mardi 31 mars 2015

A GIRL WALKS HOME ALONE AT NIGHT

                                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site shocktillyoudrop.com

de Ana Lily Amirpour. 2014. U.S.A. 1h39. Avec Sheila Vand, Arash Marandi, Marshall Manesh, Dominic Rains, Mozhan Marno, Rome Shadanloo.

Sortie salle France: 14 Janvier 2015. U.S: 21 Novembre 2014

Récompenses:
Festival du cinĂ©ma amĂ©ricain de Deauville 2014: Prix de la RĂ©vĂ©lation Cartier pour Ana Lily Amirpour (sĂ©lection officielle)
Festival international du film de Catalogne 2014: Carnet Jove Jury Award pour Ana Lily Amirpour
Citizen Kane Award for Best Directorial Revelation pour Ana Lily Amirpour
Gotham Awards 2014 : Bingham Ray Breakthrough Director pour Ana Lily Amirpour
Film Independent's Spirit Awards 2015 : Someone to Watch Award pour Ana Lily Amirpour

FILMOGRAPHIE: Ana Lily Amirpour est une réalisatrice, scénariste et productrice américaine.
2014: A Girl walks home alone at night.


Première essai de long-mĂ©trage pour la rĂ©alisatrice Ana Lily Amirpour, A Girl walks home alone at night est la transposition d'un de ses courts homonymes dĂ©jĂ  rĂ©compensĂ© au Festival Noor du film Iranien de Los Angeles. MalgrĂ© sa relative sortie confidentielle, le film s'attribue d'un succès d'estime chez certains festivaliers, Ă  l'instar du jury de Deauville et de Catalogne (voir ci-dessus).


TournĂ© en langue perse dans un noir et blanc immaculĂ©, le film emprunte le thème du vampirisme avec la volontĂ© contemplative d'une mise en scène expĂ©rimentale oscillant les non-dits de personnages en dĂ©rive existentielle. L'action prenant pour cadre un no man's land iranien oĂą quelques marginaux s'adonnent au proxĂ©nĂ©tisme, Ă  la prostitution et Ă  la drogue pour se donner un semblant de vie Ă  leur existence moribonde. Surgie de nulle part, une femme vampire affublĂ©e d'une cape longiligne hante les lieux pour repĂ©rer les pĂŞcheurs indociles et les sacrifier. Jusqu'au jour oĂą cette dernière, consciente de son statut dĂ©lĂ©tère, se laisse amadouer par une liaison amoureuse avec un "Dracula" candide ! VoilĂ  en gros le rĂ©sumĂ© laconique de cette intrigue nĂ©buleuse, une couverture en soit afin de privilĂ©gier l'expĂ©rimentation d'un climat hermĂ©tique oĂą la nature crĂ©pusculaire semble dĂ©tachĂ©e du temps quand bien mĂŞme les rares citadins qui y dĂ©ambulent suggèrent la nonchalance sentencieuse. RythmĂ© au son d'une partition Ă©clectique alternant New-wave, Rock et Techno, A Girl walks home alone at night prend le parti de dĂ©router et fasciner le spectateur dans un brassage de sĂ©quences onirico-charnelles (tous les Ă©changes de sĂ©duction confinant le couple en Ă©treinte et leur rencard nocturne parfois terni par les vapeurs industrielles) et d'estocades intempestives. L'agissement taciturne de la fille vampire et celui ambigu des citadins exposĂ©s Ă  la fragilitĂ© de leur quotidien rehaussent d'autant plus l'Ă©trangetĂ© qui s'exalte de son esthĂ©tisme permĂ©able.


Pourvu d'un rythme languissant risquant de nuire une frange du public peu habituĂ© Ă  ce type d'expĂ©rience abstraite (rĂ©fractaires Ă  Under the Skin et Eraserhead, vous pouvez passer votre chemin !), A Girl walks home alone at night fait office d'ovni, tantĂ´t ensorcelant, tantĂ´t opaque, dont l'originalitĂ© de ton emportera l'adhĂ©sion des plus rĂ©ceptifs. 

Bruno Matéï

2 commentaires:

  1. A voir, le trailer fait envie!
    L'approche du mythe du vampire à l'air interessente et le cadre de l'action semble inédite!
    Je vais essayer de le chopper quelque part!
    Merci pour la découverte Bruno!

    RépondreSupprimer