jeudi 22 août 2013

Tonnerre de Feu / Blue Thunder

                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site mauvais-genres.com

de John Badham. 1983. U.S.A. 1h49. Avec Roy Scheider, Warren Oates, Candy Clark, Daniel Stern, Paul Roebling, David Sheiner, Joe Santos, Malcolm McDowell.

Sortie salles France: 17 Août 1983. U.S: 13 Mai 1983

FILMOGRAPHIE: John Badham est un réalisateur et producteur britannique, né le 25 Août 1939 à Luton. 1976: Bingo. 1977: La Fièvre du samedi soir. 1979: Dracula. 1981: C'est ma vie après tout. 1983: Tonnerre de feu. 1983: Wargames. 1985: Le Prix de l'exploit. 1986: Short Circuit. 1987: Etroite Surveillance. 1990: Comme un oiseau sur la branche. 1991: La Manière Forte. 1992: Nom de code: Nina. 1993: Indiscrétion Assurée. 1994: Drop Zone. 1995: Meurtre en suspens. 1997: Incognito. 1998: Road Movie.

Réalisé par John Badham, briscard du cinéma de genre, Tonnerre de Feu fit grand bruit lors de sa sortie en salles en 1983 pour la facture ultra-spectaculaire de son action explosive et l'idée singulière d'un appareil de filature façonné pour l'espionnage.

D'après un scénario de Dan O'Bannon, le film s'approprie un argument d'anticipation afin de mettre en garde contre les dérives des technologies modernes et les nouveaux procédés de surveillance à distance. En l'occurrence, John Badham imagine la conception révolutionnaire du Blue Thunder - littéralement "Tonnerre bleu" -, un hélicoptère ultra-perfectionné apte à espionner par caméra infrarouge à travers les murs, à écouter et enregistrer les conversations indiscrètes à l'aide de micros, mais aussi à faire feu sur n'importe quelle cible grâce à un redoutable canon électronique.

Cette arme ultra-moderne est principalement conçue pour déjouer la violence urbaine et le terrorisme de grande ampleur à l'approche des Jeux olympiques. Suite à l'agression meurtrière d'une militante engagée contre la délinquance, l'officier Frank Murphy va toutefois découvrir que cet assassinat était prémédité…

Avec sa mise en scène virtuose déployant moult séquences aériennes au souffle épique, Tonnerre de Feu coiffe au poteau la plupart des films d'action entrepris durant la décennie 80. Et il faudra attendre le maître étalon du genre, Piège de Cristal (Die Hard) de John McTiernan, pour retrouver une telle efficacité narrative et, surtout, une ampleur visuelle aussi décoiffante, notamment grâce à une pyrotechnie dantesque.

                                         

Avec la présence attachante de trois gueules burinées - Roy Scheider magnétise l'écran par son aplomb et son charme rassurant, Warren Oates lui donne la réplique avec une autorité renfrognée, tandis que Malcolm McDowell excelle dans le rôle du félon sarcastique -, John Badham fait preuve d'un savoir-faire infaillible pour élaborer un spectacle attractif à partir d'une réflexion alarmiste sur la vidéosurveillance.

Car il faut bien le dire : l'aspect fascinant de son argument doit tout autant à la star charismatique qu'est le Blue Thunder, engin aérien pourvu de gadgets indécents et symbolisant déjà les dérives d'une institution digne du "Big Brother".

Il faut le voir se faufiler entre les buildings des cités urbaines pour contrecarrer moult poursuites endiablées, notamment face à des avions de chasse ! À cet égard, durant ses quarante-cinq ultimes minutes, John Badham nous peaufine assidûment un spectacle ahurissant de haute voltige, à la technicité aussi fluide que spectaculaire. Loopings à l'appui !

C'est simple : nous sommes véritablement immergés dans la peau d'un pilote d'aéronef, survolant le ciel au gré d'une action virevoltante et d'une mise en scène d'une efficacité redoutable. Chassés-croisés aériens, rivaux lancés aux trousses de Murphy, missiles fonçant vers des tours d'immeubles…  

Complètement dingue !


D'une efficacité optimale, tant pour sa densité narrative que pour sa puissance formelle (avec une utilisation "amoureuse" de la nuit magnifiquement éclairée), Tonnerre de Feu transcende le cinéma d'action sous l'impulsion d'un appareil de sécurité antiterroriste apte à violer notre vie privée.
Jouissif en diable, il demeure un grand spectacle de virtuosité technique, d'un réalisme rigoureux et d'une thématique étonnamment visionnaire.

Surtout qu'à la révision - la quatrième, en ce qui me concerne -, Tonnerre de Feu reste toujours aussi impérial et totalement imperméable à l'épreuve du temps.
 
Indispensable.
 
— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤
26.08.26. 4èx 
22.08.13.

2 commentaires:

  1. Salut Bruno, pas vu ce film depuis une éternité
    Il était plutôt réussi d'après mes souvenirs.
    Je sais que plus tard dans les Eigthies je connaissais pas de mal de monde qui confondait ce film avec le Airwolf (Supercopter de la Cinq) qui était devenu la référence en terme de film mettant en avant les hélicoptères..surtout que ça strictement rien à voir :)

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  2. Salut Laurent, entre Supercopter et Tonnerre de feu, il y a un énorme fossé ! ^^

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