mardi 9 septembre 2025

Evanouis / Weapons de Zach Cregger. 2025. U.S.A. 2h08.

                       (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via Google, provenant du site imdb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives).

"Evanouis - l’art noir du suspense hystĂ©risĂ©"

PhĂ©nomène horrifique de 2025, raflant tous les suffrages tant publics (bientĂ´t 1 million d'entrĂ©es chez nous) que critiques, Evanouis est la seconde rĂ©alisation de Zach Cregger, encore plus investi et ambitieux depuis son excellent premier essai, Barbarians. Mais pour prĂ©server l’effet de surprise - que le cinĂ©aste prend malin plaisir Ă  retarder jusqu’Ă  une ultime demi-heure marquĂ©e au fer rouge dans la mĂ©moire - moins vous en saurez, mieux vous serez terrassĂ©s. J’en suis tĂ©moin : clouĂ© Ă  mon siège deux heures durant, les nerfs vrillĂ©s, Ă  tenter de deviner ce que tout cela pouvait bien dissimuler.

Évitez donc les synopsis trop bavards, et plus encore les trailers mercantiles qui dĂ©florent son imagerie choc. Car le plaisir rĂ©side dans ce moment de frousse, bâti sur un suspense latent, fascinant autant qu’irritant, tandis que Cregger prend tout son temps pour dĂ©rouler son rĂ©cit choral Ă  travers le regard de plusieurs protagonistes prisonniers d’une journĂ©e de cauchemar interminable. Impeccablement structurĂ© autour des faits et gestes de cette poignĂ©e d’âmes ballottĂ©es, Evanouis installe une maĂ®trise redoutable, une malice inquiĂ©tante qui distille mystère et malaise, entre postures ombrageuses et comportements erratiques dignes d’un Ă©pisode grandeur nature de La Quatrième Dimension.


En abordant de plein fouet paranoĂŻa, suspicion et harcèlement scolaire au cĹ“ur d’une bourgade autrefois paisible, Cregger Ă©rige un train fantĂ´me ricaneur qui ne cesse de miser sur l’expectative. Son suspense omniprĂ©sent, insoutenable, s’Ă©tire Ă  travers les rares indices semĂ©s avec parcimonie. Mais en jouant la carte de la suggestion avec une prĂ©cision chirurgicale, Evanouis libère une intensitĂ© dramatique oĂą l’horreur se teinte de brutalitĂ© sèche. Jusqu’Ă  un final Ă©bouriffant, jusqu'au-boutiste, offert aux amateurs de terreur insolente, de dĂ©lire sardonique et de violence acĂ©rĂ©e - une sĂ©quence hallucinĂ©e m’a d’ailleurs rappelĂ© un classique sanglant des annĂ©es 80, pour son gore massif et son effet de foule.

Captivant, passionnant, car intriguant par l’originalitĂ© de son rĂ©cit dĂ©lĂ©tère et la sobriĂ©tĂ© d’acteurs livrĂ©s Ă  l’infortune, Evanouis dĂ©ploie une terreur pure, redoublĂ©e d’efficacitĂ©, en conjuguant suspense et horreur graphique avec un art consommĂ© de la surprise hystĂ©risĂ©e. Et, aux cĂ´tĂ©s de Bring Her Back, Together et The Ugly Stepsister, il s’impose comme la rĂ©vĂ©lation horrifique inattendue d’une annĂ©e faste pour notre cinĂ©ma marginal fĂ©tichiste.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

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