Photo empruntée sur Google , appartenant au site Imdb.com
de John Carpenter. 1976. U.S.A. 1h31. Avec Austin Stoker, Darwin Joston, Martin West, Laurie Zimmer, Nancy Kyes, Tony Burton, Charles Cyphers.
Sortie salles France: 5 Juillet 1978 . U.S: 5 Novembre 1976
FILMOGRAPHIE : John Howard Carpenter est un réalisateur, acteur, scénariste, monteur, compositeur et producteur de film américain né le 16 janvier 1948 à Carthage (État de New York, États-Unis). 1974 : Dark Star 1976 : Assaut 1978 : Halloween, la nuit des masques. 1979: Le Roman d'Elvis. 1980 : Fog 1981 : New York 1997 1982 : The Thing 1983 : Christine 1984 : Starman 1986 : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin 1987 : Prince des ténèbres 1988 : Invasion Los Angeles 1992 : Les Aventures d'un homme invisible 1995 : L'Antre de la folie 1995 : Le Village des damnés 1996 : Los Angeles 2013 1998 : Vampires 2001 : Ghosts of Mars 2010 : The Ward.
Après un premier essai de science-fiction fauché (
Dark Star ),
John Carpenter signe un coup de maître avec
Assaut , variation moderne du
Rio Bravo d’
Howard Hawks qu’il vĂ©nère sans rĂ©serve. Mal reçu dans son pays, le film gagne pourtant ses lettres de noblesse en Europe, jusqu’Ă devenir culte. InspirĂ© aussi de
La Nuit des morts-vivants , Carpenter, avec un budget dĂ©risoire, orchestre une prouesse : narrer l’Ă©tat de siège d’un commissariat assailli par une horde de meurtriers impassibles. Tout part du tĂ©moignage d’un homme rĂ©fugiĂ© dans le central 13, tĂ©moin de l’assassinat brutal de sa fille (scène-choc d’un rĂ©alisme insoutenable encore aujourd'hui) qui, dans un geste de vengeance, abat le chef du gang. TraumatisĂ©, incapable d’articuler sa dĂ©tresse après avoir vu sa fille et un marchand de glace exĂ©cutĂ©s, il entraĂ®ne malgrĂ© lui le commissariat dans un blocus infernal. BientĂ´t, autour du bâtiment, se regroupent des assaillants venus de toutes origines, prĂŞts Ă le rĂ©duire au silence. Alors, avec l’aide de deux criminels en transfert, le shĂ©rif Ethan Bishop, la secrĂ©taire Leigh et la standardiste Julie vont tenter de le protĂ©ger et de rĂ©sister.
Modèle d’efficacitĂ© brute,
Assaut enferme ses protagonistes dans un huis clos oĂą des policiers s’allient Ă des criminels pour survivre, acceptant leurs divergences morales et sociales face Ă un ennemi commun. Ces gangsters, silhouettes fantomatiques, mutiques et vĂ©loces, prennent des allures surnaturelles dans leur attaque mĂ©thodique.
Carpenter nous projette dans un western moderne quasi horrifique: action rageuse, hĂ©roĂŻsme viril, commissariat vĂ©tuste transformĂ© en fortin et surtout climat d'angoisse et d'inquiĂ©tude indicible qui imprègne toute la pellicule. ScandĂ©e par la pulsation Ă©lectro du maĂ®tre, l’ambiance crĂ©pusculaire s’agrippe d’une horreur diffuse, surtout lors des assauts silencieux au pistolet muni de silencieux : scènes d’anthologie, jouissives et glaçantes, oĂą le silence devient une arme. Au-delĂ de ses Ă©clairs de violence spectaculaires et de son ambiance sĂ©pulcrale aux allures d'apocalypse,
Assaut brille par un suspense implacable et par l’engagement total de ses acteurs, jusque dans les seconds rĂ´les inoubliables. Chacun prend des risques insensĂ©s pour Ă©viter les balles et chercher une improbable issue. Parmi eux, l'Ă©trange
Laurie Zimmer magnétise à coeur ouvert : secrétaire téméraire, au regard doux et loyal, elle impose une force tranquille, discrète et audacieuse qui surpasse parfois ses partenaires endurcis.
Dans sa lecture sociale Ă la fois implacable et visionnaire, Assaut rĂ©vèle une AmĂ©rique rongĂ©e par la violence (policière / dĂ©linquante) et la prolifĂ©ration des armes. Mais il transcende ce constat en western urbain incandescent : mise en scène millimĂ©trĂ©e, partition obsĂ©dante, frĂ©nĂ©sie d’action, ambiance funèbre parfois mĂ©lancolique et hĂ©roĂŻsme dĂ©sespĂ©rĂ©. Tout concourt Ă hisser ce film indĂ©pendant au rang de mythe sous l'impulsion d'un sublime portrait de femme langoureuse dont je ne me suis jamais remis de son pouvoir de sĂ©duction Ă©vanescent.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir 6èx. Vostf
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