mardi 16 août 2022

Jamais plus Jamais / Never Say Never Again

                                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

d'Irvin Keschner. 1983. U.S.A/Angleterre/Allemagne de l'Ouest. 2h14. Avec Sean Connery, Klaus Maria Brandauer, Kim Basinger, Barbara Carrera, Bernie Casey, Edward Fox, Alec McCowen, Pamela Salem, Max von Sydow, Gavan O'Herlihy.

Sortie salles France: 30 Novembre 1983. U.S: 7 Octobre 1983.

FILMOGRAPHIE: Irvin Kershner est un réalisateur et producteur américain, né le 29 Août 1923 à Philadelphie (Pennsylvanie), décédé le 27 Novembre 2010 à Los Angeles (Californie). 1958: Stakeout on Dope Street. 1959: The Young Captive. 1961: Le Mal de vivre. 1963: Face in the Rain. 1964: The Luck of Ginger Coffey. 1966: l'Homme à la tête fêlée. 1967: Une sacré fripouille. 1970: Loving. 1972: Up the Sandbox. 1974: Les 'S' Pions. 1976: La Revanche d'un Homme nommé Cheval. 1978: Les Yeux de Laura Mars. 1980: l'Empire contre-attaque. 1983: Jamais plus jamais. 1990: Robocop 2.

Bond à part que ce Jamais plus Jamais marquant le retour fortuit de Sean Connery (il avait juré de ne plus reprendre le rôle après la sortie des diamants sont Eternels), dans la mesure où cet opus ne fait d'ailleurs pas officiellement parti de la franchise, faute du conflit qui opposa le scénariste et producteur Kevin McClory contre le romancier Ian Fleming avec qui il collabora afin d'imaginer la 1ère aventure de l'agent 007. Il s'agit donc d'une relecture moderne de Opération Tonnerre, ou plus exactement de la revanche de Kevin McClory après qu'il sortit victorieux de sa poursuite en justice contre Fleming en 1973. Sauf qu'à la suite d'un pacte avec les producteurs Albert R. Broccoli et Harry Saltzman, il du toutefois patienter plus de 10 ans pour transposer cette nouvelle aventure sur grand écran. C'est donc en 1983 qu'il parvient véritablement à mettre en chantier Jamais plus Jamais sans se coltiner la participation de la société de production Eon Productions (avec qui Broccoli / Satzman  étaient liés). Formidable récit d'aventures, de romance, d'espionnage et d'actions homériques (principalement la poursuite en moto anthologique !) dirigé par la valeur sûre d'Hollywood, Irvin Kershner (l'Empire contre attaque, Les Yeux de Laura Mars, Robocop 2), Jamais plus jamais sort au même moment qu'un autre Bond afin de concurrencer Roger Moore starisé dans Octopussy (comme le souligne d'ailleurs ses nombreux traits d'humour que Connery tente parfois d'émuler avec plus ou moins de bonheur). Hélas, en terme pécuniaire, Octopussy en sort vainqueur avec 67 900 000 $ contre 55 400 000 $ pour son homologue. En tout état de cause, et selon mon jugement de valeur, il s'agit de 2 excellents métrages n'ayant surement point à rougir des plus belles réussites de Bond (n'en déplaise à ces détracteurs qui ne jurent que par le roc Connery à l'époque de leur brève rivalité commerciale). 

Par conséquent, à la revoyure de ce Jamais plus Jamais (là aussi le titre fripon joue sur l'humeur versatile de son acteur emblématique), ce qui frappe d'emblée émane de son aspect artisanal à daigner narrer une histoire constructive auprès de personnages formidablement bien traités qu'Irvin Kershner prend son temps à nous caractériser (certains pourraient d'ailleurs reprocher une 1ère partie laborieuse, ce que personnellement je conteste sans soupçon d'hésitation). D'où l'intérêt majeur de ce spectacle scrupuleusement attentionné à nous attacher à ces personnages hauts en couleur. Que ce soit Barbara Carrera en criminelle sarcastique à la limite de la psychopathie, étonnamment à l'aise à travers son jeu un brin hystérisé. Du méchant mégalo qu'endosse avec une mine sobrement fringante l'allemand Klaus Maria Brandauer dans une posture spontanée de séducteur insidieux et lestement gouailleur (notamment lorsqu'il perpétue une bataille navale électronique si j'ose dire avec son rival 007). Quant à Kim Basinger, quel plaisir de la retrouver ici en jeune victime fragile comptant sur la virilité infaillible de Sean Connery pour se prémunir des menaces qui pèsent davantage sur ses épaules depuis que Bond parvint à infiltrer le fief de Largo (l'amant de celle-ci qui est d'ailleurs responsable de la mort de son frère exécuté par la diablesse Domino - Barbara Carrera divine de machiavélisme j'vous dit - !). Quant à l'illustre classe impassible de Sean Connery, à la fois sobre mais aussi détendu par ses instants de cocasserie impromptus, il nous laisse une dernière prestation solide en agent secret strié poursuivant ses adversaires avec une forme assez convaincante (même si parfois il est évidemment doublé, telle la poursuite effectuée en moto à travers étroites ruelles) à défaut de nous bluffer, physiquement parlant. 

Episode officieux mal aimé ou oublié, c'est selon, Jamais plus Jamais dégage un charme indéfectible à travers la solidité de sa mise en scène artisanale principalement soumise au charisme de ses interprètes communément irréprochables. Et ce avant de nous titiller des émotions plus fortes parmi quelques scènes d'action jamais gratuites (d'où leur discrétion imposée, surtout lors de la 1ère heure) que Kershner dissémine sans s'embarrasser de prétention (lui l'auteur du monumentalement épique Empire contre-attaque !). A revoir donc pour tous les amoureux de divertissement policier où sensualité érotique et virilité héroïque font bon ménage sous la houlette d'un habile faiseur d'images exotiques. 

*Bruno

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