(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site mauvaisgenres. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Troisième révision des Contrebandiers de Moonfleet de Fritz Lang, sorti en 1955, mais distribué chez nous en salles cinq ans plus tard, le 16 mars 1960. Il remportera d'ailleurs le Prix de la Jeune Critique.
Bien que renié par son réalisateur, remonté contre sa volonté, Les Contrebandiers de Moonfleet est considéré par les critiques comme l’un des plus beaux films d’aventure jamais réalisés.
Et de mon point de vue, il s’agit avant tout d’un magnifique récit d’aventure à la structure narrative passionnante, tant il suscite fascination et attachement à travers cette quête au trésor menée par un jeune orphelin, John Mohune, et un aristocrate corrompu, Jeremy Fox, interprété tout en élégance par Stewart Granger, dont la prestance rigide dissimule une empathie tacite et une profonde ambiguïté morale.
Bien que renié par son réalisateur, remonté contre sa volonté, Les Contrebandiers de Moonfleet est considéré par les critiques comme l’un des plus beaux films d’aventure jamais réalisés.
Et de mon point de vue, il s’agit avant tout d’un magnifique récit d’aventure à la structure narrative passionnante, tant il suscite fascination et attachement à travers cette quête au trésor menée par un jeune orphelin, John Mohune, et un aristocrate corrompu, Jeremy Fox, interprété tout en élégance par Stewart Granger, dont la prestance rigide dissimule une empathie tacite et une profonde ambiguïté morale.
Car au-delà de l’aspect purement captivant de cette quête au diamant jadis caché par Barbe-Noire, ce qui fait toute la grâce du film réside dans la densité psychologique de ses personnages.
Jeremy Fox est un homme déchiré entre corruption et cupidité, mais traversé par un désir, conscient ou non, de rédemption.
Et ce désir de libération prend corps à travers John Mohune, cet enfant que sa mère mourante envoie vers lui, comme pour réveiller en Fox l’homme qu’elle avait autrefois aimé.
C’est là toute la profondeur du film : dresser, par la subtilité de l'ambiguïté, le portrait d’un aristocrate hanté par ses propres démons, qui retrouve peu à peu le chemin de l’humanité grâce à l’intégrité morale de cet enfant qu’il ne cesse pourtant de repousser, tout en l’utilisant parfois comme instrument, notamment lors de cette séquence du puits, révélatrice de sa part la plus trouble. Or, c’est précisément dans cette contradiction que réside toute la grandeur du personnage.
Visuellement, Les Contrebandiers de Moonfleet est également une splendeur permanente. Filmé en Cinémascope et baigné d’un Technicolor flamboyant, le film impressionne par la richesse de ses cadres et la puissance de ses atmosphères, allant parfois jusqu’à convoquer un imaginaire presque gothique, notamment dans ses séquences de cimetière, dont l’esthétique crépusculaire évoque par instants certaines grandes productions de la Hammer.
Et c’est sans doute là que réside toute la force des Contrebandiers de Moonfleet : dans cette capacité exaustive à conjuguer le souffle de l’aventure, la beauté plastique et la profondeur morale.
Un grand film d’aventure, oui. Mais surtout le récit étonnamment émouvant d’un homme perdu, vulnérable, qui, par la force, par le rappel à son instinct paternel, par l'amour d’un enfant débrouillard, intelligent et profondément honnête, retrouve peu à peu les vestiges de son humanité.
— Celui du cœur noir des images 🖤
Info complémentaire (source: Wikipedia): "C'est un des films les plus personnels en même temps que les plus beaux de son auteur", selon Jean-Loup Bourget. Il est classé 32e meilleur film dans la liste des 100 films pour une cinémathèque idéale, par les Cahiers du cinéma (les Cahiers du cinéma, 2008, sous la direction de Claude-Jean Philippe, Paris).










































