse. Retrouver, lentement, les vraies valeurs.
 
Le duo formé par Roman Griffin Davis et Thomasin McKenzie est d’une justesse bouleversante. Leur confrontation morale, faite de piques, de peurs, de rires crispés, se mue peu à peu en une amitié fragile, puis en un sentiment pudique, traversé par une cocasserie et une poésie aussi réjouissantes que déchirantes. Une alchimie juvénile terriblement attachante.

 
Taika Waititi déploie toute la puissance émotionnelle de son film dans une rupture de ton magistrale. La première heure, dominée par l’humour - souvent noir, souvent grinçant - cède progressivement la place à une dramaturgie inattendue, parfois cruelle, parfois tragique. La dernière demi-heure devient un torrent d’émotions, un assaut frontal contre le cœur, jusqu’aux larmes, avec, cerise sur le gâteau, une brève chorégraphie musicale sublime.

Par ailleurs, il faut saluer le jeu tout en nuance et délicatesse de Scarlett Johansson, d'une bienveillance dépouillée, presque désinhibée, qui passe par une forme de caricature parodique assumée. Une manière pour elle de raisonner son fils, de le confronter à sa propre bêtise, à son absurdité d'applaudir la guerre et la haine. Par le rire, par l'amour, par l'exemple. Sur ce fil fragile, Scarlett Johansson livre une interprétation profondément bouleversante et infiniment attendrissante, sans effet de manche. 
 

Au final, Jojo Rabbit est un sublime conte qui ridiculise la barbarie nazie sans jamais la rendre complaisante, transfigurant l’amour, la tendresse et l’amitié comme seuls remparts possibles face à la haine. Un film pudique autant qu'onirique, jamais outrancier, qui choisit l’ellipse plutôt que l’insoutenable. Et l’on en sort transformé, comme Jojo et Elsa, le cœur à vif, les yeux en larmes, traversé par une lumière fragile mais tenace. La tristesse cédant à la joie et à l'apaisement. 
À mes yeux, Jojo Rabbit restera l’un des plus beaux moments d’émotion dans ma vie de cinéphile.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

Nino de Pauline Loquès. 2025. France. 1h36.

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"On va pas faire comme si tout allait bien? Mais on fait déjà tous ça"

Nino, premier long métrage français réalisé par Pauline Loquès, est ce genre de film où, quitte à forcer un peu le trait, on pourrait presque parler de coup de maître. Pour une première réalisation, la maîtrise est sidérante : une justesse, une finesse, une intelligence de mise en scène imparables. Un film entièrement dénué de pathos, d’émotions programmées, porté par une direction d’acteurs remarquable. Des visages inconnus, des corps neufs, tous d’une sobriété bouleversante, au jeu dépouillé, naturel, spontané, pétri d’humanité et d’humilité, et surtout débarrassé de toute diction théâtrale - ce qui, dans le paysage du cinéma français, n’est pas si courant, loin s'en faut, comme je le conteste fréquemment.

Ce très beau drame intime retrace donc l’introspection morale de Nino, 29 ans, qui apprend brutalement qu’il est atteint d’un cancer de la gorge. Le film épouse alors son parcours intérieur, ses errances, ses amitiés, ses élans sentimentaux, au cœur d’un Paris jamais écrasant, jamais démonstratif. Et ce qui touche profondément, c’est l’immense pudeur avec laquelle Pauline Loquès dessine le profil psychologique de ce jeune homme, percuté de plein fouet par une révélation pathologique qui fissure tout.


On suit son cheminement moral avec une attention presque fébrile, tant le film respecte sa fragilité, sa sensibilité, mais aussi sa force : celle de regarder en face ce qui pourrait ébranler sa vie, voire l’interrompre. Nino est un drame intime fort sur la prise de conscience de l’extrême fragilité de l’existence, lorsque la maladie surgit au moment le plus arbitraire, le plus injuste.

La grande force de ce film, d’ailleurs multi récompensé, réside dans cette pudeur constante, cette finesse de regard et cette intelligence d’écriture qui refusent toute complaisance, toute apitoiement sur le sort de ce personnage. Et son final, particulièrement beau et poignant sans jamais être appuyé, est admirable dans sa manière de laisser l’avenir en suspens : entre le pire et un possible renouveau, entre la menace de la mort et l’espoir d’une nouvelle vision du monde, forgée dans l’épreuve.

Merci Pauline Loquès, hâte de poursuivre ta carrière en herbe.

— le cinéphile du cœur noir 🖤
 

Récompenses: Festival de Cannes 2025 / Semaine de la Critique : Prix Louis-Roederer de la révélation pour Théodore Pellerin
Festival du cinéma américain de Deauville 2025 : Prix d'Ornano-Valenti
Les Visiteurs du Soir de Valbonne 2025 : Prix du public et Prix des Lycéens
Prix Pierre-Chevalier pour Pauline Loquès
Festival international du film francophone de Namur 2025 : Bayard du meilleur scénario, Bayard de la meilleure première oeuvre, Prix Be Tv
Festival international du film de Rome 2025 : Grand Prix du jury
Festival international du film de Varsovie 2025 : Grand Prix, Prix du jury jeune Fipresci, Prix du jury oecuménique
Festival international du film de Valladolid 2025 : Mention spéciale
Festival Cinémania de Montréal 2025 : Prix Canal+ Distribution du meilleur film
Lumières 2026 : Meilleur premier film

mercredi 28 janvier 2026

Viral de Henry Joost et Ariel Schulman. 2016. U.S.A. 1h25.

                                                         
                                  (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

J’ai découvert Viral de manière impromptue, presque par réflexe. Une intuition payante. Car j’ai bien fait de lui faire confiance.

Réalisé en 2016 par Ariel Schulman et Henry Joost, et sorti chez nous directement en VOD le 1er mars 2017 - soit un an après sa sortie ricaine - Viral s’impose comme une petite série B horrifique, aussi modeste qu’innocente, mais portée par de réelles intentions.

Nous sommes ici face à un film d’infectés, certes, mais l’horreur n’y est qu’un prétexte, un écran de fumée en sorte pour raconter autre chose : le drame intime de deux sœurs, recluses chez elles en l’absence du père, accompagnées d’un compagnon, et bientôt contraintes à un jeu de survie aussi fragile que désespéré.
Peu à peu, le récit nous invite à nous familiariser avec elles, à vivre à leur rythme, à ressentir leurs peurs. Analeigh Tipton et Sofia Black-D’Elia ne livrent pas un jeu ébouriffant, mais leur sobriété fait mouche. Elles dégagent une émotion nue, dépouillée, suffisante pour nous attacher à leur sort précaire.
 

Le film baigne dans une bourgade américaine écrasée par un soleil aride, presque malsain, renforcé par une photographie aux teintes sépia. Un quotidien paisible bientôt ravagé par un virus mortel qui transforme les habitants en corps erratiques, haineux, étrangers à eux-mêmes.
Pourtant, les cinéastes refusent la surenchère. Pas de déluge d’action, pas d’horreur hystérique. Viral préfère un suspense rampant, latent, ponctué de quelques séquences horrifiques - trois ou quatre - mais d’une efficacité redoutable. Leur impact tient à la violence soudaine des situations, à l’intensité des regards, et à un certain réalisme des effets spéciaux, suffisamment crédibles pour que l’on croie à ces parasites s’infiltrant sous la peau, contaminant les corps comme les liens.

Tout le film repose alors sur la fraternité, sur cette fratrie contrainte de se resserrer dans un huis clos domestique étouffant, tandis que la menace, inévitablement, finit par s’y infiltrer elle aussi. L’espace se rétrécit, l’air devient irrespirable, et la peur se fait intime.
 
 
Aussi simpliste, parfois prévisible, et modestement mis en scène soit-il, Viral fonctionne. On ne s’ennuie jamais. On s’attache sincèrement aux personnages, on partage leurs angoisses, on redoute leur sort. Et surtout, le film ne cède pas à la facilité d’un happy-end rassurant.

Au final, Viral s’affirme comme une série B honnête et désirable, une œuvre modeste mais soignée, qui privilégie la dramaturgie psychologique à l’esbroufe, et qui plonge le spectateur dans un cauchemar horrifique avant tout humain, porté par un humanisme désespéré, fragile, assez touchant pour emporter l'adhésion.
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤 

mardi 27 janvier 2026

Abigail de Matt Bettinelli-Olpin Tyler Gillett. 2024. U.S.A. 1h49

                                                   
                      (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
Abigail est une sympatoche série B dont je n’attendais pas grand-chose. Il m’aura fallu plus d’un an pour enfin le découvrir, et je ne suis finalement pas déçu. Certes, le film aurait pu être bien meilleur, avec un scénario plus solide, plus surprenant. Mais malgré ses limites, le récit distille par moments de bonnes idées, aussi bien visuelles que narratives, jamais déplaisantes.
 
Le film n’est pas ennuyeux : il se laisse suivre avec un plaisir innocent. C’est un jeu du chat et de la souris relativement efficace, plutôt bien mené, notamment dans l’action et les séquences gore, disséminées avec une régularité quasi métronomique tout au long de ce périple de survie. Les personnages gogos, assez attachants et sciemment irritants, se prêtent au jeu de la riposte avec une ironie décomplexée. Et la jeune héroïne juvénile, incarnée par Alicia Weir, est convaincante en vampirette en herbe, jouant avec ses proies dans une provocation sardonique assez fun pour se laisser berner dans sa condition damnée.
 
 
Mais Abigail doit aussi beaucoup à son décor principal : un manoir isolé, gothique et envoûtant, superbement photographié. La demeure fascine, impose son aura, presque vivante, oscillant entre modernité froide et héritage séculaire. Les décors sont assez intelligemment exploités, renforçant l’immersion et le sentiment d’enfermement, transformant cet espace en véritable terrain de jeu macabre où chaque couloir, chaque salle, semble guetter ses victimes.
 
Certaines scènes gores se révèlent même spectaculaires - ces vampires qui explosent comme des baudruches sont une idée savoureuse qu’il faut souligner. Ainsi, malgré son caractère perfectible, peut-être même largement, Abigail demeure un bon divertissement, plaisant à voir et à suivre. Un spectacle horrifique teinté d'onirisme (les rituels d'une danse macabre) que je pourrai revoir sans me forcer.
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤 

mardi 20 janvier 2026

Jonathan Livingston le goéland / Jonathan Livingston Seagull de Hal Barlett. 1973. U.S.A. 1h39.

                     (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
Jonathan Livingston le Goéland (1973), réalisé par Hall Bartlett, est un très beau conte philosophique qui déploie avec grâce les thèmes du dépassement de soi, du droit à la différence et, surtout, du désir de liberté absolue. Le film emporte l’adhésion par ses envolées lyriques continues, portées par les magnifiques mélodies de Neil Diamond - récompensé un an plus tard par le Golden Globe de la meilleure musique de film.
 
De prime abord, on pourrait pourtant se montrer réticent à l’idée de suivre pendant plus d’une heure et demie l’initiation d’un simple volatile, goéland différent des autres, infiniment autonome. Mais la magie opère immédiatement, grâce à la beauté universelle des images naturelles. L’aspect envoûtant naît de ces visions aériennes du Goéland, qui fendent le ciel durant tout le métrage.
 
 
À ce titre, Jonathan Livingston le Goéland se fait parfois presque expérimental, à travers des images tantôt crépusculaires, tantôt oniriques. Le film baigne dans un amour, une tendresse, une bienveillance qui réchauffent le cœur et nous invitent à réfléchir à notre propre condition existentielle, à nous remettre en question.
 
Bref, Jonathan Livingston le Goéland est un spectacle à la fois audacieux et intelligent, aussi méconnu qu’oublié - et c’est profondément dommage.
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤
 

 Patrick Haouzi:
Jonathan Livingston le Goéland (adapté du roman de Richard Bach) constitue un parfait exemple de film qui fait rêver par la beauté de ses images et de sa musique mais surtout nous permet de suivre un chemin vers le spirituel, de la matière a l'esprit.
Voici mon cheminement, mon point de vue et ma perception de ce chef d'œuvre humain :
L'appel au dépassement : Contrairement à ses pairs, Jonathan refuse la routine alimentaire pour se consacrer à la maîtrise du vol, symbolisant l'éveil de la conscience.
La rupture et l'exil : Son bannissement par le Conseil marque l'étape nécessaire de la solitude, où l'individu doit se détacher du groupe pour trouver sa propre vérité.
Le passage vers le sacré : Sa mort symbolique et son ascension vers des plans supérieurs illustrent la métamorphose de l'être, passant du matériel au spirituel.
La transmission : Le cycle se boucle lorsqu'il revient enseigner aux autres, prouvant que l'initiation n'est complète que lorsqu'elle est partagée. Bref tu as compris, ce film est pour moi une illumination ❤

L'Homme qui rétrécit de Jan Kounen. 2025. France/Belgique. 1h40

                     (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
L'honneur est sauf, puisqu'il s'agit une relecture particulièrement intelligente du chef-d’œuvre de Jack Arnold, dans la mesure où Jan Kounen privilégie de bout en bout la caractérisation psychologique de son personnage principal, sans négliger les figures secondaires familiales, même si peu présentes passée la partie d'exposition. Si bien que durant la quasi-totalité du récit, nous nous retrouvons littéralement nez à nez avec Jean Dujardin, contraint de survivre dans un quotidien soudain devenu inhospitalier à mesure que son corps rétrécit.
 

Grâce à des effets spéciaux absolument irréprochables, L’Homme qui rétrécit se mue en un redoutable film d’aventure et de survie, mené de main de maître par un Jan Kounen inspiré, rigoureux, presque ascétique, au service d’une mise en scène d’une grande minutie. Jean Dujardin, lui, se fond entièrement dans la chair du personnage, accompagnant son évolution morale avec une foi inébranlable. Il incarne un homme à la fois apeuré dans sa condition démunie et esseulée, profondément inquiet de sa condition, de sa posture physique, contraint de se prémunir contre les dangers du quotidien : l’ameublement domestique, les insectes, l’araignée - et même un poisson, lors d’une superbe séquence onirique dont je tairai volontairement d’autres indices.
 

C’est dire à quel point L’Homme qui rétrécit déborde d’émotion à travers ces aventures extraordinaires, portées par l’investissement total de l'acteur, qui confère au film une dimension humaine souvent poignante. Une intensité viscérale même que vient parachever une conclusion véritablement émouvante, onirique, et, comme dans le classique de Jack Arnold, traversée par une réflexion existentielle puissante, presque salvatrice en prime de déclarer sa flamme à la valeur filiale.
 

On peut donc affirmer qu’il s’agit là d’un formidable remake - d’autant plus remarquable qu’il est signé par un cinéaste français - une aventure fantastique dont on ne voit pas le temps passer. On ne s’ennuie pas une seconde, et jamais, au grand jamais, Jan Kounen ne cède à la surenchère. Les séquences d’action, jamais confuses, restent constamment au service de la narration, infiniment crédibles. D'où l'effet d'émerveillement cauchemardesque. Et pour cela, on ne peut qu’applaudir un réalisateur qui refuse les sirènes du divertissement standardisé fondé sur l’excès. Une belle surprise donc - même si on aurait peut-être opté un peu plus d'originalité dans son schéma narratif connu des initiés.
 
 — le cinéphile du cœur noir 🖤

dimanche 18 janvier 2026

Le Dernier monde cannibale / Ultimo mondo cannibale de Ruggero Deodato. 1977. Italie. 1h32.

                    (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

"La survivance de la bête en l’homme."

Le Dernier Monde Cannibale, réalisé par Ruggero Deodato trois ans avant Cannibal Holocaust, est une expérience de cinéma aussi extrême qu’hallucinée, formellement réservée à un public averti - et tout aussi formellement déconseillée aux âmes sensibles. Je pèse mes mots : le film est à la fois impressionnant, fascinant et profondément répulsif, à un niveau comparable, voire équivalent, à Cannibal Holocaust.


Hélas - lourdement hélas - on y retrouve des séquences de snuff animalier. Elles sont ici moins nombreuses, même si la scène du crocodile demeure absolument abjecte, innommable, insoutenable. Certaines autres maltraitances, notamment sur des volatiles, semblent moins gratuites que dans Cannibal Holocaust, dans la mesure où elles s’inscrivent dans le récit et les us et coutumes d’un peuple indigène anthropophage de l’île de Mindanao. Le film s’inspire d’ailleurs d’une histoire vraie : celle d’un Américain dont l’avion s’écrase, capturé par ces indigènes, contraint d’apprendre à vivre - ou plutôt à survivre - parmi eux, avant de tenter l’évasion dans une seconde partie suffocante.

Là où Le Dernier Monde Cannibale sidère véritablement, comme le souligne Christophe Gans dans les bonus du Blu-ray et du 4K, c’est par son hyper-réalisme estomaquant. Tourné en pleine jungle - entre la Malaisie et les Philippines - le film abolit la frontière entre cinéma et réalité. On ne regarde plus : on vit. On partage le quotidien de cet homme nu, plongé pendant une heure dans une nature aussi sauvage que ceux qui l’habitent. Un film sur l’instinct primitif, sur la contamination de la sauvagerie : l’homme civilisé, au contact de cet enfer vert, réveille son propre animal intérieur pour survivre.


Et c’est là que l’horreur opère pleinement. Le malaise est constant, l’insécurité permanente, l’oppression sourde. On est fasciné autant qu’on est révulsé. La puissance des images est telle qu’on en oublie, totalement, qu’il s’agit d’une œuvre de fiction. D’autant plus que les indigènes ne sont pas des acteurs, mais de véritables habitants jouant leur propre rôle, avec un réalisme brut, expressif, viscéral, absolument sidérant. On a les yeux constamment écarquillés - tel cet infanticide extrêmement dérangeant par sa bestialité en deux temps, même si quasi hors-champs.

Oui, certaines séquences provoquent le haut-le-cœur. Mais Le Dernier Monde Cannibale dépasse l’entendement grâce à son aspect plus documenté: c’est une expérience de cinéma extrême qui, en termes de radicalité et même de puissance, surpasse peut-être Cannibal Holocaust, pourtant érigé en sommet du genre - et que j’admire, snuffs animaliers mis à part évidemment. Ici, Deodato s’attarde heureusement moins sur la souffrance animale, malgré l’horreur indélébile de la scène du crocodile à vomir qu'il faut passer en accéléré grâce à votre télécommande.


Pour les amateurs de cinéma d’horreur pur et dur, d’expériences limites et proprement inoubliables, Le Dernier Monde Cannibale est sans doute le sommet absolu du film de cannibales. Un film qu’on ne peut ni oublier, ni effacer de sa mémoire, une fois traversé.

Il serait enfin injuste de ne pas saluer l’interprétation de Massimo Foschi, dans le rôle du pélerin Robert Harper. Une performance absolument convaincante, fondée sur un jeu démuni, apeuré, peu à peu primitif, qui accompagne avec une justesse troublante son initiation progressive à la survie, au viol et à la sauvagerie. Foschi se livre corps et âme, littéralement : nu durant près d’une heure de métrage, exposé, vulnérable, il fallait oser - il l’a fait, avec un naturel confondant et une crédibilité sidérante. Chapeau-bas à cet acteur trop méconnu, qui porte le film sur ses épaules, à l’instar des indigènes, avec une force expressive constamment impressionnante.


Préparez vous au choc, thermique, viscéral, frontal; vous n'en sortirez pas indemne. Jusqu'au vortex.

— le cinéphile du cœur noir 🖤