samedi 17 octobre 2015

The Green Inferno

                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site motifri.com

d'Eli Roth. 2014. U.S.A/Chilie. 1h40. Avec Lorenza Izzo, Ariel Levy, Aaron Burns, Daryl Sabara, Kirby Bliss Blanton, Nicolas Martinez, Magda Apanowicz.

Sortie VOD France: 16 Octobre 2015. Salles U.S: 25 Septembre 2015

FILMOGRAPHIE: Eli Roth est un réalisateur américain, né le 18 Avril 1972 à Boston.
2002: Cabin Fever. 2006: Hostel. 2007: Thanksgiving (faux trailer). 2007: Hostel 2. 2009: Nation's Pride - Stolz der Nation (trailer). 2013: The Green Inferno.

Privé de salles chez nous, The Green Inferno débarque directement en VOD deux ans après l'achèvement de son tournage. Annoncé à renfort de trailers aussi prometteurs qu'alléchants, mais porté par un bouche-à-oreille contradictoire, le nouveau film d'exploitation d'Eli Roth sollicite l'hommage aux films de cannibales transalpins qui inondèrent nos écrans de la fin des Seventies jusqu'au milieu des années 80. Pourvu d'un discours social écolo lorsqu'une poignée de jeunes activistes envisagent de dévoiler via Internet la déforestation orchestrée par une compagnie pétrolière ainsi que l'éventuelle épuration d'une tribu indigène du Pérou, The Green Inferno continue d'effleurer l'un des thèmes chers à Cannibal Holocaust.

À savoir, la sauvagerie du citadin moderne, prêt à exterminer un peuple primitif pour un motif lucratif. Alors que nos activistes parviennent à accomplir leur mission en diffusant leur bravoure via le réseau de leurs smartphones, ils sont rapidement alpagués par la police afin d'être rapatriés en avion. Or, durant leur retour, l'appareil s'écrase en plein cœur de l'Amazonie. C'est le début d'un enfer (vert) que nos survivants vont endurer face à l'hostilité d'autochtones aux coutumes anthropophages !

Cette trame particulièrement bien troussée n'est évidemment qu'un prétexte pour embrayer sur les revirements horrifiques nauséeux de la seconde partie. Eli Roth pousse le vice de la dérision jusqu'au détournement cruel lorsque nos militants pacifistes vont endosser malgré eux le rôle d'antagonistes du point de vue des indigènes qu'ils voulaient protéger. Alternant le mauvais goût, la farce macabre, l'humour scato et la tripaille putassière avec une vigueur et une invention décomplexées, Eli Roth n'y va pas de main morte pour étaler, à intervalles irréguliers, des séquences-chocs aussi intenses que viscéralement vomitives. Et si l'ossature prévisible de sa narration a maintes fois été exploitée chez nos précurseurs transalpins, le cinéaste parvient à dépoussiérer le genre grâce à l'implication spontanée des comédiens (transfuge cynique à l'appui pour pimenter la tension et les discordes entre survivants) et à l'efficacité de sa mise en scène, misant autant sur l'appréhension que sur l'attente des futurs sévices corporels.

De surcroît, notre metteur en scène soigne le cadre d'une forêt d'apparence édénique avant de nous dépayser explicitement avec l'envers d'une scénographie cauchemardesque. On peut également souligner la manière documentée dont Eli Roth fait preuve pour nous présenter, avec un humour sardonique (parfois à la limite de la semi-parodie), le quotidien communautaire des indigènes, interprétés par des comédiens chiliens plus vrais que nature et affublés d'un charisme tribal des plus impressionnants (peintures guerrières d'un rouge saillant). Sans compter la stylisation de certaines séquences, telle l'exposition de leurs trophées humains présentés à une foule expansive ! Quant au final homérique, il témoigne d'un souffle haletant pour l'enjeu de survie compromis de l'évasion de la dernière chance, quand bien même une menace autrement perfide est sur le point d'entrer en scène.

Mondo Cannibale

Déclaration d'amour à l'âge d'or des films de cannibales, The Green Inferno est une forme de résurrection débridée que les fans de tripailles faisandées accueilleront avec enthousiasme, Eli Roth parvenant à rajeunir le genre grâce à un savoir-faire référentiel. Si l'intérêt mineur du pur divertissement peut prêter à sourire chez les non-initiés, le spectacle barbare, aussi jouissif qu'éprouvant (la gêne viscérale pourra être évoquée chez les plus sensibles), comblera les attentes de la plupart des amateurs. Quant au fond social-écolo de ce produit d'exploitation, Eli Roth ne manque pas de sincérité en livrant une diatribe contre la déforestation et la cupidité de nos dirigeants, tout en effleurant le tabou de l'excision pratiquée illégalement dans certains États (principalement en Afrique, en Égypte, en Indonésie et en Malaisie). Bref, un délire de tous les diables qui ne plaira pas à tout un chacun, tant Eli Roth semble en totale roue libre pour nous divertir avec une insolence aussi saugrenue que goguenarde.

P.S. : À ne pas louper, le cliffhanger infiltré dans le générique final.

— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤
25.07.26. 2èx. Vo

La critique de Gilles Rolland: http://www.onrembobine.fr/critiques/critique-the-green-inferno




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