vendredi 5 janvier 2024

Le Cercle des Neiges / La sociedad de la nieve

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Juan Antonio Bayona. 2023. Espagne/Uruguay. 2h24. Avec Enzo Vogrincic, MatĂ­as Recalt, AgustĂ­n Pardella, Tomás Wolf, Diego Vegezzi, Esteban Kukuriczka, Francisco Romero. 

Diffusion Netflix: 4 janvier 2024

FILMOGRAPHIEJuan Antonio Bayona est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol, nĂ© en 1975 Ă  Barcelone. 2004: Sonorama (video). 2004: 10 anos con Camela (video). 2005: Lo echamos a suertes (video). 2007: l'Orphelinat. 2012: The Impossible. 2016: Quelques minutes après minuit. 2018 : Jurassic World: Fallen Kingdom. 2023 : Le Cercle des neiges. 

Authentique cauchemar horrifique transplantĂ© dans le cadre du survival rĂ©frigĂ©rant, Le Cercle des Neiges retrace avec un rĂ©alisme Ă  froid, pour ne pas dire sans anesthĂ©sie, l'histoire vraie du vol Fuerza AĂ©rea Uruguaya 571 effectuĂ© en Octobre 1972 par une Ă©quipe de Rugby au Chili. Or, après que leur appareil s'Ă©crasa dans la cordillère des Andes, 29 survivants vont tenter de s'extirper de cet enfer enneigĂ© en perpĂ©trant des actes extrĂŞmes de manière aussi dĂ©sespĂ©rĂ©e qu'hĂ©roĂŻque. Et ce en y perpĂ©trant l'impensable auprès des plus tĂ©mĂ©raires: le cannibalisme. Eprouvant, nausĂ©eux, fĂ©tide, viscĂ©ral, Ă©touffant car dĂ©nuĂ© de concession Ă  ausculter au plus près de leurs tourments moraux les profils torturĂ©s d'une poignĂ©e de survivants constamment proches de l'agonie au sein d'un no man's land sans repères, Le cercle des Neiges est autant leur chemin de croix qu'une Ă©preuve de force de dernier ressort Ă  tenter de s'extirper du trĂ©pas d'une rare cruautĂ©. 

L'oeuvre glaçante, austère, crĂ©pusculaire, s'Ă©rigeant en pur film d'horreur auprès de sa mise en image insalubre oĂą plane constamment au dessus d'eux un climat putride de dĂ©solation, de dĂ©rĂ©liction, de silence feutrĂ©, notamment au travers des visions morbides de cadavres dĂ©charnĂ©s immobilisĂ©s par la tempĂ©rature et leur absence de vie. Les comĂ©diens mĂ©connus chez nous renforçant Ă  point nommĂ© leurs sentiments de dĂ©couragements et de dĂ©sir de surpassement de par leur sobriĂ©tĂ© tranchĂ©e Ă  se fondre dans le corps de martyrs probablement condamnĂ©s d'avance. Or, Ă  travers cette thĂ©matique essentielle de ne jamais cĂ©der au dĂ©sespoir prĂ©judiciable, l'intrigue adopte petit Ă  petit une tournure salvatrice quasi miraculeuse lorsque les plus courageux d'entre eux vont une nouvelle fois tenter l'impossible afin de croire encore Ă  leur plausible sauvetage. Et si l'absence d'Ă©motions dĂ©rangea certains critiques ou spectateurs durant une grosse majoritĂ© du mĂ©trage (alors que justement cela renforce l'aspect mortifère de son climat cauchemardesque dĂ©nuĂ© de toute vie humaine / animale en dĂ©pit de leurs sombres prĂ©sences), son final bouleversant demeure d'une dramaturgie nĂ©vralgique Ă  illustrer avec autant de pudeur que de dignitĂ© la nouvelle condition de ses fantĂ´mes errants applaudis comme des hĂ©ros en dĂ©pit de leur morphologie dĂ©charnĂ©e. 

PartagĂ©s entre la cruautĂ© d'Ă©lĂ©ments naturels atrabilaires se dĂ©chainant contre eux de manière impromptue (je songe aux avalanches en pagaille), animĂ©s entre l'Ă©puisement, la maladie (nĂ©crosĂ©e !), la soif et la famine au point d'y perpĂ©trer le cannibalisme que nous serions nous-mĂŞme contraints de perpĂ©trer en pareille situation moribonde, Le Cercle des Neiges ne nous laisse pas indemne Ă  nous dĂ©peindre sans fard les bravoures suicidaires de ses survivants en berne ballotĂ©s tous azimuts. En tablant notamment sur leur foi religieuse afin d'y trouver un sens Ă  leur condition damnĂ©e (grâce Ă  la mort de leurs amis, ils restent en vie) que le spectateur s'interroge autant par l'entremise du rĂ©alisateur si scrupuleux d'avoir dresser sans rĂ©pit leurs exploits et tragĂ©dies personnelles 2 mois de labeur durant au sein de l'immensitĂ© d'un panoramique immaculĂ© magnifiquement cadrĂ©.  

*Bruno

Récompenses

Prix du cinéma européen 2023 :

Meilleurs maquillage et coiffure

Meilleurs effets spéciauxercle des Neo

jeudi 4 janvier 2024

La Grande course autour du Monde / The Great Race. Prix d'Argent, Moscou 1965.

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Blake Edwards. 1965. U.S.A. 2h37. Avec Tony Curtis, Natalie Wood, Jack Lemmon, Peter Falk, Keenan Wynn, Arthur O'Connell, Vivian Vance, Dorothy Provine, Larry Storch, Ross Martin, Marvin Kaplan, Hal Smith, Denver Pyle.

Sortie salles France: 17 Février 1966. U.S: 1er Juillet 1965

FILMOGRAPHIE: Blake Edwards est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur amĂ©ricain, nĂ© le 26 Juillet 1922 Ă  Tulsa (Oklahoma), dĂ©cĂ©dĂ© le 15 DĂ©cembre 2010 Ă  Santa Monica (Californie). 1955: Bring your smile along. 1956: Rira bien. 1957: L'Extravagant Mr Cory. 1958: Le DĂ©mon de Midi. 1958: Vacances Ă  Paris. 1959: OpĂ©ration jupons. 1960: Une seconde jeunesse. 1961: Diamants sur canapĂ©. 1962: AllĂ´, brigade spĂ©ciale. 1962: Le Jour du vin et des roses. 1963: La Panthère Rose. 1964: Quand l'inspecteur s'emmĂŞle. 1965: La Grande course autour du monde. 1966: Qu'as-tu fait Ă  la guerre, papa ? 1967: Peter Gunn, dĂ©tective spĂ©ciale. 1968: La Party. 1970: Darling Lili. 1971: Deux Hommes dans l'Ouest. 1972: OpĂ©ration Clandestine. 1973: Top Secret. 1975: Le Retour de la Panthère Rose. 1976: Quand la panthère rose s'emmĂŞle. 1978: La MalĂ©diction de la Panthère rose. 1979: Elle. 1981: S.O.B. 1982: Victor, Victoria. 1982: A la recherche de la Panthère Rose. 1983: L'HĂ©riter de la Panthère rose. 1984: L'homme Ă  femmes. 1984: Micki et Maude. 1986: Un sacrĂ© bordel. 1986: That's Life. 1987: Boires et DĂ©boires. 1988: Meurtre Ă  Hollywood. 1988: L'Amour est une grande aventure. 1991: Dans la Peau d'une blonde. 1993: Le Fils de la Panthère rose. 

Feu d'artifice luminescent d'actions, d'aventures, de romance, de cape et Ă©pĂ©e, de film musical, de film catastrophe (la tour Eiffel rĂ©duite Ă  nĂ©ant !) et de western en y dĂ©dicaçant cette conjugaison des genres au duo intemporel Laurel et Hardy, la Grande Course autour du monde est autant un hommage au cinĂ©ma muet qu'au cinĂ©ma tout court (dĂ©paysant en diable !) si bien que le maĂ®tre de la comĂ©die dĂ©jantĂ©e Blake Edwards use et abuse (sans modĂ©ration aucune !) de gĂ©nĂ©rositĂ©, d'inventivitĂ© disjonctĂ©e, de dĂ©lire assumĂ© afin d'emporter le spectateur dans un vortex d'Ă©motions rĂ©solument fringantes. 

Spectacle festoyant de tous les excès et de tous les dĂ©lires au sein d'une folle course automobile entre New-York et Paris sous l'impulsion de comĂ©diens rĂ©solument pĂ©tulants (quel naturel innĂ© de nous retransmettre avec une ferveur Ă©bouriffante leur soif de gagne, leur goĂ»t immodĂ©rĂ© du bonheur, leur fureur de vivre au sein d'une harmonie Ă  la fois sĂ©millante et capiteuse !); Le grande course autour du monde est sans nul doute possible l'une des meilleures comĂ©dies de tous les temps d'y aligner 2h30 durant, et ce sans une once de rĂ©pit, les gags les plus dĂ©sopilants, les dĂ©lires les plus lunaires au grĂ© d'une succession de sketchs aussi ubuesques qu'improbables, aussi saugrenus que spectaculaires, parmi la procession d'une foule de figurants. Tant et si bien que ce cartoon live nanti de magnifiques dĂ©cors (autant gothiques que féériques et naturels) inspira 3 ans plus tard la sĂ©rie animĂ©e Les Fous du Volant créé par Hanna et Barbera en 1968. On peut Ă©galement dĂ©noter qu'en filigrane, Blake Edwards se permet humblement d'Ă©mettre un discours sur l'Ă©mancipation fĂ©minine (il fut tournĂ© en 65, date charnière juridique) sous la houlette d'une Nathalie Wood aussi inspirĂ©e que littĂ©ralement dĂ©complexĂ©e. Tous les comĂ©diens se dĂ©chainant tous azimuts face camĂ©ra (Ă  l'instar de cet anthologique concours de tartes Ă  la crème !) avec un peps, une appĂ©tence hystĂ©risĂ©e infiniment survoltĂ©e. 

Divertissement tous publics Ă  la recette infaillible aujourd'hui rĂ©volue, La Grande course autour du monde est incapable de plisser d'une ride Ă  travers cette communion de sentiments frĂ©tillants que son auteur Blake Edwards et ses comĂ©diens complices nous communiquent avec un grain de folie inĂ©galĂ©. Devrait ĂŞtre remboursĂ© par la sĂ©cu. 

*Bruno

Récompenses

Festival international du film de Moscou 1965 : prix d'argent

Golden Reel Awards 1966 : Meilleur montage sonore pour Treg Brown, partagé avec L'Express du colonel Von Ryan

Oscars 1966 : Meilleurs effets sonores pour Treg Brown

mardi 2 janvier 2024

How to Have sex. Prix Un certain regard, Cannes 2023.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Molly Manning Walker. 2023. Angleterre/Grèce. 1h31. Avec Mia McKenna-Bruce, Samuel Bottomley, Lara Peake, Daisy Jelley, Shaun Thomas, Eilidh Loan 

Sortie salles France: 15 Novembre 2023

FILMOGRAPHIEMolly Manning Walker, nĂ©e le 14 septembre 1993, est une directrice de la photographie et une rĂ©alisatrice anglaise. 2023: How to have sex. 

Sprink Breaker inferno

S'il n'est pas un chef-d'oeuvre désenchanté, How to have sex est suffisamment fort, bouleversant, personnel, immersif auprès du jeu hyper naturel des acteurs et actrices méconnu(e)s que de la maîtrise de la réalisation privilégiant intelligemment la suggestion, le non-dit (tout passe par la gestuelle, le regard sentencieux pour retransmettre les émotions) pour sortir de la projo désabusé, contrarié, ému, interpellé.

L'actrice Mia McKenna-Bruce portant son immense fardeau du poids de ses épaules avec une vibrante dignité déchue.

*Bruno

vendredi 29 décembre 2023

Dream Scenario

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Kristoffer Borgli. 2023. 1h41. Avec Nicolas Cage, Julianne Nicholson, Michael Cera, Tim Meadows, Dylan Gelula, Dylan Baker, Kate Berlant

Sortie salles France: 27 Décembre 2023

FILMOGRAPHIEKristoffer Borgli est nĂ© en 1985 en Norvège. Il est rĂ©alisateur et scĂ©nariste. 2022: Sick of Myself. 2023: Dream Scenario. 

C'est effectivement gĂ©nial, incroyable, complètement dingue; authentiquement culte, parfois mĂŞme hilarant. Peut-ĂŞtre mĂŞme le meilleur rĂ´le de Cage depuis Birdy. Mais c'est aussi dĂ©routant et dĂ©concertant, trop cruel, trop malaisant, trop perturbant, trop Ă©prouvant, trop Ă©touffant, tellement triste aussi sous la mainmise du wokisme. Ce qui en dit long sur l'Ă©goĂŻsme de tout un chacun et cette soif d'Ă©vasion virtuelle en lieu et place de solitude existentielle.

Triste époque de synthèse...

*Bruno

mercredi 27 décembre 2023

Darby O'Gill et les Farfadets / Darby O'Gill and the Little People

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wikipedia.org

de Robert Stevenson. 1959. U.S.A. 1h30. Avec Albert Sharpe, Janet Munro, Sean Connery, Jimmy O'Dea, Kieron Moore, Estelle Winwood, Walter Fitzgerald

Sortie salles France: 13 Juillet 1960. U.S: 26 Juin 1959

FILMOGRAPHIE: Robert Stevenson (nĂ© le 31 mars 1905 Ă  Buxton, dans le Derbyshire en Angleterre et mort le 30 avril 1986 Ă  Santa Barbara, en Californie) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur de cinĂ©ma britannique. 1932 : Happy Ever After. 1933 : Falling for You. 1936 : Marie Tudor. 1936 : Cerveaux de rechange. 1936 : Jack of All Trades. 1937 : Les Mines du roi Salomon. 1937 : New York Express. 1938 : Owd Bob. 1938 : The Ware Case. 1940 : Young Man's Fancy. 1940 : Return to Yesterday. 1940 : Tom Brown Ă©tudiant. 1941 : Back Street. 1942 : Jeanne de Paris. 1943 : Et la vie recommence. 1943 : Jane Eyre. 1946 : American Creed. 1947 : La Femme dĂ©shonorĂ©e. 1948 : Opium. 1949 : La Grève des dockers. 1950 : L'Étranger dans la citĂ©. 1951 : Mon passĂ© dĂ©fendu. 1952 : Scandale Ă  Las Vegas. 1957 : Johnny Tremain. 1957 : Fidèle Vagabond. 1959 : Darby O'Gill et les Farfadets. 1960 : L'Enlèvement de David Balfour. 1961 : Monte lĂ -d'ssus. 1962 : Les Enfants du capitaine Grant. 1963 : Après lui, le dĂ©luge. 1964 : Les MĂ©saventures de Merlin Jones. 1964 : Mary Poppins. 1965 : Un neveu studieux. 1965 : L'Espion aux pattes de velours. 1967 : La Gnome-mobile. 1968 : Le FantĂ´me de Barbe-Noire. 1968 : Un amour de Coccinelle. 1971 : L'Apprentie sorcière. 1974 : L'ĂŽle sur le toit du monde. 1974 : Le Nouvel Amour de Coccinelle. 1975 : Objectif Lotus. 1976 : Un candidat au poil. 

Quelle jolie trouvaille que nous offre lĂ  Warning Zone avec cette production Disney oubliĂ©e de tous si bien que j'ignorai son existence ! Et quelle ne fut ma surprise de dĂ©couvrir dans l'un de ses premiers rĂ´les Ă  l'Ă©cran le monstre sacrĂ© Sean Connery en sĂ©ducteur affable et loyal tentant de courtiser la belle Katie O'Gill que Janet Munro endosse avec une force de caractère frĂ©tillante au point d'y crever l'Ă©cran. Personnellement je ne connaissais pas cette charmante actrice juvĂ©nile plutĂ´t resplendissante par son charisme somme toute naturel et sa gaietĂ© communicative que le spectateur approuve un sourire constant aux lèvres. Mais outre l'aspect aussi bien ludique qu'attachant de cette romance escomptĂ©e parfois compromise par un rival pĂ©dant; Darby O'Gill et les Farfadets doit sa notoriĂ©tĂ© en la prĂ©sence des lutins que les FX artisanaux transcendent avec un rĂ©alisme toujours aussi sidĂ©rant plus de 65 ans après sa sortie salles. Et Ă  ce niveau d'enchantement il faut le voir pour le croire dans Ă  peu près 95% des sĂ©quences tournĂ©es avec un art consommĂ© de la perfection. Il est d'ailleurs un peu regrettable de se retrouver avec un seul et unique farfadet durant une bonne heure de mĂ©trage si on Ă©lude la première demi-heure illustrant une cinquantaine de lutins accourant tous azimuts lors d'une sĂ©quence musicale Ă©minemment entraĂ®nante, féérique, anthologique. 

Mais si l'intrigue assez prenante ne cède pas Ă  l'ennui par l'entremise de Darby Gill, le père de Katie (qu'incarne brillamment Albert Sharpe en père sclĂ©rosĂ© en quĂŞte de seconde jeunesse) nĂ©gociant incessamment avec le roi des lutins pour un enjeu de voeux, il manque toutefois ces grains de folie vĂ©cus plus tĂ´t de par l'absence trop prolongĂ©e des Leprechauns que l'on ne retrouvera plus durant l'aventure restante. Pour autant, et en virant subitement de ton, on ne peut qu'applaudir l'audace des Studios Disney d'incorporer au sein de son intrigue  facĂ©tieuse quelques sĂ©quences crĂ©pusculaires d'un style Ă©tonnamment horrifique. Tant et si bien que je suis restĂ© aussi fascinĂ© qu'impressionnĂ© par la prĂ©sence de la mauvaise fĂ©e ou encore du fiacre de la mort dĂ©valant du haut d'une montagne pour en dĂ©coudre avec Darby et Katie. Et si les trucages contrairement perfectibles peuvent ici prĂŞter Ă  sourire auprès de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, je trouve que le cĂ´tĂ© fluo qui se dĂ©gage des sĂ©quences surnaturelles procurent un effet insĂ©cure presque malaisant sous l'impulsion du pouvoir de fascination onirico-macabre. 

Tour Ă  tour charmant, badin, frĂ©tillant, féérique, ensorcelant, Darby O'Gill et les Farfadets est un petit divertissement fort rĂ©ussi pour qui apprĂ©cie les spectacles familiaux bâtis sur le sens de l'Ă©merveillement et l'innocence des âmes d'enfant comme le soulignent vibrement nos hĂ©ros en herbe pleinement impliquĂ©s dans l'aventure. Devenu aujourd'hui une raretĂ© aussi oubliĂ©e qu'infortunĂ©e, Darby O'Gill et les Farfadets est Ă  redĂ©couvrir avec un oeil fureteur qui risque de vous marquer Ă  jamais (aussi modeste soit la simplicitĂ© de son contenu il est vrai) en prĂ©servant en mĂ©moire de surprenantes sĂ©quences bluffantes de rĂ©alisme poĂ©tique. 

*Bruno

mardi 26 décembre 2023

Ripoux contre Ripoux

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site boxofficestory.com

de Claude Zidi. 1990. France. 1h46. Avec Philippe Noiret, Thierry Lhermitte, Guy Marchand, Jean-Pierre Castaldi, Grace de Capitani, Line Renaud, Michel Aumont, Jean Benguigui, Roger Jendly 

Sortie salles France: 7 Février 1990

FILMOGRAPHIE: Claude Zidi est réalisateur et scénariste français né le 25 juillet 1934 à Paris. 1971 : Les Bidasses en folie. 1972 : Les Fous du stade. 1973 : Le Grand Bazar. 1974 : La moutarde me monte au nez. 1974 : Les Bidasses s'en vont en guerre. 1975 : La Course à l'échalote. 1976 : L'Aile ou la Cuisse. 1977 : L'Animal. 1978 : La Zizanie. 1979 : Bête mais discipliné. 1980 : Les Sous-doués. 1980 : Inspecteur la Bavure. 1982 : Les Sous-doués en vacances. 1983 : Banzaï. 1984 : Les Ripoux. 1985 : Les Rois du gag. 1987 : Association de malfaiteurs. 1988 : Deux. 1989 : Ripoux contre ripoux. 1991 : La Totale ! 1993 : Profil bas. 1997 : Arlette. 1999 : Astérix et Obélix contre César. 2001 : La Boîte. 2003 : Ripoux 3. 2011: Les Ripoux anonymes, série coréalisée avec son fils Julien Zidi.

Si Ripoux contre Ripoux n'arrive Ă©videmment pas Ă  la cheville de son modèle devenu depuis un grand classique de la comĂ©die populaire, Claude Zidi a su toutefois prĂ©server un certain savoir-faire dans la mise en scène assez scrupuleuse, dans sa direction d'acteurs attentionnĂ©e et dans sa sincĂ©ritĂ© Ă  raconter une nouvelle intrigue se situant Ă  mi-chemin du 1er opus si j'ose dire (il ne s'agit donc ni d'une sĂ©quelle ni d'un remake mais d'un midquel !), pour rendre une copie tout Ă  fait frĂ©quentable sans cĂ©der Ă  l'ennui. Et si effectivement cette seconde partie demeure moins drĂ´le, moins passionnante et moins palpitante (quoique la dernière demi-heure est particulièrement rĂ©ussie dans l'Ă©laboration d'un stratagème assez retors afin d'y alpaguer les nouveaux adversaires de François et RenĂ© encore plus ripoux qu'eux), Ripoux contre Ripoux suscite frĂ©quemment charme, humour, tendresse, espièglerie et sympathie sous l'impulsion d'acteurs notoires aussi impliquĂ©s qu'au prĂ©alable (Noiret / Lhermitte sont donc aussi attachants Ă  travers leur solidaritĂ© amiteuse indĂ©fectible Ă©maillĂ©e de dissensions houleuses lorsque ce dernier dĂ©cide de devenir un honnĂŞte commissaire). 

Sans compter une poignĂ©e de seconds-rĂ´les communĂ©ment convaincants pour rendre compte de l'aspect ludique de l'intrigue assez efficacement soutenue, notamment auprès de plages de tendresse romantiques qui nous manquent tant aujourd'hui Ă  travers la comĂ©die mainstream. Tant auprès de Line Renaud Ă©tonnamment juste et naturelle en belle de nuit au grand coeur, de la gironde et sĂ©millante Grace de Capitani en courtisane fervente amoureuse de François que de Jean-Claude Brialy en banquier discrètement vĂ©reux Ă  deux doigts de chavirer ou encore de Jean Benguigui en propriĂ©taire homo gĂ©rant d'un peep-show parisien. Quant aux prĂ©sences majeures de Guy Marchand et de Jean-Pierre Castaldi que l'on n'attendaient point ici, ils forment sans ambages un tandem de ripoux sans vergogne particulièrement rapaces, dĂ©tendus, insatiables, goguenards Ă  duper une petite dĂ©linquance francilienne, ancienne famille officieuse de François et RenĂ© sur le point de leur prĂŞter main forte dans leur fâcheuse posture pĂ©cuniaire. On retrouve Ă©galement pour renforcer son noble climat de fidĂ©litĂ© amicale et de passion amoureuse la partition mĂ©lancolique de Francis Lai esquissant Ă  nouveau avec fluiditĂ© les sĂ©quences intimistes fondĂ©es sur la simplicitĂ© des sentiments de chaudes retrouvailles et la peur de l'Ă©chec. 

Non franchement, Ripoux contre Ripoux est un honnĂŞte divertissement aussi affable qu'on aurait tort de bouder aujourd'hui. En tenant compte aussi de la nostalgie de cette Ă©poque rĂ©volue que le spectateur, impliquĂ©, perçoit avec sensibilitĂ©, amertume, quiĂ©tude, exaltation, qui plus est un sourire salvateur au terme du gĂ©nĂ©rique final. D'ailleurs le film cumulera quand mĂŞme Ă  sa sortie 2 910 070 entrĂ©es contre 5 882 397 amassĂ©s 6 ans plus tĂ´t. 

Ci-joint la chronique des Ripouxhttp://brunomatei.blogspot.fr/…/les-ripoux-cesar-du-meilleu…

*Bruno
2èx

vendredi 22 décembre 2023

Top 17 / Flop 2023

 1: Ex-aecquo


2: Ex-aecquo  

                 
3: Ex-aecquo


4: Ex-aecquo

                                                                                                                             
Quatuor de Coups de coeur: 

                      

              
      Dans le dĂ©sordre: 






Bonus: 



FLOP 2023