"Spirit of the dead / L'Esprit de la Mort" de Peter Newbrook. 1972. U.S.A. 1h39. Avec Robert Stephens , Robert Powell , Jane Lapotaire , Alex Scott , Ralph Arliss.
Sortie salles U.S: Février 1973
FILMOGRAPHIE: Peter Newbrook est un réalisateur, producteur et scénariste anglais, né le 29 Juin 1920, décédé le 19 Juin 2009 à Norwich (Angleterre). Il est l'unique metteur en scène de The Asphyx.
Perle maudite, inĂ©dite dans les salles de l'Hexagone mais exhumĂ©e de l'oubli par les Ă©diteurs Neo Publishing et plus rĂ©cemment par MDC Films (dans un Blu-ray fastueux), The Asphyx traite de l'immortalitĂ©, de l'orgueil et de notre rapport moral Ă la dangerositĂ© du pouvoir avec une audace sans Ă©gale. Dans une ambiance dĂ©licieusement gothique proche des productions Hammer, cet OVNI horrifique tire parti de son pouvoir vĂ©nĂ©neux grâce Ă la folie de son concept singulier – avec, en second rĂ´le, l'intrusion d'un mammifère bien plus important qu'il n'y paraĂ®t – tout en dĂ©veloppant une rĂ©flexion spirituelle autour de notre soif d'une existence inaltĂ©rable.
Synopsis : En 1875, un scientifique, épaulé par son adjoint, mène d'étranges expériences occultes en photographiant des personnes sur le point de mourir. Par le biais d'une tache noire apparaissant sur les clichés, Sir Hugo Cunningham pense avoir démasqué l'Asphyx, un esprit de la mort qui, selon une légende grecque, s'emparerait de notre âme au moment du trépas. Fascinés par cette stupéfiante découverte, nos apprentis sorciers mettent alors au point une machine capable de capturer l'Asphyx afin de permettre à la victime concernée d'échapper à la mort et ainsi d'accéder à l'immortalité.
Ce scénario saugrenu, émaillé de rebondissements aussi décapants qu'intelligents (notamment grâce au rôle déterminant du cochon d'Inde), demeure d'une redoutable efficacité sous l'impulsion de comédiens impétueux s'en donnant à cœur joie dans leur utopie immorale, incapables de contenir leur irrépressible désir de transgresser les lois du divin. Redoutablement passionnant au fil d'une narration aussi insolite que maîtrisée, Peter Newbrook parvient, pour son unique réalisation, à surprendre le spectateur en l'impliquant dans une expérience scientifique aussi démente que débridée. La scénographie minimaliste du huis clos permet d'autant mieux de nous familiariser avec ces protagonistes confinés dans leur laboratoire victorien. Multipliant leurs expériences morbides, d'abord sur un mammifère, puis sur des cobayes humains, ils deviennent peu à peu prisonniers de leur obsession en brisant toutes les barrières de la morale afin d'offrir à l'homme le privilège de l'immortalité.
Si les effets spéciaux, aujourd'hui un peu datés, peuvent prêter à sourire lors des apparitions de l'Asphyx, leur résultat visuel demeure si incongru, surprenant et hallucinant que l'on finit sans difficulté par croire à l'improbable lorsque l'entité s'anime sous les faisceaux d'un projecteur en poussant un braillement primal avant de s'extirper de sa geôle. Qui plus est, la spontanéité irréprochable des comédiens - second atout majeur du film après sa richesse psychologique - nous convainc pleinement de ces expériences compromises avec l'au-delà , où un simple appareil photo, quelques produits chimiques et une caméra deviennent les instruments d'une quête prométhéenne.
Par sa dimension visuelle aussi fantaisiste qu'hallucinée, The Asphyx décuple son pouvoir de fascination grâce à un scénario atypique, une dramaturgie fataliste et le brio d'interprètes totalement investis dans leur fonction insidieuse de savants fous littéralement en roue libre. Honteusement méconnu et longtemps oublié - bien que certains spécialistes le sacralisent comme l'un des films essentiels des années 70, parmi lesquels Martin Scorsese, Quentin Tarantino ou Nicolas Stanzick -, ce joyau d'insolence macabre, de mégalomanie immorale (sans oublier sa réflexion sur la peine de mort dès son premier acte) redonne avec panache les lettres de noblesse du film gothique dans une modernité étonnamment fraîche et couillue.
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29/07/26. 3èx. VO



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