vendredi 2 mai 2025

Sting

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Kiah Roache-Turner. 2024. Australie. 1h28. Avec Ryan Corr, Alyla Browne, Penelope Mitchell, Robyn Nevin, Noni Hazlehurst.

Sortie en Australie le 11 Juillet 2024.

FILMOGRAPHIE; Kiah Roache-Turner est un réalisateur et scénariste australien. 2014: Road of the Dead. 2018: Nekrotonic. 2021: Wyrmwood: Apocalypse. 2024: Sting.


Mea-culpa (3 visionnages il m'eut fallu pour enfin l'apprécier à sa juste valeur).

"Un suvival arachnĂ©en qui tisse sa toile entre frayeur domestique et nostalgie des crĂ©atures des annĂ©es 80 sous un regard australien." 

Dans Sting, Kiah Roache-Turner nous plonge dans l'atmosphère exigu d'un immeuble new-yorkais assiĂ©gĂ© par une araignĂ©e venue d'ailleurs. Sur fond de tensions familiales et d'isolement urbain, le film revisite les codes du film de Monstres avec une touche moderne et une tendresse Ă©vidente pour les classiques bisseux. 

Le scĂ©nario focalisĂ© sur la jeune Charlotte et sa dĂ©couverte d'une mystĂ©rieuse araignĂ©e oscille habilement entre drama familial intime, suspense et horreur progressive. L'Ă©criture explore subtilement le lien entre adolescence, deuil et besoin de contrĂ´le, suggĂ©rĂ© par cette crĂ©ature qui grossit au rythme des Ă©motions colĂ©riques des protagonistes filiaux. 

L'un des points forts est sans conteste sa crĂ©ature: Sting elle mĂŞme. 
Conçue en grande partie en animatronique, elle Ă©voque les effets pratiques des anĂ©es 80. Ce qui lui confère une authenticitĂ© visuelle Ă  contre-emploi du tout-numĂ©rique. 


Le mĂ©lange de sang, de suspense et d'humour noir fonctionne plutĂ´t bien en dĂ©pit de son manque de rebondissements, d'ambition et d'inventivitĂ©. Une scène choc provoque d'ailleurs le frisson et la rĂ©pulsion organique Ă  travers son imagerie morbide tumĂ©fiĂ©e. 

La rĂ©alisation est soignĂ©e (cadrages serrĂ©s, jeux d'ombres, exploitation des conduits) avec une photo claustro qui accentue l'anxiĂ©tĂ© par delĂ  mĂŞme les cloisons. La musique efficace accompagne discrètement la montĂ©e de l'horreur sans la surcharger. 

Sting parvient donc autant Ă  captiver qu'Ă  amuser de par son ton gentiment dĂ©calĂ©, son amour des effets charnels et son regard tendre sur une hĂ©roĂŻne en quĂŞte de repères. 
Alyla Browne portant le film Ă  bout de bras Ă  travers sa maturitĂ© en herbe renforcĂ©e de la douceur de son regard bleu lestement dĂ©lurĂ©, fureteur, retors. Une interprĂ©tation Ă  la fois tendre puis hĂ©roĂŻque, parfois mĂŞme colĂ©rique pour ses rapports houleux avec son beau-père qu'il ne parvient pas Ă  maĂ®triser. Une dimension Ă©motionnelle bienvenue puisque ancrant le rĂ©cit dans une rĂ©alitĂ© humaine conflictuelle propre Ă  la valeur parentale. 


Sans rĂ©volutionner le genre, Sting en respecte les codes avec intelligence, humour et passion. C'est une sĂ©rie B assumĂ©e qui sĂ©duira sans doute les cinĂ©philes d'horreur rĂ©tro et la nouvelle gĂ©nĂ©ration un tant soit peu curieuse dans sa quĂŞte d'aimable divertissement, perfectible certes, mais truffĂ© de bonnes intentions et agrĂ©able Ă  suivre. 
Ce qui n'est pas si mal pour un spectacle contemporain qui parvient à se démarquer de la routine avec une volonté intègre.

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