mardi 14 novembre 2023

Doomsday

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Neil Marshal. 2008. U.S.A/Afrique du Sud, Allemagne/Angleterre. 1h52 (Uncut). Avec Rhona Mitra, Bob Hoskins, Adrian Lester, Alexander Siddig, David O'Hara, Malcolm McDowell, Craig Conway.

Sortie salles France: 2 Avril 2008

FILMOGRAPHIE: Neil Marshall, né le 25 mai 1970 à Newcastle upon Tyne en Angleterre au Royaume-Uni, est un réalisateur, scénariste, monteur et producteur britannique. 2002: Dog Soldiers. 2005: The Descent. 2008: Doomsday. 2010: Centurion.

Un Bis de luxe incompris formidablement ludique pour le plus pur plaisir du fun dĂ©complexĂ©. 

Pur trip d'actionner bourrin (Dieu sait si je dĂ©teste cette locution), Doomsday est un plaisir de chaque instant Ă  tous ceux et toutes celles qui vouent une vĂ©ritable affectation au cinĂ©ma Bis "post-apo" que les transalpins se sont surtout appropriĂ©s dans les annĂ©es 80 Ă  travers leur système D, entre dĂ©brouillardise et gĂ©nĂ©rositĂ© en roue libre. C'est peut-ĂŞtre d'ailleurs Ă  cause de ce malentendu que le film fut Ă  l'Ă©poque si mal perçu par la critique quand bien mĂŞme le jeune public rĂ©fractaire aux sĂ©ries Z de cette Ă©poque rĂ©volue n'avaient pas le bagage culturel pour les comprendre. Si bien qu'en l'occurence, et Ă  la revoyure d'un regard autrement plus indulgent, complice, fougueux, en mode "âme d'enfant", Doosmday transpire l'amour de la sĂ©rie Z (de luxe !) Ă  l'aide d'un budget contrairement plus dense, substantiel eu Ă©gard de l'avalanche de scènes d'action pĂ©tĂ©radantes chorĂ©graphiĂ©es au sein d'une scĂ©nographie urbaine aussi vaste que dĂ©paysante (la partie moyen-ageuse totalement lunaire injecte un effet de surprise beaucoup plus apprĂ©ciable Ă  la revoyure). Et si on peut dĂ©plorer que les bastonnades corporelles demeurent Ă©tonnamment timorĂ©es car peu vĂ©loces et inventives, les gun-fight, courses poursuites et cascades automobiles sont heureusement d'un niveau technique autrement plus persuasif afin d'appuyer l'attrait jouissif de situations aussi saugrenues que dĂ©bridĂ©es. 

Le final mad-maxien est d'aileurs sans doute le moment le plus jubilatoire par son dĂ©lire assumĂ© d'une action hyperbolique Ă  donner le vertige. L'intrigue, Ă  peine influencĂ©e par le rĂ©fĂ©rentiel  New-York 1997 (on remplace l'anti-hĂ©ros par une anti-hĂ©roĂŻne en mission pour rĂ©cupĂ©rer un sĂ©rum au sein de la prison urbaine d'Ecosse afin de sauver Londres d'un virus mortel) n'Ă©tant qu'un pur prĂ©texte Ă  cumuler les affrontements barbares, bourrins, bien gorasses avec un art consommĂ© de la dĂ©sinhibition (tous les acteurs sont Ă  la fĂŞte). Neil Marshal ne se prenant nullement au sĂ©rieux pour rendre hommage Ă  tout un pan de la sĂ©rie Z italienne qu'auront marquĂ© de leur empreinte Atomic Cyborg, 2019 après la chute de New-York, les Guerriers du Bronx; le Gladiateur du Futur et consorts). Pour se faire, outre son budget beaucoup plus consĂ©quent au sein d'un format scope crĂ©pusculaire (en dĂ©pit du final rĂ©solument solaire), il s'entoure notamment d'illustres acteurs que forment Bob Hoskins en faire-valoir conseiller jouant la sobriĂ©tĂ© assumĂ© et Malcolm McDowell en dictateur mĂ©diĂ©val Ă  l'ironie Ă  peine tacite. Quant Ă  Rhona Mitra, si elle ne dĂ©livre pas l'interprĂ©tation de l'annĂ©e, elle s'avère suffisamment pugnace, renfrongnĂ©e, affirmative, voire mĂŞme assez charismatique de par son regard borgne (Ă©lectronique !) pour se laisser aimablement convaincre de sa posture hĂ©roĂŻque en leader fĂ©ministe Ă  l'autoritĂ© frondeuse (l'Ă©pilogue attendu, pied de nez au politiquement correct). 

                                            

GĂ©nĂ©reux en diable Ă  travers son contexte de divertissement du Samedi soir ne tablant que sur le rythme endiableĂ© et l'excentricitĂ© des punks dĂ©cervelĂ©s pour rendre un charmant hommage Ă  la sĂ©rie B/Z du post-nuke des Eighties, Doomsday insuffle une sympathie assez jouissive pour rendre l'attraction pop-rock (concert improvisĂ© en sus gĂ©nialement entrainant sous l'impulsion de Frankie Goes to Hollywood) jamais ennuyeuse au sein de ces règlements de compte dĂ©jantĂ©s, cocasses, triviaux, devergondĂ©s aussi. 

*Bruno
2èx. Vf

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