jeudi 16 décembre 2021

Le Grand Restaurant

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jacques Besnard. 1966. France. 1h27. Avec Louis de Funès, Bernard Blier, Folco Lulli, Venantino Venantini, Maria-Rosa Rodriguez, Paul PrĂ©boist, NoĂ«l Roquevert, Julián Antonio RamĂ­rez.

Sortie salles France: 7 Septembre 1966

FILMOGRAPHIEJacques Besnard est un réalisateur, scénariste et producteur français né le 15 juillet 1929 au Petit-Quevilly (Seine-Maritime) et mort le 9 novembre 2013 à Boutigny-Prouais (Eure-et-Loir).1966 : Le Grand Restaurant. 1967 : Estouffade à la Caraïbe. 1967 : Le Fou du labo 4. 1972 : La Belle Affaire ou Les marginaux. 1974 : C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule. 1975 : La situation est grave... mais pas désespérée. 1976 : Le Jour de gloire. 1976 : Et si tu n'en veux pas ou Joëlle et Pauline1 avec Joëlle. 1978 : Général... nous voilà ! 1982 : Te marre pas... c'est pour rire ! 1984 : Allo Béatrice (TV). 1985 : Hôtel de police (TV). 1988 : La Belle Anglaise (TV). 1990 : Le Retour d'Arsène Lupin (1 épisode). 1992 : Feu Adrien Muset (TV), avec Jean Lefebvre. 1994 : Avanti, téléfilm


"L'anti-dĂ©presseur par excellence hormis son ultime demi-heure moins hilarante, probante et maĂ®trisĂ©e." 
Formidable comĂ©die policière mĂ©sestimĂ©e Ă  sa sortie par la critique (alors que le public se rue en masse avec 3,8 millions d'entrĂ©es mĂŞme si cette mĂŞme annĂ©e La Grande Vadrouille fracassera le box-office avec 17 millions de spectateurs !), Le Grand Restaurant demeure aujourd'hui un petit trĂ©sor de divertissement comique sous l'impulsion de ce gĂ©nie de De Funes en restaurateur gĂ©nialement tyran mĂŞme si moins bien exploitĂ© par le rĂ©alisateur inĂ©gal Jacques Besnard, comme le souligne son ultime demi-heure plus orientĂ©e vers l'action et l'aventure au dĂ©triment des fous-rires antĂ©cĂ©dents. L'acteur demeurant moins Ă  l'aise et quelque peu contractĂ© Ă  jouer l'Ă©missaire en herbe pour le compte de la police, commanditaire d'un imbroglio savamment planifiĂ©. 

En tout Ă©tat de cause; de par l'abattage impayable de De Funes s'opposant Ă  un Bernard Blier  gĂ©nialement sournois, perfide et goguenard en commissaire maĂ®tre chanteur, et d'une plĂ©iade de seconds-rĂ´les dĂ©clenchant des fous-rires incontrĂ´lĂ©s (tout du moins lors de la première moitiĂ© du rĂ©cit constamment hilarante), le Grand Restaurant ne déçoit pas en dĂ©pit d'une rĂ©alisation perfectible donc. Ce que vient confirmer sa course-poursuite effrĂ©nĂ©e Ă  travers de superbes paysages enneigĂ©s que l'on suit sans vĂ©ritable passion au grĂ© d'un rythme pour autant soutenu, qui plus est Ă©maillĂ© de cascades coordonnĂ©es par RĂ©my Julienne. Louablement, ses 10 dernières minutes nous rĂ©confortent nĂ©anmoins auprès d'un rebondissement inopinĂ© que l'on ne voit pas arriver et d'un gag final badin faisant formidablement Ă©cho Ă  l'incident terroriste qui ouvre le film, Ă  savoir l'enlèvement du chef d'Ă©tat d'AmĂ©rique du Sud que des terroristes ainsi qu'une organisation clandestine parallèle se disputent la mise lors d'une pagaille Ă  la fois dĂ©cousue et incontrĂ´lĂ©e. 

ComĂ©die populaire soumise Ă  sa bonne humeur, son innocence, son action aventureuse et sa drĂ´lerie expansive (tout du moins jusqu'Ă  mi-parcours du rĂ©cit pour ses gags plĂ©thoriques) sous l'impulsion de comĂ©diens fripons au physique de l'emploi, Le Grand Restaurant demeure un divertissement encore plus stimulant et charmant que lors de sa sortie, grâce Ă  son Ă©poque insouciante dĂ©nuĂ©e de complexe et de prĂ©tention. Une ère aujourd'hui hĂ©las rĂ©volue ayant depuis bien longtemps Ă©garĂ© cette notion de fraĂ®cheur et de candeur bonnards, Ă  quelques incartades près. 

*Eric Binford

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