vendredi 18 octobre 2019

Contre toute attente

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Against All Odds" de Taylor Hackford. 1984. U.S.A. 2h02. Avec Jeff Bridges, Rachel Ward, James Woods, Richard Widmark, Saul Rubinek, Alex Karras, Swoosie Kurtz.

Sortie salles France: 30 Mai 1984. U.S: 2 Mars 1984.

FILMOGRAPHIETaylor Hackford est un réalisateur et producteur américain né le 31 décembre 1944. 1980 : Le Temps du rock'n'roll. 1983 : Officier et gentleman. 1984 : Contre toute attente. 1986 : Soleil de nuit. 1988 : Hail! Hail! Rock 'n' Roll (documentaire musical). 1988 : Everybody's All-American. 1993 : Les Princes de la ville. 1995 : Dolores Claiborne. 1998 : L'Associé du diable. 2001 : L'Échange. 2005 : Ray. 2010 : Love Ranch. 2013 : Parker. 2016 : The Comedian.


Polar oubliĂ© des annĂ©es 80 rĂ©alisĂ© par l'habile artisan Taylor Hackford (Officier et Gentleman, Soleil de Nuit, les Princes de la Ville, Dolores Claiborne, l'AssociĂ© du diable), Contre toute Attente ne mĂ©rite pas l'indiffĂ©rence qu'il se rĂ©colte finalement aujourd'hui. Car si je peux Ă©videmment concevoir qu'il n'arrive jamais Ă  la cheville de son illustre modèle la Griffe du PassĂ© de Jacques Tourneur (que je n'ai jamais vu - honte Ă  moi -), Contre toute attente conjugue policier et romance avec une efficacitĂ© en roue libre. De par le savoir-faire de sa mise en scène sublimant en 1ère partie une idylle romantique auprès du duo incandescent Jeff Bridges, Rachel Ward (l'une des plus belles femmes du monde, excusez du peu !) et de sa structure en suspens dĂ©ployant en second acte des rebondissements criminels en pagaille plutĂ´t convaincants si on fait fi d'une confrontation finale un peu trop convenue Ă  travers les règlements de compte entre rivaux vĂ©reux cabotinant sous l'impulsion d'un tempo musical surchargĂ©. Fort d'une vĂ©nĂ©neuse intrigue que se chamaillent les alliĂ©s pour l'enjeu de l'amour, chaque personnages mis en valeur s'avère plus ou moins impliquĂ©s dans des paris truquĂ©s de match de foot sous l'Ă©gide de l'homme d'affaire Ben Caxton (Richard Widmark assez antipathique en septuagĂ©naire vaniteux).


Ainsi, le joueur Terry Brogan (Jeff Bridges) est chargĂ© par son ami Jake (James Wood) de retrouver la trace de Jessie, sa jeune compagne en fuite après lui avoir dĂ©robĂ© 50 000 dollars. Mais c'est au Mexique que Terry parvient Ă  retrouver celle-ci, si bien qu'ensemble ils finissent par tomber amoureux en se prĂ©lassant Ă  proximitĂ© d'une plage paradisiaque (que Taylor Hackford magnifie Ă  travers sa scĂ©nographie touristique du Mexique). Mais leur relation finit par se ternir avec l'arrivĂ©e d'un des acolytes de Jake chargĂ© de ramener Jessie au bercail.
PortĂ© Ă  bout de bras par la force dĂ©terminĂ©e de Jeff Bridges en anti-hĂ©ros au grand coeur impliquĂ© dans une corruption sportive, quand bien mĂŞme Rachel Ward succombe Ă  ses charmes avec une sensualitĂ© charnelle capiteuse, Contre toute attente doit beaucoup Ă  la prestance de son casting aux p'tits oignons, comme le soulignent conjointement James Woods, dĂ©testable d'hypocrisie en maĂ®tre chanteur criminel et Richard Widmark en leader richissime quasi intouchable. Ainsi donc, grâce Ă  leur prĂ©sence charismatique chargĂ©e d'intensitĂ© dans leur inimitiĂ© vĂ©nale, Contre toute attente cultive un rythme toujours soutenu et davantage nerveux, mĂŞme si on lui prĂ©fĂ©rera peut-ĂŞtre sa première partie plus attachante, dense et ensorcelante, notamment auprès de la puissance de ces images tantĂ´t oniriques que le couple Bridges / Ward irradie Ă  travers leur ardent dĂ©sir lubrique.


Perfectible certes, principalement auprès de la remise en cause d'une confrontation machiste peinant Ă  convaincre dans leur maigre tentative d'y nĂ©gocier une issue favorable, quand bien mĂŞme son Ă©pilogue Ă  la fois amer, un brin ironique, ne manque pas d'audace quant au sort Ă©quivoque des amants infortunĂ©s, Contre toute attente demeure un excellent divertissement. Rondement menĂ©, formellement exotique et sensuellement enivrant sous l'impulsion de tĂŞtes d'affiche proĂ©minentes. Qui plus est scandĂ© lors du gĂ©nĂ©rique final du slow de Phil Collins imprimĂ© dans toutes les mĂ©moires, si bien que celui-ci remporte un an plus tard le Grammy Award du meilleur chanteur pop ! A revoir avec un vif intĂ©rĂŞt, de prĂ©fĂ©rence en couple en Ă©treinte, une coupe de champagne Ă  la main.  

*Bruno

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