jeudi 7 novembre 2019

Ulysse

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Mario Camerini. 1954. Italie. 1h45. Avec Kirk Douglas, Silvana Mangano, Anthony Quinn, Rossana PodestĂ , Jacques Dumesnil, Sylvie, Daniel Ivernel.

Sortie salles France: 23 Novembre 1954. Italie: 6 Octobre 1954

FILMOGRAPHIE PARTIELLEMario Camerini est un réalisateur italien né le 6 février 1895 à Rome - mort le 4 février 1981 en Lombardie.1923 : Jolly. 1924 : La casa dei pulcini. 1924 : Saetta principe per un giorno. 1933 : Giallo. 1934 : Le Tricorne. 1934 : Come le foglie. 1935 : Je donnerai un million. 1936 : Ma non è una cosa seria. 1936 : Il grande appello. 1937 : Monsieur Max. 1938 : Battement de cœur. 1939 : Les Grands magasins. 1939 : Il documento. 1940 : Centomila dollari. 1940 : Une aventure romantique. 1941 : Les Fiancés. 1942 : L'Ombre du passé. 1943 : Je vous aimerai toujours. 1945 : Deux lettres anonymes. 1946 : L'angelo e il diavolo. 1947 : La Fille du capitaine. 1950 : Mara fille sauvage. 1951 : Due mogli sono troppe. 1952 : Une femme pour une nuit. 1953 : Les Héros du dimanche. 1954 : Ulysse. 1955 : Par-dessus les moulins. 1956 : Sœur Letizia. 1957 : Vacances à Ischia. 1959 : Premier amour. 1960 : La Rue des amours faciles. 1960 : Chacun son alibi. 1962 : Les Guérilleros. 1963 : Kali Yug, déesse de la vengeance. 1963 : Le Mystère du temple hindou. 1966 : Delitto quasi perfetto. 1971 : Io non vedo, tu non parli, lui non sente. 1972 : Don Camillo et les Contestataires.


"Cette histoire fabuleuse parle d'un monde où réalité et surnaturel coexistent, où Dieu et hommes s'affrontent. C'est le poème d'Ulysse, chanté par le grand Homère il y a 3000 ans."

Sans ĂŞtre un grand film du genre (bien qu'il cumule commercialement parlant 3 293 354 entrĂ©es dans nos contrĂ©es), Ulysse est un joli spectacle d'aventures mythologiques que l'italien Mario Camerini rĂ©alise sobrement sous l'impulsion de l'illustre Kirk Douglas. Celui-ci, comme de coutume fringant, expressif et bondissant, se taillant une carrure hĂ©roĂŻque proĂ©minente si bien que l'intĂ©rĂŞt de l'intrigue repose beaucoup sur ses Ă©paules. De par ses Ă©preuves physiques et morales qu'il doit surmonter Ă  travers de fantastiques rencontres, et ce afin de regagner son bercail. Tant auprès du fameux cyclope amateur de vin rouge (probablement l'une des sĂ©quences les plus ludiques et fascinantes car renforcĂ©e de trucages tout Ă  fait efficaces), de l'inquiĂ©tante CircĂ©e (la situation la plus envoĂ»tante lors de sa confrontation amoureuse avec Ulysse qu'elle tentera de convaincre Ă  devenir immortel), des sirènes et leurs chants maudits que de son Ă©preuve ultime avec les dissidents mĂ©galos installĂ©s dans son propre fief. Outre la modestie de sa mise en scène correctement emballĂ©e, ses dĂ©cors et sa photo oniriques, on apprĂ©cie notamment les seconds-rĂ´les antagonistes assoiffĂ©s de pouvoir dans leur opportunisme Ă  daigner Ă©craser la notoriĂ©tĂ© d'Ulysse. Quand bien mĂŞme PĂ©nĂ©lope, superbement incarnĂ©e par la douceur tĂ©nue de Silvana Mangano !) magnĂ©tise l'Ă©cran avec une amertume dĂ©senchantĂ©e quant Ă  son interminable attente d'espĂ©rer revoir son cher Ulysse dĂ©libĂ©rĂ© Ă  honorer sa condition humaine.


En dĂ©pit de son action timorĂ©e et de ses modestes pĂ©ripĂ©ties, Ulysse parvient pour autant Ă  sĂ©duire, charmer, voir mĂŞme Ă  captiver au fil d'une narration davantage scrupuleuse quant Ă  la caractĂ©risation du personnage mythologique mis Ă  Ă©preuve du courage, de la loyautĂ©, de la bravoure et de la fidĂ©litĂ© pour l'enjeu de l'amour Ă©ternel. Tant auprès de sa bien-aimĂ©e PĂ©nĂ©lope, fĂ©brile Ă  escompter son retour des annĂ©es durant, que de son fils TĂ©lĂ©maque (incarnĂ© par l'excellent Franco Interlenghi) en proie aux valeurs familiales dans sa rĂ©signation morale Ă  croire en la dĂ©fĂ©rence paternelle. A revoir avec une Ă©vidente pointe de nostalgie teintĂ©e de langueur. 

*Bruno
3èx

"Le palais d'Ulysse, les rochers de Polyphème, le sourire de PĂ©nĂ©lope, les charmes de CircĂ©... Tout cela n'est dĂ©sormais que poussière. Mais l'immortalitĂ© que le hĂ©ros a refusĂ© de la dĂ©esse, c'est le poète qui la lui offrira. Le chant d'Homère nous restera Ă  jamais tel le sourire d'un Dieu." 

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