vendredi 2 juillet 2021

L'Homme des Hautes Plaines

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Dvdfr.com

"High Plains Drifter" de Clint Eastwood. 1973. U.S.A. 1h45. Avec Clint Eastwood, Billy Curtis, Mitchell Ryan, Ted Hartley, Geoffrey Lewis, Verna Bloom, Walter Barnes. 

Sortie salles France: 23 Août 1973

FILMOGRAPHIE: Clint Eastwood est un acteur, rĂ©alisateur, compositeur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 31 Mai 1930 Ă  San Francisco, dans l'Etat de Californie. 1971: Un Frisson dans la Nuit. 1973: L'Homme des Hautes Plaines. 1973: Breezy. 1975: La Sanction. 1976: Josey Wales, Hors la Loi. 1977: L'Epreuve de Force. 1980: Bronco Billy. 1982: Firefox, l'arme absolue. 1982: Honkytonk Man. 1983: Sudden Impact. 1985: Pale Rider. 1986: Le MaĂ®tre de Guerre. 1988: Bird. 1990: Chasseur Blanc, Coeur Noir. 1990: Le Relève. 1992: Impitoyable. 1993: Un  Monde Parfait. 1995: Sur la route de Madison. 1997: Les Pleins Pouvoirs. 1997: Minuit dans le jardin du bien et du mal. 1999: JugĂ© Coupable. 2000: Space Cowboys. 2002: CrĂ©ance de sang. 2003: Mystic River. 2004: Million Dollar Baby. 2006: MĂ©moires de nos pères. 2006: Lettres d'Iwo Jima. 2008: L'Echange. 2008: Gran Torino. 2009: Invictus. 2010: Au-delĂ . 2011: J. Edgar. 2014: Jersey Boys. 2015: American Sniper.


"Les dieux de la vengeance exercent en silence."
Quel bien Ă©trange western que cet Homme des Hautes plaines filmĂ© et interprĂ©tĂ© par Clint Eastwood alors qu'il s'agit de sa seconde rĂ©alisation. Le pitch: un Ă©tranger sans nom arrive dans un village pour y semer meurtres et dĂ©sordre Ă  la suite de la flagellation mortelle de l'ancien shĂ©rif exĂ©cutĂ© parmi la complicitĂ© des citadins. Si le prologue jubilatoire inspire le western spaghetti Ă  influence LĂ©onienne Ă  travers ses visages impassibles, son climat laconique et sa violence percutante, l'Homme des hautes plaines bifurque ensuite vers un climat hybride dĂ©tonnant oĂą l'humour (assez cruel) et le baroque se dispute ensuite au surrĂ©alisme le plus feutrĂ©. Tant auprès de son ironie mĂ©tronome parfois imprĂ©gnĂ©e de machisme anti-manichĂ©en (l'Ă©tranger ira jusqu'au viol pour y châtier la garce du village sans une once de remord) que de sa progression dramatique davantage malsaine quant aux intentions vindicatives de l'Ă©tranger nullement empathique auprès des rĂ©sidents de la ville hantĂ©s de honte et de culpabilitĂ© d'avoir laissĂ© pour mort le shĂ©rif sans broncher d'un cil. 


Et sur ce point Eastwood ne lĂ©sine pas sur la violence sanguine (quitte parfois Ă  s'y complaire Ă  force d'insister Ă  plusieurs reprises au châtiment extrĂŞme du shĂ©rif lors de flash-back d'un sadisme Ă  rude Ă©preuve) au point de mettre Ă  mal le spectateur voyeur malgrĂ© lui de ce lynchage crapuleux imprimĂ© dans la pĂ©nombre. Qui plus est, accompagnĂ© d'une bande musicale tantĂ´t inquiĂ©tante, tantĂ´t spectrale afin de renforcer le malaise auprès de ses fĂ©lons observant l'agonie d'un homme par 3 bandits sans vergogne, l'Homme des Hautes plaine nous paraĂ®t davantage fĂ©tide au fil de son cheminement punitif dĂ©nuĂ© de concession. On peut Ă©galement relever le traitement misogyne imparti aux femmes du quartier d'après la posture de l'Ă©tranger se raillant d'elles avec une ironie spĂ©cialement caustique. Autant dire que ce western pas comme les autres n'a pas froid aux yeux pour y exclure la biensĂ©ance Ă  renfort de provocations et d'idĂ©ologie rĂ©actionnaire quant aux agissements impĂ©rieux de l'Ă©tranger asservissant toute la populace (ou presque) Ă  renfort de mĂ©taphores (les maisons peinturĂ©es en rouge avec, en guise de prologue identitaire, le mot "hell" placardĂ© Ă  l'entrĂ©e du village en guise d'hospitalitĂ© !). 


Vengeance d'outre-tombe
Western sardonique davantage crĂ©pusculaire et inquiĂ©tant au grĂ© d'un rythme vif, l'Homme des Hautes plaines laisse des traces dans l'encĂ©phale de par son ambiance pestilentielle au confins du Fantastique. Avec comme maĂ®tre Ă  penser Clint Eastwood en exterminateur fraĂ®chement dĂ©complexĂ© Ă  accomplir sa marche funeste auprès d'une confrĂ©rie d'engeances aussi pleutres qu'insidieuses. 

*Eric Binford
2èx

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire