"The Evil" de Gus Trikonis. 1978. U.S.A. 1h29. Avec Richard Crenna, Joanna Pettet, Andrew Prine, Lynne Modie, Cassie Yates, George O'Hanlon Jr.
Sortie salles France: 15 Juillet 1981
FILMOGRAPHIE: Gus Trikonis est un acteur, danseur et réalisateur américain, né à Manhattan (New York) le 21 novembre 1937. 1997: Insel der Furcht1991: The Great Pretender. 1985 Délit de fuite (TV Movie). 1985 Midas Valley (TV Movie). 1985 Malice in Wonderland (TV Movie). 1983 First Affair (TV Movie). 1983 Dempsey (TV Movie). 1983 Pris au piège. 1982 Miss All-American Beauty (TV Movie). 1981 Twirl (TV Movie). 1981: Ca passe ou ça casse. 1981 Elvis and the Beauty Queen (TV Movie). 1980 Touched by Love. 1979: She's Dressed to Kill (TV Movie). 1979 The Last Convertible (TV Mini-Series) (part 3). 1979 The Darker Side of Terror (TV Movie). 1978 Le couloir de la mort. 1977 Moonshine County Express. 1976 The Student Body. 1976 Nashville Girl. 1975 The Swinging Barmaids. 1975 Supercock. 1969 Five the Hard Way.
Le pitch ressasse, le temps d’un week-end, la rĂ©union de 10 convives dans un manoir scellĂ© depuis vingt-cinq ans. Attendu pour les accueillir, le gardien sera la première victime : un incendie inexpliquĂ© dans la cave le rĂ©duit au silence, seul le spectateur tĂ©moin de son agonie.
Dans cette sĂ©quence dĂ©jĂ , sourd l’aura feutrĂ©e d’une atmosphère gothique : le vieil homme inspecte les lieux, furetant l’Ă©cho de bruits suspects. PassĂ© ce prologue ombrageux, nos hĂ´tes s’opposent en vain aux manifestations surnaturelles, prisonniers d’une demeure carnassière. Un Ă un, ils plient sous l’estocade d’une force dĂ©moniaque jusqu’Ă ce que mort s’ensuive.
Nanti d’un rythme haletant n’accordant aucun rĂ©pit aux pĂ©ripĂ©ties diaboliques, Le Couloir de la Mort distrait comme un train fantĂ´me oĂą l’esbroufe sert de pivot vital. Ă€ ces effets spectaculaires bien troussĂ©s s’ajoute la caractĂ©risation attachante des personnages, impliquant rĂ©ellement le spectateur dans leur dĂ©sarroi, malgrĂ© leur naĂŻvetĂ© parfois dĂ©sarmante. Richard Crenna campe un psychologue rationnel, rĂ©futant mordicus la moindre thĂ©orie surnaturelle, tandis que ses seconds rĂ´les s’Ă©vertuent Ă contredire l’Ă©vidence du mal rampant.
Le Couloir de la Mort captive par un charme bis irrĂ©sistible, fruit du savoir-faire d’un rĂ©alisateur s’Ă©chinant Ă distiller une ambiance dĂ©moniaque souvent tangible. Quant au final incongru, exhibant le diable en personne sous les traits fantasques de Victor Buono, il ose rompre la conformitĂ© pour livrer la scĂ©nographie d’un au-delĂ limpide toutefois fascinant. Le spectateur, dĂ©paysĂ©, oscille entre fascination et sourire, notamment grâce au clin d’Ĺ“il d’un fantĂ´me charitable venu prĂŞter main forte Ă l’heure du glas. A privilĂ©gier toutefois la VO, le sĂ©quence gagne en rĂ©alisme auprès de la tonalitĂ© vocale de Victor Buono plus pervers et inquiĂ©tant.
Plaisir innocent du samedi soir, sĂ©rie B sans prĂ©tention, Le Couloir de la Mort n’a rien perdu de son charme naĂŻf Ă provoquer l’angoisse au grĂ© de ses sĂ©quences chocs et de sa patine vintage. Ă€ l’intĂ©gritĂ© de son auteur, soucieux de divertir, s’ajoute la spontanĂ©itĂ© communicative de ses comĂ©diens de seconde zone : on obtient alors un classique, aussi mineur soit-il, qu’il fait bon revisiter sans se lasser. Et j'en suis au 6è visionnage.
B.M
22.06.25. 6èx
29.01.16
25.02.11

















































