mercredi 19 novembre 2014

Aliens, le Retour (Aliens)

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine

de James Cameron. 1986. U.S.A. 2h17 (Version Cinema) / 2h34 (Director's Cut). Avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Carrie Henn, Lance Henriksen, Paul Reiser, Bill Paxton.

Sortie salles France: 8 Octobre 1986. U.S: 18 Juillet 1986

FILMOGRAPHIE: James Francis Cameron est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur canadien, nĂ© le 16 AoĂ»t 1954 Ă  Kapuskasing (Ontario, Canada). 1978: Kenogenis (court-mĂ©trage). 1981: Piranhas 2, les Tueurs Volants. 1984: Terminator. 1986: Aliens, le Retour. 1989: Abyss. 1991: Terminator 2. 1994: True Lies. 1997: Titanic. 2003: Les Fantomes du Titanic. 2005: Aliens of the Deep. 2009: Avatar.


Si Ridley Scott innova en matière de space-opera horrifique avec son modèle matriciel Alien, James Cameron en exploite ici le concept sous une facture autrement belliqueuse : Aliens mise autant sur le film de guerre que sur l’horreur tentaculaire d’une hostilitĂ© organique dĂ©multipliĂ©e en masse. ÉpaulĂ©e de Ripley, une escouade de marines et un androĂŻde charitable ont pour mission de gagner la planète LV-426 depuis qu’un groupe de colons s’est volatilisĂ©. EnrĂ´lĂ©s Ă  la rescousse, armĂ©s jusqu’aux dents, ils livreront une bataille sans merci contre des XĂ©nomorphes innombrables, toujours plus vicieux, voraces dans leurs stratĂ©gies meurtrières. Film d’action pur et dur, mis en scène avec une maestria implacable, Aliens, le Retour prend le contre-pied de son modèle, concentrĂ© d’angoisse diffuse et de suggestion, pour s’Ă©riger aujourd’hui en blockbuster homĂ©rique d’une intensitĂ© insatiable. Avec intelligence et efficacitĂ©, Cameron mobilise le potentiel Ă©pique de son histoire au service de la vulnĂ©rabilitĂ© de ses personnages - quand bien mĂŞme un traĂ®tre Ă  bord s’acharne Ă  compromettre la mission pour ramener un spĂ©cimen sur Terre.


Sur le mode opĂ©ratoire du survival, nos combattants, d’abord aveuglĂ©s par une menace insidieuse, redoublent de vigilance pour dĂ©busquer les Aliens tapissant souterrains et plafonds de galeries. Cameron tire Ă  merveille parti de l’aspect anxiogène de ce refuge industriel, de ses laboratoires et navettes spatiales plongĂ©s dans un crĂ©puscule permanent. La première partie mise sur l’attente exponentielle d’un danger sous-jacent, de plus en plus tangible, donc Ă©minemment oppressant. Pour densifier l’enjeu humain, la dĂ©couverte d’une survivante enfantine, adoptĂ©e par le commando, Ă©veille chez Ripley un instinct maternel - elle qui venait d’apprendre la mort de sa propre fille après cinquante-sept ans d’hypersommeil ! Le cinĂ©aste exploite cette complicitĂ© tendre pour les Ă©prouver Ă  une suite de pĂ©rils soudains, alarmistes, Ă©reintants. Enfin, dans un chaos d’incidents techniques — navette de secours pulvĂ©risĂ©e, rĂ©acteur nuclĂ©aire prĂŞt Ă  imploser -, nos baroudeurs persistent, dĂ©ployant stratĂ©gies dĂ©fensives et offensives pour contrer l’envahisseur. Un occupant dĂ©cuplĂ© : des centaines d’Aliens se ruent pour les exterminer dans une voracitĂ© toujours plus vĂ©loce ! Cette alternance de suspense suffocant, d’horreur organique et d’action spectaculaire est charpentĂ©e avec une prĂ©cision d’orfèvre, tenant le spectateur en Ă©tat d’alerte - jusqu’Ă  l’apothĂ©ose : le corps Ă  corps titanesque de Ripley contre la reine Alien ! Le caractère bien trempĂ© de chacun imprime le rĂ©cit d’une bravoure, d’un honneur et d’un sens du sacrifice admirables.


"Ne la touche pas, sale pute !"
Modèle de mise en scène au scalpel, Aliens, le Retour conjugue horreur insidieuse et action guerrière avec un rĂ©alisme d’une intensitĂ© vertigineuse. Il en surgit un grand huit jouissif, dominĂ© par la prestance virile d’une Sigourney Weaver humble et hardie, mère et guerrière Ă  la fois. Formellement fascinant — scĂ©nographie spatiale humide, rubigineuse, effets spĂ©ciaux encore bluffants - ce chef-d’Ĺ“uvre homĂ©rique est enfin transcendĂ© par les percussions Ă©chevelĂ©es de James Horner.

*Bruno
4èx

RĂ©compenses: Oscars du Meilleur Montage Son et des Meilleurs Effets visuels en 1986
Prix Hugo: Meilleur Film en 1987
Kinema Junpo Awards: Meilleur Film Etranger
Saturn Awards: Meilleur Film de Science-Fiction

Le p'tit mot de Laurent !
"Aliens le retour ! du lourd, du très lourd ! C'est vrai que James Cameron n'est pas du genre à filmer des grille-pain pendant une heure sous tous les angles mais plutôt des usines entières ! Après une décennie de d'hégémonie du space op' type Guerre des Etoiles, Cameron nous rappelait que les hommes n'iraient pas dans l'espace seulement comme des rêveurs idéalistes mais y transporteraient leurs arsenaux (du métal perforant, du nucléaire) leurs idéologies (libéralisme, techno-militarisme) et leurs pathologies(névroses, psychose et autres blessures). A part le film "Outland" je ne connais pas d'autres films du genre aussi politiquement explicites(2001,Solaris, Silent Running datant d'avant 1977, il me semble).
Mais l'ami James n'est pas un moraliste, ni un donneur de leçons, c'est un véritable artiste qui n'oublie jamais que le cœur reste la plus fascinante des machines.
Ici, au centre de son immense mécano en voie de détérioration, au milieu des jets de vapeurs et d'acides, au bord du gouffre et de l'autodestruction, quand le cancer gagne, quand la folie guette, il nous bouleverse en faisant de l'attachement (mère/enfant) une condition essentielle de la survie de notre humanité."


Les critiques des autres opus: 
Alien, le Huitième Passager: http://brunomatei.blogspot.fr/2012/04/alien-le-huitieme-passager.html
Alien 3: http://brunomatei.blogspot.com/2011/09/alien-3.html
Alien, la Résurrection: http://brunomatei.blogspot.com/2011/08/alien-la-resurrection.html

mardi 18 novembre 2014

La Dernière Vague. Prix Spécial du Jury, Avoriaz 78.

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site solium.ru

"The Last Wave" de Peter Weir. 1977. Australie. 1h46. Avec Richard Chamberlain, Olivia Hamnett, David Gulpilil, Frederick Parslow, Vivean Gray, Nandjiwarra Amagula, Walter Amagula.

Sortie salles France: Novembre 1977. Australie: 15 Décembre 1977

FILMOGRAPHIE: Peter Weir est un réalisateur australien, né le 21 Août 1944, à Sydney, Australie. 1974: Les Voitures qui ont mangé Paris. 1975: Pique-nique à Hanging Rock. 1977: La Dernière Vague. 1981: Gallipoli. 1982: l'Année de tous les Dangers. 1985: Witness. 1986: Mosquito Coast. 1989: Le Cercle des Poètes Disparus. 1990: Green Card. 1993: Etat Second. 1998: The Truman Show. 2003: Master and Commander. 2011: Les Chemins de la Liberté.

                                         

Fleuron de l'âge d'or du fantastique australien, la Dernière Vague est aujourd'hui souvent rĂ©duit au mutisme auprès des fans du genre, alors que le jeune public en ignore son existence faute de son invisibilitĂ© sur nos Ă©crans. Pourtant couronnĂ© du Prix SpĂ©cial du Jury Ă  Avoriaz et depuis sorti en Dvd chez nous dans un superbe coffret regroupant 4 films fondateurs de Peter Weir, La Dernière Vague symbolise avec subtilitĂ© un fantastique Ă©thĂ©rĂ© autour de visions d'apocalypse, entre rĂŞve prĂ©monitoires et rĂ©alitĂ© pessimiste. Le pitch: A Sydney, Ă  la suite du meurtre d'un aborigène, un avocat tente de dĂ©fendre cinq accusĂ©s mis en cause par ce lynchage communautaire. Au fil de son investigation, David Burton va ĂŞtre assujetti Ă  d'Ă©tranges rĂŞves tĂ©moignant des rites ancestraux d'une tribu aborigène. Et pour endosser l'avocat en perte de repère et en perdition existentielle, il est Ă©tonnant de retrouver ici le bellâtre acteur des Oiseaux se cachent pour mourir au sein d'une oeuvre indĂ©pendante aussi mĂ©taphysique que dĂ©routante ! De par son rythme apathique rĂ©futant le spectacle d'envergure et son atmosphère irrĂ©elle  Ă©manant d'une imagerie onirico-crĂ©pusculaire. 


Si la première partie prodigue un certain effort pour accepter la monotonie ambiante du hĂ©ros en perpĂ©tuel questionnement sur l'idĂ©ologie aborigène, la suite s'avère toujours plus captivante lorsqu'il tente de dĂ©mystifier le rite tribal d'un meurtre commis en rĂ©union. Ainsi, Ă  travers cette Ă©trange intrigue dĂ©nonçant la colonisation de l'homme blanc sur le peuple aborigène, la Dernière Vague fait appel Ă  la tradition de "l'âge d'or", au respect tribal et Ă  leur Ă©thique, lĂ  oĂą l'importance du rĂŞve accorde une grande place pour y surveiller le climat de notre environnement. Et s'il y a trahison d'un de leur membre, le coupable en est sĂ©vèrement châtiĂ© par le pouvoir de la sorcellerie ! Cette race d'esprits que l'on prĂ©nomme ici "Mulkurul" a comme devoir d'y prĂ©dire l'avenir Ă  travers les songes et d'imposer leur nouvelle prĂ©sence lorsque la nature cyclique est sur le point de s'y renouveler ! TraversĂ© de sĂ©quences impressionnantes (mais concises !) d'intempĂ©ries diluviennes, de tempĂŞtes de grĂŞle et de pluie noire, le film emprunte la voie mĂ©taphorique de Dame Nature se rebellant contre l'irrespect de l'homme moderne rĂ©fractaire aux anciennes religions et depuis condamnĂ©es Ă  l'oubli. Une ambiance d'apocalypse y est alors distillĂ©e de par la suggestion de prĂ©dictions cauchemardesques auquel un homme blanc tentera  d'interfĂ©rer parmi la tĂ©lĂ©pathie d'un aborigène pour y percer leurs secrets. Tel ce potentiel achèvement de notre monde venu purifier de nos pĂŞchers toutes formes de civilisations ! Par la force d'images sensitives oĂą l'eau y symbolise autant la puretĂ© que l'Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur d'une violence climatique, la Dernière Vague fait appel Ă  la puissance d'Ă©vocation, au sens de la suggestion afin d'anticiper une angoisse latente toujours plus pessimiste ! 


Le Nouveau Monde
RĂ©flexion mĂ©taphysique sur une perpĂ©tuelle renaissance existentielle et sur le rapport spirituel des rĂŞves, La Dernière Vague fait appel au dĂ©chaĂ®nement de la nature pour nous rappeler son omnipotence face Ă  notre Ă©gocentrisme. EpaulĂ© du score lancinant de Charles Wain, d'une photo naturelle et de l'interprĂ©tation habitĂ©e d'un Richard Chamberlain transi d'Ă©moi (sans doute son meilleur rĂ´le !), cette enquĂŞte mystique aussi fascinante qu'inquiĂ©tante laisse en exergue une vision plutĂ´t crĂ©pusculaire de notre avenir. Et ce avant qu'un nouveau monde n'Ă©clot... Chef-d'oeuvre.

*Bruno 
07.10.20. 
23.06.23. 5èx

Récompenses: Prix Spécial du Jury à Avoriaz en 1978
Meilleure Photographie, Meilleur Son lors des Australian Film Institute Awards, 1978
Meilleur Acteur, Richard Chamberlain au Festival du film de Catalogne, 1982.

                                    

lundi 17 novembre 2014

La Morte-Vivante

                                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site t411.me

de Jean Rollin. 1982. France. 1h29. Avec Marina Pierro, Françoise Blanchard, Mike Marshall, Carina Barone, Jean-Pierre Bouyxou.

FILMOGRAPHIE: Jean Michel Rollin, Roth Le Gentil est un réalisateur, producteur et scénariste français, né le 3 novembre 1938 à Neuilly-sur-Seine (France), décédé le 15 Décembre 2010.
1958 : Les Amours jaunes, 1961 : Ciel de cuivre, 1963 : L'Itinéraire marin, 1964 : Vivre en Espagne, 1965 : Les Pays loin, 1968 : Le Viol du vampire, 1969 : La Vampire nue, 1970 : Le Frisson des vampires, 1971 : Requiem pour un vampire, 1973 : La Rose de fer, 1974 : Les Démoniaques, 1975 : Lèvres de sang, 1978 : Les Raisins de la mort, 1979 : Fascination,1980 : La Nuit des traquées, 1981 : Fugues mineures (Les Paumées du petit matin), 1981 :Le Lac des morts vivants (sous le pseudonyme de J. A. Lazer), 1982 : La Morte vivante, 1984 :Les Trottoirs de Bangkok, 1985 : Ne prends pas les poulets pour des pigeons (sous le pseudonyme de Michel Gentil), 1989 : Perdues dans New York, 1990 : La Griffe d'Horus(TV), 1991 : À la poursuite de Barbara, 1993 : Killing Car, 1997 : Les Deux Orphelines vampires, 2002 : La Fiancée de Dracula, 2007 : La Nuit des horloges, 2010 : Le Masque de la Méduse.


Dans la mouvance du gore transalpin qui Ă©claboussa les Ă©crans Ă  l’orĂ©e des annĂ©es 80, Jean Rollin profite du filon commercial pour mettre en scène La Morte-Vivante. Une sĂ©rie Z franchouillarde, truffĂ©e de maladresses et d’incohĂ©rences, mais nĂ©anmoins rattrapĂ©e par une thĂ©matique dĂ©jĂ  explorĂ©e avec force par le magnifique Moi, zombie, chronique de la douleur et Le Jour des morts-vivants : la rĂ©surgence d’une conscience Ă  travers le regard d’un zombie.

Synopsis: Après avoir dĂ©posĂ© des fĂ»ts toxiques dans la crypte d’un château, trois hommes rĂ©veillent l’âme de la dĂ©funte Catherine Valmont. LivrĂ©e Ă  sa nouvelle dĂ©chĂ©ance, elle tue de sang-froid les intrus, mue par un instinct sanguinaire. Seule dans le château, Catherine se replie sur ses souvenirs d’enfance, se remĂ©morant HĂ©lène, son amie la plus chère, avec qui elle partageait une complicitĂ© fusionnelle.

Produit commercial surfant sur la vague des zombie movies impulsĂ©e par Fulci, Lenzi, Bianchi et consorts, La Morte-Vivante exploite avant tout l’explicite de ses situations gores, Ă©manant du comportement erratique d’une hĂ©roĂŻne avide de sadisme et de sang frais. Ă€ l’aide de trucages en latex rudimentaires mais efficaces, Rollin ne lĂ©sine pas sur le racolage, filmant en gros plan plaies bĂ©antes et chairs dĂ©chiquetĂ©es. PortĂ© par des comĂ©diens inexpressifs et une rĂ©alisation approximative, le film prĂŞte souvent Ă  sourire par son aspect aussi ridicule que fauchĂ©. Or, la sensibilitĂ© singulière de son auteur finit par capter l’attention, nous entraĂ®nant dans le cheminement indĂ©cis d’une morte-vivante victime de sa condition meurtrière et de son isolement.

Autour de son errance nocturne et de la relation tendre qu’elle renoue avec son amie d’enfance, Ă©mergent les thèmes de l’amour, de la rĂ©miniscence, de l’amitiĂ©, du sacrifice et du sentiment, lovĂ©s dans l’intimitĂ© fragile de deux femmes compromises par une dĂ©rive sanguinaire. Les rĂ´les s’inversent alors : Catherine, gagnĂ©e par une forme de conscience et de sensibilitĂ©, se dĂ©tourne de ses exactions morbides, tandis qu’HĂ©lène persĂ©vère dans l’avilissement, prĂŞte Ă  sombrer pour combler le vide existentiel de sa compagne.


Liens d’amour et de sang
En dĂ©pit de son amateurisme et de ses inĂ©vitables maladresses parfois risibles, La Morte-Vivante parvient Ă  divertir et attendrir, nimbĂ©e d’un romantisme funèbre portĂ© par une zombie livide, vĂŞtue de blanc. Si sa dimension psychologique reste maladroitement exploitĂ©e et que la fadeur des comĂ©diens lui nuit, on s’attache nĂ©anmoins Ă  la destinĂ©e singulière de Catherine, fantĂ´me abandonnĂ© de Dieu comme de la mort. Un film intimiste Ă  rĂ©server aux inconditionnels du cinĂ©ma personnel et imparfait de Jean Rollin.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

26.12.25. 3èx


vendredi 14 novembre 2014

Spectre / The Boogeyman

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

de Ulli Lommel. 1980. U.S.A. 1h22. Avec Suzana Love, Ron James, John Carradine, Nicholas Love, Raymond Boyden, Felicite Morgan.

Sortie salles France: 15 Juillet 1981. U.S: 11 Juillet 1980

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Ulli Lommel est un rĂ©alisateur, acteur et scĂ©nariste allemand, nĂ© le 21 DĂ©cembre 1944 Ă  Sulecin (Pologne). 1973: La Tendresse des Loups. 1979: CocaĂŻne Cowboys. 1980: Spectre. 1980: Blank Generation. 1983: The Devonsville Terror. 1983: Mad Night. 1983: Boogeyman 2. 1985: A la poursuite de la pierre sacrĂ©e. 1986: Overkill. 1989: Top Gun Sacrifice. 1994: Marilyn my love. 1997: Alien X Factor. 1998: Bloodsuckers. 2005: Zodiac Killer. 2005: B.T.K Killer. 2006: The Raven. 2007: Borderline Cult. 2007: Curse of the Zodiac. 2007: The Tomb. 2008: Son of Sam. 2008: Dungeon Girl.


"Une graine (maudite) de film culte que ce psycho-killer surnaturel." 
SĂ©rie B bisseuse des annĂ©es 80 totalement oubliĂ©e de nos jours, Spectre rencontra le succès lors de sa sortie en salles US et durant son exploitation vidĂ©o dans l'hexagone. RĂ©alisĂ© par Uli Lommel, cinĂ©aste prolifique comptabilisant une cinquantaine de films Ă  son curriculum, le film surfe sur le succès en vogue du psycho-killer initiĂ© par Halloween ainsi que le film sataniste inspirĂ© de l'Exorciste et d'Amityville (la demeure familiale de nos hĂ©ros ressemble d'ailleurs Ă©trangement Ă  celle des Lutz). 
Ainsi, ce curieux mĂ©lange des genres aurait pu sombrer dans la gaudriole s'il n'eut bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une idĂ©e aussi originale que retorse, alors que son ambiance inquiĂ©tante nous plonge avec dĂ©lice dans un univers susceptible. Car par l'entremise d'un miroir brisĂ©, le fantĂ´me d'un tortionnaire d'enfants revient ici d'entre les morts pour se venger d'eux et de leurs proches. 

L'intrigue dĂ©butant avec un prologue particulièrement sordide lorsqu'un frère et une soeur, Lacey et Willy, sont Ă  nouveau les souffres douleurs d'un beau-père pervers parmi le tĂ©moignage complice de leur mère. En particulier Willy retrouvĂ© enchaĂ®nĂ© sur son lit pendant que les bourreaux copulent dans la pièce d'Ă  cĂ´tĂ©. Finalement libĂ©rĂ© par sa soeur cadet, il se prĂ©cipite dans leur chambre pour poignarder sauvagement son beau-père Ă  plusieurs reprises. 


20 ans plus tard, nous retrouvons Lacey et Willy hĂ©bergĂ©s chez leurs grands-parents mais profondĂ©ment dĂ©stabilisĂ©s par cette sanglante tragĂ©die. Alors que Lacey trouve le soutien auprès de son mari Kevin, Willy se terre dans le mutisme depuis son exaction criminelle. Mais afin d'exorciser leurs dĂ©mons, Lacey dĂ©cide tout de mĂŞme de retourner dans la maison de leur enfance en se confrontant au fantĂ´me du beau-père dans le reflet d'un miroir. 

Ce pitch Ă  la limite du grotesque rĂ©ussit miraculeusement Ă  Ă©viter le ridicule de par la persuasion du sentiment de danger et l'efficacitĂ© de sa rĂ©alisation oscillant entre l'expectative du suspense et les altercations morbides. Tant auprès de l'accomplissement des meurtres aussi inventifs que sanglants, de l'ambiance glauque agrĂ©ablement diffuse que de la conduite soutenue du rĂ©cit, Spectre parvient donc Ă  captiver par le biais d'une hostilitĂ© invisible particulièrement sournoise. Et pour renforcer et avertir la sensation de danger, un soupir lourd nous est imposĂ© durant ses dĂ©placements en camĂ©ra subjective, quand bien mĂŞme le score envoĂ»tant de Tim Krog amplifie ce trouble sentiment de prĂ©sence irrĂ©elle. 
Et si le manque de cohérence de certains personnages s'y fait parfois sentir dans leur apathie de stupeur et que l'approximation des dialogues avait gagné à être mieux argumenté (bien qu'on a largement vu pire ailleurs), la bonne volonté des comédiens réussit tout de même à insuffler une réelle sympathie à travers leur fonction de victimes éprouvées et leur bravoure de dernier ressort (le final délirant s'avérant explosif pour leur combat opposé aux forces du Mal).


Grâce Ă  son ambiance ombrageuse plutĂ´t palpable, sa photo soignĂ©e, son score lancinant et l'originalitĂ© d'un pitch dĂ©tonnant, Spectre rĂ©ussit Ă  provoquer charme et sympathie Ă  travers un esprit naĂŻf de bisserie dĂ©licieusement rĂ©tro. A prĂ©coniser aux nostalgiques de l'Ă©poque, le film Ă©tant aujourd'hui encore plus attachant dans sa sincĂ©ritĂ© maladroite mais assez efficace et semĂ© de trouvailles si bien que l'on s'amuse Ă  se surprendre de ses effets chocs escomptĂ©s. Enfin, notons Ă©galement l'apparition clin d'oeil de David Carradine dans un rĂ´le avenant de psychiatre sclĂ©rosĂ©.

DĂ©dicace Ă  Adrien Pennequin et remerciement Ă  Uncut Movies et Lupanars visions
Bruno Matéï
04/02/22/ 4èx

    jeudi 13 novembre 2014

    L'ETRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS

                                                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

    de Bruno Forzani et Hélène Cattet. 2014. France/belgique/Luxembourg. 1h41. Avec Klaus Tange, Jean-Michel Vovk, Sylvia Camarda, Sam Louwyck, Anna D'Annunzio.

    Sortie salles France: 12 Mars 2014

    FILMOGRAPHIE: Bruno Forzani et Hélène Cattet sont un couple de cinéastes français résidant à Bruxelles.
    2010: Amer. 2013: L'Etrange couleur des Larmes de ton corps.


    Après leur premier coup d'essai Amer qui avait tant divisĂ© son public, le duo Forzani/Cattet rĂ©explore l'univers du giallo auteurisant Ă  coup de stylisme alambiquĂ© et d'expĂ©rimentation sensorielle. Un tĂ©lĂ©phoniste rentre dans son appartement et dĂ©couvre que sa femme a disparu. Perdu dans sa solitude, il tente de la retrouver dans son immeuble parmi la compagnie de voisins interlopes et parmi l'Ă©trangetĂ© de sons stridents. 


    Autant prévenir de suite, tous les spectateurs qui avaient été frustrés par l'hermétisme de l'intrigue en triptyque d'Amer risquent à nouveau de faire grise mine avec l'Etrange couleur des larmes de ton corps ! Notre couple de cinéastes continuant de verser dans l'expérimental et de pousser au paroxysme une imagerie sensuello-morbide imbriquée dans une trame aussi vertigineuse que nonsensique. C'est du moins mon ressenti personnel en tant que témoin d'un premier visionnage auquel il sera ici impossible de disserter de manière objective ! Le film se révélant à nouveau une expérience sensitive encore plus aboutie d'un point de vue stylisé et plus organique dans la manière vénéneuse dont les auteurs exploitent un dédale d'obsessions du corps féminin et du regard oculaire avant les coups de lames acérées. Formellement sublime dans sa maîtrise picturale (les cadrages tarabiscotés accumulent avec frénésie les prouesses techniques !) magnifiant la présence suspicieuse des protagonistes comme celle de sa scénographie art-déco, l'Etrange couleur des larmes de ton corps fait appel au sens olfactif, au tactile et à l'ouïe (la BO vintage honore des tubes transalpins quand bien même les bruitages stridents ne cessent de nous agresser !). De cette fantasmagorie baroque et sexuelle émane une confusion (volontaire) d'écriture pour mieux nous égarer dans un labyrinthe de paranoïa où inceste, sadomasochisme et fétichisme sont étroitement liés.


    Fascinant et agaçant à la fois, de par l'incompréhension de l'intrigue, la multiplicité des plans rapides et l'attitude équivoque des protagonistes surgis parfois de nulle part, l'Etrange couleur des larmes de ton corps s'avère une expérience fulgurante dans son maelstrom de séquences hallucinées faisant office d'anthologie atypique. Inévitablement, cette expérience avec l'art du cinéma déchaînera une fois de plus les passions comme celle des déceptions. Mais aussi abstrait et nébuleux, ce giallo néo-surréaliste pourrait à nouveau séduire et éclaircir l'interrogation du spectateur au fil d'autres visionnages. Et quitte à insister, l'hypnose impartie au florilège de séquences oniriques n'a jamais été contemplé de manière aussi symétrique sur la toile !

    Bruno Matéï

    mercredi 12 novembre 2014

    LES GARDIENS DE LA GALAXIE (Guardians of the Galaxy)

                                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dailymars.net

    de James Gunn. 2014. U.S.A. 2h01. Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, David Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper, Lee Pace, Michael Rooker, Karen Gillan, Djimon Hounson, John C. Reilly, Glenn Close, Benicio Del Toro.

    Sortie salles France: 13 Août 2014. U.S: 1er Août 2014

    FILMOGRAPHIEJames Gunn est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur, producteur et directeur de photo, nĂ© le 5 AoĂ»t 1970 Ă  Saint Louis, dans le Missouri (Etats-Unis). 2006: Horribilis. 2010: Super. 2013: My Movie Project (Segment: Beezel). 2014. Les Gardiens de la Galaxie.


    Dixième film consacrĂ© Ă  Marvel, les Gardiens de la Galaxie est l'adaptation du Comic Ă©ponyme créé en 1969. James Gunn nous narrant ici les exploits du terrien Peter Jason, enlevĂ© par des extra-terrestres dès son plus jeune âge, et devenu depuis un marginal parmi une Ă©quipe de mercenaires. Après avoir dĂ©couvert l'Orbe sur la planète Morag, un objet convoitĂ© par le dictateur Ronan et Thanos le Titan, Peter va devoir faire Ă©quipe avec quatre chasseurs de prime et se livrer Ă  une guerre sans merci pour sauver de l'apocalypse la planète Xandar. Car depuis un concours de circonstances pĂ©rilleuses, telle leur dĂ©tention houleuse en interne d'un pĂ©nitencier, l'Orbe va revenir entre les mains de Ronan et dĂ©clencher l'inĂ©vitable offensive. Blockbuster estival estampillĂ© tous publics, les Gardiens de la Galaxie joue la carte du divertissement homĂ©rique Ă  travers ses batailles spatiales hĂ©ritĂ©es de Star Wars et ses combats martiaux furtifs influencĂ©s par le jeu-vidĂ©o. BourrĂ© de sĂ©quences spectaculaires et de gadgets inventifs dans un univers flamboyant des plus dĂ©paysants, l'intrigue cousue de fil blanc se condense Ă  une lutte entre le Bien et le Mal, un enjeu belliqueux pour la sauvegarde de l'humanitĂ©. En dĂ©pit de cette histoire Ă©culĂ©e Ă  la forte impression de dĂ©jĂ  vu, le film rĂ©ussit Ă  provoquer l'amusement par son esprit dĂ©complexĂ© d'humour dĂ©calĂ© Ă©manant de situations farfelues et par l'extravagance de personnages indĂ©cis. 


    Prioritairement le raton laveur génétiquement modifié, Rocket, au caractère entêté, et son adjoint, Groot, un arbre humanoïde toujours à l'affût du moindre danger pour le protéger. Outre la solidarité de ses compères unis par la confiance, il y a également Gamora, ancienne partisane de Ronan, reconvertie aujourd'hui en gardienne afin de détruire l'Orbe, puis enfin, Drax, un colosse avide de vengeance depuis la mort de sa femme et de sa fille. Ses quatre mercenaires vont finalement prêter main forte au terrien Peter après avoir essuyé plusieurs conflits d'autorité et de divergence vis à vis de l'Orbe, objet sphérique pourvu d'un pouvoir destructeur. Grâce à la loyauté de leur leader, ils vont apprendre à transgresser leur peur et leur faiblesse dans une cohésion fraternelle. Emaillés de séquences poétiques (la situation précaire de Gamora éjectée dans l'espace, le final fulgurant !) ou de moments d'émotion prude (la séquence d'ouverture dévoilant la condition cancéreuse de la mère de Peter, le cadeau d'adieu de ce dernier dévoilé en épilogue), Les Gardiens de la Galaxie n'oublie pas la dimension humaine de ces justiciers prônant les valeurs familiales, de camaraderie, du courage, du pardon, d'amour et du sens du sacrifice.


    MalgrĂ© l'aspect rebattu de son scĂ©nario prĂ©mâchĂ©, Les Gardiens de la Galaxie rĂ©ussit Ă  Ă©mouvoir et divertir par l'entremise d'un rĂ©cit initiatique moins anodin qu'il n'y parait. A l'instar de sa plaidoirie contre la dictature des guerres et de l'injustice. Haut en couleurs, rafraĂ®chissant, plein d'humour et de vitalitĂ©, il s'en dĂ©tache un capital sympathie infaillible pour son ode musicale Ă  l'Ă©vasion. 

    Dédicace à Stéphane Passoni
    Bruno Matéï

    mardi 11 novembre 2014

    Patrick

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

    de Richard Franklin. 1978. Australie. 1h52. Avec Robert Thompson, Susan Penhaligon, Robert Helpmann, Rod Mullinar, Bruce Barry, Julia Blake, Helen Hemingway

    Sortie salles France: 9 Mai 1979. Australie: 1er Octobre 1978

    FILMOGRAPHIE: Richard Franklin est réalisateur et producteur australien, né le 15 Juillet 1948 à Melbourne (Australie), décédé le 11 Juillet 2007. 1972: Belinda. 1973: Loveland. 1975: The True Story of Eskimi Nell. 1976: Fantasm. 1978: Patrick. 1981: Déviation Mortelle. 1983: Psychose 2. 1984: Cloak and dagger. 1986: Link. 1991: FX 2, effets très spéciaux. 1994: Un Agent très spécial (télé-film). 1995: Hotel Sorrento. 1996: Brillliant Lies. 1997: One way Ticket (Télé-film). 1999: Le monde perdu de Sir Arthur Conan Doyle: la découverte (télé-film). 2003: Visitors.


    Quel Ă©trange ovni que ce Patrick, production australienne rĂ©compensĂ©e du Grand Prix Ă  Avoriaz en 1979, alors que ses compères Halloween et Phantasm Ă©copent successivement du Prix de la Critique et du Prix SpĂ©cial du Jury. Un prĂ©judice portĂ© au classique onirique de David Schmoeller, Tourist Trap, puisque passĂ©e dans l'indiffĂ©rence des membres du Jury prĂ©sidĂ©s par Roger Corman. Prochainement responsable du sympathique DĂ©viation Mortelle et des excellents Psychose 2 et Link (son meilleur film !), Richard Franklin aborde le thème de la psychokinĂ©sie Ă  travers le châtiment d'un patient de 24 ans plongĂ© dans un coma Ă  la suite du meurtre de sa mère et de son amantSynopsis: SoignĂ© dans l'institut privĂ© du Dr Roget, praticien cruel dĂ©libĂ©rĂ© Ă  le maintenir en vie afin de dĂ©mystifier les secrets de la mort, Patrick est chaudement accueilli par l'infirmière nĂ©ophyte, Katy Jacquart. Epris d'affection Ă  travers leur complicitĂ© de confiance, ils vont entretenir une curieuse relation amicale en communicant avec une machine Ă  Ă©crire. Mais des phĂ©nomènes paranormaux toujours plus violents vont Ă©branler la sĂ©rĂ©nitĂ© de l'infirmière et de son entourage, Patrick Ă©tant maladivement jaloux de ses relations extraconjugales. 


    Alliant le surnaturel et la romance entre l'infirmière empathique et le tueur nanti de pouvoirs tĂ©lĂ©kinĂ©siques, Patrick est une Ă©trange curiositĂ© pourvue d'une intrigue intĂ©ressante (l'impuissance d'un criminel alitĂ© transcendĂ©e par ses pouvoirs paranormaux et provoquant le malheur des autres Ă  distance !) et d'une certaine efficacitĂ© auprès de son Ă©volution narrative davantage opaque. On peut toutefois prĂ©ciser que la mĂŞme annĂ©e Jack Gold exploitera avec plus d'habiletĂ©, de rythme et de maĂ®trise le mĂŞme concept avec le spectaculaire la Grande Menace. Et si l'intrigue insolite se laisse ici efficacement suivre de par la sincĂ©ritĂ© d'une mise en scène s'efforçant de bien faire et du jeu attachant des acteurs au physique standard, la langueur de son rythme pourrait peut-ĂŞtre dĂ©motiver une partie des spectateurs de par son absence d'action si on Ă©lude 2/3 scènes chocs assez rĂ©ussies vers l'ultime demi-heure. Outre l'aimable bonhomie de la jeune actrice Susan Pehhaligon en infirmière avenante et affirmĂ©e s'efforçant de comprendre son patient solitaire, la prĂ©sence Ă©quivoque de Robert Thompson en tueur mutique habitĂ© d'un regard aussi figĂ© qu'impassible parvient constamment Ă  instaurer un climat d'inquiĂ©tude, notamment Ă  travers leurs sentiments ambigus d'amour et de rancoeur. 


    Petit film fantastique adulte rĂ©futant le gore et le grand-guignol si bien que la suggestion est de rigueur, Patrick parvient Ă  Ă©veiller l'intĂ©rĂŞt par son propos original et l'Ă©trangetĂ© de son ambiance surnaturelle  ne ressemblant Ă  nulle autre. Il y Ă©mane une sympathique curiositĂ© redoutablement Ă©trange que les nostalgiques de la sacro-sainte VHS (merci VIP) auront encore plaisir Ă  suivre. 

    Bruno Matéï
    11/11/14
    21/04/02
    28.02.23. 4èx. Vf

    Récompense: Grand Prix à Avoriaz en 1979

    lundi 10 novembre 2014

    Dolls / Les Poupées

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site thelightningbugslair.com

    de Stuart Gordon. 1987. U.S.A. 1h17. Avec Carolyn Purdy-Gordon, Patrick Williams Ian, Carrie Lorraine, Guy Rolfe, Hilary Mason, Bunty Bailey, Cassie Stuart, Stephen Lee.

    Sortie salles U.S: Mars 1987

    FILMOGRAPHIE: Stuart Gordon est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 11 AoĂ»t 1947 Ă  Chicago (Illinois). 1979: Bleacher Bums (tĂ©lĂ©-film). 1985: RĂ©-Animator. 1986: Aux portes de l'au-delĂ . 1987: Dolls. 1988: Kid Safe (tĂ©lĂ©-film). 1990: Le Puits et le Pendule. 1990: La Fille des TĂ©nèbres. 1990: Robojox. 1993: Fortress. 1995: Castle Freak. 1996: Space Truckers. 1998: The Wonderful ice cream suit. 2001: Dagon. 2003: King of the Ants. 2005: Edmond. 2005: Masters of Horro (le cauchemar de la sorcière - Le Chat Noir). 2007: Stuck. 2008: Fear Itself. 


    Le pitch : Sur une route de campagne isolĂ©e, une fillette, son père et la maĂ®tresse de celui-ci trouvent refuge dans un manoir pour s’abriter de l’orage. Chaleureusement accueillis par le couple de propriĂ©taires, ils sont bientĂ´t rejoints par un routier flanquĂ© de deux punkettes. Mais dans la nuit, d’Ă©tranges Ă©vĂ©nements viennent troubler la quiĂ©tude des hĂ´tes…

    Après la rĂ©vĂ©lation Re-Animator et le non moins excellent From Beyond, Stuart Gordon s’attelle au conte de fĂ©es pour adultes avec Dolls. Une petite production soigneusement fignolĂ©e, portĂ©e par la limpiditĂ© inspirĂ©e du rĂ©cit, le charisme des comĂ©diens en roue libre, et surtout par l’apparence enfantine des poupĂ©es douĂ©es de vie. RĂ©alisĂ©es pour la plupart en stop-motion, ces jouets minimalistes dĂ©gagent une aura Ă  la fois machiavĂ©lique et onirique : derrière leur fausse candeur, leurs dĂ©placements engendrent une violence sardonique sur des victimes dĂ©munies.


    Mieux encore, avec l’autoritĂ© d’un maĂ®tre artisan, Gordon les caractĂ©rise dans un apparat manuel, tĂ©moin d’un patrimoine sĂ©culaire. Ă€ travers cette fable en forme de plaidoyer pour le droit au rĂŞve et Ă  l’enfance enfouie, il rend hommage Ă  la magie des jouets, mĂŞlĂ©e ici Ă  l’occultisme de vieillards tapissĂ©s dans un manoir gothique. Si le scĂ©nario linĂ©aire s’articule autour des exactions de poupĂ©es vengeresses, punissant la cruautĂ© des adultes abusifs, la mise en scène, elle, nous saisit par l’efficacitĂ© d’un conte dĂ©tournĂ©, gorgĂ© de dĂ©rision macabre. En prime, le charme des personnages (la bouille candide de Judy, Ă©paulĂ©e par son nouvel alliĂ© Ralph ; l’ambivalence bienveillante du vieux couple) suscite une rĂ©elle empathie — et mĂŞme une bonhomie naĂŻve — Ă  se laisser attendrir par l’alchimie de ces jouets après en avoir frissonnĂ©.


    La Plus longue nuit du Monde ! 
    Éloge de l’amour des jouets et de la magie de l’enfance imprimĂ©e en chacun de nous (du moins, pour ceux qui ont su la prĂ©server !), Dolls renoue avec une Ă©pouvante archaĂŻque, transposĂ©e dans un Ă©crin moderne oĂą sang, angoisse et humour noir font bon mĂ©nage. Il s’en dĂ©gage un pouvoir de fascination tenace, au fil du cheminement inquiĂ©tant de nos hĂ©ros confrontĂ©s Ă  la vendetta des poupĂ©es — d’autant que la qualitĂ© des trucages renforce la dimension dĂ©moniaque de leur autonomie. Conte gothico-surnaturel, Dolls transcende l’amour de la sĂ©rie B avec charme, frissons et tendresse, en une plaidoirie sincère pour l’Ă©ducation des enfants… et l’apprentissage nĂ©cessaire de leurs peurs. 

    *Bruno 
    19.05.25. Vost. 5èx
    10.11.14
    24.06.10

    vendredi 7 novembre 2014

    La Rose de fer

                                                                 Photo empruntĂ© sur Google 

    de Jean Rollin. 1973. France. 1h20. Avec Françoise Pascal, Hugues Quester, Natalie Perrey, Michel Delesalle, Mireille Dargent (sous le nom de "Dily D'Argent"), Jean Rollin.

    FILMOGRAPHIE: Jean Michel Rollin, Roth Le Gentil est un réalisateur, producteur et scénariste français, né le 3 novembre 1938 à Neuilly-sur-Seine (France), décédé le 15 Décembre 2010.
    1958 : Les Amours jaunes, 1961 : Ciel de cuivre, 1963 : L'Itinéraire marin, 1964 : Vivre en Espagne, 1965 : Les Pays loin, 1968 : Le Viol du vampire, 1969 : La Vampire nue, 1970 : Le Frisson des vampires, 1971 : Requiem pour un vampire, 1973 : La Rose de fer, 1974 : Les Démoniaques, 1975 : Lèvres de sang, 1978 : Les Raisins de la mort, 1979 : Fascination,1980 : La Nuit des traquées, 1981 : Fugues mineures (Les Paumées du petit matin, 1981 :Le Lac des morts vivants (sous le pseudonyme de J. A. Lazer), 1982 : La Morte vivante, 1984 :Les Trottoirs de Bangkok, 1985 : Ne prends pas les poulets pour des pigeons (sous le pseudonyme de Michel Gentil), 1989 : Perdues dans New York, 1990 : La Griffe d'Horus(TV), 1991 : À la poursuite de Barbara, 1993 : Killing Car, 1997 : Les Deux Orphelines vampires, 2002 : La Fiancée de Dracula, 2007 : La Nuit des horloges, 2010 : Le Masque de la Méduse.


    Franc-tireur du fantastique français des seventies, Jean Rollin n’a jamais rĂ©ellement gagnĂ© les faveurs du public ni de la critique dans notre cher pays, frileux envers le genre, malgrĂ© une poignĂ©e d’aficionados reconnaissant en lui la patte d’un auteur singulier, adepte d’atmosphères onirico-sensuelles. Ă€ l’inverse, des cohortes de fans d’Outre-Manche continuent de lui vouer un vĂ©ritable culte autour de sa filmographie fantastique ; rappelons d’ailleurs que le cinĂ©aste Ĺ“uvra aussi dans la pornographie afin de renflouer ses Ă©checs commerciaux rĂ©currents. RĂ©alisĂ© en 1973, La Rose de Fer ne dĂ©roge pas Ă  la règle du fiasco critique et public, alors mĂŞme qu’il s’agit pourtant de l’une de ses Ĺ“uvres les plus personnelles et envoĂ»tantes, loin s’en faut. Le rĂ©cit, volontairement linĂ©aire, suit l’errance nocturne d’un couple d’amoureux dans un cimetière de Picardie - Ă  Amiens plus prĂ©cisĂ©ment, non loin de chez moi.


    Durant toute une nuit, les amants arpentent les allĂ©es, cherchant en vain l’issue. Peu Ă  peu, l’angoisse de ce lieu morbide gangrène leur relation, jusqu’Ă  ce que la jeune femme se laisse envahir par l’ivresse d’une douce dĂ©mence, en rĂ©sonance intime avec les morts. SĂ©duite par l’aura spirituelle Ă©manant des pierres tombales et par le silence paisible qui règne dans l’air, elle finit par communier avec les âmes des dĂ©funts, improvisant quelques pas de danse, allant jusqu’Ă  enlacer un crâne pour leur tĂ©moigner son amour. Éloge de la mort et de l’Ă©ternitĂ© nocturne, La Rose de Fer se love dans un climat onirique de huis clos gothique, parmi sculptures de pierre et caveaux funĂ©raires. C’est une vĂ©ritable promenade avec l’au-delĂ  que nous propose Jean Rollin, portĂ©e par son rythme languissant - sans jamais ennuyer - et par la complicitĂ© naturelle de comĂ©diens semi-amateurs, Ă©tonnamment convaincants, Ă  commencer par Françoise Pascal, d’une innocence discrètement fougueuse. La rĂ©alisation bricolĂ©e, parfois traversĂ©e d’images fantasmagoriques en clair-obscur saisissant, conjuguĂ©e Ă  un jeu d’acteurs presque improvisĂ©, distille un charme trouble, embarquant le spectateur dans un requiem de la solitude. Bien sĂ»r, pour se laisser happer par cette expĂ©rience mystique, il faut accepter la monotonie et la maladresse - si attachantes - de l’ensemble, et surtout Ă©pouser le style très particulier de Jean Rollin, cĂ©dant volontiers au non-sens pour mieux nous perdre dans son univers de fantasmes et d’Ă©rotisme dĂ©lectable.


    "Songe d’une pierre tombale."
    Beau, envoûtant, parfois bercé par une musique lancinante ou soudain dissonante, La Rose de Fer est un étrange voyage au royaume des morts, une promenade spirituelle en leur compagnie, où la douceur de la nuit finit par nous convaincre de la paix de leur repos éternel. Un superbe poème sépulcral, aussi fascinant que singulier - surtout au sein du paysage hexagonal. Probablement mon film préféré de la carrière de Jean Rollin.


    — le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

    Dédicace à Daniel Aprin et Mathias Chaput

    13/12/25. 3èx

    jeudi 6 novembre 2014

    BONNIE AND CLYDE

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site notapaxamericana.wordpress.com

    d'Arthur Penn. 1967. U.S.A. 1h51. Avec Warren Beatty, Faye Dunaway, Gene Hackman, Estelles Parsons, Michael J. Pollard, Denver Pyle, Dub Taylor, Evans Evans, Gene Wilder.

    Sortie salles France: 8 Novembre 1967. U.S: 13 Août 1967

    Récompenses: Oscars 1968. Meilleure Actrice de second rôle, Estelle Parsons.
    Meilleure Photographie: Burnett Guffey

    FILMOGRAPHIE: Arthur Penn est un réalisateur américain, né le 27 Septembre 1922 à Philadelphie, décédé le 28 Septembre 2010 à Manhattan, New-York.
    1958: Le Gaucher. 1962: Miracle en Alabama. 1965: Mickey One. 1966: La Poursuite Impitoyable. 1967: Bonnie and Clyde. 1969: Alice's Restaurant. 1970: Litlle Big Man. 1975: La Fugue. 1976: Missouri Breaks. 1981: Georgia. 1985: Target. 1987: Froid comme la Mort. 1989: Penn and Teller get killed. 1995: Lumière et Compagnie (segment).


    Deux ans avant La Horde Sauvage, une oeuvre polémique avait également rivalisé d'audace dans son traitement de la violence exacerbée par des éclaboussures de sang parfois filmées au ralenti. A l'instar de la fusillade finale perpétrée sur le couple de gangsters après avoir été pris au dépourvu lors d'un guet-apens policier. Beaucoup ont reproché la complaisance de cette séquence restée dans les annales pour sa sauvagerie radicale et considérée à raison comme l'une des morts les plus sanglantes du cinéma. Pourtant, dans la réalité des faits, 150 impacts de balles ont été dénombrés sur la carrosserie des braqueurs. On ne peut donc reprocher à Arthur Penn d'avoir voulu surenchérir dans le racolage facile, ce dernier ne faisant que retracer fidèlement la mort de Bonnie and Clyde dans la folie cruelle du règlement de compte.


    Enorme succès Ă  sa sortie, le film doit beaucoup de sa notoriĂ©tĂ© au couple glamour imposĂ© par Warren BeattyFaye Dunaway, alors qu'Ă  la base c'est Ă  Jane Fonda qu'Ă©tait imparti le rĂ´le de la serveuse fĂ©rue de passion et d'Ă©vasion auprès d'un indĂ©fectible braqueur de banque. Un duo devenu aussi lĂ©gendaire que nos vrais criminels qui exĂ©cutèrent durant leur pĂ©riple pas moins de 12 personnes dans le sud-ouest amĂ©ricain de la grande dĂ©pression. Sublime de sensualitĂ© et fiĂ©vreuse d'ardeur, Faye Dunaway crève l'Ă©cran dans sa prestance de criminelle endurcie pour sa nouvelle condition dĂ©linquante mais nĂ©anmoins dĂ©sarçonnĂ©e par l'absence de sa mère et l'impuissance de son amant. Charismatique en diable et un brin trop Ă©lĂ©gant, Warren Beatty se fond pourtant dans la peau de Clyde Barrow avec stoĂŻcitĂ© malgrĂ© ses brefs instants de culpabilitĂ© lorsqu'il ose commettre son premier meurtre de sang froid auprès d'un citadin innocent. Souffle romanesque et Ă©pique se tĂ©lescopent incessamment sous la camĂ©ra virtuose d'Arthur Penn, l'auteur s'Ă©tant vĂ©ritablement inspirĂ© Ă  retracer cette Ă©quipĂ©e sauvage parmi la complicitĂ© de seconds rĂ´les aussi irresponsables (Moss, le jeune pompiste, Buck, le frère aĂ®nĂ©e de Clyde, et sa femme Blanche) venus prĂŞter main forte au couple de braqueurs toujours plus Ă©puisĂ©s Ă  dĂ©jouer les embuscades policières. Cette traque homĂ©rique traversĂ©e d'âpres Ă©clairs de violence met bien en exergue l'inconscience de ce gang, particulièrement Bonnie et Clyde, deux gamins avides de libertĂ© et d'Ă©panouissement, alors que ce dernier se compromet Ă  son impuissance pour contenter sexuellement sa compagne. C'est donc dans l'adrĂ©naline des braquages de banques et d'Ă©picerie qu'il trouve refuge afin de pallier sa frustration. Dans leur caractĂ©risation aussi rĂ©aliste que romanesque, nous ne pouvons qu'Ă©prouver une forte empathie pour ces anti-hĂ©ros Ă©pris de fureur de vivre et de dĂ©sespoir car Ă  bout de souffle d'endurer une chasse Ă  l'homme toujours plus irrĂ©ductible.


    MenĂ© sur un rythme infernal et mis en scène parmi la virtuositĂ© de sĂ©quences d'action percutantes, Bonnie and Clyde relève plus du drame romanesque (non exempt d'humour corrosif) que du film noir pour le portrait imparti Ă  l'insouciance de ces tueurs fĂ©rus de libertĂ©. Il en Ă©mane un grand moment de cinĂ©ma d'une rare puissance Ă©motionnelle dans la complicitĂ© idĂ©aliste formĂ© au couple iconique, Warren Beatty / Faye Dunaway.

    Bruno Matéï
    4èx

                                      

    mercredi 5 novembre 2014

    LA HORDE SAUVAGE (The Wild Bunch)

                                               
                                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site levafilmworks.com

    de Sam Peckinpah. 1969. U.S.A. 2h25. Avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmond O'Brien, Warren Oates, Jaime Sanchez, Ben Johnson, Emilio Fernandez.

    Sortie salles France: 17 Octobre 1969. U.S: 18 Juin 1969

    FILMOGRAPHIE: Sam Peckinpah est un scénariste et réalisateur américain, né le 21 Février 1925, décédé le 28 Décembre 1984. 1961: New Mexico, 1962: Coups de feu dans la Sierra. 1965: Major Dundee. 1969: La Horde Sauvage. 1970: Un Nommé Cable Hogue. 1971: Les Chiens de Paille. 1972: Junior Bonner. Guet Apens. 1973: Pat Garrett et Billy le Kid. 1974: Apportez moi la tête d'Alfredo Garcia. 1975: Tueur d'Elite. 1977: Croix de Fer. 1978: Le Convoi. 1983: Osterman Week-end.


    « L'enfant est Dieu et le Diable Ă  la fois, et en lui se trouvent mĂŞlĂ©es la cruautĂ© et une extrĂŞme bontĂ©. Il suffit que les enfants soient tĂ©moins de certaines choses pour qu'ils deviennent très vite des adultes, des ĂŞtres aussi vicieux, aussi mĂ©chants que nous. Tout un système de morale, d'Ă©ducation nous empĂŞche de regarder en face un certain nombre de vĂ©ritĂ©s, par exemple qu'il existe dĂ©jĂ  chez l'enfant tout ce cĂ´tĂ© sombre de l'homme. »
    Sam Peckinpah


    Western mythique vilipendĂ© par la critique dès sa sortie pour l'intolĂ©rance de sa violence tranchĂ©e, La Horde Sauvage gagna pourtant au fil des dĂ©cennies un statut de chef-d'oeuvre proverbial. C'est dire si le film de Peckinpah Ă©tait Ă  contre courant des conventions classiques Ă©tablies par le western lyrique de John Ford et celui plus "hĂ©roĂŻque" de John Wayne afin de mettre ici en exergue une forme de violence baroque appuyĂ©e d'effets de ralentis chorĂ©graphiques. C'est Ă©galement la rĂ©ponse ricaine pour tenter d'Ă©muler l'âpretĂ© du western italien, Sam Peckinpah optant de surenchĂ©rir dans la bestialitĂ© avec un carnage final d'une intensitĂ© rigoureuse toujours aussi acĂ©rĂ©e aujourd'hui. Magnifiquement mis en scène pour la modernitĂ© de son montage vĂ©loce, la Horde Sauvage est le tĂ©moignage de la traĂ®trise, de l'avilissement, du chaos, du dĂ©sordre, faute d'un monde minĂ© par la pauvretĂ© des exclus (les villageois mexicains), gangrenĂ© par la dictature de conflits guerriers. La plupart des personnages dĂ©peints comme  des chasseurs de primes vindicatifs, des bandits autonomes ou des terroristes belliqueux assoiffĂ©s d'alcool, de cruautĂ© et de pouvoir. 


    Dans cette peinture nihiliste de la nature humaine, le prélude l'anticipe déjà avec ce groupe de bambins mesquins batifolant autour de scorpions pour les regarder se faire dévorer par des milliers de fourmis. Métaphore sur notre instinct pervers et meurtrier dont l'enfant influant se réapproprie naturellement du comportement destructeur des adultes, le film nous achemine lentement vers le baroud d'honneur d'une bande de malfrats délibérés à se sacrifier car épuisés de survivre dans un monde qu'ils ne comprennent plus. A travers leur équipée homérique redoublant d'audaces, de bravoure et de dangerosité, telle cette attaque coordonnée autour d'un convoi ferroviaire, Sam Peckinpah évoque leur anachronisme, leur sentiment intime d'être dépassé par leur univers qu'ils ne reconnaissent plus depuis la révolution industriel. A l'instar de la première apparition d'un véhicule sur roue que des mexicains exposent fièrement aux badauds pour dévoiler le progrès. Au fil du cheminement marginal de ces anti-héros sclérosés, le désespoir et l'amertume les rattrapent un peu plus, quand bien même l'humanisme les rappellent à la raison de la tolérance lorsqu'ils se résignent d'épargner de ses souffrances un de leur camarade torturé par la troupe du général Mapache ! S'ensuit alors leur dernière offensive suicidaire d'aller provoquer par les armes ces centaines de belligérants et de mettre un terme à leur funèbre existence (tels des fantômes errants) en commun accord. Le spectateur éprouvant une inattendue empathie pour leurs ultimes sursauts de bravoure et de loyauté.


    D'une brutalitĂ© toujours inĂ©galĂ©e pour le genre il me semble, La Horde Sauvage illustre de manière poisseuse une diatribe sur l'instinct foncièrement mauvais de l'ĂŞtre humain tout en Ă©nonçant une rĂ©flexion Ă©difiante sur le venin de la violence. MagnifiĂ© de la prestance burinĂ©e des comĂ©diens inscrits dans une camaraderie marginale, ce chemin de croix reste une Ă©preuve de force d'une intensitĂ© Ă©prouvante pour l'expĂ©dition pessimiste de ses hors-la-loi livrĂ©s Ă  la solitude et la dĂ©sillusion.  

    Bruno 
    3èx

    « J'ai fait ce film parce que j'Ă©tais très en colère contre toute une mythologie hollywoodienne, contre une certaine manière de prĂ©senter les hors-la-loi, les criminels, contre un romantisme de la violence [...]. C'est un film sur la mauvaise conscience de l'AmĂ©rique.(...) La Horde sauvage est simplement ce qui arrive lorsque des tueurs vont au Mexique. L'Ă©tonnant est que vous ressentez une perte immense quand ces tueurs atteignent la dernière ligne droite. »
    Sam Peckinpah

    mardi 4 novembre 2014

    Trick or Treat

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site moviepostershop.com

    de Michael Dougherty. 2007. U.S.A. 1h22. Avec Brian Cox, Anna Paquin, Dylan Baker, Leslie Bibb, Quinn Lord, Rochelle Aytes, Moneca Delain, Tahmon Penikett.

    Sortie salles U.S: 9 DĂ©cembre 2007

    FILMOGRAPHIE: Michael Dougherty est un rĂ©alisateur, acteur, scĂ©nariste, monteur et producteur amĂ©ricain, nĂ© en Octobre 1974 Ă  Columbus. 1998: Refrigerator Art. 1998: Deadtime Stories. 2008: Trick'r Treat. 2010: Calling all Robots.


    Honteusement inĂ©dit en salles et donc directement passĂ© par la case Dtv, Trick'r Treat renoue avec le film Ă  sketchs typiquement sardonique dans son esprit BD hĂ©ritĂ© des EC-comics. Indubitablement, Ă  la lecture du film, on songe au classique du genre Creepshow, de par la crĂ©ativitĂ© des histoires en trompe-l'oeil dĂ©tournant parfois avec malice l'archĂ©type du conte, du soin imparti Ă  son esthĂ©tisme flamboyant et des twists Ă  rĂ©pĂ©tition faisant mouche Ă  chaque dĂ©marche. ComposĂ© de quatre histoires reprenant les mythes de l'horreur sĂ©culaire (morts-vivants, vampires, loups-garous, mais aussi, dans une mesure plus contemporaine, un monstre Ă©nigmatique et un tueur en sĂ©rie !), Trick'r Treat ne cesse d'entrecroiser le cheminement des intrigues avec celui des personnages en alternant Ă©vènements actuels et antĂ©rieurs. 


    Ancré dans un solide humour macabre aussi irrésistible qu'audacieux (nos chères têtes blondes y trépassent avec une ironie franchement caustique !), la réussite du métrage découle de la structure des intrigues adroitement narrées où chaque personnage clef peut autant endosser la fonction de victime que celui du potentiel coupable ! Outre l'aspect festif de ces histoires espiègles où l'hypocrisie prime souvent avec l'instinct vengeur d'esprits rebelles, Trick'r Treat transfigure la fête d'Halloween avec un respect immodéré pour l'amour des citrouilles et des sorcières. Car à travers l'intrusion suspecte d'un étrange garçonnet affublé d'un sac à patate sur la tête et de deux boutons de manchette à la place des yeux, une nouvelle icône monstrueuse se dévoile sous nos yeux pour la première fois. Une manière fort originale de boucler cette anthologie afin de porter en témoignage l'aspect sardonique du folklore d'Halloween où farce et bonbons se sont gentiment mêlés au chantage affectif ! Et le réalisateur de s'en railler avec autant de brimade pour l'aspect morbide des situations que de respect pour sa coutume ancestrale que les enfants d'aujourd'hui ont monopolisé dans leur stature capricieuse !


    La fĂŞte des Masques
    Hymne Ă  Halloween et Ă  l'horreur ludique au sein du film choral, vĂ©ritable trĂ©sor d'inventivitĂ© dans l'alchimie des intrigues redoublant de sarcasme et le rĂ´le insidieux impartis aux divers protagonistes, Trick'r Treat est Ă©galement un rĂ©gal pour les yeux pour son onirisme macabre oĂą aucun dĂ©tail n'est laissĂ© au hasard. Le plaisir s'avère si jouissif et addictif qu'on aurait tant aimĂ© que le film se prolonge un peu plus (il ne dure qu'1h22, gĂ©nĂ©rique compris !), le temps de nous raconter une ultime fois un nouveau conte diaboliquement fripon ! 

    *Bruno
    3èx. vostfr