mardi 5 octobre 2021

Horror Hospital / La Griffe de Frankenstein

                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site mattmulcahey.files.wordpress.com

"Computer Killer" de Anthony Balch. 1973. Angleterre. 1h30. Avec Michael Gough, Robin Askwith, Ellen Pollock, Skip Martin, Vanessa Shaw, Dennis Price.

Sortie salles France: 7 Avril 1976. U.S: Avril 1975

FILMOGRAPHIE: Anthony Balch est un rĂ©alisateur anglais nĂ© le 10 Septembre 1937 Ă  Londres, dĂ©cĂ©dĂ© en Avril 1980. 1963: William Buys a Parrot. Towers Open Fire. 1966: The Cut Ups. 1970: Secret of sex. 1972: Bill and Tony. 1973: Horror Hospital


Un bijou d'horreur british, authentique perle culte issue du Bis marginal. 
Ultime mĂ©trage du rĂ©alisateur mĂ©connu Anthony BalchHorror Hospital (ou La Griffe de Frankenstein) est une version rĂ©actualisĂ©e du fameux mythe de Frankenstein avec un accent prononcĂ© pour le dĂ©lire assumĂ©. Si bien que cette farce grotesque toujours plus aberrante par son intrigue dĂ©sincarnĂ©e entretient la rĂ©jouissance Ă  travers sa galerie de personnages excentriques et ses idĂ©es grand-guignolesques jubilatoires. 

Le pitchEn guise de cure de repos, un chanteur de rock rejoint la ferme de santé du Docteur Storm dans une contrée anglaise. Durant son trajet ferroviaire, il fait la connaissance de Judy, une jeune blonde convoquée par sa tante, l'épouse du chirurgien utopiste. Or, cet hôpital reculé est en fait un laboratoire d'expériences insensées pratiquées sur des individus lobotomisés !


Petit succès des annĂ©es 80 lors de sa sortie Vhs, les rats des vidĂ©o-clubs ne manquèrent pas d'Ă©voquer lors de discussions fougueuses son fameux prologue inconcevable. Jugez en ! 
A l'intĂ©rieur d'une limousine noire, deux individus patibulaires installĂ©s Ă  l'arrière attendent patiemment l'arrivĂ©e de deux fuyards Ă  proximitĂ© d'une forĂŞt ! Les proies Ă©tant rapidement localisĂ©es, la voiture s'engage furtivement pour les traquer, quand bien mĂŞme l'adjoint de petite taille s'engage Ă  actionner le levier d'un boitier afin d'extraire du cĂ´tĂ© droit du vĂ©hicule une longue lame acĂ©rĂ©e pour dĂ©capiter les deux malheureux. En guise de trophĂ©es, les tĂŞtes retombant pile-poil dans un panier disposĂ© sous la lame d'acier. Une situation totalement aberrante mais oh combien ludique et tout de mĂŞme efficacement montĂ©e de par son effet de surprise grand-guignolesque. 


Quant aux pĂ©ripĂ©ties prochaines, elles s'avèrent du mĂŞme acabit puisque regorgeant de sĂ©quences impayables toutes aussi risibles ou pĂ©tulantes, c'est selon. A savoir qu'un couple abordĂ© plus tĂ´t dans un train sera pris au piège dans le manoir du Dr Storm Ă  travers un odieux trafic d'humains. Pour preuve, ce mĂ©decin utopiste (notre vĂ©tĂ©ran Michael Gough, toujours aussi charismatique dans sa sinistre physionomie patibulaire) souhaite dominer le monde en lobotomisant des badauds par greffe de cerveau, et ce pour les rendre insensibles Ă  la douleur. Ces automates tĂ©lĂ©guidĂ©s d'une machine rĂ©volutionnaire Ă©tant rĂ©duits Ă  l'Ă©tat vĂ©gĂ©tatif, Ă  l'instar de zombies aphones dĂ©ambulant dans les locaux sous l'allĂ©geance du Dr Storm. Ainsi, nos deux hĂ©ros dĂ©concertĂ©s vont non seulement frĂ©quenter ces trognes dĂ©lavĂ©es mais aussi des geĂ´liers pugnaces en combinaison de cuir affublĂ©s de casque de moto, un assistant nabot versatile, une tante sournoise et enfin un incroyable monstre de foire, concurrent dĂ©faillant du Dr Phibes ou peut-ĂŞtre encore du Monstre qui vient de l'espace ! La posture ballot de nos deux protagonistes insufflant de manière permanente la cocasserie Ă  force de s'interroger sur les agissements suspicieux du personnel cynique et d'Ă©vènements inquiĂ©tants s'y dĂ©roulant de façon ostentatoire. Surtout qu'un troisième luron tout aussi gogo Ă©gayera notamment l'horreur surrĂ©aliste en s'introduisant dans l'Ă©tablissement pour tenter d'extraire nos deux hĂ©ros (et sa p'tite amie Emilie) des griffes de Storm.


Les insatisfaites poupées atones du Dr Storm !
Par consĂ©quent, Ă  travers l'aspect irrĂ©sistiblement pittoresque de l'entreprise mĂ©dicale occupĂ©e par des fĂŞlĂ©s du bulbe et des psychopathes anachroniques, Horror Hospital se permet d'y insuffler une ambiance assez glauque par moments de par son sentiment d'insĂ©curitĂ© ombrageux comme le soulignent ces draps imbibĂ©s de sang d'un plumard vide que les hĂ©ros reluquent naĂŻvement. On reste donc constamment surpris durant tout le rĂ©cit du ton cintrĂ© de l'entreprise Ă©manant du parti-pris sarcastique du cinĂ©aste puisque dĂ©libĂ©rĂ© Ă  dĂ©complexer une Ă©pouvante vintage en y instillant du gore faisandĂ© aimablement grotesque. En l'occurrence, Horror Hospital demeure encore plus fun par son climat dĂ©jantĂ© si bien que les vidĂ©ophiles des eighties Ă©prouveront plus de plaisir masochiste face Ă  ce jubilatoire jeu de massacre aussi Ă©trange que gĂ©nialement capillotractĂ©.

*Eric Binford
05.10.21. 3èx
04.04.12. 250 v

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