mercredi 15 juin 2011

Source Code


de Duncan Jones. 2011. U.S.A/France. 1h33. Avec Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan, Vera Farmiga, Jeffrey Wright, Michael Arden, Cas Anvar, Russell Peters, Brent Skagfor.

Sortie en salles en France le 20 Avril 2011.

FILMOGRAPHIE: Duncan Zowie Jones est un rĂ©alisateur anglais nĂ© le 30 Mai 1971. Il est le fils du chanteur David Bowie. 2002: Whistle (court-mĂ©trage). 2009: Moon. 2011: Source Code. 

                                     

Après l'excellent film de science-fiction intimiste Moon,  Duncan Jones rĂ©alise deux ans plus tard un projet moins personnel mais autrement inspirĂ© avec Source Code. Une rĂ©jouissante sĂ©rie B impeccablement troussĂ©e auprès de son amusante idĂ©e spatio-temporelle si bien que le hĂ©ros doit revivre Ă  l'infini 8 minutes du passĂ© afin d'apprĂ©hender un terroriste poseur de bombes.

Synopsis: Olter Stevens est un capitaine amĂ©ricain parti en mission de reconnaissance en Afghanistan. Or, subitement, il se retrouve dans un train, assis juste en face d'une sĂ©duisante jeune inconnue qui semble le reconnaĂ®tre. Dans huit minutes prĂ©cises, le train va exploser faute d'une bombe placĂ©e Ă  l'intĂ©rieur d'un des compartiments par un dangereux terroriste. Au moment du violent impact, le soldat se retrouve soudainement embrigadĂ© dans un caisson autour d'une assemblĂ©e de scientifiques observant ses faits et gestes...

                                  

En prenant comme point de dĂ©part l'astuce jouissive du voyage temporel auquel un homme est contraint de retourner inlassablement dans le passĂ© pour tenter d'alpaguer un dangereux criminel, Source Code joue la carte de la sĂ©rie B du samedi soir avec une redoutable efficacitĂ© ludique. Et mĂŞme si le cheminement narratif tentaculaire est parfois inĂ©vitablement complexe et confus, le suspense constant est si accrocheur et le duo formĂ© par Jake Gyllenhaal (Donnie Darko, Jarhead, Zodiac, Brothers) et la craquante Michelle Monaghan (la mort dans la peau, gone baby gone, l'Oeil du Mal, Somewhere) si charmant et impliquĂ© qu'on se laisse facilement happĂ© par leur dangereuse mission carburant Ă  l'audace et au courage que l'acteur exprime avec une Ă©tonnante pugnacitĂ© inopinĂ©ment arrogante.          

                                       

Dénué de prétention et d'une sincérité infaillible d'y façonner avec autant de savoir-faire un divertissement grand public aussi intelligent que retors et inventif, Source Code est diablement ludique sous l'impulsion du couple fusionnel Jake Gyllenhaal / Michelle Monaghan. Son concept révolutionnaire à devancer toutes attaques terroristes, l'efficacité des missions alertes et son final échevelé à rebondissements nous maintiennent en haleine en nous interrogeant en filigrane sur la violation de la dignité humaine du point de vue d'une éthique scientifique trop opportuniste pour faire preuve de fair-play.

*Bruno
15.06.11
24.04.25. 

mardi 14 juin 2011

La Main du Cauchemar / The Hand

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinedweller.com

de Oliver Stone. 1981. U.S.A. 1h48. Avec Michael Caine, Andrea Marcovicci, Bruce McGill, Annie McEnroe, Viveca Lindfors.

Sortie en salles U.S. le 24 Avril 1981.

FILMOGRAPHIE: Oliver Stone (William Oliver Stone) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain nĂ©  le 15 septembre 1946 Ă  New-York. 1974: La Reine du Mal, 1981: La Main du Cauchemar, 1986: Salvador, Platoon, 1987: Wall Street, 1988: Talk Radio, 1989: NĂ© un 4 Juillet, 1991: Les Doors, 1991: JFK, 1993: Entre ciel et Terre, 1994: Tueurs NĂ©s, 1995: Nixon, 1997: U-turn, 1999: l'Enfer du Dimanche, 2003: Comandante (Doc), 2003: Persona non grata, 2004: Looking for Fidel (tĂ©lĂ©-film), 2004: Alexandre, 2006: World Trade Center, 2008: W.: l'Impossible PrĂ©sident, 2009: Soul of the Border, 2010: Wall Street: l'argent ne dort jamais.

                                        

"Schizophrénie au bout des doigts".
Sept ans après son curieux premier essai horrifique, Seizure, le nĂ©ophyte Oliver Stone rĂ©alise et co-scĂ©narise La Main du Cauchemar, d’après un roman de Marc Brandell — auteur influencĂ© par Les Mains d’Orlac de Maurice Renard (1921). Cette sĂ©rie B mĂ©connue, version modernisĂ©e de La BĂŞte aux cinq doigts de Robert Florey (1946), Ă©tait initialement prĂ©vue pour Jon Voight en second rĂ´le, aux cĂ´tĂ©s de Christopher Walken, finalement remplacĂ© par un Michael Caine habitĂ© d’une vigueur schizophrĂ©nique. Ă€ la suite d’un terrible accident de voiture, le dessinateur Jonathan Lansdale se voit amputĂ© de la main droite, arrachĂ©e par la remorque d’un camion. ÉgarĂ©e dans les herbes hautes, la main reste introuvable. Depuis, Jonathan est obsĂ©dĂ© par sa disparition inexpliquĂ©e. Une relation conjugale conflictuelle le pousse Ă  s’exiler quelques semaines dans une demeure isolĂ©e Ă  San Francisco. Peu Ă  peu, il est en proie Ă  de rĂ©currentes amnĂ©sies — sa conscience vacille, s'effiloche, jusqu'Ă  se pervertir vers la schizophrĂ©nie.

                                    

Sorti Ă  l’Ă©poque des vidĂ©oclubs des annĂ©es 80, dans la catĂ©gorie « inĂ©dits vidĂ©o » de Warner Home VidĂ©o, La Main du Cauchemar constitue une excellente sĂ©rie B, sortant du lot des productions horrifiques alors calibrĂ©es pour effrayer un public juvĂ©nile sans trop d’ambition. Le film dĂ©bute frontalement avec le point d’orgue d’une sĂ©quence gore percutante, orchestrĂ©e avec un montage tendu. Ce moment clĂ©, spectaculaire, impressionne par son rĂ©alisme et les effets saisissants du grand Carlo Rambaldi. PassĂ© ce choc traumatique, Oliver Stone adopte la tempĂ©rance, distillant l’inquiĂ©tude sous l’impulsion d’un suspense latent. Après une demi-heure plus classique, et une fois que le hĂ©ros s’est accoutrĂ© d’une prothèse mĂ©tallique, l’intrigue s’Ă©paissit : Jonathan, sĂ©parĂ© de sa famille, s’installe Ă  la campagne. LĂ , dans un Ă©tablissement universitaire spĂ©cialisĂ© dans le dessin, il dĂ©croche un poste d’enseignant et croise la route d’une Ă©lève sĂ©duisante, dĂ©vergondĂ©e, presque fatale. RongĂ© d’hallucinations, accablĂ© d’amnĂ©sies, dĂ©chu de ses fonctions de dessinateur, il sombre peu Ă  peu dans une folie schizophrène irrĂ©versible. Jaloux, consumĂ© par l’infidĂ©litĂ© d’une Ă©pouse lasse, hantĂ© par l’impossibilitĂ© de retrouver sa main, il dĂ©rive vers une rage meurtrière incontrĂ´lable.

Avec sa main spectrale et pernicieuse qui rampe dans les recoins pour frapper ses proies, La Main du Cauchemar matĂ©rialise les visions dĂ©lirantes d’un esprit dĂ©vorĂ© par sa propre psychose. Pour donner chair Ă  ce cauchemar, Oliver Stone se concentre sur la psychĂ© d’un dessinateur incapable de discerner rĂŞve et rĂ©alitĂ©, fantasmagorie et vĂ©ritĂ© nue. Grâce Ă  la prestance sardonique de Michael Caine, bouleversant dans le rĂ´le d’un homme aux prises avec des visions macabres, le film intrigue, captive, sans jamais sombrer dans la facilitĂ© ou l’outrance gore. Tour Ă  tour irascible, ombrageux, haineux, violent, mais aussi anĂ©mique, fragile (dans ses liens distendus avec sa fille), charmeur ou compatissant (dans sa liaison trouble avec une Ă©tudiante dĂ©boussolĂ©e), il impose une inquiĂ©tante fascination, comme irradiĂ© par une palette d’Ă©motions diaphanes. Et mĂŞme, dans une moindre mesure, une empathie Ă©trange s’Ă©veille pour cette victime psychotique vouĂ©e Ă  une haine qu’elle ne maĂ®trise plus.                             

                                     

CommencĂ© dans un rythme langoureux, portĂ© par une mise en place sobre, La Main du Cauchemar parvient Ă  tirer son Ă©pingle du jeu avec un dosage subtil d’angoisse diffuse, de tension tapie et de suspense rampant. Entièrement posĂ© sur les Ă©paules d’un immense acteur habitĂ© par son personnage bicĂ©phale, cette perle sombre menĂ©e avec savoir-faire rend honneur au genre horrifique, et peut sans rougir figurer parmi les meilleures sĂ©ries B (oubliĂ©es) des annĂ©es 80.

*Bruno
14.06.11.   4.
 

lundi 13 juin 2011

Les Insectes de Feu / Bug. Licorne d'Or et Prix du Public au Rex Ă  Paris 1975.

                                             

de Jeannot Szwarc. 1975. U.S.A. 1h40. Avec Bradford Dillman, Joanna Miles, Richard Gilliand, Jamie Smith Jackson, Alan Fudge, Jesse Vint, Patricia McCormack, Brendan Dillon.

Sortie salles France: 28 Janvier 1976 (Int - 13 ans). U.S: 6 Juin 1975
 
FILMOGRAPHIE: Jeannot Szwarc est un réalisateur français, né le 21 Novembre 1939 à Paris.
1973: Columbo: adorable mais dangereuse, 1975: les Insectes de Feu, 1978: Les Dents de la mer 2, 1980: Quelque part dans le temps, 1983: Enigma, 1984: Supergirl, 1985: Santa Claus, 1994: La Vengeance d'une Blonde, 1996: Hercule et Sherlock, 1997: Les Soeurs Soleil.

                                   
A l'aube d'une riche carrière Ă©clectique, le français Jeannot Szwarc rĂ©alise en 1975 une sĂ©rie B horrifique matinĂ©e de science-fiction et de catastrophe surnaturelle. Produit et co-scĂ©narisĂ© par William Castle, en concertation avec la Paramount depuis le prodigieux succès de Rosemary's BabyLes Insectes de Feu est Ă©galement tirĂ© d'un roman de Thomas Page: The Hephaestus PlaguepubliĂ© en 1973. 

Le Pitch: Un sĂ©isme ravage une rĂ©gion bucolique des Etats-Unis libĂ©rant par l'occasion d'Ă©tranges insectes capables d'incendier la nature environnante au contact de leur abdomen. Peu Ă  peu, d'Ă©tranges incidents intentent aux citadins d'une bourgade, les arthropodes agressant leurs victimes au contact du feu. Un professeur en universitĂ© retranchĂ© chez lui dĂ©cide de les Ă©tudier afin de tenter de les exterminer. 

Multi rĂ©compensĂ© dans divers festivals, Les Insectes de Feu est tout Ă  fait symptomatique d'une Ă©poque notable dans laquelle il fut conçu. En effet, son sujet traitĂ© avec le plus grand sĂ©rieux exploite des sĂ©quences horrifiques proprement terrifiantes et remarquablement efficaces de par leur impact aussi inĂ©dit que spectaculaire. En l'occurrence, les victimes pourchassĂ©es par les blattes tentent dĂ©sespĂ©rĂ©ment de fuir la menace du feu si bien que ces insectes sont capables d'incendier nos corps au contact de leur estomac. Les citadins se transformant en torches humaines après que l'insecte soit parvenu Ă  produire de la chaleur combustive.


Les sĂ©quences chocs qui y Ă©manent sont particulièrement violentes et rĂ©alistes lorsque les victimes accourent tous azimut dans l'intensitĂ© de leur affolement. La fascination rĂ©pulsive exercĂ©e sur ses diaboliques invertĂ©brĂ©s, dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  dominer le monde, rĂ©ussissant Ă  nous convaincre de leur dangerositĂ© grâce Ă  de sobres effets-spĂ©ciaux efficacement conçus. Si bien que repoussants auprès de leur aspect viscĂ©ral, ces blattes crèvent l'Ă©cran avec un rĂ©alisme inĂ©galĂ© sachant que l'auteur se refuse d'y dĂ©samorcer l'horreur des situations par dĂ©rision macabre. Qui plus est, Jeannot Szwarc utilise habilement son savoir-faire technique par l'entremise d'une partition musicale quasi expĂ©rimentale, une photographie solaire aux teintes ocres et de nombreux zooms auscultant l'anatomie de ces blattes dĂ©voreuses de rĂ©sidu alcalin (la cendre) La seconde partie beaucoup plus sobre et documentĂ© cultive un huis-clos Ă©touffant au sein des agissements scientifiques d'un biologiste obsĂ©dĂ© Ă  l'idĂ©e d'exterminer les cafards depuis que sa femme fut l'une des victimes. Sous le principe du reportage animalier, ce second acte rĂ©ussit Ă  inquiĂ©ter et captiver par une succession d'Ă©preuves scientifiques qu'effectue ce dernier afin d'endiguer cette race d'asthropodes hĂ©ritĂ©s de la prĂ©histoire. TerrĂ© dans l'insalubritĂ© de sa demeure et perdant peu Ă  peu tous repères avec la rĂ©alitĂ©, James Parmiter joue aux apprentis sorciers au pĂ©ril de sa vie. 

                                      

Efficacement menĂ© et Ă©minemment fascinant pour l'aspect rĂ©aliste d'une menace animale littĂ©ralement photogĂ©nique, Les Insectes de Feu constitue une oeuvre charnière de l'Ă©pouvante des Seventies. Son sujet alarmiste imparti Ă  une peur Ă©colo nous illustrant Ă  nouveau que l'homme altier, obsĂ©dĂ© Ă  l'idĂ©e d'y dompter une mutation biologique se rĂ©vèle Ă  terme impuissant, dĂ©sarmĂ© par son Ă©gocentrisme. Sa solide distribution (Bradford Dillman très investi dans son scrupuleux rĂ´le de savant fou), les sĂ©quences chocs qui ponctuent l'intrigue et l'inquiĂ©tant score dissonant acheminent cette oeuvre insolite au rang de classique du genre Ă  redĂ©couvrir d'urgence. 

*Bruno
13.06.11

Récompenses:
Prix des meilleurs effets spéciaux pour Phil Cory, lors du Festival du film de Catalogne en 1976.
Prix du Public et Licorne d'Or au Rex Ă  Paris en 1975.

vendredi 10 juin 2011

The Cold Room Prix Spécial du Jury à Avoriaz 1985.


de James Dearden. 1984. Angleterre/Allemagne. 1h35. Avec Georges Segal, Amanda Pays, Renée Soutendjik, Warren Clarke.

FILMOGRAPHIE: James Dearden est un réalisateur et scénariste britannique né le 14 septembre 1949 à Londres. 1977: The Contraception, 1978: Panic, 1980: Diversion, 1984: The Cold Room, 1987: Liaison Fatale (scénariste), 1988: l'île de Pascali, 1991: Un baiser avant de mourir, 1999: Trader.

                                                              

Par le scĂ©nariste du thriller Liaison Fatale, James Dearden signe en 1984 son meilleur film : The Cold Room, justement rĂ©compensĂ© du Prix SpĂ©cial du Jury Ă  Avoriaz. Hallucinations, voyage temporel, rĂ©incarnation, folie… s’entrecroisent dans une intrigue Ă  l’atmosphère lourde et irrĂ©elle, oĂą plane le spectre du nazisme. 

En relation conflictuelle avec son père, la jeune Carla accepte pourtant de passer quelques jours avec lui, dans la rĂ©gion de Berlin-Est. Ă€ leur arrivĂ©e, ils s’installent dans une chambre d’hĂ´tel tenue par une vieille femme nommĂ©e Frau Hoffman. Peu Ă  peu, Carla est assaillie par d’Ă©tranges visions — un boucher patibulaire armĂ© d’un long couteau, postĂ© devant une Ă©choppe. BientĂ´t, elle dĂ©couvre une pièce secrète dissimulĂ©e derrière l’armoire de sa chambre.

                                                     

Étrange curiositĂ©, jamais diffusĂ©e Ă  la tĂ©lĂ©vision et toujours inĂ©dite en DVD, The Cold Room demeure dans l’ombre malgrĂ© son prix mĂ©ritĂ© Ă  Avoriaz. Sa force rĂ©side dans sa troublante structure narrative, qui laisse planer le doute : sommes-nous tĂ©moins de l’imagination dĂ©bordante d’une jeune fille instable, insolente, vacillant face Ă  une rĂ©alitĂ© affective dĂ©faillante ? Derrière l’armoire, une pièce murĂ©e, hĂ©rissĂ©e de crocs de boucher. Un homme, Erich, s’y terre depuis deux semaines, fuyant la police. Chaque jour, Carla lui apporte de la nourriture ; bientĂ´t, une relation amoureuse naĂ®t entre eux. Mais Erich, insurgĂ© juif, la supplie de retrouver un contact capable de lui fournir de faux papiers et de l’aider Ă  fuir clandestinement. Le monde dans lequel Carla dĂ©rive se fissure un peu plus chaque jour, jusqu’Ă  basculer dans une faille temporelle, en pleine ère nazie.

Sous le joug d’une atmosphère inquiĂ©tante, The Cold Room entretient une tension sourde, alternant les annĂ©es 40 et 80 avec une fluiditĂ© spectrale. Par son ambiance feutrĂ©e, glauque, ce drame fantastique s’enfonce dans un univers dĂ©pressif hantĂ© par les relents d’une Histoire obscène. Ă€ travers l’idylle condamnĂ©e de deux amants cernĂ©s par la haine et la xĂ©nophobie, James Dearden transcende son suspense en cauchemar Ă©veillĂ©. RĂŞves, hallucinations, rĂ©incarnation, folie se superposent dans un entrelacs de temporalitĂ©s, jusqu’Ă  ce que l’une dĂ©vore l’autre. ComĂ©dienne mĂ©connue Ă  la grâce magnĂ©tique, Amanda Pays — sosie troublant de Nastassja Kinski — insuffle une sensualitĂ© fragile Ă  cette hĂ©roĂŻne tourmentĂ©e, investie d’un rĂ´le d’investigatrice Ă©garĂ©e dans les brumes de sa propre psychĂ©. Par sa prĂ©sence troublante mais rĂ©solue, le film gagne en sensibilitĂ©, notamment en abordant le thème de la mĂ©tempsychose.

                                                      

"Entre deux vies, la chambre".
SĂ©rie B malencontreusement condamnĂ©e Ă  l’oubli, The Cold Room est pourtant un excellent suspense fantastique, sobre et envoĂ»tant, dont l’histoire captivante rĂ©active en sourdine le fantĂ´me du nazisme. Son atmosphère moite et lugubre, renforcĂ©e par une photographie dĂ©saturĂ©e, nous enferme dans un drame schizophrène fascinant, guidĂ© par la fragile impulsion d’Amanda Pays.

*Bruno
10.06.11

OTAGES EN SURSIS (Fight For Your Life). Video Nasties !


de Robert Endelson. 1977. U.S.A. 1h23. Avec William Sanderson, Robert Judd, Reginald Bythewood.

FILMOGRAPHIE: Robert Endelson est un réalisateur et producteur américain né en 1947.
1973: Filthiest Show in Town
1977: Fight for Your Life

Hommage subjectif d'un puriste amateur.
Otages en Sursis est Ă©galement listĂ© dans la rubrique des fameux "vidĂ©os nasties" créé en 1984 par l'Angleterre puritaine. 74 films sont ainsi jugĂ©s trop violents, dĂ©cadents ou sanglants pour ĂŞtre cachetĂ©s "nasty" et bannis de leurs vidĂ©os-clubs.













4 truands en cavale... Ils sont désabusés, hargneux, sadiques et ont décidé de se venger de la société sans plus attendre. 4 bêtes sauvages en liberté... Et un long parcours de violence gratuite et brutale vers le cul-de-sac de la mort : un paisible pavillon de banlieue. La confrontation est prête ! D'un côté, la police silencieuse et à l'affût, le revolver au poing... De l'autre, une famille tranquille prise en otage mais qui va se révéler en
un atroce retournement de situation l'arme d'une justice impitoyable...

mercredi 8 juin 2011

L'ETRANGLEUR DE RILLINGTON PLACE (10 Rillington Place)


de Richard Fleischer. 1971. Angleterre. 1h51. Avec John Hurt, Richard Attenborough, Judy Geeson, Pat Heywood, Isobel Black.

Sortie U.S.A: 10 fĂ©vrier 1971.

FILMOGRAPHIE: Richard Fleischer est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 8 dĂ©cembre 1916 Ă  Brooklyn,  et dĂ©cĂ©dĂ© le 25 Mars 2006 de causes naturelles.
1952: l'Enigme du Chicago Express, 1954: 20 000 lieux sous les mers, 1955: les Inconnus dans la ville, 1958: les Vikings, 1962: Barabbas, 1966: le Voyage Fantastique, 1967: l'Extravagant Dr Dolittle, 1968: l'Etrangleur de Boston, 1970: Tora, tora, tora, 1971: l'Etrangleur de Rillington Place, 1972: Terreur Aveugle, les Flics ne dorment pas la nuit, 1973: Soleil Vert, 1974: Mr Majestyk, Du sang dans la Poussière, 1975: Mandingo, 1979: Ashanti, 1983: Amityville 3D, 1984: Conan le destructeur, 1985: Kalidor, la légende du talisman, 1989: Call from Space.

                                  

Trois après son chef-d'oeuvre novateur (split screen Ă  l'appui !) inspirĂ© des mĂ©faits du cĂ©lèbre Etrangleur de Boston, Richard Fleischer rĂ©cidive en 1971 avec un nouveau saisissant portrait, l'Etrangleur de Rillington Place d'après le livre de Ludovic Kennedy. Comme pour son prĂ©cĂ©dant thriller, le rĂ©cit est Ă©galement inspirĂ© d'une histoire vraie retraçant ici les exactions de John Reginald Halliday Christie. Un tueur en sĂ©rie britannique ayant sĂ©vi dans les annĂ©es 1940 et 1950 puis arrĂŞtĂ©, jugĂ© et pendu pour meurtre en 1953. Un texte introductif nous prĂ©cise d'ailleurs qu'une partie des dialogues du film s'appuie sur des documents officiels. Londres, 1944, dans l'avenue de Rillington Place. RĂ©ginald Christie, agent de police, se fait passer pour un mĂ©decin afin de soigner une femme malade. En guise de confiance, il rĂ©ussit Ă  l'inviter dans son vieil appartement pour la violer et l'Ă©trangler. Cinq ans plus tard, un couple et leur bĂ©bĂ© emmĂ©nagent dans l'immeuble du tueur. Alors que la jeune mère attend un second enfant, une violente dispute Ă©clate Ă  propos de son futur accouchement. Christie leur propose alors son assistance pour pratiquer un avortement illĂ©gal.

                                    

A trois ans d'intervalle (1968-1971), Richard Fleischer rĂ©alise deux coups de maĂ®tres avec ces portraits de serial-killers notoires. Pour celui qui nous intĂ©resse aujourd'hui, l'Etrangleur de Rillington Place nous invite Ă  une descente aux enfers autour d'un couple de prolĂ©taires en situation prĂ©caire ! Dès le prologue, d'une violence psychologique cinglante dans sa cruditĂ© imposĂ©e, nous sommes avertis du profil psychologique d'un agent de police prochainement en retraite. RĂ©ginald Christie est un aimable citoyen vivant reclus dans son modeste appartement parmi la discrĂ©tion de son Ă©pouse, mais auquel sa pathologie laisse finalement s'exprimer des pulsions morbides et sexuelles lorsqu'il s'envisage d'Ă©trangler des femmes. C'est avec l'arrivĂ©e d'un jeune couple, multipliant les prises de bec conjugales, que l'intrigue se ressert pour les embrigader dans le huis-clos asphyxiant d'un immeuble insalubre (photo dĂ©saturĂ©e Ă  l'appui !). De prime abord, la courtoisie et la gĂ©nĂ©rositĂ© de Christie inspirent une assurance immĂ©diate envers ces nouveaux rĂ©sidents aux faibles revenus. Et rapidement, ceux-ci vont se retrouver embarquĂ©s dans une machiavĂ©lique imposture perpĂ©trĂ©e par le plus mesquin des dĂ©traquĂ©s.

                                

La suite des Ă©vènements impliquant une affaire d'homicide conjugal Ă©prouve le spectateur dans une horreur psychologique sans aucune Ă©chappatoire. Avec intensitĂ©, Richard Fleisher dĂ©peint le calvaire Ă©motionnel d'un père de famille dĂ©soeuvrĂ©, totalement asservi par un tueur mĂ©thodique redoutablement finaud. Le spectateur impuissant exprimant une indĂ©niable empathie pour la victime rĂ©duite ici Ă  l'objet de soumission. Dans le rĂ´le du tueur, Richard Attenborough incarne le rĂ´le de sa vie pour mettre en exergue un psychopathe placide auquel ses instincts morbides extĂ©riorisent une perversitĂ© compulsive. C'est avec l'aide d'une cordelette convenablement rangĂ©e dans une petite armoire qu'il exerce ces horribles mĂ©faits après avoir gazĂ© ces pauvres victimes. Son physique quelconque de sexagĂ©naire bedonnant au crane dĂ©garni et aux lunettes rondes laisse nĂ©anmoins distiller un sentiment inquiĂ©tant de malaise latent. John Hurt lui partage la vedette avec une Ă©motion poignante pour endosser celui du père de famille illettrĂ© et inculte, noyĂ© dans le chagrin et le dĂ©sespoir. Un ouvrier mĂ©diocre et une proie facilement manipulable Spoiler !!! au point de devenir auprès de la justice le coupable prĂ©sumĂ© des crimes intentĂ©s. Fin du Spoiler

                          

Avec son rĂ©alisme blafard et son climat de malaise tangible, L'Etrangleur de Rillington Place se rapproche du genre horrifique et nous place dans la position inconfortable de tĂ©moin voyeuriste dans ce jeu de manipulation compromis au fait-divers morbide. Sa mise en scène acĂ©rĂ©e, l'ambiance de claustration qui en Ă©mane et le jeu exceptionnel des comĂ©diens nous acheminent Ă  l'un des plus glaçants portraits de serial-killer vus au cinĂ©ma ! Pour parachever, le rĂ©alisateur en profite d'Ă©gratigner le système judiciaire afin de mettre en exergue une rĂ©flexion sur la peine capitale. 

08.06.11
Bruno Matéï

lundi 6 juin 2011

THE HOLE


Photo empruntée sur Google, appartenant au site heyuguys.co.uk

de Joe Dante. 2009. U.S.A. 1h32. Avec Chris Massoglia, Nathan Gamble, Haley Bennett, Teri Polo, Merritt Patterson, Chelsea Ricketts, Quinn Lord, Peter Shinkoda...

FILMOGRAPHIE: Joe Dante (né le 28 novembre 1946 à Middletown, New Jersey) est un critique, scénariste, monteur, producteur et réalisateur américain. Son plus grand succès populaire est, à ce jour, Gremlins (1984).
1966-1975 : The Movie Orgy 1976 : Hollywood Boulevard, co-réalisé avec Allan Arkush 1978 : Piranhas(Piranha),1981 : Hurlements (The Howling) 1983 : La Quatrième Dimension (Twiling Zone the Movie), troisième épisode, Its a Good Life 1984 : Gremlins 1985 : Explorers 1987 : Cheeseburger film sandwich (Amazon Women on the Moon), 5 sketches 1987 : L'Aventure intérieure(Innerspace)1989 : Les Banlieusards (The 'burbs) 1990 : Gremlins 2, la nouvelle génération (Gremlins 2 The New Batch) 1993 : Panic sur Florida Beach (Matinee) 1998 : Small Soldiers 2003 : Les Looney Tunes passent à l'action (Looney Tunes : Back in Action) 2006 : Trapped Ashes , premier segment,Wraparound. 2009 : The Hole.


InĂ©dit en salles et toujours privĂ© d'une sortie Dvd dans l'hexagone, The Hole est la dernière production de Joe Dante, vĂ©ritable concentrĂ©e de nostalgie infantile dans l'introspection conflictuelle de jeunes ados confrontĂ©s Ă  leurs affres les plus rĂ©prĂ©hensibles. 

Un mère et ses deux fils emmĂ©nagent dans une nouvelle bourgade après avoir Ă©tĂ© asservis par un paternel violent et alcoolique. SĂ©duits par leur charmante voisine juvĂ©nile, les deux frères l'invitent Ă  visiter les lieux de leur demeure. Dans la cave, ils dĂ©couvrent une Ă©trange trappe scellĂ©e avant de libĂ©rer du fond du gouffre une entitĂ© surnaturelle oĂą d'Ă©tranges Ă©vènements vont se produire. 


Baignant dans une atmosphère Ă©dĂ©nique au sein d'une banlieue ricaine oĂą chaque citadin semble Ă©panoui par leur vie insouciante, The Hole dĂ©crit avec candeur le portrait attachant de trois jeunes adolescents confrontĂ©s Ă  une dĂ©couverte extravagante ! Par ailleurs, l'attention accordĂ©e Ă  cette bourgade champĂŞtre rappelle instinctivement les climats sĂ©curisants d'E.T, House ou encore Poltergeist lorsque les voisins affables sont toujours prĂ©sents pour prĂŞter main forte Ă  leurs nouveaux locataires. En distillant avec parcimonie un climat d'inquiĂ©tude et d'Ă©trangetĂ© tangible, Joe Dante joue la carte de l'expectative et de la suggestion pour mieux nous captiver dans une trame fantastique hĂ©ritĂ©e de la quatrième dimension. La première qualitĂ© inhĂ©rente du mĂ©trage est de nous prĂ©senter le profil d'adolescents dociles, de prime abord investigateurs et quelque peu naĂŻfs dans leur dĂ©marche perplexe en âge instable. Tout le contraire donc de la clique traditionnelle de marmots tĂŞtes Ă  claque toujours plus impudents et insolents Ă  daigner amuser la galerie ! Tandis qu'au fil du rĂ©cit davantage obscur et ombrageux, leurs peurs les plus dĂ©lĂ©tères vont s'extĂ©rioriser et se matĂ©rialiser sous l'emprise d'un trou noir au mystère imperceptible. 


Par petites touches, The Hole va entretenir un climat d'angoisse persuasif avec l'entremise d'un clown de porcelaine, une fillette vacillante et un géant tortionnaire d'enfants ! Si le scénario n'apporte pas de surprises inopinées et se révèle somme toute classique, son efficacité probante ainsi que l'appréhension subtilement éprouvée - alliées à la complicité des ados empathiques - nous accordent un intérêt croissant dans leurs obscures mésaventures. D'ailleurs, Joe Dante n'hésite pas à exacerber certaines séquences horrifiques avec le juste équilibre de sobriété pour insuffler sans outrance un sentiment de malaise face aux apparitions cinglantes ou dérangeantes d'antagonistes hostiles (le clown mesquin, le fantôme errant et le géant intarissable !). Tandis que son point d'orgue cathartique, laissant libre court à une imagerie fantasmagorique, nous entraîne en interne d'une prison torturée où un fils préalablement martyrisé va devoir se confronter à sa terreur la plus ébranlante. Et nos trois héros de combattre individuellement les forces hermétiques afin de gagner la rédemption en bravant leurs terreurs les plus intrinsèques !


RĂ©cit initiatique sur les affres de nos frayeurs les plus intimidantes, mĂ©taphore horrifique au climat d'angoisse oppressant et au suspense intelligemment entretenu, The Hole renoue modestement avec le genre fantastique sans daigner transcender son thème Ă©culĂ©. L'humanitĂ© attachante des protagonistes juvĂ©niles et la rĂ©alisation adroite de Joe Dante, toujours assidu Ă  nous façonner un univers surnaturel immersif, renvoient au cinĂ©ma artisanal des eighties en combinant lĂ©gèretĂ© et horreur des situations. 

Dédicace à Gérald Giacomini et François Most
07.08.12. 2èx (25/11/10)
Bruno Matéï

PANIC SUR FLORIDA BEACH (Matinee)


de Joe Dante. 1993. U.S.A. 1h39. Avec Simon Fenton, John Goodman, Lisa Jakub, Cathy Moriarty, Omri Katz, Kellie Martin.

FILMOGRAPHIE: Joe Dante (né le 28 novembre 1946 à Middletown, New Jersey) est un critique, scénariste, monteur, producteur et réalisateur américain. Son plus grand succès populaire est, à ce jour, Gremlins (1984).
1966-1975 : The Movie Orgy 1976 : Hollywood Boulevard, co-réalisé avec Allan Arkush 1978 : Piranhas(Piranha),1981 : Hurlements (The Howling) 1983 : La Quatrième Dimension (Twiling Zone the Movie), troisième épisode, Its a Good Life 1984 : Gremlins 1985 : Explorers 1987 : Cheeseburger film sandwich (Amazon Women on the Moon), 5 sketches 1987 : L'Aventure intérieure(Innerspace)1989 : Les Banlieusards (The 'burbs) 1990 : Gremlins 2, la nouvelle génération (Gremlins 2 The New Batch) 1993 : Panic sur Florida Beach (Matinee) 1998 : Small Soldiers 2003 : Les Looney Tunes passent à l'action (Looney Tunes : Back in Action) 2006 : Trapped Ashes , premier segment,Wraparound 2010 : The Hole.


Trois ans après son dĂ©lirant Gremlins 2, Ă©chec public encore plus destroy et anticonformiste que son prĂ©dĂ©cesseur, Joe Dante voue avec Panic sur Florida Beach une vĂ©ritable dĂ©claration d'amour Ă  tout un pan du cinĂ©ma fantastique des annĂ©es 50. Des sĂ©ries B et Z bricolĂ©es dans un esprit ludique dĂ©complexĂ© alors que l'une des plus extravagantes personnalitĂ©s du cinĂ©ma Bis s'Ă©tait rĂ©vĂ©lĂ©e par l'illustre William Castle dont Joe Dante porte ici en Ă©tendard. Octobre 1962, dans une petite ville de Floride. Gene Loomis est un jeune adolescent fan de cinĂ©ma d'horreur plus prĂ©occupĂ© par les prochaines sorties cinĂ©matographiques que les tristes Ă©vènements actuels secouant une AmĂ©rique au bord du marasme suite Ă  la dĂ©couverte de missiles nuclĂ©aires Ă  Cuba. Quand il apprend que son rĂ©alisateur prĂ©fĂ©rĂ© va diffuser au cinĂ©ma de quartier un nouveau film Ă  succès, Mant (l'homme fourmi), il se rend sur les lieux pour tenter d'approcher le maĂ®tre, Mr Lawrence Woosley.

                                

Joe Dante, plus inspirĂ© que jamais, rĂ©alise ici un splendide hommage aux rĂ©alisateurs excentriques dĂ©bordant d'inventivitĂ© et de passion dans leur projet toujours plus insensĂ© de foutre les pĂ©toches Ă  des spectateurs juvĂ©niles davantage euphorisĂ©s Ă  l'idĂ©e d'assister Ă  la projection d'un mĂ©trage estampillĂ© "Ă©pouvante". Sous couvert d'une menace nuclĂ©aire, l'idĂ©e de divertir un public ado moins concernĂ© par le sujet de la politique engage certains rĂ©alisateurs Ă  user d'imagination et de perspicacitĂ© afin d'exorciser en prime l'anxiĂ©tĂ© de leurs parents, largement prĂ©occupĂ©s par la crise Ă©ventuelle d'une 3è guerre mondiale. Par l'entremise d'un gĂ©nial producteur et rĂ©alisateur de renom, la projection d'un film de science-fiction horrifique devient ici un vĂ©ritable jeu de peur attractif en usant et abusant de gadgets et artifices savamment confectionnĂ©s derrière la toile de l'Ă©cran. Tandis qu'un homme dĂ©guisĂ© en combinaison de fourmi attend le moment propice pour bondir de l'Ă©cran et terrifier le spectateur complice jubilant d'Ă©motions aussi fortes qu'inoffensives ! Une manière frĂ©nĂ©tique et fantasque de comploter un spectacle doublement attractif. En effet, la projection du film diffusĂ© sur la toile s'extrait ici subitement de sa pellicule pour s'en aller rejoindre notre rĂ©alitĂ© et provoquer une seconde fois des spectateurs stupĂ©faits, blottis dans la salle de cinĂ© !

                                    

A travers cet hommage vibrant aux productions bisseuses conçues pour amuser la galerie, Joe Dante dĂ©montre subtilement Ă  quel point le spectateur avide de sensations a un besoin irrĂ©mĂ©diable, pour ne pas dire instinctif, de se rĂ©fugier dans une salle de cinĂ©ma en guise d'Ă©chappatoire. Frissonner confortablement de plaisir afin de mieux tolĂ©rer et affronter une rĂ©alitĂ© sociale pessimiste. Il illustre avec dextĂ©ritĂ© que l'horreur fictive n'est en rien comparable Ă  ce que notre rĂ©alitĂ© peut engendrer de pire dans les conflits politiques toujours sur le qui-vive pour les luttes armĂ©es entre les peuples et leurs discordes religieuses. Rien de plus exutoire alors que de pouvoir s'extraire de nos angoisses par la chimère du cinĂ©ma. Et pour interprĂ©ter ce rĂ©alisateur farfelu, utopiste dans l'art du gadget, il fallait un illustre acteur de la trempe de John Goodman afin de rendre hommage Ă  son ascendant, William Castle. Finaud, espiègle et spontanĂ©, il endosse une de ses plus marquantes prestations en bouffon du 7 art avide d'amuser les bouilles innocentes Ă  l'aide de gadgets aussi improbables que disproportionnĂ©s. Pour parachever, le rĂ©alisateur rappelle en outre que le cinĂ©ma d'horreur est un genre souvent vulgarisĂ© car montrĂ© du doigt par un puritanisme rĂ©actionnaire stigmatisant le grand-guignol de films d'horreur conçus pour divertir.

                                    

Cinema Paradiso
Soigneusement reconstituĂ© dans l'Ă©poque vĂ©tuste d'une petite ville US des annĂ©es 60, Panic sur Florida Beach constitue un magnifique hommage pour l'intĂ©gritĂ© de ces artisans dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  cristalliser un projet cinĂ©matographique dĂ©mesurĂ©. Rempli de clins d'oeil et de rĂ©fĂ©rences aux classiques des annĂ©es 50 (La Mouche Noire a sans doute fortement impressionnĂ© l'adolescence de Joe Dante !), cette oeuvre passionnante et Ă©chevelĂ©e dĂ©borde d'affection pour toute une Ă©poque rĂ©volue. MĂŞme si au delĂ  de la magie fantaisiste du cinĂ©ma Bis, l'holocauste nuclĂ©aire hantait la paranoĂŻa des parents responsables.

06.06.11.    3
Bruno Matéï

Espèce en voie de disparition / Endangered Species

 
d'Alan Rudolph. 1982. U.S.A. 1h41. Avec Robert Ulrich, JoBeth Williams, Paul Dooley, Peter Coyote, Marin Kanter, Hoyt Axton, Gailard Sartain.

Sortie salle U.S.A.: 10 Septembre 1982.

FILMOGRAPHIE: Alan Rudolph est un scĂ©nariste et rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 18 DĂ©cembre 1943 Ă  Los Angeles. 1972: PrĂ©monition, 1974: Nightmare Circus, 1976: Bienvenue Ă  Los Angeles, 1978: Tu ne m'oublieras pas, 1980: Roadie, 1982: Espèce en voie de disparition, 1984: Choose me, Song Writer, 1985: Wanda's CafĂ©, 1987: Made in heaven, 1988: The Moderns, 1990: l'Amour Poursuite, 1991: PensĂ©es Mortelles, 1992: Equinox, Mrs Parker et le cercle vicieux, 1997: l'Amour... et après, 1999: Breafast of champions, 2000: Trixie, 2002: Investigating Sex, The Secret live of dentists.

                                  

                              Note: L'Histoire de ce film s'appuie sur des faits authentiques.

"Mutilations sous contrĂ´le".
RĂ©alisateur discret et touche-Ă -tout, Alan Rudolph signe en 1982 une sĂ©rie B tombĂ©e dans l’anonymat le plus complet : Espèce en voie de disparition. TirĂ© d’une histoire vraie, ce rĂ©cit de science-fiction croisĂ© au polar meurtrier anticipe de onze ans la cĂ©lèbre sĂ©rie paranoĂŻaque X-Files, oĂą un duo d’agents du FBI affronte les fantĂ´mes de complots mondiaux liĂ©s Ă  l’existence extraterrestre.

Synopsis: Ruben Castle, ancien flic renommĂ©, sort d’un long sevrage après des annĂ©es d’alcoolisme. DivorcĂ©, père d’une adolescente rebelle, il tente tant bien que mal de l’Ă©lever, lestĂ© par un passĂ© indocile et Ă©thylique. Lorsqu’on dĂ©couvre des carcasses de bĹ“ufs horriblement mutilĂ©es dans les campagnes du Colorado, il reprend du service aux cĂ´tĂ©s d’une shĂ©rif nĂ©ophyte, pour Ă©lucider l’origine de ces crimes Ă©nigmatiques.

                                  

Sur le mode policier d’une enquĂŞte abstraite, flirtant avec l’inexplicable, Espèce en voie de disparition amorce avec tempĂ©rance son rĂ©cit inquiĂ©tant, rythmĂ© par la dĂ©couverte morbide de cadavres de bĂ©tail. La manière dont ces carcasses sont retrouvĂ©es - crânes dĂ©sossĂ©s, organes disparus, chairs lacĂ©rĂ©es - imprime dès les premières images une aura viscĂ©rale, ancrĂ©e dans l’insolite. Une fois les personnages campĂ©s, figures d’autoritĂ© arpentant les paysages bucoliques du Colorado, le rĂ©cit distille lentement un suspense diffus. Chaque nouvelle dĂ©couverte macabre accentue l’atmosphère paranoĂŻaque, jusqu’Ă  faire Ă©merger en filigrane une conspiration scientifique de grande envergure, fondĂ©e sur le trafic d’armes biologiques. Alors que, dès 1969, le Congrès amĂ©ricain interdit officiellement les essais d’armes chimiques et bactĂ©riologiques, une organisation secrète semble poursuivre ses expĂ©riences sur les troupeaux errant dans les grandes plaines. En fin de mĂ©trage, une note factuelle achèvera de glacer le sang : depuis l’interdiction, plus de 10 000 bĂŞtes auraient Ă©tĂ© mutilĂ©es Ă  travers le pays.

                                      

Ce sombre rĂ©cit de conjuration, impliquant mercenaires et scientifiques chevronnĂ©s, fait croĂ®tre son angoisse lors d'une ultime demi-heure tendue, nerveuse, haletante. Courses-poursuites rigoureuses, chantages, prises d’otage : la mĂ©canique s’emballe. Une sĂ©quence choc, surgie Ă  l’improviste, imprime durablement les rĂ©tines : un moment d’horreur explicitement sanglant, Ă©voquant Contamination de Luigi Cozzi, oĂą des corps humains explosent sous l’effet d’un fluide verdâtre et corrosif. Le malaise est tangible, presque poisseux.

                                        

Attachant et inquiĂ©tant, Espèce en voie de disparition parvient Ă  convaincre et captiver grâce Ă  une mise en scène modeste mais maĂ®trisĂ©e. Le film insuffle surtout une Ă©trangetĂ© palpable, renforcĂ©e par la partition Ă©lectronique de Gary Wright, aux accents sombres et enveloppants. La prĂ©sence de trognes familières du cinĂ©ma de genre - Robert Ulrich (Magnum Force), Hoyt Axton (le père de famille dans Gremlins), Peter Coyote (Wargames), JoBeth Williams (la mère de famille dans Poltergeist) - ajoute un charme discret Ă  cette petite perle oubliĂ©e des annĂ©es 80. D’autant plus fascinant qu’il est ancrĂ© dans une rĂ©alitĂ© glaçante.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

Dédicace à "lesineditsvhs"
05.06.11
04.08.25. vf

samedi 4 juin 2011

L'OPERATION DIABOLIQUE (Seconds)


De John Frankenheimer. 1966. U.S.A. 1H50. Avec Rock Hudson, Salome Jens, John Randolph, Will Geer, Jeff Corey, Richard Anderson, Frances Reid

FILMOGRAPHIE: John Frankenheimer est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 19 fĂ©vrier 1930 Ă  New-York, et mort d'une crise cardiaque le 6 juillet 2002 Ă  Los Angeles.
1957: Mon père, cet étranger, 1961: Le Temps du chatiment, 1962: l'Ange de la violence, le Prisonnier d'Alcatraz, Un crime dans la tête, 1964: 7 jours en Mai, Le Train, 1966: Grand Prix, l'Opération Diabolique,
1968: l'Homme de Kiev, 1969: Les Parachutistes arrivent, 1970: Le Pays de la violence, les Cavaliers, 1973: l'Impossible Objet, The Iceman cometh, 1975: French Connection 2, 1977: Black Sunday, 1979: Prophecy le monstre, 1982: A armes égales, 1985: Le pacte Holcroft, 1986: Paiement Cash, 1989: Dead Bang, 1990: The Fourth War, 1992: Les Contes de la crypte saison 4, épis 10), 1992: Year of the gun, 1996: l'Ile du dr Moreau, Andresonville (tv), 1997: George Wallace, 1998: Ronin, 2000: Piège Fatal, 2002: Sur le chemin de la guerre.

                          

En 1966, sort dans l'indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale, l'OpĂ©ration Diabolique, tirĂ© d'un roman de David Ely. Le film politiquement subversif est un cuisant Ă©chec et sombrera rapidement dans l'oubli.
Aujourd'hui, exhumĂ© par quelques aficionados avides de raretĂ©s introuvables, ce tourment patibulaire peut enfin ĂŞtre rĂ©habilitĂ© Ă  sa juste valeur et se targuer d'ĂŞtre l'une des oeuvres les plus incongrues et cauchemardesques jamais rĂ©alisĂ©es.

Arthur Hamilton est un homme vieillissant auquel sa vie conjugale est rĂ©duite Ă  la routine lymphatique. Un jour, il reçoit  l'appel tĂ©lĂ©phonique d'un ancien fidèle ami, dĂ©cĂ©dĂ© il y a peu. Celui-ci lui demande de se rendre le lendemain dans un lieu tenu secret. Après brève hĂ©sitation, Arthur dĂ©cide de se rendre au rendez-vous fixĂ© mais s'aperçoit qu'il est orientĂ© d'un endroit Ă  un autre par des individus interlopes. Il est enfin accompagnĂ© par une mystĂ©rieuse organisation qui lui propose de changer de vie et d'apparence physique pour un prix assez Ă©levĂ©. Contraint de se plier Ă  leur contrat octroyĂ© d'un chantage perfide, le quidam perplexe va devoir subir une opĂ©ration chirurgicale pour s'approprier de la vie d'un artiste peintre, Tony Wilson.

                          

Dès le gĂ©nĂ©rique biscornu d'images oculaires diaphanes dans un noir et blanc funeste, accompagnĂ© par la musique hostile de Jerry Goldsmith, un climat d'Ă©trangetĂ© prĂ©gnant s'impose Ă  l'esprit entraĂ®nĂ© dans une spirale anxiogène.
A grand coup de cadrages alambiquĂ©s, de zooms agressifs et d'une camĂ©ra Ă  l'Ă©paule en vue subjective (façon maladive et avant-gardiste d'un certain Schizophrenia !), John frankenheimer s'implique en alchimiste expĂ©rimental afin de mieux manipuler son public, comme le hĂ©ros dĂ©sespĂ©rĂ© d'une opĂ©ration de seconde vie inespĂ©rĂ©e.
Sous le mode du thriller hybride affiliĂ© Ă  la science fiction alarmiste et l'horreur clinique qui en rĂ©sulte, l'OpĂ©ration Diabolique imagine une sociĂ©tĂ© totalitaire, dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  asservir des ĂŞtres humains insatisfaits de leur terne existence, conditionnĂ©s Ă  s'approprier d'une nouvelle vie qu'ils suggĂ©raient plus Ă©panouie que celle au prĂ©alable.
A travers cette trame jouissivement saugrenue et passionnante effleurant au passage les effets pervers d'une mĂ©decine putassière fondĂ©e sur le simulacre de la chirurgie esthĂ©tique, John Frankenheimer dĂ©montre avec un malaise innommable que l'accès Ă  une nouvelle identitĂ© est un trompe l'oeil, un subterfuge licencieux. Que l'apparence n'est qu'une enveloppe corporelle subsidiaire mais que l'âme spirituelle reste la valeur suprĂŞme, le moi conscient, l'essence originelle de sa raison d'ĂŞtre.

                        

C'est ce que Arthur va devoir apprendre, subir et payer au prix d'une vie violĂ©e, infiniment annihilĂ©e dans les cimes de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale. En s'appropriant d'une nouvelle vie de jeunesse potentiellement exaltante, d'une compagne rajeunie et d'une profession artistique notoire, le nouveau Tony Wilson, totalement en perte identitaire et de repère, va se morfondre dans une amertume et une contrition davantage meurtrie. Jusqu'Ă  ce qu'il se dĂ©savoue après avoir rendu visite Ă  son ancienne Ă©pouse (une sĂ©quence poignante faisant Ă©cho Ă  l'Ă©tat d'âme dĂ©chu des rĂ©miniscences de Murphy dans Robocop de Verhoeven) et entreprenne le suicide salvateur pour dissoudre cette horrible labeur imposĂ©e.
                       
Notre illustre Rock Hudson accomplit une intense performance dans son personnage empli de remords Ă  s'ĂŞtre pliĂ© contre son grĂ© Ă  un contrat dĂ©lĂ©tère avec le diable. Sa dĂ©tresse aigrie sur ses questionnements existentiels et son Ă©tat Ă©thylique Ă  noyer son esprit dans les vapeurs d'alcool d'une soirĂ©e Ă©quivoque apportent une dimension psychologique empathique pour son destin immolĂ©. Une double vie avilie par les souvenirs d'un passĂ© avortĂ© et d'un nouveau mode identitaire complètement falsifiĂ© et frelatĂ©e.

                         

L'HOMME SANS VISAGE.
ParsemĂ© de scènes hallucinĂ©es et dĂ©rangeantes (l'Ă©trange fĂŞte paĂŻenne tournant Ă  l'humiliation collective contre le hĂ©ros, la soirĂ©e Ă©thylique devant une assemblĂ©e d'invitĂ©s transis de mesquinerie), l'OpĂ©ration Diabolique est l'un des plus terrifiants pamphlets sur la violation de la dignitĂ© humaine au nom d'une sociĂ©tĂ© despotiste et dĂ©shumanisĂ©e. Son final insupportable de nihilisme immoral, mis en exergue sur un ton de verdeur rĂ©aliste risque de hanter pour longtemps les cinĂ©philes Ă©branlĂ©s de cette expĂ©rience atypique sans aucune Ă©chappatoire. 

04.06.11
Bruno Matéï.


vendredi 3 juin 2011

JOHN CARPENTER'S THE WARD


de John Carpenter. 2010. U.S.A. 1h32. Avec Amber Heard, Lyndsy Fonseca, Mamie Gummer

FILMOGRAPHIE: John Howard Carpenter  est un rĂ©alisateur, acteur, scĂ©nariste, monteur, compositeur et producteur de film amĂ©ricain nĂ© le 16 janvier 1948 Ă  Carthage (État de New York, États-Unis).
1974 : Dark Star 1976 : Assaut  1978 : Halloween, la nuit des masques 1980 : Fog 1981 : New York 1997  1982 : The Thing 1983 : Christine 1984 : Starman 1986 : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin 1987 : Prince des tĂ©nèbres  1988 : Invasion Los Angeles 1992 : Les Aventures d'un homme invisible  1995 : L'Antre de la folie  1995 : Le Village des damnĂ©s  1996 : Los Angeles 2013 1998 : Vampires 2001 : Ghosts of Mars 2010 : The Ward

                                 

INCIDENT DE PARCOURS. 
Une jeune fille, Kristen, se retrouve dans un asile parmi 5 donzelles stĂ©rĂ©otypĂ©es après avoir incendiĂ© une ferme. Dans l'institut psychiatrique, un fantĂ´me semble persĂ©cuter ces patientes folingues. Plus tard, on apprend qu'une certaine Alice est dĂ©cĂ©dĂ©e dans de mystĂ©rieuses circonstances. Notre hĂ©roine pas folle pour un sou (du moins, c'est ce qu'elle croit !) va donc essayer d'en savoir plus sur le passĂ© fustigĂ© de la mystĂ©rieuse Alice ! 


                                             

Joliment photographiĂ© et interprĂ©tĂ© par une Amber Heard (Mandy Lane) tout Ă  fait convaincante, la grosse première demi-heure de The Ward rĂ©ussit Ă  inquiĂ©ter et sĂ©duire un spectateur pourtant dubitatif d'une trame apparemment incohĂ©rente, voire improbable (pourquoi l'hĂ©roĂŻne se retrouve dans un institut psychiatrique après avoir mis le feu dans une demeure ? pourquoi n'y a t-il que de charmantes filles sexy uniquement de sexe fĂ©minin Ă  l'intĂ©rieur de l'Ă©tablissement ?). PassĂ© la mise en place latente d'un climat ombrageux, le scĂ©nario redondant ne fait que tourner en rond par ces attaques surnaturelles rĂ©gulières contre chacune des patientes et d'un jeu de cache-cache en forme de "ouh fait moi peur" dans les diffĂ©rents locaux de l'enceinte psychiatrique parmi une prĂ©sence malĂ©fique. Et cela jusqu'au dernier quart-d'heure, fameux point d'orgue rĂ©vĂ©lateur qui se souhaite plus finaud que tout ce que l'on a subi au prĂ©alable mais qui sombre royalement dans le ridicule le plus rĂ©prĂ©hensible. Ou quand Carpenter reprend le thème schizophrène de Scorsese isolĂ© dans l'Ă®le de Shutter Island. Il y a bien quelque scènes de flippe futilement rĂ©ussies (certaines apparitions du spectre sont assez impressionnantes ou 2/3 sursauts font vraiment leur effet escomptĂ©) alors que deux sĂ©quences de meurtre sont sympathiquement cruels mais passĂ© les 40 premières minutes finalement rĂ©barbatives, on s'ennuie ferme et son Ă©pilogue Ă  rebondissement fortuit nous achève littĂ©ralement, faute d'un scĂ©nario inexistant et puĂ©ril. MĂŞme le score musical grandiloquent et acadĂ©mique déçoit beaucoup puisqu'il n'est mĂŞme pas concoctĂ© par le maĂ®tre en personne. 

                                           

Alors voilĂ , pour la première fois de ma vie, mon rĂ©alisateur fĂ©tiche m'a tellement déçu de son empreinte que cette sĂ©rie B inutile aurait Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par un autre tâcheron, je n'aurais mĂŞme pas perçu une once de distinction. 
The Ward est un produit de consommation, une mauvaise série B, une déception insurmontable pour tous ceux qui portent dans leur coeur un des derniers monstres sacrés du cinéma d'horreur et de fantastique. Cette fois-ci, ses détracteurs peuvent le dire: John Carpenter suit exactement la même voie que Dario Argento pour ce premier faux pas affligeant de vacuité... Même s'il reste correctement réalisé avec le minimum syndical.

03.06.11
Bruno Matéï.