mardi 18 novembre 2025

Le Retour des Morts-vivants 3 / Return of the Living Dead III de Brian Yuzna. 1993. 1h40.

                                                      
               (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives) 
 
(Révision: 5)

"Romance nécrophage."

Réjouissante fête foraine vitriolée, Le Retour des morts-vivants 3 flirte avec la bande dessinée dans sa formalité saturée : effusions gores omniprésentes mais au service du récit – une fois n'est pas coutume –, comédiens de seconde zone sciemment naïfs, grotesques, pédants, décomplexés, irresponsables, marginaux. Yuzna sait nous divertir, nous choquer et nous fasciner avec une efficacité brute en revitalisant le mythe du zombie à travers une romance écorchée vive – au propre comme au figuré. Le couple Curt / Julie, emporté par une intensité horrifico-dramatique en crescendo, nous accroche assez fermement pour que l’on s’inquiète de leur sort, de leur détresse, de leur fuite impossible.


Melinda Clarke, formidable de charisme sépulcral, s’impose en martyr gothique contrainte de s’infliger sur sa chair sévices, écorchures, piercings et scarifications afin d’étouffer sa faim de chair humaine. L’ambiance hystérique, aussi folle que débridée, et son aspect légèrement télévisuel (pas une première chez Yuzna) renforcent le caractère quasi documentaire de cette nuit d’horreur en roue libre, culminant dans un chaos frénétique et incongru où des zombies "métallisés" servent cruellement de cobayes à une science dévoyée par une idéologie militaire révolutionnaire.

Même si la photographie aurait peut-être gagné à plus de couleurs, sa texture demeure soignée, presque séduisante dans son format de BD de gare. Elle nous immerge pleinement dans cette relecture intelligente et trash de Roméo et Juliette, version nécrophile et SM sanguinaire où ça gicle à tout va (FX artisanal à l'appui). Si bien que Yuzna l'emballe avec une personnalité propre et une générosité à laquelle on ne s’attendait pas, aussi expansive que dévastatrice.
 
 
Interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie, le film fut couronné du Prix du Public à Gérardmer et du Silver Scream Award au Festival du film fantastique d’Amsterdam en 1994, consacrant ainsi le travail singulier de l'auteur. 
 
— le cinéphile du cœur noir
5èx. Vostf

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