mardi 20 mai 2025

Season of the Witch

                            (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via Google, provenant du site IMDb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives).

"Sortilège d’une rĂ©bellion silencieuse"
Une Ĺ“uvre auterisante, intimiste, que j’affectionne tout particulièrement — au mĂŞme titre que The Crazies, tournĂ© un an plus tard — signĂ©e d’un Romero scrupuleusement attentif Ă  la cause fĂ©minine.

Un drame psychologique Ă  l’identitĂ© Seventies affirmĂ©e, vu Ă  travers le prisme d’une femme soumise, dĂ©cidĂ©e Ă  se tourner vers les forces occultes de la sorcellerie pour regagner un semblant d’autoritĂ©.

Avec son climat d’Ă©trangetĂ© trouble, presque indicible, renforcĂ© par un grain visuel aux accents documentaires, "Season of the Witch" fascine irrĂ©mĂ©diablement. Jan White, actrice mĂ©connue mais saillante, incarne Ă  merveille cette mĂ©nagère contestataire, timidement happĂ©e par les plaisirs interdits de l’adultère, aux cĂ´tĂ©s d’un enseignant universitaire dĂ©sinhibĂ©.

Très beau portrait de femme en quĂŞte de rĂ©appropriation, d’affirmation, pour contrer un patriarcat aussi omniprĂ©sent que mĂ©prisant, "Season of the Witch" dĂ©gage une atmosphère feutrĂ©e, dĂ©licate, teintĂ©e de nonchalance, d’insĂ©curitĂ© — parfois mĂŞme cauchemardesque. Les songes rĂ©currents de Joan, minĂ©e par une paranoĂŻa diffuse, nourrissent cette instabilitĂ© sourde jusqu’Ă  une forme de renaissance.

PassĂ©e sa conclusion ironique, vĂ©ritable pied de nez aux violences conjugales trop souvent tues derrière l’impunitĂ© juridique, le film laisse une empreinte trouble, tenace, notamment par sa sensualitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e. Comme une douce braise sous la cendre. EnvoĂ»tant, en somme. J’ai dĂ©jĂ  envie d’y replonger.

*Bruno
3èx

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