mercredi 8 novembre 2023

Les Ordres du Mal / Sister Death / Hermana muerte

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Paco Plaza. 2023. Espagne. 1h30. Avec Aria Bedmar, Maru Valdivielso, Luisa Merelas, Almudena Amor, Chelo Vivares, Sara Roch, Olimpia Roch.

Diffusé sur Netflix le 27 Octobre 2023

FILMOGRAPHIE: Paco Plaza est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol, nĂ© en 1973 Ă  Valence (Espagne). 2002: Les Enfants d'Abraham. 2004: L'Enfer des Loups. 2006: Scary Stories. 2007: REC. 2008: REC 2. 2012: REC 3 Genesis. 2019: Quien a hierro mata. 2021: La abuela. 2023: Hermana Muerte. 

Si rĂ©ducteur de discrĂ©diter de manière (trop souvent) expĂ©ditive les productions Netflix, principalement Ă  travers les rĂ©seaux sociaux oĂą les langues se dĂ©lient facilement pour le meilleur et surtout pour le pire. Si bien que Les Ordres du Mal ne dĂ©roge pas Ă  la règle de la bonne surprise sous l'impulsion de Paco Plaza Ă©tonnamment inspirĂ© Ă  nous proposer un film d'horreur 1er degrĂ©. Pour ne pas dire Ă  contre-emploi des prods mainstream ciblant bien trop souvent le public ado en mal d'effets chocs n'ayant aucune culture du cinĂ©ma Fantastique au sens noble. Et mĂŞme si on pourrait reprocher, Ă  raison, une intrigue simpliste cĂ©dant lors des 20 dernières minutes Ă  une dĂ©monstration de force en roue libre, Les Ordres du Mal demeure si constamment efficace et inquiĂ©tant, formellement soignĂ© (un rĂ©el plaisir des yeux), atmosphĂ©rique en diable (Ă  ce niveau il y a une vĂ©ritable crĂ©ation picturale au sein de cet univers chrĂ©tien sous formol), anxiogène au possible, parfois mĂŞme terrifiant auprès de visions d'effroi aussi originales qu'inventives qu'il ne peut que ravir le public adulte rĂ©solument attentif aux faits et gestes de soeur Narcisa. 

Celle-ci affublĂ©e d'une toge de soie blanche naviguant entre hallucinations et rĂ©alitĂ© au point de ne plus pouvoir distinguer la rationalitĂ© de sa quotidiennetĂ© dĂ©jĂ  perturbĂ©e par la culpabilitĂ© morale. Aria Bedmar portant le film sur ses frĂŞles Ă©paules de par sa fragilitĂ© torturĂ©e, ses doutes et ses craintes grandissantes de tĂ©moigner d'Ă©vènements surnaturels davantage dĂ©lĂ©tères, pour ne pas dire mortifères parmi le tĂ©moignage d'adolescentes très attachantes auprès de leurs tourments psychologiques d'assister impuissantes aux Ă©vènements inexpliquĂ©s. Les autres seconds-rĂ´les, adeptes du fanatisme religieux, ne sont pas en reste pour ne convaincre de leur foi religieuse chargĂ©e de dĂ©ni et de mutisme, faute de secrets inavouables, pour ne pas dire Ă©hontĂ©s. Quand bien mĂŞme les Ă©tudiantes scolaires s'avèrent irrĂ©prochables Ă  travers leur innocence naturelle archaĂŻque, leur charisme sensiblement trouble, pour ne pas dire dĂ©rangeant, surtout si je me rĂ©fère au profil ambigu de Rosa gĂ©nialement crĂ©dible en victime soumise seule contre les nonnes (en dĂ©pit de l'appui bienfaiteur de Narcisa). 

Ainsi, grâce au parti-pris de Plaza d'Ă©lever le genre horrifique dans la catĂ©gorie A, en prenant beaucoup de soin Ă  peaufiner son cadre religieux et le profil de ses interprètes en berne, Les Ordres du Mal redore le blason de la Nunsploitation au sein d'un contexte historique criant de vĂ©ritĂ©, notamment Ă  travers tous ses symboles religieux hantĂ©s d'une aura acrimonieuse. Impeccablement interprĂ©tĂ© sans fard, menĂ© avec ambition (notamment auprès de certains effets de mise en scènes stylisĂ©s) et beaucoup de sincĂ©ritĂ©, Les Ordres du Mal se forge surtout le talent d'y parfaire une ambiance occulte sans se laisser dĂ©river par les effets-chocs gratuits (puisque toujours justifiĂ©s du point de vue de l'entitĂ© en mal de justice, d'amour et de reconnaissance) coutumier au sous-genre. A dĂ©couvrir avec un vif intĂ©rĂŞt donc.

*Bruno

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire