samedi 3 août 2024

MaXXXine

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Ti West. 2024. U.S.A. 1h43. Avec Mia Goth, Charley Rowan, McCain, Elizabeth Debicki, Moses Sumney, Michelle Monaghan, Halsey, Lily Collins, Giancarlo Esposito, Kevin Bacon.

Sortie salles France: 31 Juillet 2024 (int - 12 ans). 

FILMOGRAPHIE: Ti West (nĂ© le 5 octobre 1980 Ă  Wilmington, Delaware) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain surtout connu pour ses films d'horreur. 2005: The Roost. 2007: Trigger Man. 2009: Cabin Fever 2. 2009: The House of the Devil. 2011: The Innkeepers. 2012: The ABCs of Death (segment M Is for Miscarriage). 2012 : V/H/S (segment Second Honeymoon). 2013: The Sacrament. 2022: X. 2022: Pearl. 2024: Maxxxine. 

"Je n'accepterai pas une vie que je ne mérite pas".

Surprenant ! ? EuphĂ©misme (probablement). Si bien qu'Ă  la sortie toute fraĂ®che de la projo que penser du 3è opus de Ti West au premier visionnage tant sa foisonnance exubĂ©rante bat son plein ? C'est dire si cet ultime dĂ©lire horrifique Ă  deux doigts de surfer par moments sur la dĂ©ception divisera sans doute les plus intransigeants. Tout du moins jusqu'Ă  mi-parcours alors que nombre de sĂ©quences dĂ©tonantes (rien que le prologue concourant Ă  l'oscar de la meilleure actrice, son magnifique gĂ©nĂ©rique musical, le clin d'oeil imparti au film culte infortunĂ© Fondu au noir par le biais de Buster Keaton - 1000 mercis Ti West ! -) nous eurent sĂ©duit avec en prime une inventivitĂ© formelle de tous les diables. D'ailleurs, sur ce point, Maxxxine est une franche rĂ©ussite Ă  faire rougir de jalousie Tarantino tant Ti West, maĂ®tre de l'esthète, transfigure son intrigue par moult dĂ©tails ornementaux et personnages lunaires et/ou zĂ©lĂ©s Ă  la fois fascinants, baroques, sĂ©duisants, dĂ©calĂ©s, pour ne pas dire semi-parodiques (Ă  l'instar du duo de flics Ă©chappĂ© d'une sĂ©rie TV, voir d'Hollywood Night !) au fil d'un cheminement hĂ©sitant si j'ose dire puisque l'on ne sait pas trop oĂą on va et que fait-on au bout d'un certain temps. 

Ainsi, si on se laisse toutefois bercer par l'Ă©trange sentiment de sĂ©duction et d'expectative qu'on nous transmet au sein de cette fulgurance urbaine estampillĂ©e gĂ©nĂ©ration 80 (BO entĂŞtante inclus, montez le volume de la sono !), la seconde moitiĂ© de mĂ©trage se laisse dĂ©river vers la mise en abyme en jouant avec les dĂ©cors de carton pate ou rĂ©els (telle maison de Psychose), la singularitĂ© de sĂ©quences chocs, pittoresques (voir les 2 Ă  la fois) et points de vue moralisateurs sous l'impulsion d'une dĂ©rive ......... que l'on attendait point (et qui na plaira pas Ă  tous). Satire vitriolĂ©e sur l'univers impitoyable d'Hollywood dĂ©nuĂ© de moralitĂ© lorsqu'il s'agit d'Ă©lever au rang de star leur nouvelle coqueluche issue de l'univers du X au sein d'une AmĂ©rique puritaine aussi cynique que corruptrice (tous les personnages semblent des pantins, des caricatures d'eux mĂŞmes), Maxxxine crève l'Ă©cran en la prĂ©sence immorale de Mia Goth plus belle que jamais en star en herbe tourmentĂ©e par son passĂ© au moment oĂą un serial-killer se la joue maĂ®tre chanteur afin d'accĂ©der Ă  son dessein. L'actrice portant le film sur ses Ă©paules dans une posture autrement fĂ©brile, craintive et incertaine puisque sĂ©vèrement malmenĂ©e par un dangereux manipulateur tirant les ficelles de la dĂ©chĂ©ance avec une idĂ©ologie maladivement rigoriste. 

Vortex de fantaisie macabre et de violence malsaine assumĂ©e au travers de plans gores graphiques du plus bel effet vomitif ou autrement cartoonesque (quel magnifique plan final d'une audace atypique et qui en dit long sur le portrait psychotique de Maxine ayant vendu une seconde fois son âme au diable), Maxxxine dĂ©concerte, fascine, sĂ©duit puis finit par captiver jusqu'au sentiment de conquĂŞte amoureuse Ă  travers son errance urbaine infiniment onirique, insidieuse, sarcastique, capiteuse au demeurant. Une femme libre dans la finalitĂ© (avec un sacrĂ© pied de nez au puritanisme en conclusion couillue) oĂą la rĂ©demption possède un sacrĂ© goĂ»t de souffre dans la bouche par son absence assumĂ©e de moralitĂ©. A revoir absolument donc pour comprendre si Maxxxine deviendra culte ou pas, Ă  l'instar d'Angel auquel Ti West ne manque pas non plus de rendre tendrement hommage (tant pour l'icone fĂ©minine auto-justicière que pour sa peinture urbaine sous nĂ©ons polychromes).

*Bruno

Ci-joint la chronique de Jean-Marc Micciche

Séance découverte avec Maxxxine, troisième volet de la trilogie 'spécial Mia Goth'. Tout d'abord louons l'égérie du fantastique moderne via Mia Goth qui assurément avec ses trois films marquent son empreinte. Encore ici, elle est magnifique et illumine le film de sa présence magnétique parfaite en icone 'revenge' movie. D'ailleurs, à l'image du clivant Malignant, le film est une véritable déclaration à la culture du videoclub, du cinéma d'exploitation, et Ti West inscrit sa démarche en véritable auteur d'un cinéma post moderne, malaxant code, narration personnage, situation. Bref un cinéma de la bonne citation préférant l'évocation de ses figures de genres plutôt que la citation directe. Alors oui le film est très loin d'être parfait, au contraire même, à l'image de ses nombreux films évoqués, il est volontairement étrange, bancal, car préférant le style, la stylisation des années 80. Autant dire que pour les cinéphiles de notre génération, Maxxxine est un plaisir jouissif à regarder. Les jeunes cinéphiles se concentreront sans doute à des différences explicites (Les frissons de l'angoisse, Psychose) mais pour nous autres, on pensera davantage à la saga des Angel ( la plus naturelle et évidente), à Descente en enfers (Vise Squad), à L'ange de la vengeance et New York deux heures du matin de Abel Ferrara, à Body Double ou Pulsion de De Palma. Tel idée de montage, de photo, de musique jouera sur la mémoire de certains d'entre nous : Fondu au noir, Les jours et les nuits de China Blue, les clip video, les boites de production cheap, le tout porté par un score musical qui imprègne la rétine, qui marque les esprits. Pas étonnant que Scorsese considère Ti West comme une vraie révélation de la série b. 8.5/10 Clairement un film générationnelle.

1 commentaire:

  1. Je suis plutĂ´t d'accord avec cette critique :
    https://culte7art.blogspot.com/search?q=MaXXXine

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