mardi 29 octobre 2019

l'Enterré Vivant / "The Premature Burial"

                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Roger Corman. 1962. U.S.A. 1h21. Avec Ray Milland, Hazel Court, Richard Ney, Heather Angel, Alan Napier, John Dierkes, Dick Miller, Clive Halliday, Brendan Dillon...

Sortie salles France: 2 Octobre 1968. U.S: 7 Mars 1962

FILMOGRAPHIE: Roger Corman est un cinéaste américain, né le 5 avril 1926 à Détroit, Michigan
1955: Day the World Ended. 1956: It's Conquered the World. 1957: Rock all Night. 1957: l'Attaque des Crabes Géants. 1957: Not of this Earth. 1957: Vicking Women. 1957: The Undead. 1958: War of the Satellites. 1958: She-Gods of Shark Reef. 1958: Swamp Women. 1958: Teenage Caveman. 1958: Mitraillette Kelly. 1959: Un Baquet de Sang. 1960: La Petite Boutique des Horreurs. 1960: La Chute de la Maison Usher. 1961: Ski Troop Attack. 1961: La Chambre des Tortures. 1961: Atlas. 1962: The Intruder. 1962: l'Enterré Vivant. 1962: l'Empire de la Terreur. 1962: La Tour de Londres. 1963: Le Corbeau. 1963: La Malédiction d'Arkham. 1963: l'Horrible cas du Dr X. 1963: l'Halluciné. 1964: Le Masque de la Mort Rouge. 1964: l'Invasion Secrète. 1965: Le Tombe de Ligeia. 1965: Not of this Earth. 1966: Les Anges Sauvages. 1967: l'Affaire Al Capone. 1967: The Trip. 1970: Bloody Mama. 1971: Gas-s-s-s. 1971: Le Baron Rouge. 1990: La Résurrection de Frankenstein.


Troisième adaptation du cycle Edgar Allan Poe, L’Enterré vivant demeure l’unique incursion de Roger Corman sans la silhouette du gentleman Vincent Price. Ray Milland s’y substitue avec une sobriété distinguée, incarnant un médecin reclus dans la solitude, rongé par la peur d’être enseveli vivant comme le fut son père, victime de catalepsie. Aux côtés de la douce Hazel Court, épouse prévenante, ils forment un duo fragile, uni par un amour tremblant faute de la même hantise du trépas - que Milland porte avec une intensité contrariée, névrosée. D’un gothisme raffiné, le film aborde la mort, la douleur suffocante et l’au-delà, tout en sondant les vertiges claustrophobes d’un homme prisonnier de ses obsessions morbides, jusqu’à se bâtir une geôle mentale dans son propre huis-clos.

Le climat de claustration s’y déploie avec une force expressive, notamment lorsque Guy Carrell s’imagine, panique au ventre, enfermé dans son cercueil et tente d’en briser les parois à la seule vigueur de ses poignets. Corman sature alors l’image de jaunes et de bleus fantomatiques, nous plongeant dans une incertitude fiévreuse où chaque détail décrépit renforce l’irréel. Constamment soutenu par un suspense latent, étrange, tendu, et porté par l’onirisme macabre d’une scénographie gothique fulgurante - encore plus flamboyante que celle de La Chambre des tortures - L’Enterré vivant nous entraîne dans un cauchemar cérébral où un homme récalcitrant glisse peu à peu hors de la raison malgré les appels de son épouse. Et lorsque survient le dernier quart d’heure, habile en rebondissements, l’affrontement psychologique qui en émerge s’impose comme une vision d’outre-tombe aux accents d’ironie cruelle.


Suspense gothique réjouissant, mené avec autorité par des comédiens d’une élégance aristocratique sous l’égide d’un Corman maître absolu de la série B, L’Enterré vivant me paraît même surpasser La Chambre des tortures - plus raffiné dans sa forme, plus reptilien et captivant dans son récit, aussi cruel mais plus subtilement ironique peut-être.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

10/12/2025. 3èx. Vostf 
29.10.19
23.07.10. 179 v

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