(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Hier soir, découverte de The Whisper Man, réalisé par James Ashcroft et distribué par Netflix.
Rappelons tout de même que le réalisateur est également responsable de l'éprouvant Balade meurtrière et de The Rule of Jenny Pen. Avec son nouveau métrage, nous avons affaire ici à un thriller à l'ancienne, comme il en pullulait durant les années 1990, à l'instar du Collectionneur, de Bone Collector, du Masque de l'Araignée, de Calme blanc, de La Main sur le berceau, de J.F. partagerait appartement et consorts.
Rappelons tout de même que le réalisateur est également responsable de l'éprouvant Balade meurtrière et de The Rule of Jenny Pen. Avec son nouveau métrage, nous avons affaire ici à un thriller à l'ancienne, comme il en pullulait durant les années 1990, à l'instar du Collectionneur, de Bone Collector, du Masque de l'Araignée, de Calme blanc, de La Main sur le berceau, de J.F. partagerait appartement et consorts.
Quelle excellente surprise, donc, que de renouer avec ce type de thriller du Dimanche soir, dans la mesure où James Ashcroft attache autant d'importance à un suspense intense et méticuleusement entretenu - on est rivé à son siège sans cligner des yeux - qu'à la caractérisation psychologique de ses personnages. Car derrière son intrigue criminelle sordide, The Whisper Man s'intéresse avant tout aux conflits familiaux et, plus particulièrement, aux relations parfois profondément conflictuelles entre pères et fils.
Sans trop en dévoiler afin de ne pas gâcher le plaisir, le film nous entraîne dans une descente aux enfers morale lorsqu'un serial killer, ayant sévi il y a quinze ans, semble récidiver en kidnappant des enfants avant de les tuer, alors même que le coupable présumé se trouve déjà derrière les barreaux. Il s'agit donc d'un récit dur, douloureux et d'une grande cruauté, au fil d'une trajectoire narrative aussi trouble que perverse quand on cible l'innocence.
Mais James Ashcroft a l'intelligence de ne jamais sombrer dans un voyeurisme malsain. La violence est suggérée ou montrée à travers ses conséquences et certaines images d'archives, sans jamais devenir complaisante. Et lorsqu'une séquence particulièrement sanglante surgit soudainement - la seule véritablement graphique du récit ! -, son effet de surprise n'en est que plus effroyable, tout en demeurant pleinement justifié par le scénario.
Et si The Whisper Man se révèle aussi captivant et passionnant, il le doit également beaucoup à son impressionnante distribution. Robert De Niro, Michael Keaton, Michelle Monaghan et Adam Scott contribuent tous, avec sobriété et conviction, à donner au récit une véritable densité. C'est là l'une des plus grandes qualités du film. Tandis que l'enquête progresse et que les relations familiales se révèlent de plus en plus complexes, le réalisateur dessine des personnages meurtris, torturés et parfois profondément écorchés vifs. Mais chut...
Le deuil occupe également une place essentielle. À travers Tom et son fils Jake, contraints de déménager et reconstruire leur existence après la disparition d'un être cher, le réalisateur insuffle au thriller une émotion fragile et une dimension humaine dans une juste mesure. Cette douleur intime fait d'ailleurs écho aux autres relations parentales qui traversent le récit, notamment à travers Jake, qui communique avec un être invisible : une mystérieuse fille en bleu.
Il faut néanmoins reconnaître que The Whisper Man n'invente rien et ne révolutionne pas le genre. Nous sommes donc loin des chefs-d'œuvre de la trempe de Seven, Prisoners, Limbo, The Chaser ou du Silence des agneaux. Or, James Ashcroft exploite pourtant certaines situations familières du thriller criminel - notamment la confrontation psychologique entre Pete et Frank - sans jamais chercher à singer ses prestigieux modèles.
The Whisper Man s'impose donc facilement par lui-même, sans orgueil ni arrogance, avec un désir de nous proposer un plaisir de cinéma à la fois intelligent et jouissif.
La confrontation cérébrale entre les différents protagonistes se révèle ainsi particulièrement intense et subtile, notamment à travers la détermination de l'inspectrice Amanda Beck à vouloir débusquer l'assassin le plus rapidement possible, tandis que les rebondissements des ultimes minutes viennent enrichir les bravoures de ces personnages et accentuer la dimension émotionnelle du récit. L'un d'entre eux pourra même évoquer, dans une certaine mesure, un clin d'œil au Sixième Sens, sans que cela ne semble tiré par les cheveux.
Si The Whisper Man ne surprend donc pas forcément quant à certains aspects de son intrigue, il demeure parfaitement mis en valeur par une superbe photo granuleuse en Cinémascope et, surtout, par l'attention portée à ses personnages communément forcenés. James Ashcroft nous immerge ainsi dans leur désarroi, leurs fêlures et parfois leur déviance, au sein d'un climat sombre, à la fois malsain, dérangeant et même, par instants, franchement glauque.
Sans compter que le réalisateur sait également instaurer un véritable climat d'angoisse et de terreur, qui gagne progressivement en intensité, notamment durant les vingt dernières minutes, rigoureusement éprouvantes et oppressantes. Le stress le plus acéré étant à son paroxysme.
Sans compter que le réalisateur sait également instaurer un véritable climat d'angoisse et de terreur, qui gagne progressivement en intensité, notamment durant les vingt dernières minutes, rigoureusement éprouvantes et oppressantes. Le stress le plus acéré étant à son paroxysme.
Au final, The Whisper Man est donc un excellent thriller artisanal, impeccablement réalisé et interprété, d'une efficacité magnétique. Certes, nous aurions peut-être préféré une intrigue plus originale, mais le film possède bien d'autres qualités dans sa besace, à commencer par ses portraits humains fébriles, et par la personnalité du serial killer aussi fascinant que roublard, déterminé à préserver sa mainmise sur son entourage tout en imposant son propre héritage.
Si bien que derrière cette intrigue criminelle redoutablement cruelle - ces enfants portés en sacrifice - se cache finalement un récit venimeux beaucoup plus intime sur le deuil, les valeurs familiales et la transmission, où les relations entre pères et fils constituent le véritable cœur battant du film.
— Celui du cœur noir des images 🖤







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