vendredi 23 mai 2025

Fear Street Part 1: 1994

                                                       
                                       (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via Google, provenant du site IMDb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives).
                                                                             
                                                                       Mea culpa ! 

Excellente surprise, que dis-je ! Un coup de cĹ“ur franc, tant ce resucĂ© du psycho-killer en bonne et due forme m’a constamment dĂ©sarçonnĂ© par son Ă©criture redoutablement efficace, charpentĂ©e, percutante.

Au point qu’on ne voit pas dĂ©filer les 1h40 de mĂ©trage (hors les sept minutes de gĂ©nĂ©rique), tant le rythme effrĂ©nĂ© ne laisse aucun rĂ©pit, dans ce concentrĂ© d’horreur, d’humour, de tendresse et de fantastique que Leigh Janiak orchestre avec une implication qui force le respect.

Et pourtant, les cinq premières minutes — oh combien fallacieuses — laissaient craindre une pâle copie de Scream : victime pourchassĂ©e, tueur masquĂ©, tension molle, expressivitĂ© absente. Une mise en bouche trompeuse, calquĂ©e, qui fait redouter le pire… avant que tout ne bascule.

Car le reste du film prend le contre-pied total de ce prĂ©ambule tiède, et ose. Ose mixer, sans complexe, des rĂ©fĂ©rences pourtant redoutĂ©es — Scream, Halloween, Vendredi 13, Freddy, Superstitions, Les Goonies, Stranger Things — un cocktail explosif qui, sur le papier, aurait pu faire fuir l’amateur Ă©clairĂ©, las de ce vivier eighties/nineties surexploitĂ© depuis l’effervescence Scream, Urban Legend, Souviens-toi l’Ă©tĂ© dernier et consorts.

Et pourtant… le miracle opère. Comment ? En nous attachant, viscĂ©ralement, Ă  une bande de protagonistes juvĂ©niles, au charisme naturel, Ă  l’intelligence rare pour le sous-genre. Impossible de ne pas Ă©prouver empathie, implication, tendresse pour cette cohĂ©sion hĂ©roĂŻque, pour ces ados perspicaces au flair de survie affĂ»tĂ©.


Anti tête-à-claque, anti potiche, anti nunuche, anti neuneu : les années 90 brillent ici par une jeunesse expressive, habitée, propulsée par un scénario retors, sans cesse surprenant, puisant dans le référentiel horrifique pour mieux le détourner dans une construction narrative aussi rusée que réjouissante.

Et tandis que l’on s’Ă©moustille devant le caractère ludiquement macabre de cette aventure — une chasse Ă  la vĂ©ritĂ© truffĂ©e d’indices incongrus — le film nous prend Ă  revers. Changement de ton, drames inattendus, sort cruel rĂ©servĂ© Ă  des figures qu’on croyait Ă  l’abri : la chair s’humanise, le cĹ“ur se serre.

Jusqu’Ă  cette conclusion Ă  tiroirs, multiple, frĂ©nĂ©tique, qui annonce deux suites en forme de pochettes surprises macabres, prometteuses, Ă©lectrisantes.

Sans prĂ©tention, avec une camĂ©ra mobile fluide et jamais hystĂ©rique, Fear Street - Partie One dĂ©tonne. NĂ©o psycho-killer nineties, intègre dans sa forme, gĂ©nĂ©reux dans son fond, le film carbure au peps, Ă  la ferveur, Ă  l’amour du genre — sans jamais tomber dans l’abrutissement ou le ridicule. Et ce sur fond d'Ă©mancipation saphique. 

Ah oui, détail non négligeable : la bande-son pop-rock sent bon les nineties, entre sueur, spleen et révolte.

Et lorsque le générique retentit, une seule chose nous vient : vite, la suite !

Merci du fond des tripes, Madame Leigh Janiak.

*Bruno

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