jeudi 10 octobre 2013

Le Jour du Dauphin (The Day of the Dolphin)

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemotion.com

de Miche Nichols. 1973. U.S.A. 1h44. Avec George C. Scott, Trish Van Devere, Paul Sorvino, Fritz Weaver, Jon Korkes, Edward Herrmann.

Sortie salles U.S: 19 Décembre 1973

FILMOGRAPHIE: Mike Nichols, de son vrai nom Michael Igor Peschkowsky, est un rĂ©alisateur amĂ©ricain, d'origine allemande, nĂ© le 6 Novembre 1931 Ă  Berlin. 1966: Qui a peur de Virginia Woolf ? 1967: Le LaurĂ©at. 1970: Catch 22. 1971: Ce Plaisir qu'on dit charnel. 1973: Le Jour du Dauphin. 1975: La Bonne Fortune. 1984: Le Mystère Silkwood. 1985: La BrĂ»lure. 1988: Biloxi Blues. 1989: Working Girl. 1990: Bons baisers d'Holywood. 1991: A Propos d'Henry. 1994: Wolf. 1996: The Birdcage. 1998: Primary Colors. 2000: De quelle planète viens-tu ? 2001: Bel Esprit. 2003: Angels in America. 2004: Closer. 2007: La Guerre selon Charly Wilson.


Drame écolo aux confins de la science-fiction, Le Jour du Dauphin avait ému une génération de spectateurs lorsqu'il fut diffusé sur la Cinq au tout début des années 80. Œuvre maudite car aujourd'hui délaissée par une poignée de cinéphiles et ignorée du jeune public, ce superbe récit d'aventures est une déclaration d'amour pour la cause des dauphins, un hymne à l'océan et une réflexion sur la connexion amicale entre l'homme et l'animal.

Sur une île, un chercheur féru de passion pour les dauphins réussit à communiquer le langage de la parole à l'un d'eux. Mais une poignée d'hommes d'affaires sans scrupule décident de tirer profit de cette nouvelle révolution.

Si l'intrigue peut paraître au premier abord prévisible, sa structure adopte une démarche plutôt inopinée au fil de son cheminement alarmiste et accentue par la même occasion un vrai suspense. Mike Nichols, illustre réalisateur du Lauréat et de Qui a peur de Virginia Woolf ?, s'inspire d'un roman de Robert Merle, Un animal doué de raison, pour mettre en scène ce récit d'aventures d'une émotion pudique dans la tendre relation que se partagent deux dauphins et une équipe de biologistes. La sobriété du propos avec laquelle cette histoire fascinante nous est contée et le jeu circonspect des comédiens sont si persuasifs qu'il ne fait aucun doute pour le spectateur de croire à la communication entreprise entre l'homme et le mammifère. Avec la beauté de ces images maritimes, Mike Nichols élabore parfois des séquences poétiques d'une pudeur sensuelle lorsque deux dauphins s'enlacent au fond d'un bassin sous une musique mélancolique de Georges Delerue. L'émotion pure qui en émane provoque chez le spectateur un sentiment d'abandon total de notre réalité car nous nous immergeons comme par enchantement dans la conscience candide des cétacés.

Toutes les séquences d'éducation au cours desquelles le biologiste en chef lie une complicité indéfectible avec Alpha, le dauphin surdoué, s'avèrent d'autant plus crédibles et attachantes que l'éminent Georges C. Scott se prête au jeu avec un naturel confondant. Attentionné et studieux dans son rôle à contre-emploi de scientifique érudit, l'acteur dégage une densité psychologique et humaniste, désireux de sauvegarder coûte que coûte l'espèce animale compromise par la stratégie de malfrats perfides.

C'est lors de cette seconde partie retorse que Le Jour du Dauphin surprend par son refus des conventions avec un scénario plus finaud qu'il n'y paraît. Réquisitoire contre la cupidité de l'homme avide d'exploiter la cause animale, Mike Nichols fait intervenir espionnage et terrorisme pour mettre en exergue la nature délétère de l'homme mégalo. Son point d'orgue haletant, course contre la montre et la mort pour la survie de nos dauphins, culmine dans une conclusion bouleversante où l'émotion sera mise à rude épreuve pour le public sensible.


Poème lyrique proféré à l'amour des dauphins, témoignage de tolérance pour la cause animale et sa libre indépendance, aventure haletante insufflant en dernier recours un suspense intense, Le Jour du Dauphin est d'autant plus convaincant qu'il est rehaussé d'une interprétation au cordeau (jusqu'aux seconds rôles) et que la mise en scène de Mike Nichols élude toute niaiserie. Une œuvre magnifique d'une humilité bouleversante, à redécouvrir d'urgence.


Dédicace à Goon et au Pharmacien de garde
10.10.13
Bruno Matéï

                                       

1 commentaire:

  1. Il fallait s'en souvenir de celui-là ! En ce qui e concerne, je ne l'ai vu qu'une fois lorsque j'étais enfant. Je me rappelle vaguement de l'histoire si ce n'est que la façon d'utiliser des dauphins à des fins malveillantes qui amine certains personnages avait choqué mon âme de gamin..

    RépondreSupprimer