(Crédit photo : image trouvée via affiches-française.com, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Alors hier soir, rĂ©vision du Dernier Face-Ă -face de Sergio Sollima, rĂ©alisĂ© en 1967… et quelle claque, mes amis. Un film qui laisse de sĂ©rieuses traces dans l’encĂ©phale, avec cette sensation d’amertume dĂ©senchantĂ©e qui colle Ă la peau une fois le gĂ©nĂ©rique clĂ´t. Car ici, on est bien loin des conventions habituelles du western : Sollima prend un malin plaisir Ă dynamiter les repères moraux et Ă exploiter avec une intelligence rare l’anti manichĂ©isme de ses personnages.
Si bien qu’ici, le bandit au grand cĹ“ur, interprĂ©tĂ© par Tomas Milian, explose une nouvelle fois l’Ă©cran avec une Ă©volution morale totalement inattendue, surtout lorsqu’on la met en parallèle avec celle de son otage, Brad Fletcher, incarnĂ© par Gian Maria VolontĂ© : un intellectuel souffreteux, cultivĂ©, raffinĂ©, dont la parole et la pensĂ©e semblent d’abord capables de rĂ©veiller la conscience morale de son rival.
Si bien qu’ici, le bandit au grand cĹ“ur, interprĂ©tĂ© par Tomas Milian, explose une nouvelle fois l’Ă©cran avec une Ă©volution morale totalement inattendue, surtout lorsqu’on la met en parallèle avec celle de son otage, Brad Fletcher, incarnĂ© par Gian Maria VolontĂ© : un intellectuel souffreteux, cultivĂ©, raffinĂ©, dont la parole et la pensĂ©e semblent d’abord capables de rĂ©veiller la conscience morale de son rival.
Or, ce qui passionne dans ce western particulièrement dramatique et profondĂ©ment grave, c’est prĂ©cisĂ©ment cette inversion des rĂ´les qui va peu Ă peu s’opĂ©rer au fil du rĂ©cit, au grĂ© des trahisons, des braquages et des choix humains les plus troubles. LĂ oĂą l’on croyait voir un hors-la-loi brutal se dessiner une forme de rĂ©demption, c’est finalement l’homme de culture qui glisse lentement vers la corruption, le pouvoir et la violence qui Ă©branle nos sentiments.
Et c’est lĂ toute la force du film que de nous malmener: Le Dernier Face-Ă -face devient une passionnante Ă©tude sur les valeurs du bien et du mal, ou plutĂ´t sur leur porositĂ©. Sollima montre comment la culture, l’intelligence et le savoir peuvent eux aussi se soumettre au mal lorsqu’ils se laissent contaminer par le goĂ»t du pouvoir.
Le film pousse cette dĂ©liquescence morale très loin dans cette nouvelle identitĂ©, jusqu’Ă la tragĂ©die humaine la plus cruelle, Ă travers ses victimes innocentes, ses dommages collatĂ©raux, jusqu’Ă cette violence qui finit mĂŞme par emporter l’enfance dans son sillage.
Et c’est cette puissance dramatique du cheminement narratif qui culmine dans un face-Ă -face final terriblement pessimiste, pathĂ©tique et dĂ©solĂ©. Car ici, il n’y a ni hĂ©ros, ni vĂ©ritables bandits. Il n’y a que des hommes qui se sont Ă©garĂ©s dans la facilitĂ© de la violence, la corruption, la perversitĂ© et le crime.
Et dans la finalitĂ©, une seule pensĂ©e demeure : quel gâchis. Quel immense gâchis moral. Voir des ĂŞtres sombrer ainsi dans la faiblesse humaine, dans l’ivresse du pouvoir et dans le goĂ»t du sang jusqu’Ă perdre toute forme d'Ă©thique.
C’est prĂ©cisĂ©ment ce qui fait toute la force, l’intensitĂ© et la puissance Ă©lĂ©giaque de ce splendide western italien : nous laisser sur une note profondĂ©ment triste, dĂ©senchantĂ©e, amère… tout en provoquant malgrĂ© tout une forme d’empathie pour ces deux hommes dĂ©truits par leur propre trajectoire et les cadavres qu'ils ont semĂ© sur leur route. Car l’un d’eux demeure, malgrĂ© tout, moins condamnable que l’autre, par son sens de l’Ă©quitĂ©, par sa luciditĂ© retrouvĂ©e, et par cette remise en question coupable que l’on discerne dans son ultime geste rĂ©dempteur.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤











































