de Brad Anderson. 2004. U.S.A/Espagne. 1h42. Avec Christian Bale, Jennifer Jason Leigh, Aitana Sanchez-Gijon, John Sharian, Michael Ironside, Lawrence Gilliard.
Sortie salles France: 19 Janvier 2005. U.S: 18 Janvier 2004
FILMOGRAPHIE: Brad Anderson est un réalisateur né en 1964 à Madison (Connecticut) aux États-Unis. Il est également scénariste et monteur. 1995 : Frankenstein's Planet Monster's! 1996 : The Darien Gap. 1999 : Et plus si affinités. 2001 : Session 9. 2001 : Happy Accidents. 2005 : The Machinist. 2008 : Transsibérien. 2010 : L'Empire des Ombres. 2013 : The Call. 2014 : Hysteria. 2018: Opération Beyrouth. 2019 : La Fracture.
Drame psychologique greffĂ© au thriller, The Machinist relate la lente folie paranoĂŻde d’un ouvrier solitaire rongĂ© par l’insomnie. Amaigri de 28 kilos pour le rĂ´le, Christian Bale porte le film sur ses frĂŞles Ă©paules dans cette fonction contrariĂ©e de victime persĂ©cutĂ©e par un Ă©trange mastard Ă lunettes noires. ÉclairĂ© par une photographie dĂ©saturĂ©e, contrastant avec les Ă©tats d’âme torturĂ©s de Trevor - dont les seules compagnies amiteuses se rĂ©sument Ă une prostituĂ©e au grand cĹ“ur et une serveuse de snack - The Machinist plonge le spectateur au cĹ“ur d’une psychĂ© nĂ©buleuse, au fil d’un climat malsain toujours plus saillant. Brad Anderson parvient Ă distiller une atmosphère ombrageuse et permĂ©able autour de ce personnage profondĂ©ment empathique, injustement broyĂ© dans sa condition morale, attachĂ© Ă des valeurs d’amabilitĂ©, d’amitiĂ© et de considĂ©ration, notamment envers la gente fĂ©minine, tandis que ses collègues d’usine ne cessent de le brimer et de le discrĂ©diter Ă la suite d’un grave incident professionnel qu’il a provoquĂ©.
BercĂ© par une partition hitchcockienne de Roque Baños - au point que l’ombre de Bernard Herrmann plane sur l’intrigue - The Machinist convoque Ă©galement des rĂ©miniscences de Lynch et de Polanski pour incarner la moralitĂ© en berne de Trevor, persuadĂ© d’ĂŞtre la victime d’un complot Ă grande Ă©chelle. Le spectateur dĂ©mystifie peu Ă peu l’irrationalitĂ© de ces situations, Ă©manant d’un esprit dĂ©labrĂ© par l’insomnie (il avouera n’avoir pas dormi depuis un an), au point d’engendrer hallucinations et distorsions de la rĂ©alitĂ©. Sans dĂ©voiler son dĂ©nouement surprenant - moins brutal qu’attendu, mais autrement plus accablant sur le plan humain - Brad Anderson rĂ©vèle un scĂ©nario plus subtil qu’il n’y paraĂ®t, reconsidĂ©rant le profil de Trevor, rongĂ© par la culpabilitĂ©, la honte et le remords. De ce retournement aussi inopinĂ© que cohĂ©rent Ă©merge un nouveau niveau de lecture, Ă©clairant les tenants et aboutissants moraux d’un homme occultant un secret odieux.
Par son climat dĂ©lĂ©tère, lentement envoĂ»tant jusqu’Ă instiller un malaise moral, et par la rigueur d’une mise en scène dĂ©pouillĂ©e scrutant les agissements interlopes d’une victime paranoĂŻaque aux portes de la dĂ©mence, The Machinist s’impose comme un vĂ©ritable thriller Ă suspense, doublĂ© d’un drame psychologique poignant, que Christian Bale magnifie d’un humanisme discrètement dĂ©cent.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
2èx



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