jeudi 2 novembre 2023

Dark Shadows

                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Tim Burton. 2012. U.S.A. 1h53. Avec  Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter, Eva Green, Jackie Earle Haley, Jonny Lee Miller, Chloë Grace Moretz, Bella Heathcote

Sortie salles France: 9 Mai 2012

FILMOGRAPHIE: Timothy William Burton, dit Tim Burton, est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 25 Août 1958 à Burbank en Californie. 1985: Pee-Wee Big Adventure. 1988: Beetlejuice. 1989: Batman. 1990: Edward aux mains d'argent. 1992: Batman, le Défi. 1994: Ed Wood. 1996: Mars Attacks ! 1999: Sleepy Hollow. 2001: La Planète des Singes. 2003: Big Fish. 2005: Charlie et la Chocolaterie. 2005: Les Noces Funèbres. 2008: Sweeney Todd. 2010: Alice au pays des Merveilles. 2012: Dark Shadows. 2012: Frankenweenie. 2014: Big Eyes. 2016 : Miss Peregrine et les Enfants particuliers.


"Lorsque tu changes ta façon de voir les choses, les choses que tu regardes changent".
L'important est de ne jamais désespérer car après avoir tenté à 3 reprises ce Dark Shadows bankable estampillé Burton, c'est finalement au 4è visionnage que je fus enfin convaincu pour me laisser emporter par son potentiel à la fois qualitatif, émotionnel, formel (même si sur ce dernier point je ne l'eu jamais décrié). Car si au 1er abord je reprochais surtout ses sautes d'humour lourdingue imparties au jeu cabotin de Johnny Depp, je reconnais aujourd'hui que ce divertissement pétulant me parait autrement plus ludique, plaisant, pittoresque tout en étant étonnamment inventif. Et ce même si de toute évidence certaines séquences censées drôles tombent à plat en de rares occasions et que j'accepte enfin aujourd'hui l'aspect sciemment anachronique du personnage anti-manichéen de Barnabas, vampire délétère sur le point de prendre sa revanche contre la sorcière Angélique (Eva Green éclate l'écran pour voler quasiment la vedette à tout le casting en matrone vénéneuse à la fois cupide, perverse, provocante, immorale). Quant au jeu semi-parodique de Depp que j'eu tant décrié à l'époque, il m'est apparu aujourd'hui habité par sa sombre posture aussi bien renfrognée qu'ironique (distanciée par la discrétion). A l'instar de cette foule d'illustres seconds-rôles s'exprimant avec une fougue fringante de participer sans complexe à l'aventure gothico-macabre grand public. 

En revanche, dommage que Michele Pfeiffer et Chloë Grace Moretz ne soient pas plus mises en valeur, plus exploitées surtout à travers leur présence altière (pour Pfeiffer en baronne sournoise) et dévergondée (pour Chloë en rebelle juvénile). D'autre part, d'oser conjuguer le gothisme classique au sein du contexte contemporain des Seventies est ici finalement payant tant l'aventure rocambolesque s'apparente à un arc en ciel singulier auprès de moult séquences gentiment débridées et autres plages musicales prégnantes (Alice Cooper y participe en concert !) que Tim Burton façonne avec douce fantaisie dénuée de prétention. C'est donc sans se prendre au sérieux que l'on aborde cette fort sympathique comédie fantastique émaillée parfois de séquences magnifiques aux couleurs harmonieuses (le prologue crépusculaire débordant d'étrangeté onirique, son final percutant littéralement en roue libre, la coucherie survoltée entre Barnabas et Angélique sur un air de Barry White, le concert de Cooper, la visite du sous-terrain du manoir) autour des thèmes chers à l'auteur. A savoir l'acceptation de la différence, l'amour impossible entre deux êtres que tout sépare, la démission parentale, la marginalité et la peur de vieillir au sein d'un univers aussi bien gothique que vampirique. Sa photo désaturée renforçant la magnificence de ses décors côtiers et surtout domestiques au sein de cet immense manoir que l'on aimerait abriter pour l'éternité. 

Ainsi, sans toutefois renouer avec l'ambition autonome de ses plus belles réussites, loin s'en faut, Tim Burton parvient donc ici à distraire dans la simplicité à travers cette récréation bonnard formellement fulgurante (on en prend plein les yeux quasiment à chaque plan), rafraichissante, politiquement incorrecte et émotionnellement séduisante sous l'impulsion d'un défilé de comédiens très en forme au sein de leur cocon gothico-lunaire. 

*Bruno
4èx

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire