mardi 1 octobre 2019

Killer Klowns from outer space / Les Clowns tueurs venus d'ailleurs

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Stephen Chiodo. 1988. U.S.A. 1h28. Avec Grant Cramer, Suzanne Snyder, John Allen Nelson, John Vernon, Michael Siegel.

Sortie salles U.S: 27 Mai 1988. France (uniquement en video): Mars 1991

FILMOGRAPHIEStephen Chiodo est un réalisateur, producteur, scénariste, acteur américain, né le 2 Mars 1954 dans le Bronx à New York, USA. 1988: Les clowns tueurs venus d'ailleurs.

Film culte dans un format de sĂ©rie B bricolĂ©e, Killer Klowns from Outer Space demeure Ă  ce jour l’unique rĂ©alisation de Stephen Chiodo - Ă©paulĂ© par ses deux frères, l’un au scĂ©nario, l’autre Ă  la production. Et l’on peut vraiment dĂ©plorer qu’il n’ait pas percĂ© davantage dans le genre horrifique, tant il nous livre ici, sans jamais ĂŞtre avare d’idĂ©es vrillĂ©es, un jeu de massacre aussi fun que dĂ©bridĂ©.

Ă€ partir d’une intrigue linĂ©aire exploitant une Ă©nième invasion extra-terrestre - symptomatique des annĂ©es 50 - Killer Klowns joue la carte de la singularitĂ© Ă  coups de tartes Ă  la crème et de numĂ©ros de prestidigitateurs, qu’inquiĂ©tants clowns tumĂ©fiĂ©s exercent sur une population rurale en proie Ă  la stupeur et Ă  l’incomprĂ©hension. Sous leur volumineuse apparence, volontairement grotesque et dĂ©calĂ©e, ils provoquent autant la fascination qu’un malaise diffus, exultant dans l’exubĂ©rance sournoise, se gaussant de leurs victimes sans une once de clĂ©mence ni le moindre remords. Le tout renforcĂ© d’un rictus diablotin, d’une large dentition dĂ©manchĂ©e, et d’un gros nez rouge… qui dissimule pourtant leur point faible (effet de surprise garanti - mais chut).

Sardonique, donc, mais plaisamment cocasse et jamais malsain (le sang s’avère quasi absent de la pellicule), Killer Klowns compte sur l’enchaĂ®nement ininterrompu de ses exactions criminelles pour amuser un public venu assister Ă  un numĂ©ro de cirque du 3e type. Ă€ l’instar de ses amples dĂ©cors en carton-pâte, tout droit sortis d’un dessin animĂ© psychĂ©dĂ©lique, tant et si bien que les victimes, dĂ©paysĂ©es par ce dĂ©dale futuriste, se laissent aisĂ©ment berner avant d’ĂŞtre ensevelies dans des cocons de barbe Ă  papa - en guise de garde-manger.

De par sa formulation volontairement dĂ©complexĂ©e, friponne et grotesque, il est Ă©tonnant de constater que les comĂ©diens, sobrement attachants, ne sombrent jamais (ou si peu) dans le ridicule. Ils crĂ©ent un surprenant contraste, Ă©vitant la sĂ©rie Z de pacotille, que ce soit dans leur parcours de survie, leur condition de chair Ă  pâtĂ© ou le pĂ©riple hĂ©roĂŻque d’un jeune couple s’efforçant d’alerter deux flics entĂŞtĂ©s.


Complètement autre, doucement inquiĂ©tant et joyeusement dĂ©mentiel, notamment par la disparitĂ© de ses dĂ©cors festoyants, Killer Klowns from Outer Space demeure un rĂ©gal d’originalitĂ©. Sa pluralitĂ© de sĂ©quences-chocs, en filiation directe avec nos souvenirs infantiles, nous embarque sans dĂ©lai dans cette quatrième dimension cartoonesque, propulsĂ©e par des clowns humanoĂŻdes au magnĂ©tisme mutique et Ă  l’Ă©nergie tumultueuse. Fascinants. 

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

01.10.19
28.03.03
09.08.25. Vostfr. 3èx

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire