dimanche 5 novembre 2023

Long Week-end (2008)

                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jammie Blancks. 2009. Australie. 1h28. Avec James Caviezel Claudia Karvan Robert Taylor.

Sortie salles France: 30 Janvier 2009

FILMOGRAPHIE: Jamie Blanck est un réalisateur et compositeur australien. 1998 : Urban Legend. 2000 : Mortelle Saint-Valentin. 2007 : Storm Warning ou Insane. 2009 : Long Weekend. 2010 : Needle


Un remake infortuné d'une puissance formelle, cérébrale et narrative aussi digne que son modèle.
Vilipendé un peu partout si je ne m'abuse lors de sa sortie confidentielle, Long Week-end, version 2008, est à mes yeux un remake écolo exceptionnel à tous points de vue. Tant narratif pour sa thématique écolo tristement actuelle, formelle (on en prend plein la vue au sein de ce paradis perdu filmé en scope), atmosphérique (quel malaise palpable planant dans l'air !) que du jeu expressif des acteurs communément détestables dans leur fonction rigoureusement antipathique. Car même si Jamie Blanks utilise la facilité du copié-collé, cet authentique cauchemar naturaliste (les images magnifiquement éclairées et contrastées sont absolument sublimes par leur tonalité sensorielle) parvient miraculeusement, et avec réel talent de conteur et de faiseur d'images; à nous coller au siège 1h30 durant. De par sa faculté à nous attacher à ce couple aussi irresponsable qu'égoïste n'attachant aucun crédit à leur environnement naturel (tout à la fois étrangement mutique et sensiblement auditif) que par l'ambiance feutrée que le cinéaste parvient à instiller autour de leurs faits et gestes immatures sous l'impulsion d'un climat d'étrangeté aussi expressif que le chef-d'oeuvre de Colin Egleston (qui est au passage un de mes films préférés même s'il demeure autrement plus oppressant). 

Et donc à travers le soin imparti à cette progression de l'angoisse et du suspense savamment distillés au fil d'évènements insidieux toujours plus graves et inquiétants, j'insiste à surligner le jeu criant de vérité du couple James Caviezel / Claudia Karvan se crêpant le chignon avec une arrogance, une immaturité, voir même une haine davantage risible, pathétique eu égard de la tournure morale de leur dissension obtuse irrécupérable. Soutenu d'une partition monocorde à la fois pesante et envoûtante irriguant toute l'intrigue lestement anxiogène, Long-Week-end convoque un malaise d'autant plus vigoureux qu'il fait appel au pouvoir de suggestion en la présence de dame nature et de ces animaux sauvages molestés par l'hostilité de l'homme dénué de respect dans sa nature mégalo, altière, méprisante, ingrate. Il y émane un moment de cinéma horrifique aussi rude et escarpé que désespéré et tragique de par son intensité dramatique en crescendo dénuée d'illusion. Tant et si bien que l'on sort de la projo la mine quasi dépressive, tout du moins pleine d'amertume, d'avoir assister à cette confrontation cruelle entre l'homme et la nature incapables de communier entre eux faute de notre irrespect à violer leur terre et tuer sans état d'âme ces hôtes qui n'avaient rien demander. 

A découvrir d'urgence pour tous amateurs de films d'ambiance prégnante tributaire d'un Fantastique adulte d'autant plus malsain, malaisant, angoissant qu'il suscite une réelle frousse au sein de cette nature sournoise que nous ne sommes pas prêts d'omettre.  

*Bruno
2èx. Vostfr (une soirée d'exception ce Samedi 05.11.23 dès 22h)

Ci-joint la chronique de son modèle de 79https://brunomatei.blogspot.com/2018/10/long-week-end.html

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