jeudi 28 janvier 2016

THE ASPHYX (l'esprit de la mort)

                                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmscoremonthly.com

"Spirit of the dead / L'Esprit de la Mort" de Peter Newbrook. 1972. U.S.A. 1h39. Avec Robert Stephens , Robert Powell , Jane Lapotaire , Alex Scott , Ralph Arliss.

Sortie salles U.S: Février 1973

FILMOGRAPHIE: Peter Newbrook est un réalisateur, producteur et scénariste anglais, né le 29 Juin 1920, décédé le 19 Juin 2009 à Norwich (Angleterre). Il est l'unique metteur en scène de The Asphyx.


Perle maudite inĂ©dite en salles dans l'hexagone mais exhumĂ©e de l'oubli par l'Ă©diteur (en berne) Neo Publishing, The Asphyx traite de l'immortalitĂ© avec une audace et une originalitĂ© sans Ă©gales. Dans une ambiance gothique proche d'un Hammer Film, cet ovni horrifique tire parti de son pouvoir vĂ©nĂ©neux grâce Ă  la fantaisie de son concept singulier surfant sur une rĂ©flexion spirituelle et la soif d'une jeunesse insatiable. En 1875, un scientifique Ă©paulĂ© de son adjoint tentent des expĂ©riences occultes en prenant en photo des personnes sur le point de mourir. Par le biais d'une tâche noire inscrite sur la pellicule, Sir Hugo Cunningham pense avoir dĂ©masquĂ© le Asphyx. Un esprit de la mort qui, selon une lĂ©gende grecque, s'emparerait de notre âme au moment de trĂ©passer. FascinĂ©s par cette stupĂ©fiante dĂ©couverte, nos apprentis sorciers Ă©laborent une machine capable de capturer l'asphyx afin de permettre Ă  la victime mise en cause de se libĂ©rer du trĂ©pas et ainsi accĂ©der Ă  l'immortalitĂ©. 


Ce scĂ©nario saugrenu Ă©maillĂ© de rebondissements dĂ©capants s'avère d'une redoutable efficacitĂ© sous l'impulsion impĂ©tueuse de comĂ©diens s'en donnant Ă  coeur joie dans leur utopie immorale. En dĂ©pit d'une mise en scène acadĂ©mique, Peter Newbrook parvient pour son unique rĂ©alisation Ă  fasciner le spectateur impliquĂ© dans une Ă©preuve scientifique aussi passionnante que dĂ©bridĂ©e. La scĂ©nographie minimaliste du huis-clos permettant d'autant mieux de nous familiariser avec nos protagonistes confinĂ©s dans leur laboratoire victorien. Multipliant leurs expĂ©riences morbides auprès d'un mammifère puis ensuite avec des cobayes humains, nos compères se retrouvent en proie Ă  leur obsession divine afin de permettre Ă  l'homme d'accĂ©der Ă  l'immortalitĂ© sur terre. Si les effets cheap peuvent prĂŞter Ă  sourire quant aux diverses apparitions de l'Asphyx, sa rĂ©sultante visuelle s'avère si incongrue et hallucinĂ©e que le spectateur parvient sans difficultĂ© Ă  croire Ă  l'improbable lorsque l'entitĂ© parvient Ă  s'animer sous les effets d'un faisceau de projecteur tout en exclamant un braillement primal ! Qui plus est, la spontanĂ©itĂ© pĂ©tulante des comĂ©diens (second point majeur après sa densitĂ© narrative) parvient sans retenue Ă  nous convaincre de leurs expĂ©riences avec l'au-delĂ  parmi l'appui d'un appareil photo et d'une camĂ©ra.


Par sa dimension visuelle aussi fantaisiste qu'hallucinĂ©e, The Asphyx dĂ©cuple son pouvoir de fascination par l'entremise d'un scĂ©nario atypique et le brio d'interprètes totalement impliquĂ©s dans leur fonction insidieuse de savants fous. Honteusement mĂ©connue et oubliĂ©e (bien que certains spĂ©cialistes le sacralisent comme l'un des films essentiels des annĂ©es 70 !), cette merveille d'insolence macabre redore ses lettres de noblesse au terme "culte". 

Un grand merci au regretté Neo...

B.M 

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