vendredi 11 octobre 2019

El Camino : un film Breaking Bad

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"El Camino: A Breaking Bad Movie" de Vince Gilligan. 2019. U.S.A. 2h02. Avec Aaron Paul, Bryan Cranston, Charles Baker, Matt L. Jones, Jonathan Banks, Larry Hankin.

Diffusion mondiale Netflix: 11 Octobre 2019 

FILMOGRAPHIEVince Gilligan est un scĂ©nariste, producteur et rĂ©alisateur amĂ©ricain, nĂ© le 10 fĂ©vrier 1967 Ă  Richmond. 2000-2002 : X-Files - Je souhaite (saison 7, Ă©pisode 21) et IrrĂ©futable (saison 9, Ă©pisode 18). 2008-2013: Breaking Bad - Chute libre (saison 1, Ă©pisode 1) - Pleine Mesure (saison 3, Ă©pisode 13) - Échec (saison 4, Ă©pisode 12) – Mat (saison 4, Ă©pisode 13) - Revenir et Mourir (saison 5, Ă©pisode 16). 2015-2017 : Better Call Saul (4 Ă©pisodes). 2019: El Camino.


"La vie est ce que tu en fais"
CrĂ©ateur de la notable sĂ©rie TV Breaking Bad, Vince Gilligan a dĂ©cidĂ© d'offrir Ă  ses fans planĂ©taires une adaptation cinĂ© en bonne et due forme afin de clore une bonne fois pour toute les vicissitudes de Jesse Pinkman, ultime survivant recherchĂ© en l'occurrence par toutes les polices de l'Ă©tat. Ainsi donc, Ă  travers la simplicitĂ© de sa trame pour autant imprĂ©visible afin de tenir en haleine le spectateur scrupuleux aux faits et gestes de Jesse traquĂ© tous azimuts, Vince Gilligan exploite de main de maĂ®tre un jeu de la survie aussi tendu qu'angoissant eu Ă©gard des moult rebondissements que notre anti-hĂ©ros tentera de dĂ©jouer en faisant preuve d'esprit retors mais aussi de maladresse (Ă  l'instar de sa houleuse transaction avec le vendeur d'aspirateur que campe au travers d'une posture impassible le vĂ©tĂ©ran Robert Foster au charisme sclĂ©rosĂ©).


Magnifiquement rĂ©alisĂ©, tant auprès des cadrages alambiquĂ©s, des effets de style Ă©paulĂ©s d'une photo solaire que de ses influences westerniennes (avec un duel d'anthologie Ă  couper le souffle !), El Camino rappelle entre autres dans notre inconscient le cinĂ©ma perfectionniste de Tarantino Ă  travers ses dialogues ciselĂ©s (un rĂ©gal permanent !) et ses confrontations masculines chargĂ©es de dĂ©rision, de perversitĂ© et de sournoiserie. D'une durĂ©e standard de 2h02, on aurait peut-ĂŞtre souhaitĂ© un mĂ©trage un peu plus quantitatif de 3h00 tant le temps s'Ă©tiole Ă  la vitesse de l'Ă©clair. Si bien que l'on surprend de quitter Jesse sur cette ultime image mĂŞme si sa conclusion rationnelle ne déçoit aucunement. Ce qui prouve donc l'effet hypnotique qu'eurent si bien procurĂ©s sa charpente narrative (tant indĂ©cise) et les dĂ©placements des personnages matois impliquĂ©s dans un enjeu pĂ©cuniaire en lieu et place de confort (pour les mĂ©chants) ou de survie (pour le destin prĂ©caire de Jesse). Au-delĂ  du plaisir Ă©prouvĂ© Ă  son imagerie stylisĂ©e et Ă  ses pĂ©ripĂ©ties instillĂ©es au compte-goutte avec un art consommĂ© du suspense latent, El Camino est Ă©videmment transcendĂ© du jeu borderline d'Aaron Paul toujours aussi habitĂ© Ă  travers ses expressions contradictoires oĂą s'entrechoquent apprĂ©hension, espoir fĂ©brile et dĂ©termination pugnace sans jamais se laisser distraire par l'invraisemblance du geste hĂ©roĂŻque.


"Aller là où l'univers t'emmènes."
TournĂ© en format scope, El Camino demeure donc une excellente prolongation Ă  l'Ă©minente sĂ©rie Breaking Bad (Ă  dĂ©faut d'y parfaire le chef-d'oeuvre auprès des plus gourmets), mĂŞme si on aurait souhaitĂ© poursuivre un peu plus le pĂ©riple de Jesse (avec 1 ou 2 rebondissements supplĂ©mentaires. Quand bien mĂŞme Vince Gilligan est parvenu sans aucune prĂ©tention Ă  boucler la boucle avec une indiscutable cohĂ©rence, tant en terme de cheminement narratif d'une remarquable fluiditĂ© que de psychologie des personnages (parmi 2/3 apparitions surprises impliquĂ©es dans une Ă©thique existentielle !). 

*Bruno

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire